XVI NOTICE SUR CANISIUS
» Il reçut alors des lettres de son général , qui lui mandait de venir à Rome. Il bénit Dieu de cette disposition, qui le mettait en état d'accomplir le vœu qu'il avait fait autrefois d'y aller, pour y demander à Dieu, sur le tombeau des apôtres et des martyrs , par l'intercession de ces héros du christianisme, cet esprit de force et de zèle si nécessaire dans les fonctions de son ordre.
» Ce fut pour lui un grand sujet de joie de voir Ignace , et de pouvoir conférer avec un homme si éclairé , sur les règles à suivre pour sa perfection particulière et la sanctification des autres ; Ignace n'en eut pas moins à pouvoir embrasser un de ses chers enfants , qui faisait en tous lieux tant d'honneur à l'Eglise et en particulier à sa compagnie ; il trouva que ce qu'on lui en avait dit était bien au-dessous de ce qu'il en voyait lui-même : pour le disposer plus particulièrement aux desseins que la divine sagesse avait sur lui, il prit plaisir, pendant cinq mois entiers qu'il le retint à Rome, à l'exercer dans toutes les pratiques de la vie intérieure, qui pouvaient perfectionner cet esprit apostolique dont il le voyait animé.
» A cette même époque, il apprit que Don Juan de Véga, vice-roi de Sicile, avait ménagé à sa compagnie la fondation de deux collèges dans les deux principales villes de ce royaume ; il destina aussitôt douze de ses religieux pour aller ouvrir celui de Messine. Quelque envie qu'il eût de renvoyer Canisius en Allemagne, il crut qu'il était de la gloire de Dieu de le faire connaître ailleurs , et en conséquence , voulant avant tout le proposer à sa compagnie comme un modèle de l'obéissance la plus soumise , il lui ordonna , comme à tous les autres , sans s'expliquer davantage , de lui marquer par écrit la disposition de son cœur sur certains points qu'il leur avait proposés. Voici quelle fut la réponse de Canisius, traduite du texte latin, tel qu'on le conservait à Rome, il y a encore un siècle, dans les archives de la compagnie : « Ayant examiné devant Dieu ce que le » Père Ignace , mon vénérable père et maître en Jésus- » Christ, m'a proposé, i°je me sens également porté, soit