DU DON DE PERSÉVÉRANCE
« Il en est de même du don de persévérance, au sujet duquel il est écrit, que celui qui aura persévéré jusqu'à la fin, sera sauvé. C'est une grâce qu'on ne doit attendre que de celui qui peut , et donner la stabilité à celui qui est debout , de manière à ce que celui-ci puisse demeurer ferme jusqu'à la fin , et relever de ses chutes celui qui tombe. Que personne ne se promette là-dessus rien d'assuré, au moins d'une certitude absolue, quoique ce soit un devoir pour tout le monde de ne point se lasser d'espérer, avec une confiance sans réserve, dans le secours de Dieu. Dieu, en effet, à moins que nous ne fassions nous-mêmes défaut aux invitations de sa grâce , amènera à sa perfection le bon ouvrage qu'il a commencé, en opérant en nous le vouloir et le faire. Cependant, que ceux qui se croient fermes prennent garde de tomber, et qu'ils opèrent leur salut avec crainte et tremblement, dans les travaux , dans les veilles , dans les aumônes , dans les prières, dans les sacrifices , dans les jeûnes et dans la pratique de la chasteté. Car, pénétrés de cette pensée, que leur renaissance spirituelle ne leur assure pas encore la possession de la gloire, mais seulement l'espérance de l'obtenir un jour, ils doivent craindre pour l'issue du combat qu'il leur reste à soutenir contre la chair, contre le monde et contre le démon, et dont ils ne peuvent sortir victorieux , s'ils ne se conforment , avec la grâce de Dieu , aux sentiments de l'Apôtre qui disait ; Nous ne sommes pas redevables à la chair, pour vivre selon la chair: car si
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vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si vous faites mourir par l'esprit les œuvres de la chair, vous vivrez. » Conc. Trià%9 sess. VI, c. XIII.
TÉMOIGNAGES DE i/ÉCRITURE.
1 . Matthieu , X , 22 , et XXIV, 13 ; comme dans le corps de la réponse.
! 2. Romains, XIV, 4 : « Qui êtes-vous pour oser ainsi condamner le serviteur d'autrui? S'il tombe ou s'il demeure ferme, cela regarde son maître; mais il demeurera ferme, parce que Dieu est tout-puissant pour l'affermir. »
3. Philippiens, I, 5, 6 : « Je rends grâces à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous. — Car j'ai une ferme confiance que celui qui a commencé le bien en vous , le perfectionnera jusqu'au jour de Jésus-Christ. »
4. lbid., II, 13 : « Car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire, selon qu'il lui plaît. »
5. I Corinthiens, X, 12 : k Que celui donc qui croit être debout, prenne bien garde de tomber. »
6. Romains, XI, 19-22 : « Vous direz peut-être : Ces branches ont été rompues afin que je fusse enté en leur place. — Il est vrai , elles ont été rompues à cause de leur incrédulité ; et pour vous, vous demeurez ferme par votre foi ; mais prenez garde à ne pas vous élever, et tenez-vous dans la crainte. — Car si Dieu n'a point épargné les branches naturelles , vous devez craindre qu'il ne vous épargne pas non plus. — Considérez donc la bonté et la sévérité de Dieu ; sa sévérité envers ceux qui sont tombés, et sa bonté envers vous , si toutefois vous demeurez ferme dans l'état où sa bonté vous a mis : autrement , vous serez aussi retranché. »
7. Philippiens, II, 12 : « Ainsi, mes très-chers frères, comme vous avez toujours été obéissants , ayez soin , non-seulement lorsque je suis présent parmi vous, mais encore plus en mon absence, d'opérer votre salut avec crainte et tremblement. »
8. // Corinthiens, VI, 4-8 : « Mais agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu , nous nous rendons recommandâmes par une grande patience dans les maux , dans les nécessités pressantes et dans les extrêmes afflictions; — dans les plaies, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ; - — par la pureté, par la science, par une douceur persévérante , par la bonté, par les fruits du Saint-
Esprit , par une charité sincère , — par la parole de vérité , par la force de Dieu , par les armes de la justice , pour combattre à droite et à gauche ; — parmi l'honneur et l'ignominie, parmi la mauvaise et la bonne réputation; comme des séducteurs, quoique sincères et véritables; comme inconnus, quoique trèsconnus. »
9. Romains, V, 2 : « Par qui aussi nous avons entrée par la foi à cette grâce dans laquelle nous sommes établis, et nous nous glorifions dans l'espérance de la gloire promise aux enfants de Dieu. »