‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des Pères (volume 3)Chapitre 67 sur 88 · S. Chrysostôme, Hom. VIII (al. 6) de pœnitentiâ : « Quoi · texte numérisé non relu

S. Chrysostôme, Hom. VIII (al. 6) de pœnitentiâ : « Quoi

(i) Cf. Traités choisis de saint Augustin, 1. 1, p. 218-2W, et p. 25i.

que vous puissiez dire, m'objeclcrez-vous, la loi est quelque chose de pénible à la nature. Quoi donc? Dieu nous commandet-il des choses impossibles? — Taisez-vous, et n'accusez pas voire souverain maître : car ce n'est pas là vous justifier, c'est au contraire ajouter à un premier tort un second encore plus grave. Celui à qui son maître avait confié cinq talents s'approcha de lui et lui en remit cinq autres ; celui qui avait reçu deux talents s'approcha de même et en remit deux autres ; celui enfin qui n'avait reçu qu'un talent, et qui n'en avait point d'autre à remettre qu'il eût gagné, au lieu d'un talent présenta une accusation. Qu'est-ce qu'il dit en effet à son maître? Je sais que vous êtes un homme dur (Matth., XXIV, 25). Ingrat serviteur! Ce n'est pas assez pour lui d'être en faute; il faut de plus qu'il dresse contre son maître un acte d'accusation. Vous moissonnez, ajoutet-il, là où vous n'avez pas semé, et vous recueillez là où vous n'avez rien mis (Luc, XIX, 21). C'est ainsi que ceux qui ne font aucune bonne œuvre pendant la vie présente , ajoutent aux crimes dont ils sont déjà chargés des paroles d'inculpation contre leur souverain maître. Gardez-vous donc bien de l'accuser : il ne vous a point commandé l'impossible. Voulez-vous en avoir la preuve? C'est que beaucoup font même plus que ce qui vous est commandé; or, si ce qui leur est commandé comme à vous était réellement impossible, ils ne pourraient à plus forte raison faire davantage par un acte spontané de leur propre volonté. Dieu n'a pas fait un précepte de la virginité, et beaucoup de personnes la gardent cependant ; il n'a pas fait un précepte du renoncement à tous les biens, et beaucoup renoncent à tout ce qu'ils possèdent, témoignant ainsi par les faits combien il est facile d'observer les commandements : car ils n'iraient pas au-delà de ce qui est de précepte, si le précepte lui-même n'était pas facile à observer... » » Tout cela, je ne l'ai pas dit sans me proposer un but ; mais je l'ai dit pour vous faire voir que la loi divine n'est ni difficile, ni pénible, ni intolérable, ni impossible à plus forte raison. Rendons cette vérité encore plus évidente par les paroles de Jésus- Christ lui-même : Celui, nous a-t-il dit, qui regarde une femme avec un mauvais désir, a déjà commis l'adultère dans son cœur (Matth., V, 28). Jésus-Christ voyait bien aussi que beaucoup de personnes rejetteraient leur lâcheté sur la difficulté de la loi ; c'est pourquoi au lieu de présenter cette loi toute seule, et dans sa nudité pour ainsi dire, il rappelle en même temps la loi ancienne, pour rendre plus sensible la facilité d'accomplir la nou-

h\C) TRAITÉ DE T,A CHUTE DE l'hOMME

velle loi par sa comparaison avec l'ancienne, et nous donner par-là une preuve de plus de sa condescendance pour les hommes

» Pourquoi leur rappelle-t-il la loi ancienne par ces paroles qu'il leur adresse : Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens, \Vous ne commettrez point d'adultère? C'est qu'il savait que ce commandement leur était difficile à observer, non de sa propre nature, mais à raison de leur lâcheté à eux-mêmes. Car bien des choses aisées de leur nature deviennent pénibles à raison de notre lâcheté, comme aussi il y a des choses de pénible exécution qui nous deviennent légères et très-praticables par l'effet de l'ardeur avec laquelle nous nous portons à les exécuter : la difficulté alors ne gît pas dans la nature des choses elles-mêmes, mais dans les dispositions de ceux qui les entreprennent. Voici ce qui va vous rendre la chose évidente : le miel est doux et agréable de sa nature, et cependant il présente aux malades un goût désagréable d'amertume, ce qui est l'effet, non de la nature qui lui est propre, mais de l'indisposition de ceux qui le goûtent; de même, si la loi nous paraît à charge, ce n'est pas qu'elle le soit en elle-même, mais cela vient uniquement de notre lâcheté. Je n'aurai pas beaucoup de peine à démontrer que l'observation de la loi est facile ; je n'ai pour cela qu'à faire voir ce qui la rend de difficile exécution. Voici en effet ce que porte la loi nouvelle : Fuyez l'aspect de la femme, éloignez-vous des occasions de luxure; tandis que c'eût été rendre la loi difficile à observer que de dire au contraire : Fréquentez les femmes, arrêtez-vous avec complaisance à contempler leur beauté, et en même temps réfrénez vos désirs. Voilà, vous dis-je, ce qui serait difficile à observer. Mais vous dire au contraire : Ecartez- vous du foyer, éloignez-vous du feu, n'approchez pas de la flamme, c'est vous faciliter les moyens de ne pas brûler (1). »

15. S. Léon-le-Grand, Serm. V de Quadragesimâ : <c II faut que notre obéissance seconde la grâce, et que nous demeurions toujours attachés à celui sans lequel nous ne pouvons rien faire de méritoire. Si nous trouvons quelque chose de difficile ou d'impossible dans la pratique des commandements de Dieu, pour fortifier notre faiblesse, il faut implorer le secours de celui qui a fait ces commandements. En nous faisant ces préceptes, il excite notre désir et il tient ses secours toujours prêts. Abandonnez au

(i) Cf. S. Joannis Chrijsostomi opéra, t. II, pag. 32ft, 322, 32^-323, édit. Montfaucon; p. 378, 379, 382, édit. Gautne.

Et DE SA JUSTIFICATION. 41 7

Seigneur le soin de tout ce qui vous regarde, et il vous nourrira luimême (Psaume LIV, 23) (1). »

16. S. Augustin, De naturâ et gratiâ, c. 69; voir ce passage rapporté au chapitre du Décalogue, question VI, témoignage 7, tome Ier, page 275. On pourra consulter aussi dans ce même chapitre les témoignages 2, 3, 4, 5, 8, 9 et 10, pages 273-276.

17. S. Bernard, Epist. CCCLXXXV, aux moines de saint Bertin : « Rougissons d'aller maintenant avec moins d'empressement à la vie que nous n'allions auparavant à la mort, et de travailler avec moins d'ardeur à notre salut que nous n'avons fait à notre perte. Car, et c'est ce qui nous rend tout-à-fait inexcusables, nous devons savoir que plus on se hâte, plus il est aisé de courir dans la voie de la vie. Plus le joug du Seigneur nous charge, plus il est aisé à porter. Les oiseaux ne sont-ils pas plutôt soulagés que chargés par la grandeur de leurs ailes et par le nombre de leurs plumes? Retranchez-leur ce soutien, et tout aussitôt le corps, de son propre poids, se précipitera vers la terre. 11 en est de même de la loi de Jésus-Christ, de la douceur de son joug, de la légèreté de son fardeau : plus nous nous en déchargerons, et plus nous succomberons, car nous le portons bien moins que ce n'est lui qui nous porte (2). »

18. S. Chrysostôme, in psalmum CXI : « Le Psalmiste dit : Heureux l'homme qui craint le Seigneur; il aura une ardente volonté d 'accomplir les commandements divins (Ps. CXI, 1) ; car celui qui craint Dieu comme il doit le craindre reçoit avec empressement tous ses ordres; de sorte que l'amour qu'il porte à l'auteur de la loi lui rend de facile exécution la loi elle-même, quand même celle-ci présenterait quelque chose de pénible. Et que personne ne s'avise de me reprendre, si je me sers de l'exemple que je vais vous dire; car saint Paul s'en est également servi, lorsqu'il a dit : Comme vous avez fait servir vos membres à V impureté, faites-les servir maintenant à la pratique de la justice (Rom., VI, 19). Celui donc qui s'attache à une prostituée supporte avec plaisir les affronts, les injures, les mauvais traitements, le déshonneur, l'exil de sa patrie, le déshéritement des biens paternels, la disgrâce des auteurs de ses jours, et tout autre malheur semblable, pour l'amour qu'il porte à l'objet de sa passion ; que s'il en est ainsi à l'égard de ces sortes de choses, avec cora-

(1) Cf. Sermons de saint Léon , p. 260.

(2) Cf. lettres de saint Bernard, trad. de Villefore, t. II, p. 823.

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4J8 TRAITÉ DE LÀ CHUTE DE lW\JME

bien de plaisir donc ne doit-on pas embrasser la pratique des commandements de Dieu, qui sont si salutaires, si utiles, si honorables et si avantageux pour ceux qui les pratiquent, sans considérer ce qu'il peut y avoir en eux de pénible? D'autant plus que ce qu'ils peuvent renfermer de semblable n'est point attaché à ces commandements considérés en eux-mêmes, mais n'a d'autre cause que la lâcheté avec laquelle nous nous portons à les observer. De sorte qu'il suffit de les embrasser avec amour pour les trouver aussitôt doux et faciles. C'est ce qui a fait dire à notre divin Sauveur : Mon joug est doux et mon fardeau léger (Matth., XI, 30). Et pour vous convaincre qu'il en est ainsi, et que la lâcheté de la plupart leur rend pénibles les choses les plus aisées, tandis que la ferveur leur rendrait faciles les choses les plus pénibles à la nature : rappelez-vous d'une part l'exemple des Israélites, qui murmuraient et se souhaitaient la mort au moment où la manne leur tombait en abondance, et de l'autre celui de saint Paul, qui surabondait de joie lorsqu'il n'avait pas même de quoi se nourrir. D'un côté, les Israélites disaient : Le cœur nous soulève à la vue de cette chétive nourriture (Num., XXI f S) ; vous nous avez amenés dans ce désert comme s'il n'y avait pas de tombeaux en Egypte (Exod., XIV, 14). De l'autre, saint Paul disait : Je me réjouis dans mes tribulations, et jy accomplis dans ma personne ce qui manquait encore aux souffrances de Jésus-Christ (Col.j I, 24). Et de quelles tribulations s'agissait-il? Il s'agissait de la faim, de la soif, de la nudité, et de tous les autres maux1 dont ce même apôtre a fait ailleurs l'énumération. Voilà ce que lui faisait endurer l'ardente volonté qu'il avait d'accomplir les commandements divins (I). »

19. S. Augustin, Serm. LXI de tempore (2) : « De quelque prix que soit le remède que nous trouvons dans la charité véritable et parfaite, il n'est aucun de nous qui ne puisse l'avoir avec l'aide de Dieu. Pour tout le reste l'homme peut alléguer des motifs de dispense; mais pour la charité, il ne peut prétexter aucune excuse. Car s'il y a bien des œuvres corporelles que notre peu de force ne nous permet pas d'exécuter, nous pourrons toujours, avec la grâce de Dieu et pourvu que nous le voulions véritablement, avoir en nous la charité...

(i) Cf. S. Joannis Chrysostomi opéra, t. V, p. 277-278, édition de Montfaucon; p. 332-333, édit. Gaume.

(2) Noël-Alexandre nie que ce sermon soit de saint Augustin pour des raisons qui ne me semblent pas péremptoires. V. Hist. eccl., t. V, p. 105.

» Mais on dira peut-êlre : Je ne saurais en aucune manière aimer mes ennemis. Dieu vous déclare au contraire dans toutes ses Ecritures que vous le pouvez. Vous répondez que vous ne le pouvez pas. Voyez maintenant si c'est vous ou Dieu qu'il faut croire là-dessus. Mais comme la vérité ne peut pas mentir, c'est à la fragilité humaine à se désister de ses frivoles excuses : car Dieu étant juste n'a pu rien commander d'impossible, et comme il est aussi infiniment bon, il ne condamnerait pas l'homme pour avoir fait ce qu'il lui aurait été impossible d'éviter. Pourquoi donc tergiverser, comme nous le faisons, en pure perte? Personne ne sait mieux ce que nous sommes capables de faire, que celui qui nous en a donné le pouvoir. Tant d'hommes, tant de femmes, tant de clercs, tant d'enfants et de jeunes et tendres vierges ont enduré sans laisser échapper une plainte le supplice du feu et celui d'être exposés aux bêtes; et nous, nous dirons encore que nous ne pouvons supporter les injures que nous adressent quelques insensés? Nous poursuivons jusque dans leur sang, s'il nous est possible, la vengeance d'une injure que nous en aurons reçue; de quel front, ou par quel principe de conscience, pouvons- nous donc désirer de partager un jour le bonheur des saints, tandis que nous refusons d'imiter leurs exemples dans les choses mêmes qu'il nous serait le plus facile d'accomplir? »

20. Le même, Lib. III contra Cresconium Grammaticum, c. 4 : a Les bonnes œuvres font le discernement des bons d'avec les méchants, comme elles feront la cause de la différence de leur sort. Si l'homme injuste ne peut pas accomplir ce qu'accomplit le juste, c'est qu'il est étranger à l'amour de Jésus- Christ, qui donne au juste la force d'accomplir sa loi. »

21. Le même, de verâ et falsâ pœnitenliâ, c. 5 : « L'Apôtre a dit : Ma conscience ne me reproche rien, mais je ne suis pas justifié pour cela (I Cor., IV, 3). Car, comme il savait que les justes euxmêmes peuvent tous les jours tomber dans quelques péchés, il ne se tenait point pour assuré d'être sans péché, quelque assuré qu'il fût d'être inséparablement uni à Jésus-Christ. Car s'il n'avait pas été convaincu que les justes eux-mêmes ont souvent besoin de( pardon, comment aurait-il pu avoir la crainte d'être souillé de quelque faute, lui qui savait qu'il possédait l'esprit de Dieu, et qu'il le servait avec une intention pure? Et pourquoi Notre- Seigneur aurait-il lavé les pieds à son apôtre et enseigné à son Eglise à suivre le même exemple, si ce n'est parce que,

comme nos offenses sont journalières, nous devons aussi recourir journellement au pardon? Pourquoi nous aurait-il appris à dire dans nos prières : Pardonnez-nous nos offenses, s'il pouvait se lasser de nous faire miséricorde, tandis qu'il ne veut pas que nous nous lassions de l'implorer? »

22. Le même, de Spiritu et Litterâ, c. 28 : « Comme certains péchés véniels dont on n'est point exempt en cette vie n'excluent point les justes de la vie éternelle, de même certaines bonnes œuvres mêlées à la vie des méchants ne les préservent point de la damnation, et ne leur donnent nul droit à l'héritage céleste (I). »

23. S. Grégoire-le-Grand, Lib. VI in librum I Regum, c. 2, sur ces paroles du chapitre XV du premier livre des Rois : Je me repens d'avoir fait roi Saùl. C'est comme s'il disait : Je ne veux plus qu'il règne sur mon peuple, quoique je l'aie voulu autrefois; parce que ce même homme que j'ai voulu récompenser de son humilité, je le vois maintenant s'élever et se révolter contre moi avec orgueil. Ces paroles n'ont pas leur application dans toute sorte de pécheurs, mais dans ceux-là seulement dont la chute est évidente, sans qu'on puisse prévoir qu'ils fassent un jour pénitence. Car quant aux chutes que peuvent faire les justes, il est dit à leur sujet : Le juste tombera sept fois, et se relèvera (Prov., XXIV, 16). Leurs chutes mêmes sont en quelque sorte ce qui les affermit dans le bien, puisque, si Dieu permet qu'ils tombent, c'est afin qu'ils se tiennent désormais plus fermes. Dieu permet qu'ils tombent quelquefois dans le mal, afin que la vaine gloire ne leur fasse pas perdre leurs éminentes vertus. Ceux-ci assurément, s'ils n'accomplissent pas toujours la volonté de Dieu à leur égard, ne se séparent pas pour cela de lui, parce que Dieu ne les laisse à eux-mêmes quelques instants, que pour qu'ils soient à lui toute l'éternité, et que ces actes d'une fragilité momentanée ne doivent pas avoir pour eux de suites graves. »

24. Le vénérable Bède, in caput XXIV Proverbiorum, veljuxtâ ipsius divisionem, in caput XXVI, sur ces paroles : Le juste tombera sept fois, etc. : « Comment appeler juste celui qui tombe, c'est-à-dire, qui pèche , si ce n'est parce qu'il est question ici de ces fautes légères et journalières, dont les j-ustes eux-mêmes ne sauraient être exempts en cette vie. Car tous les jours, bon

(i) Cf. Le livre de saint Augustin de l'Esprit et de la Lettre,?. 110

gré mal gré, nous péchons souvent, et tantôt par ignorance, tantôt par oubli; tantôt par pensées, et tantôt par paroles; tantôt par surprise, tantôt par nécessité ou par fragilité. Et cependant le juste se relève; car il est juste, et une faiblesse passagère ne peut pas lui faire perdre son état de justice. »

25. On trouvera sur ce même sujet plusieurs passages rapportés déjà, soit à l'article des péchés en général, question III, soit à celui de l'expiation des péchés, questions II et III.

26. Le concile de Milève, canon 7 (1) : « Quiconque dira que les saints, en disant dans l'oraison dominicale : Remettez-nous nos dettes, ne le disent pas pour eux-mêmes, parce que cette demande ne leur est plus nécessaire, mais pour les autres de leur peuple qui sont pécheurs, et que c'est pour cette raison que chacun des saints ne dit pas : Remettez-moi mes dettes, mais, Remettez-nous nos dettes, pour faire entendre que le juste le demande pour d'autres que pour lui-même; qu'il soit anathème! Car l'apôtre saint Jacques était saint et juste, quand il disait : Nous manquons tous en beaucoup de choses (Jac, III, 2). Car pourquoi ajoute-t-il le mot tous, si ce n'est pour être d'accord avec cette parole du prophète David : Seigneur, n'entrez pas en jugement avec votre serviteur, parce que nul homme vivant ne sera trouvé juste devant vous (Ps. CXLII, 2); et avec cette maxime du sage Salomon : Il n'y a personne qui ne pèche (II Paralip., VI, 36); et avec cet oracle du livre de Job : Il met comme un sceau sur la main de tous les hommes, afin que tous connaissent leur faiblesse (Job, XXXVII, 7)? C'est pourquoi le juste Daniel, après avoir dit au pluriel dans sa prière : Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité (Dan., IX, 5), ce qu'il confesse avec autant de vérité que d'humilité, de peur qu'on ne crût qu'il avait dit cela des péchés de son peuple plutôt que des siens, ajoute un peu plus bas : Lorsque je priais encore, et que je confessais mes péchés et ceux d'Israël mon peuple (ibid., 20). Il n'a pas voulu dire nos péchés, mais il a dit les péchés de son peuple et les siens, parce qu'étant prophète, il prévoyait qu'il se rencontrerait dans l'avenir des hommes qui entendraient aussi mal cette parole : Remetteznous nos dettes. »

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