Chapitre XVII. Du don de persévérance
La persévérance est un don de Dieu , dont on ne peut savoir si on l'a reçu tant qu'on est vivant — Ni la grâce de commencer dans la pratique du bien, ni celle d'y persévérer jusqu'à la fin, ne nous sont données en conséquence de nos mérites — La persévérance est un pur don de Dieu, 447-449 : S. Augustin.— Personne ne saurait porter de jugement assuré
sur soi-même — Nos premiers parents, avant leur péché, n'étaient point assurés de leur persévérance— Assurés de la récompense promise à notre persévérance, nous n'avons aucune certitude de notre persévérance ellemême — Nul homme ne peut savoir s'il persévérera , à moins d'en être assuré par quelque révélation — Nous ne pouvons assurer ni de ceux qui sont debout qu'ils ne feront pas quelque chute, ni de ceux qui sont tombés qu'ils ne se relèveront pas à la fin — Nous ne nous voyons pas nous-mêmes par rapport à notre avenir — Nous ne nous connaissons pas assez pour pouvoir répondre de ce que nous serons d'un jour à l'autre, 450-451 : le même. — Nous ne pouvons pas être assurés de notre salut, 451-452 : S. Chrysostôme. — Quelle que puisse être l'innocence de notre vie , ce serait témérité de nous croire assurés de notre salut , 453 : S. Ambroise. — Aucune créature ne peut nous séparer de Jésus-Christ malgré nous, nous ne le pouvons que par l'effet de notre propre volonté, 453 : S. Bernard. — 11 nous est utile d'ignorer ce que nous serons dans la suite — Les chutes de ceux qui ne persévèrent pas sont pour nous des avertissements de marcher avec crainte et tremblement dans la voie de la justice — Une entière sécurité ne nous serait pas avantageuse, 454 : S. Bernard. — Un moyen de nous exciter à la componction, c'est de considérer l'incertitude de notre avenir, 455 : S. Chrysostôme.— L'orgueil es à craindre même dans le bien que l'on fait — Dieu a voulu, par une conduite très-salutaire de sa providence, que les justes qui ne persévéreront pas soient mêlés avec ceux qui persévéreront jusqu'à la fin, 455-456 : S. Augustin. — Nous sommes exposés dans cette maison terrestre à trois vents très-violents et extrêmement malins, dont un en particulier ne nous laisse ni paix ni trêve — Aucun de nous ne sera exempt de tentations tant qu'il sera sur la terre, 456-458 : S. Bernard. — Quels sont nos ennemis — Filets du démon, ses gluaux, ses flèches — Pensées que nos ennemis divers excitent en nous — Notre ennemi domestique est le plus à craindre, 458-460 : le même.
Chapitre XVIII. De ceux qui sont tombés depuis leur baptême, et de leur rentrée en grâce, 460-463.
Besoin pour le pécheur de recourir à la miséricorde divine, 462-463 : S. Augustin.
Chapitre XIX. Tout péché mortel fait perdre la grâce, mais ne fait pas perdre pour cela la foi, 463-470.
Il suffit qu'une chose manque pour que le tout soit en péril, 466-468 : S. Basile. — Il y en a qui ont la foi, mais sans avoir la charité — La foi jles chrétiens est celle qui est accompagnée de la charité — La foi sans a charité est une foi de démon, 468-470 : S. Augustin. — On peut croire en Dieu sans l'aimer, mais on ne peut pas l'aimer sans croire en lui, 470 : S. Fulgence.
Chapitre XX. Du fruit de la justification, ou du mérite des bonnes œuvres, et de la nature de ce mérite lui-même, 470-487.
La vie éternelle est donnée en conséquence des bonnes œuvres — Nos bonnes œuvres elles-mêmes doivent être attribuées à la grâce — La vie éternelle est aussi une grâce de Dieu — En quel sens la récompense céleste est due aux bonnes œuvres, 473-474 : S. Augustin. — Ce qui est récompensé n'est pas la récompense— La vie éternelle est la récompense de la bonne vie — Une légère aumône peut mériter des biens éternels —
La récompense ne peut pas précéder le mérite — La miséricorde sera accordée à proportion du mérite des bonnes œuvres — La vie éternelle est une grâce et tout à la fois une récompense — Le bien, voilà l'œuvre à faire; la béatitude, voilà la récompense à gagner, 474-477 : le même.
— Dieu accordera à nos mérites et à nos œuvres les récompenses qu'il a promises — Eloge de l'aumône — Elle est un don de la Providence — A ceux qui auront vaincu dans la paix sera accordée la couronne de lis, aux victimes de la persécution la couronne de pourpre — Récompenses de la foi et du dévouement, 477-478 : S. Cyprien. — Dieu nous vient en aide dans nos combats, et puis nous décerne la couronne après la victoire
— Cette couronne sera immortelle — Ne demandons point à recevoir des couronnes dès ici-bas — Dieu nous récompensera , et pour le bien que nous aurons accompli, et pour les traverses que nous aurons essuyées — Couronnes plus éclatantes les unes que les autres, 479-481 : S. Chrysostôme. — Un même travail peut obtenir une double récompense, 481: S. Grégoire. — Dieu s'est rendu notre débiteur, non qu'il ait rien reçu de nous, mais parce qu'il s'est engagé à nous par ses promesses, 482-485 : S. Augustin.
— Saint Paul faisant l'énumération de ses mérites , et se repaissant de l'espérance d'obtenir des couronnes, 483 : le même. — La grâce accordée aux impies qu'il plaît à Dieu de justifier — Autre sorte de grâce promise aux justes pour récompense — Pour que les justes parviennent à mériter leur récompense , il faut que la grâce les prévienne d'abord et les soutienne ensuite — Bienfaits multipliés de la grâce — La grâce de la justification réservée pour cette vie, et la glorification préparée pour l'autre, 483-485 : S. Fulgence.— La justice dont nous sommes capables ici-bas est d'un degré inférieur à celui auquel on sera élevé dans le ciel — L'une constitue le mérite, l'autre constituera la récompense — Nous ne devons point nous glorifier de nos mérites comme si nous les tenions de nousmêmes — La grâce est le principe de nos mérites, 485-486 : S. Augustin.
— Dieu veut que nous nous fassions des mérites de ses propres dons, 486 : S. Célestin. — Les mérites de l'homme sont des dons de Dieu — C'est ce que les pélagiens refusaient de reconnaitre — Dieu couronne en nous ses dons, et non des mérites qui ne viendraient que de nous, 486-487 : S. Augustin.