Romains, V, 12 ; comme dans le corps de la réponse
5. Ephésiens, II, 3 : « Nous étions, par la corruption de notre nature, enfants de colère, aussi bien que les autres hommes. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. Le concile II d'Orange, t;anon 2 : « Si quelqu'un soutient que la prévarication d'Adam n'ait été préjudiciable qu'à lui-même, et non pas aussi à sa postérité, ou qu'il n'ait transmis à tout le genre humain que la mort du corps, qui est la peine du péché, et non le péché même, qui est la mort de l'âme, il fera Dieu coupable d'injustice, en même temps qu'il contredira l'Apôtre qui a dit (Rom., V, 42) que le péché est entré dans le monde par un seul homme* et la mort par le péché, et qu'ainsi la mort est passée dans tous les hommes, tous ayant péché dans un seul. »
2. S. Augustin, Enchirid. ad Laurentium, c. 26 (al. X, 8) : « Après le péché, Adam ayant été chassé et banni du paradis terrestre, toute sa postérité, qu'il avait infectée et corrompue dans sa personne, et comme dans sa propre racine, a été enveloppée avec lui dans les liens de la mort et dans la damnation. Ainsi tous les hommes qui naissent de lui et de sa malheureuse compagne, instrument de son péché et associée à sa condamnation, qui naissent, dis-je, par la voie de la concupiscence charnelle, dont la révolte est la juste peine de la désobéissance de l'homme, contractent le péché originel. Et ce péché les entraîne par un malheureux enchaînement de toutes sortes d'erreurs et de douleurs au dernier supplice, qui n'aura point de fin, et qui leur sera commun avec les anges apostats, premiers auteurs de leur péché, qui les tiennent sous leur esclavage, et qui seront les compagnons de leurs tourments. C'est ainsi que, comme le dit saint Paul, le péché est entré dans le monde par un seul homme, et la mort par le péché; et que la mort est passée dans tous les hommes parce seul homme, en qui tous ont péché. Car par le mot de monde, l'Apôtre entend en cet endroit tout le genre humain (1). »
3. Le même, Lib. II Hypognosticon contra Pelagianos et Celestianos : « Le péché d'Adam, disent-ils, n'a nui à personne autre qu'à lui-même. Nous répondons : Si le péché de nos premiers parents n'a nui qu'à eux, et non pas aussi à nous, pourquoi, leur faute n'ayant point passé jusqu'à nous, la sentence portée contre eux à cause de leur faute même a-t-elle passé jusqu'à nous? A moins que vous ne prétendiez que Dieu est assez injuste pour nous envelopper dans la punition de ceux dont nous n'aurions
(i) Cf. Le Manuel de saint Augustin, dans les Traités choisis, t, Iï, pag. 352-333.
pas partagé ie crime. Car telle fut la sentence qu'il porta contre eux après leur péché, et après avoir maudit le serpent qui les avait engagés à le commettre : Dieu dit aussi à la femme : Je multiplierai tes afflictions avec tes enfantements. Tu enfanteras dans la douleur; tu seras sous la puissance de ton mari, et il dominera sur toi. Il dit ensuite à Adam : Parce que tu as écouté la voix de ta femme j et que tu as mangé du fruit de V arbre dont je t'avais défendu de manger, la terre sera maudite, etc. (Gen., III, 16-17). Le genre humain répandu sur la surface de la terre rend tout entier témoignage à la vérité de cette sentence, en se voyant soumis aux mêmes douleurs qui lui ont été dénoncées dans la personne de ses auteurs. Et quelle serait la justice de ces maux, si nous n'avions pas hérité du péché de nos premiers parents? Si la justice naturelle vous porte à juger vous-mêmes mieux que Dieu n'aurait fait, placez-vous entre Dieu et nous sur le trône de l'orgueil. Adam a donc été créé exempt de péché dans sa nature; mais quand une fois il eut péché, sa nature s'en trouva souillée, elle en contracta la tache du péché, sans devenir pourtant péché elle-même. Ainsi donc, après son péché, l'homme est devenu pécheur, mais non le péché lui-même. Car ce n'est pas le péché qui fait qu'il soit homme ; il fait seulement qu'il soit pécheur. C'est pourquoi l'homme devenu pécheur a dû engendrer d'autres hommes aussi pécheurs, parce que la nature étant une fois viciée par le péché, il n'en sort qu'une nature vicieuse, c'est-à-dire souillée par le péché, suivant cette parole de l'Apôtre : Comme le premier homme a été terrestre, ses enfants sont aussi terrestres (/ Cor., XV, 48). Et comment cela, sinon par l'effet de la génération? »
Ibidem, c. 2 : « Mais vous allez m'ohjecter : Est-ce donc que la génération est un péché? J'ai déjà dit plus haut que lorsque l'homme a péché, sa nature a péché en lui ; et c'est sa nature qui se communique par la génération : la génération a donc été viciée, sans être pour cela changée en vice, ainsi qu'il est écrit : Leur race était maudite dès le commencement (Sap., XII, 11). Maudite dès le commencement, mais à la suite du péché, et en vertu de ces paroles : La terre sera maudite dans ce que vous ferez (Gen., III, 17). Mais le premier homme n'a pu communiquer son péché à ses descendants que par la génération ; et c'est ce que confirme l'Apôtre lorsqu'il dit : Le péché est entré dans le monde par un seul homme, etc. (Rom., V", 12). Vous entendez qu'il vous dit que le péché est entré dans le monde par un seul
homme, et la mort par le péché, et qu'ainsi elle a passé dans tous les hommes par ce seul homme en qui tous ont péché ; et vous osez dire, hérétique, que le péché d'Adam n'a nui qu'à lui seul? Oui, il n'a nui qu'à lui seul, lorsqu'il était seul avec Eve sa femme. Mais nous étions tous renfermés en eux, parce qu'ils formaient à eux seuls toute la nature humaine, comme ils sont en nous tous, parce que nous composons la nature humaine. »
Ibidem , c. 3 : « Vous nous répéterez encore : Si l'Apôtre avait voulu faire entendre que le péché est passé dans tous les hommes par la voie de la génération, il n'aurait pas dit : par un seul homme, mais : par deux personnes, puisqu'un homme ne peut pas naître d'un homme seul sans une femme. Si vos cœurs ne sont pas fermés à l'intelligence, rappelez-vous qu'il a été dit : Ils ne sont plus deux, mais une même chair (Matth., XIX, 26), et encore : Ils seront deux en une même chair (Gen., II, 24). Si donc l'Apôtre a dit : par un seul homme, c'est que la femme étant une même chair avec l'homme, la postérité qui naît de leur union est censée le produit d'une seule nature individuelle. Ecoutez encore un autre sage vous dire pour vous confondre : La femme a été le principe du pêche, et c'est par elle que nous mourons tous (Eccli., XXV, 33). Hérétique, n'êtes- vous pas maintenant satisfait? Voilà le péché et la mort introduits dans le monde par deux personnes. »
4. Le même, Cité de Dieu, liv. XIII, c. 3 : <c Donc tout le genre humain, qui par la femme devait s'épancher en générations, était dans le premier homme quand le couple criminel reçut l'arrêt de sa condamnation. Et tel il fut, non au moment de sa création, mais au moment de son crime et de son châtiment, tel il se reproduit dans les mêmes conditions originelles de mort et de péché. Non que la faute ou le châtiment ait réduit le premier pécheur à cette stupidité, à cette faiblesse d'esprit et de corps que nous remarquons chez les enfants, semblables aux petits des animaux à leur entrée dans la vie, parce que Dieu a précipité leurs parents dans la vie et dans la mort des brutes : L homme élevé en honneur, dit l'Ecriture (Ps. XLVIII, 13, 21), n'a pas compris; il s'est abaissé jusqu'aux brutes qui n'ont pas d'intelligence, et leur est devenu semblable. Que dis-je? les plus tendres fruits des animaux, quant à l'usage de leurs membres, quant à la vivacité du sentiment et de l'insiinct, sont loin de la lenteur et de la faiblesse des enfants; comme si, semblable à la flèche qui part de l'arc tendu, la force propre à l'homme relevait au-dessus du reste des
animaux d'un vol d'autant plus sublime que, plus longtemps retirée en elle-même, elle a différé son essor. Ce n'est donc pas jusqu'à ces informes essais de la vie de l'enfance que l'injustice de son péché et la justice de sa peine ont rejeté ou précipité le premier homme ; mais la nature humaine en lui a été tellement altérée et corrompue , qu'il a dû souffrir en ses membres toutes les révoltes de la concupiscence et tendre ses mains aux liens de la mort. Criminel et puni, les êtres qui naissent de lui, il les engendre tributaires du péché et -de la mort (1). »
5. Le même, ibidem, c. 14 : « Dieu, en effet, a créé l'homme dans un état de rectitude; Dieu, auteur de la nature, et non du vice; mais volontairement corrompu et justement condamné, l'homme a transmis avec le sang sa corruption et sa peine. Car nous étions tous en lui, quand tous nous étions lui seul ; lui, tombé dans le péché par la femme, tirée de lui avant le péché. La forme particulière de chaque existence n'était pas encore créée, nul de nous n'était en possession de sa vie personnelle; mais le germe d'où nous devions sortir était déjà, cette nature génératrice qui, altérée par le péché, chargée des liens de la mort, sous une juste condamnation, astreint à une même condition l'homme qui naît de l'homme. Ainsi de l'abus de notre libre arbitre a daté l'ère de nos malheurs, et une longue chaîne de misères se déroule qui conduit le genre humain perverti dans sa source et comme flétri dans sa racine, jusqu'à sa seconde mort, jusqu'à la mort sans fin, dont celui-là seul est excepté que la grâce divine affranchit (2). »
6. Le même, ibidem, livre XIV, c. 1 : « Jaloux, comme je l'ai dit, d'unir les hommes par la ressemblance de la nature, et surtout de resserrer entre eux le lien de l'unité fraternelle, Dieu a voulu créer les hommes d'un seul homme; et en chacun de nous le genre humain ne serait pas destiné à mourir, si nos auteurs, l'un qui n'avait été formé d'aucun autre, l'autre qui avait été formé du premier, n'eussent encouru la mort par leur désobéissance. Telle a été la grandeur de leur crime, qu'il a perverti en eux la nature même, et a transmis aux générations humaines la servitude du péché et la nécessité de la mort (3)...»