Jean, XII, 42-43 : <i Plusieurs cependant, et même des
principaux des Juifs, crurent en lui; mais à cause des pharisiens ils n'osaient le reconnaître publiquement, de peur d'être chassés de la synagogue : — car ils aimèrent mieux la gloire des hommes que celle de Dieu. »
7. / Corinthiens ; XIII, 1-2 : « Quand je parlerais toules les langues des hommes et des anges mêmes, si je n'avais point la charité, je serais comme un airain sonnant ou une cymbale retentissante. — Et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais une parfaite science de toutes choses; et quand j'aurais toute la foi possible, au point de me rendre capable de transporter les montagnes, si je n'avais pas la charité, je ne serais rien. »
8. Jacques, II, 14, 19-20 : « Mes frères, que servira-t-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres? La foi pourra-t-elle le sauver? — Vous croyez qu'il n'y a qu'un Dieu; vous faites bien : les démons le croient aussi, et ils tremblent. — Mais voulez-vous savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est morte? »
9. / Corinthiens, VI, 8-1 1 • « Mais c'est vous-mêmes qui faites le tort; c'est vous qui usez de tromperie, et cela à l'égard de vos propres frères. — Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l'injustice n'hériteront point du royaume de Dieu? ne vous y trompez pas, ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, — ni les impudiques, ni les abominables , ni les voleurs , ni les avares, ni les ivrognes, ni les voleurs n'hériteront du royaume de Dieu. — C'est ce que quelques-uns de vous ont été autrefois; mais vous avez été lavés, sanctifiés et justifiés au nom de Notre- Seigneur Jésus-Christ et par l'Esprit de notre Dieu. »
10. Galates, V, 18-21 : a Si vous vous conduisez par l'Esprit de Dieu, vous n'êtes pas sous la loi. — Or, il est aisé de connaître les œuvres de la chair, qui sont : la fornication, l'impureté, l'impudicité, la dissolution , — l'idolâtrie, les empoisonnements, les inimitiés, les dissensions, les jalousies, les animosités, les querelles, les divisions, les hérésies, — les envies, les meurtres, les ivrogneries, les débauches et autres semblables énormités, au sujet desquelles je vous déclare, comme je vous l'ai déjà dit, que ceux qui les commettent n'hériteront point du royaume de Dieu. »
11. Ephêsiens, V, 5-7 : « Sachez que nul fornicateur, nul impudique, nul avare, autre espèce d'idolâtres, n'héritera du royaume de Jésus-Christ et de Dieu. — Que personne ne vous séduise par de vains discours : car c'est pour cela que la colère
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de Dieu tombe sur les hommes rebelles à la vérité. — N'ayez donc rien de commun avez eux. »
12. Apocalypse , XXI, 8 : « Pour ce qui est des timides, des incrédules, des exécrables, des homicides, des fornicateurs, des empoisonneurs, des idolâtres et de tous les menteurs, leur partage sera dans l'étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
4. S. Basile, Lib. I de Baptismo, part. 2 : « J'ajouterai ici quelques mots à ce que j'ai déjà dit du royaume des cieux, pour que rien ne nous empêche de participer un jour à ce bonheur. Car, dans les choses de la vie, ce n'est pas rien qu'un rien manque pour arriver, comme Ta dit un de nos sages, et comme la plupart des gens ont pu en faire par eux-mêmes l'expérience outre que cela nous est encore plus fortement inculqué par la sévérité des règles prescrites dans l'ancienne loi pour le choix des ministres sacrés et des victimes à offrir en sacrifice (Levit., XXI, 18; XXII, 21), où il suffisait d'une tache, ou de la mutilalion, je ne dis pas d'un membre entier, mais d'une partie (b membre, et comme porte le texte sacré , d'un petit bout d'oreille , pour exclure un homme du sacerdoce, ou un animal du nombre des victimes convenables pour le sacrifice. Or, comme l'a dit l'Apôtre, Toutes ces choses ont été des figures de ce qui nous regarde, et elles ont été écrites pour nous servir d'instruction à nous autres, qui nous trouvons à la fin des temps (I Cor., X, 6, 11); et Notre -Seigneur a expressément enseigné l'excellence de la loi nouvelle audessus de l'ancienne, par ces paroles : Il y a ici quelque chose de plus grand que le temple (Matth., XII, 6); comme il nous a fait entendre encore plus particulièrement que nous devons avoir plus de soin de notre âme que de tout le reste, quand il a dit : On fera rendre un plus grand compte à celui à qui on aura confié plus de choses (Luc, XII, 48). »
Après avoir produit à l'appui de sa thèse beaucoup d'autres textes, saint Basile ajoute : « Tout cela aboutit à prouver, qu'il suffit qu'une chose manque, pour que le tout soit en péril. Car si Notre-Seigneur a dit : Tout ce qui est dans la loi s'accomplira parfaitement jusqu'à un seul iota et à un seul point (Matth., V, J8); combien cela ne doit-il pas mieux encore se dire de l'Evangile, dont Jésus-Christ a dit de même : Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point (Matth., XXIV,
35). C'est ce qui a fait dire à l'apôtre saint Jacques avec tant d'assurance : Quiconque ayant gardé toute la loi, la viole en un seul point, est coupable comme l'ayant toute violée (Jac, II, 10). Ce qui lui a appris à tenir ce langage, c'est la menace qu'il entendit son divin maître faire à Pierre, qu'il avait pourtant déclaré bienheureux, à qui il avait rendu un témoignage si supérieur à tous ceux qu'un homme peut rendre, à qui enfin il avait fait de si magnifiques promesses (Matth., XVI, 17-19), que s'il ne se laissait laver les pieds, il n'aurait point de part dans son royaume (Jean, XIII, 8). De même, l'apôtre saint Paul, qui accomplissait dans sa chair ce qui reste à souffrir à Jésus-Christ, en souffrant lui-même pour son corps qui est l'Eglise (Col., I, 24), nous déclare, comme parlant au nom de Jésus-Christ, quels sont les principaux péchés pour lesquels on peut être exclu du royaume de Dieu et encourir la sentence de mort, tantôt lorsqu'il dit en termes précis, que ceux qui font de telles choses sont dignes de mort (Rom., I, 32), (et pourquoi n'a-t-il pas dit : Ceux qui font ces choses, mais : Ceux qui font de telles choses?) tantôt lorsqu'il dit d'une manière plus générale, que les prévaricateurs ne seront point héritiers du royaume de Dieu (I Cor., VI, 10); et ailleurs encore, Notre-Seigneur Jésus- Christ lui-même a déclaré dans l'Evangile selon saint Luc, que quiconque ayant mis la main à la charrue, regarde derrière soi, n'est point propre au royaume de Dieu (Luc, IX, 62). Il est indispensable d'observer ici, que ce n'est pas contre une multitude de manquements, mais contre un seul manquement qu'est prononcée cette terrible et inévitable sentence, et qu'elle porte sur des choses permises en elles-mêmes, et sur un simple délai, ne fût-il que d'un instant, à l'obéissance prompte, sans réserve et sans bornes, qu'on doit à Dieu à tant de titres (I). »
2. Le même, Lib. Il de Baptismo, c. 9 : « Est prévaricateur quiconque n'observe pas la loi entière, quand même il ne violerait qu'un seul commandement. Car c'est assez qu'une chose manque, pour que le tout soit en péril. En effet, une chose à laquelle il manque un point pour qu'elle se fasse, manque de se faire par-là même. De même que celui à qui il ne s'en est fallu de rien pour qu'il soit mort n'est point mort , ou que celui à qui il ne s'en faut de rien pour qu'il vive, n'est point vivant, mais est mort, ou que celui à qui il ne s'en est fallu de rien pour qu'il soit entré,
(i) Cf. S. Basilii opéra, t. II, p. 629-031, édit. de D. Garnier.
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n'est point entré, et telles ont été en particulier les vierges folles; de même, celui à qui il ne s'en est fallu de rien pour qu'il ait observé la loi, ne l'a point observée, mais il est prévaricateur. C'est pourquoi il est nécessaire, dans la conduite à tenir à l'égard de ceux qui se rendent coupables de prévarication, nous fussent-ils unis par les liens du sang, d'obéir au commandement de l'Apôtre, qui nous dit tantôt que, si celui qui est du nombre de nos frères est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou ravisseur du bien d'autrui, nous ne devons pas même manger avec un bomme de cette espèce (I Cor., V, 11); et remarquez ici que ce n'est pas seulement avec celui qui se serait rendu coupable de tous ces crimes à la fois que l'Apôtre nous défend de communiquer, mais il nous interdit de le faire même avec celui qui n'aurait commis qu'un seul de ces crimes, et c'est pour cela qu'il ne dit pas, Vous ne devez pas même manger avec un tel ou tel, toutw, mais : Vous ne devez pas même manger avec un homme de celte espèce, moù™. Tantôt le même Apôtre nous dit de mortifier les membres de l'homme terrestre qui est en nous, la fornication, l'impureté, les abominations, les mauvais désirs et l'avarice qui est une idolâtrie, puisque ce sont de tels excès qui font tomber la colère de Dieu sur les hommes rebelles à la vérité (Col., III, 5). Remarquez encore ici qu'il dit en termes généraux, sur les hommes rebelles à la vérité, nous avertissant par-là de ne point nous rendre complices de leur prévarication (Ephes., V, 7) (1). » i
3. S. Augustin, Lib. XV de Trinitate, c. 18 : «Il n'y a que la charité qui nous rende la foi profitable; car sans la charité, etc. » Voir le reste de ce passage au chapitre III de la Charité, question I, témoignage 7, tome I, page 247.
4. Le même, Tract. X in Epistolam I Joannis : « Nous ne trouvons que gens qui disent, Je crois; mais la foi sans les œuvres ne sauve pas. Or, l'œuvre de la foi, c'est la charité ellemême, si nous voulons en croire l'Apôtre, qui recommande la foi, mais la foi agissante par la charité (Gai, V, 6)... C'est là ce qui s'appelle croire que Jésus est le Christ, comme le croient les vrais chrétiens, dont la vie répond à leur croyance, et non pas comme le croient les démons, dont un apôtre nous apprend, non-seulement qu'ils croient, mais môme qu'ils tremblent (Jac, II, 19). Comment les démons pouvaient-ils mieux exprimer leur
(1) Cf. S. Basilii opéra, t. Il, \\ G: :>"!, édit. de l>. Garnier.
croyance au sujet de Jésus-Christ, qu'en disant : Nous savons que vous êtes le Fils de Dieu (Marc, I, 24; III, 12)? Saint Pierre ne s'est pas exprimé d'une autre manière, lorsque Notre-Seigneur demanda à ses disciples quelle opinion avaient les hommes de ce qu'il était... Il y a donc une grande différence entre croire à Jésus-Christ pour s'attacher à lui, et confesser Jésus-Christ pour l'éloigner de soi. Et ainsi vous voyez que, quand l'Apôtre dit : Celui qui croit (I Jean, V, 1), il entend parler d'une foi revêtue des conditions qu'elle doit avoir, et non d'une foi semblable à celle de la plupart de ceux qui font profession de croire. Après cela, mes frères, que les hérétiques ne viennent pas nous dire : Si vous croyez, nous croyons aussi. Si je vous ai rapporté ici l'exemple de la foi des démons, c'est pour vous engager à examiner la conduite des hommes qui vous tiennent ce langage, avant de vous réjouir de ce qu'ils partagent votre croyance.
)> Voyons donc la différence qu'il y a entre croire en Jésus- Christ, et croire que Jésus est le Christ. Celui, dit notre Evangéliste, qui croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu (I Jean, V, 1). Mais qu'est-ce que cet apôtre appelle croire que Jésus est le Christ? Il nous l'apprend par les paroles suivantes : Quiconque aime celui qui a engendré, aime aussi celui qui en a été engendré. Vous voyez, mes frères, que l'Apôtre joint tout de suite la charité à la foi, parce que la foi sans la charité ne sert de rien. La foi des chrétiens est celle qui est accompagnée de la charité. Sans cela, ce ne serait qu'une foi de démon. Ceux donc qui n'ont point du tout de foi, sont pires, ou plus lents à croire, que les démons euxmêmes. Celui qui ne veut pas croire n'en est pas encore arrivé à égaler les démons. Que si quelqu'un croit en Jésus-Christ, mais sans l'aimer* ce n'est point l'espérance d'en être récompensé qui lui fait confesser sa foi en Jésus-Christ, mais la crainte d'en être puni : et en cela, il n'est qu'égal aux démons, que la crainte qu'ils avaient de Jésus-Christ portait à lui dire : Qu'y a-t-il entre vous et nous, Fils de Dieu que vous êtes? Etes-vous venu pour nous perdre avant' le temps (Marc, I, 24)? Il faut donc ajouter l'amour à la foi qu'on a en Jésus-Christ, afin qu'elle soit telle que la demande l'Apôtre, c'est-à-dire qu'elle soit agissante par la charité. Si vous trouvez en ce monde un véritable chrétien un citoyen de la vraie Jérusalem, un concitoyen des anges, un voyageur qui soupire après sa patrie pendant qu'il est sur la route qui y conduit, joignez- vous à lui et marchez ensemble à grands pas vers le but de votre pèlerinage. Il sera
votre compagnon de voyage , pour peu que vous partagiez ses dispositions (1). »
5. S. Fulgence, De incarnatione et gratiâ Jesu Chrisli, c. 26 : « 11 peut arriver qu'on croie en Dieu sans aimer Dieu; mais i ne peut se faire qu'on aime Dieu sans croire en lui; on peut bien croire qu'une chose existe sans l'aimer; mais on ne peut pas l'aimer sans croire qu'elle existe. Or, l'Apôtre nous dit que, sans la charité, la foi et toutes les bonnes œuvres ne peuvent servir de rien ; voici ses paroles : Quand j'aurais toute la fui possible jusqu'à transporter les montagnes...; quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien (I Cor., XIII, 2-3). »