‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 3)Chapitre 63 sur 88 · S. Fulgence, Epist. IV ad Probam, c. 3 : « De même que · texte numérisé non relu

S. Fulgence, Epist. IV ad Probam, c. 3 : « De même que

l'exilé qui reprend le chemin de sa patrie ne doit pas se lasser de marcher qu'il n'y soit heureusement parvenu; ainsi, tant que, relégués pour ainsi dire dans ce corps mortel, nous nous trouvons loin de Dieu, loin de notre terme par conséquent (// Cor., F, 6), la vie présente est pour nous comme une route où il nous iaut continuellement avancer, jusqu'à ce qu'enfin nous puissions parvenir, avec l'aide de Dieu, à l'immuable séjour de la bienheureuse immortalité. »

9. S. Bernard, Epist. XCI ad abbates Suessione congregatos, n. 2 : « Personne ne peut jamais être ni trop bon, ni trop saint. Saint Paul était déjà bon ; cependant, n'étant pas encore satisfait, il s'efforçait d'aller toujours en avant, oubliantee qu'il laissait derrière lui, et travaillant toujours à se surpasser lui-même (Philip., III, 13), Il n'y a que Dieu qui doive ne vouloir pas être meilleur qu'il n'est, parce qu'il ne le peut. »

Ibidem, n. 3 : » Loin de vous et de moi ceux qui disent : Nous ne voulons pas être plus saints que nos pères! c'est déclarer seulement que ceux-ci ont été lâches et dissolus, comme le sont leurs enfants. On ne se souvient d'eux que pour les maudire : ils ont mangé des raisins trop verts, et les dents de leurs enfants en ont été agacées (Ezech., XVIII, 2); ou, s'ils se glorifient à bon droit de leurs pères, dont la mémoire est peut-être en bénédiction, qu'ils imitent donc leur sainteté, et qu'alors ils fassent passer, s'ils veulent, leurs condescendances et leurs dispenses pour des lois. Elie disait : Je ne suis pas meilleur que mes pères (III Reg.9 XIX, h) ; mais il n'a pas dit, Je ne veux pas être meilleur. Jacob vit les anges qui montaient et descendaient par une échelle (Gen., XXVIII, 12); mais il n'en vit pas un s'y reposer et s'y asseoir. On ne peut demeurer ferme sur la rampe inclinée d'une échelle tremblante ; et, parmi les vicissitudes de cette vie mortelle, personne ne peut demeurer dans le même état. Nous n'avons point ici-bas de cité permanente; nous ne sommes point encore dans celle que nous devons habiter un jour; nous la cherchons seulement : il est nécessaire, ou que vous montiez, ou que vous descendiez ; si vous prétendez vous arrêter, vous serez infailliblement précipité. Celui-là n'est pas bon du tout, qui ne veut pas devenir meilleur : si vous ne voulez pas devenir meilleur que vous n'êtes, dès-lors vous cessez d'être bon (1). »

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