Ibidem, c. 35 : a Toutes ces iêtes en l'honneur des mar
î)lï DÉCÀLOGUE. 365
ty^s" , distribuées entre tous les temps de l'année , ont été établies avec sagesse, de peur que de plus rares occasions de s'assembler n'attiédissent la dévotion. C'est pour cela qu'on a désigné certains jours , afin que la vue de tous les fidèles réunis réveille la foi de chacun, et augmente l'allégresse commune. »
Question IX.»
L'usage des images de Jésus-Christ et des saints, tel qu'il est reçu dans l'Eglise, est-il contraire au premier précepte du décalogue?
L'usage des saintes images, tel qu'il est reçu dans l'Eglise , n'est nullement contraire au premier commandement , puisque, bien différents des païens , nous n'adorons pas les figures sculptées, le bois, les pierres, comme autant de dieux (car c'est là précisément ce qui est défendu par ce précepte) ; mais nous rendons par là à la personne même de Jésus-Christ et à celles des saints un culte chrétien et pieux , en nous les représentant sous ces images exposées à nos regards.
Tel est l'enseignement unanime de l'Eglise , tant des premiers siècles que des temps modernes , qui recommande à notre vénération ces saintes images , et nous invite à retenir cet usage qu'elle a reçu de la tradition apostolique , et que des conciles œcuméniques ont formellement approuvé. Nous pouvons même ajouter que Dieu avait prescrit à l'ancienne synagogue elle-même un usage semblable en quelque façon.
C'est pourquoi l'Eglise a condamné l'erreur des iconoclastes , qui ne faisaient pas de différence entre les simulacres des faux dieux et les images de Jésus-Christ et des saints, et qui refusaient de considérer que nous sommes sous la loi de grâce, où Dieu, en se faisant homme , a revêtu lui-même sa propre image et sa propre ressemblance créée par lui dès le commencement, et s'est ainsi rendu visible parmi nous. Et nous n'avons pas à plaindre seulement leur ignorance; nous avons aussi à détester en eux cette fureur, qui les porte à dépouiller nos temples des images qu'ils y trouvent , du signe même de notre salut, et à détruire de leurs mains sacrilèges presque tous les objets sacrés , partout où ils en ont le pouvoir (IX).
Pugnatne cum hoc primo prœcepto mus receptus imaginum Chrisli aique sanctorum ?
Haudquaquam : quia non, sicut Eth-
Diti soient, adoranius sculplilia, lignai
lapides , perinde ac deos quosdam (id enim hoc prœcepto cavetur maxime ) ; sed more chrisliano et mente pia Christum ipsum et sanctos illic veneramur, ubi per imagines propositas nobis repraesentantur.
lta tuin presens, tua vêtus Ecclesia
DU DECALOGUE.
TEMOIGNAGES DE L ECRITURE
1. Bartichj VI, 38, Jérémie exhorte fortement les Juifs à ne pas imiter les Babyloniens dans leur idolâtrie. Il leur prouve par plusieurs raisons le néant et la vanité de leurs idoles , et leur dit entre autres choses : — « Ces Dieux qu'ils honorent sont semblables à des pierres qu'on tire d'une montagne. Ce sont des Dieux de bois , de pierre, d'or et d'argent. Ceux qui les adorent seront couverts de confusion. » |
2. Deutéronome , IV, 15-19 : « Vous n'avez vu aucune figure ni ressemblance au jour que le Seigneur vous parla à Horeb du milieu du feu ; — de peur qu'étant séduits, vous ne fassiez quelque image de sculpture , quelque figure ou d'homme ou de femme , ou de quelqu'une des bêtes qui sont sur la terre , ou des oiseaux qui volent sous le ciel ; — ou des animaux qui rampent et se remuent sur la terre ; ou des poissons qui sont sous la terre dans les eaux ; — ou qu'élevant vos yeux vers le ciel , et y voyant le soleil , la lune et tous les astres , vous ne tombiez dans l'illusion ou dans l'erreur, et que vous ne rendiez un culte d'adoration à des créatures que le Seigneur votre Dieu a faites pour le service de toutes les nations qui sont sous le cieL »
3. Ibidem, V, 8-9 : « Vous ne vous ferez point d'image de sculpture , ni de figures de tout ce qui est soit en haut dans le ciel , soit en bas sur la terre , ou qui vit sous la terre dans les eaux. — Vous ne les adorerez et ne les servirez point. »
4. Sagesse, XIV, 12-22 , 27-31 : « Le premier essai d'idoles a été le commencement de la prostitution , et leur perfection a été l'entière corruption de la vie humaine. — Car les idoles n'ont point été dès le commencement, et elles ne seront point pour toujours. — C'est la vanité des hommes qui les a introduites dans le monde ; c'est pourquoi on en verra bientôt la fin. — Un père affligé de la mort précipitée de son fils , fit faire l'image de
summo consensu docet commendans nobis pias et venerandas imagines , ut quarum us uni apostolica etiam traditione commendatum acceperïmus , et sacrosancta patrum synodo approbatum retineamus. Imô et veteri synagogoe suas Deus imagines dédit.
Quapropter damnatus est error iconoclastarum , ut qui inter simulacra deorum et imagines Christi atque sanctorum discrimen nullum constituèrent t neque ra-
tionem temporis gratise seu novae legis haberent, quo Deus homo factus imaginem, similitudinemque suam initio à se creatant ipse induit, atque in ea se nobis reprœsentavit. Neque soliim imperitus error, sed etiam nefandus istorum furor est , qui sacris è locis imagines ipsas et in his dominicain quoque crucem ejiciunt, ac sacrilegis manibus sacra ferè omnia , ubi possunt, demoliuntur.
Dit décàt.ckUje, 367
celui qui lui avait été ravi si tôt ; et il commença à adorer comme Dieu celui qui était mort un peu auparavant comme tous les autres hommes ; il lui établit parmi ses serviteurs un culte et des sacrifices. — Cette conduite criminelle s' étant accrue de plus en plus dans la suite des temps, l'erreur fut observée comme une loi , et les idoles furent adorées par le commandement des princes. — Les hommes ne pouvant honorer ceux qui étaient bien loin d'eux, firent apporter leur tableau du lieu où ils étaient; et ils proposèrent devant tout le monde l'image du roi à qui ils voulaient rendre honneur, pour révérer ainsi , comme présent , avec une soumission religieuse , celui qui était éloigné. — L'adresse admirable des sculpteurs augmenta encore beaucoup ce culte dans l'esprit des ignorants. — Chacun d'eux .voulant plaire à celui qui l'employait , épuisa tout son art pour faire une figure parfaitement achevée. — Et le peuple ignorant , surpris par la beauté de cet ouvrage, commença à prendre pour un Dieu celui qu'un peu auparavant il avait honoré comme un homme.
— Telle a été la source de l'illusion de la vie humaine , que les hommes, ou pour satisfaire leur affection particulière, ou pour se rendre trop complaisants aux rois , ont donné à des pierres et à du bois un nom incommunicable. — 11 n'a pas même suffi aux hommes d'être ' dans ces erreurs touchant la connaissance de Dieu ; mais vivant dans une grande confusion causée par l'ignorance, ils donnent le nom de paix à des maux si grands et en si grand nombre — Le culte des idoles abominables est la cause, le principe et la fin de tous les maux. — Car, ou ils s'abandonnent à la fureur dans leurs plaisirs , ou ils font des prédictions pleines de mensonges , ou ils vivent dans l'injustice , ou ils se parjurent sans aucun scrupule , — parce qu'ayant mis leur confiance en des idoles qui n'ont point d'âme , ils ne craignent point d'être punis de leurs parjures. — Mais ils recevront la punition de ce double crime , parce qu'ils ont eu des sentiments impies de Dieu, en révérant les idoles , et parce qu'ils ont fait de faux serments, sans se mettre en peine de blesser la justice par leur perfidie. — - Car ce n'est point la puissance de celui par qui on a juré , mais la justice armée contre les pécheurs, qui punit toujours l'infidélité des hommes injustes. »
5. Psaume CXIII, 12-16 : « Les idoles des nations sont d'argent et d'or, et l'ouvrage des mains des hommes — Elles ont une bouche et ne parlent pas ; des yeux , mais elles ne voient pas.
— Elles ont des oreilles , et n'entendent pas ; des narines , et ne
368 nu DéCAtoGuË.
sentent pas. — Elles ont des mains , et ne peuvent toucher ; elles ont des pieds, et ne peuvent marcher ; et elles ne tirent aucun son de leur gosier. — Puissent leur ressembler ceux qui les font, et tous ceux qui mettent en elles leur confiance. »
6. Psaume CXXXIV, 15, 17 : « Les idoles des nations sont des figures d'argent et d'or , ouvrage de la main des hommes ; — il n'y a point dans leurs narines de souffle de vie. »
7. i" Corinthiens, X, 7 : « Ne devenez point idolâtres comme: quelques-uns d'eux, dont il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent ensuite pour jouer. »
8. Ibidem, VIII, 4-6 : « Pour ce qui est de manger des viandes offertes aux idoles , nous savons que les idoles ne sont rien dans le monde , et qu'il n'y a nul autre Dieu que le seul Dieu. — Car encore qu'il y en ait qui sont appelés dieux , soit dans le ciel , soit sur la terre , et qu'ainsi il y ait plusieurs dieux et plusieurs seigneurs , — il n'y a néanmoins pour nous qu'un seul Dieu , qui est le Père , duquel toutes choses tirent leur être, et qui nous a faits pour lui ; il n'y a qu'un seul Seigneur, qui est Jésus-Christ, et c'est par lui que nous sommes ce que nous sommes. »
9. Lévitique, XXVI, 1 : « Vous ne vous ferez point d'idoles ni d'images taillées ; vous ne dresserez point de colonnes ni de monuments , et vous n'érigerez point dans votre terre de pierres remarquables pour les adorer. Car je suis le Seigneur votre Dieu. »
10. Exode, XXV, 18-22 : « Vous mettrez aux deux extrémités de l'oracle deux chérubins d'or battu ; — un chérubin d'un côté, et un chérubin de l'autre. — Ils tiendront leurs ailes étendues des deux côtés du propitiatoire et de l'oracle, qu'ils en couvriront , et ils se regarderont l'un l'autre ayant le visage tourné vers le propitiatoire qui couvrira l'arche , — où vous mettrez les tables de la loi que je vous donnerai. — C'est de là que je vous donnerai mes ordres. Je vous parlerai de dessus le propitiatoire, du milieu des deux chérubins qui seront au-dessus de l'arche du témoignage , pour vous faire savoir tout ce que je voudrai commander aux enfants d'Israël. »
11. Ibidem, XXXVII, 7-9 : « Comme aussi deux chérubins d'or battu , qu'il mit aux deux côtés du propitiatoire ; — un chérubin à l'extrémité d'un des côtés ; et l'autre chérubin à l'extrémité de l'autre côté ; ainsi chacun des deux chérubins était à l'une des extrémités du propitiatoire. — Ils étendaient leurs ailes
DU DÊCÂLOGUE. 360
dont ils couvraient le propitiatoire, et ils se regardaient l'un l'autre aussi bien que le propitiatoire. »
42. Nombres, VII, 89 : « Quand Moïse entrait dans le tabernacle de l'alliance pour consulter l'oracle, il entendait la voix de celui qui parlait du haut du propitiatoire placé sur l'arche du témoignage entre les deux chérubins : de là Dieu parlait à Moïse, w
13. Ibidem, XXI, 7-9 : « Moïse pria pour le peuple, — et le Seigneur lui dit : Faites un serpent d'airain , et placez-le pour signe. Quiconque étant blessé le regardera , sera guéri. — Moïse fit donc un serpent d'airain , et le mit pour servir de signe ; et ceux qui ayant été blessés le regardaient , étaient guéris. »
ik. III Rois, VI, 23-35 : « Il plaça dans l'oracle deux chérubins de bois d'olivier, qui avaient dix coudées de haut. — L'une des ailes du chérubin avait cinq coudées , et l'autre avait aussi cinq coudées : ainsi il y avait dix coudées depuis l'extrémité de l'une des ailes jusqu'à l'extrémité de l'autre. — Le second chérubin avait aussi dix coudées, avec les mêmes dimensions, et l'ouvrage de tous les deux était le même. — C'est-à-dire que le premier chérubin avait dix coudées de haut , et le second avait aussi la même hauteur. — Il mit les chérubins au milieu du temple intérieur, et ils avaient leurs ailes étendues ; l'une des ailes touchait l'une des murailles, et l'aile du second chérubin touchait l'autre muraille ; et leurs autres ailes venaient se joindre au milieu du temple. — Il couvrit aussi d'or les chérubins. — Il orna toutes les murailles du temple, tout à l'entour, de moulures et de sculptures; et il fit des chérubins et des palmes en bas-relief, et diverses peintures qui semblaient se détacher de leur fond et sortir de la muraille. — Il couvrit aussi d'or le pavé du temple , au dedans et au dehors. 11 fit à l'entrée de l'oracle de petites portes de bois d'olivier, et des poteaux qui étaient à cinq pans. — Il fit deux portes de bois d'olivier, et il y fit tailler des figures de chérubins et des palmes , et des basses-tailles avec beaucoup de reliefs ; et il couvrit d'or, tant les chérubins que les palmes, et le reste. — Il mit à l'entrée du temple des poteaux de bois d'olivier taillés à quatre faces , — et deux portes de bois de sapin , l'une d'un côté, et l'autre de l'autre ; chaque porte était brisée , et elle s'ouvrait ayant ses deux parties unies ensemble. — 11 fit sculpter des chérubins et des palmes, et d'autres ornements en saillie , et il couvrit le tout de lames d'or. »
d5. Genèse, I, 26, 27 : « Faisons l'homme à notre image et i. 24
370 DU DÉCAtOGCE.
à notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel , sur les quadrupèdes , et sur tous les reptiles qui se meuvent sur la terre. — Dieu créa donc l'homme à son image et à sa ressemblance, il le créa à l'image de Dieu. » 16. PhilippienSj H, 6-7 : « Qui ayant la nature de Dieu, n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu ; — et qui cependant s'est anéanti lui-même, en prenant la nature d'esclave , en se rendant semblable aux hommes , et paraissant tel que les autres hommes. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
4. Tertullien, contra Marcion., L. II, c. 22 : a De mémo , quand il dit : « Tu ne te feras point d'idoles taillées , ni aucune » image de ce qui est au ciel , ni de ce qui est sur la terre , ni » de ce qui est sous les eaux , » il ne veut par ces défenses que prévenir l'idolâtrie. Car il ajoute : « Tu ne les adoreras point; tu » ne les serviras point. » Quant au serpent d'airain , que Moïse façonna dans la suite d'après les ordres du Seigneur, étranger à toute idée d'idolâtrie, il était destiné à guérir ceux que les serpents avaient blessés. Je te fais grâce du remède divin dont il était l'emblème. Il en est de même des chérubins et des séraphins d'or battu qui couvraient le propitiatoire de l'arche d'alliance : c'étaient des décorations innocentes, en harmonie avec la majesté de l'arche sainte , et placées là pour des raisons bien différentes du principe idolâtrique qui avait provoqué l'interdiction de toute image taillée ; ils ne contredisaient point la défense portée plus haut , puisqu'ils n'avaient rien de commun avec les idoles que proscrivait la loi. »
2. S. Basile-le-Grand , Lib. de Spiritu sancto ad S. Amphilochinm Iconii episcopum, c. 18 : « On dit de l'image du roi que c'est le roi, et on n'en fait pas pour cela un deuxième roi. Par là on ne divise ni la puissance, ni la majesté royale. Et de même que l'autorité souveraine subsiste dans son intégrité sans être aucunement divisée , de même la gloire que nous lui rendons lui est déférée sans partage. L'honneur décerné à l'image se rapporte donc à son modèle, »
5. S. Jean-Damascène , Orthodoxœ fidei, lib. IV, c. 16 (édit. de Lequin, Paris, 1702) : « Gomme quelques-uns nous accusent à l'occasion de ce qu'ils nous voient adorer ou vénérer les images du Sauveur, de Notre-Dame et des autres saints et serviteurs de Jésus-Christ, qu'ils se souviennent que dès le commencement
DU DÉCÀLOGUE. 571
Dieu a créé l'homme à son image. Pourquoi donc nous honoronsnous (1) les uns les autres, si ce n'est parce que nous sommes faits à l'image de Dieu? Car, comme l'a dit le grand Basile, cet homme si instruit dans les choses divines , l'honneur décerné à l'image retourne à son modèle. Or le modèle, c'est celui dont la figure est représentée, dont les traits sont reproduits. Pourquoi le peuple que conduisait Moïse se mettait-il en adoration tout autour du tabernacle, qui était la figure et le symbole du ciel, ou plutôt de toute la création? Car Dieu avait dit à Moïse (Exod., XXV, 24) : Faites tout conformément au modèle qui vous a été montré sur la montagne. Et les chérubins qui couvraient le propitiatoire n'étaient-ils pas l'ouvrage de la main des hommes? et le temple si célèbre de Jérusalem n'était-il pas aussi fait de main d'homme, dû à l'habileté des ouvriers? L'Ecriture condamne , il est vrai, ceux qui adoraient les ouvrages de sculpture; mais elle condamne aussi ceux qui sacrifiaient aux démons. Les gentils sacrifiaient, les juifs sacrifiaient aussi. Mais les gentils sacrifiaient aux démons, au lieu que les juifs sacrifiaient à Dieu. Aussi, tandis que les sacrifices des gentils étaient abominables et réprouvés, ceux des juifs étaient reçus favorablement de Dieu. Noé sacrifia, et Dieu accepta son sacrifice comme un encens d'agréable odeur ( Gen., VIII, 21 ) , parce qu'il savait la droiture de ses intentions , et les sentiments pieux dont il était animé. Ainsi , les ouvrages sculptés des gentils n'étaient rejetés et interdits, que parce qu'ils étaient des simulacres des démons. De plus, qui est-ce qui pourrait tracer l'image d'un Dieu invisible , incorporel , infini , inaccessible à nos sens ? 11 y aurait donc folie et impiété extrêmes à vouloir représenter Dieu. Voilà pourquoi, dans l'ancien Testament , l'usage des images n'était pas encore établi. Mais depuis que Dieu, consultant les entrailles de sa miséricorde, s'est fait véritablement homme dans l'intérêt de notre salut, non en revêtant seulement la figure humaine comme il avait fait aux yeux d'Abraham , ou comme il avait apparu aux prophètes , mais en prenant réellement la nature humaine ; depuis qu'il a paru sur la terre et conversé parmi les hommes , qu'il a fait des miracles , qu'il a souffert , qu'il est ressuscité , qu'il est monté au ciel , depuis que toutes ces choses ont été réellement accomplies, et qu'elles ont été vues des hommes, elles ont été mises par écrit
(1) Il y a dans la traduction latine : Qui fit igiter ut alii alios adoremuSt nîsi quia ad Dei imaginem facti sumus ?
pour se perpétuer dans la mémoire et servir à l'instruction de ceux qui devaient venir , afin que , croyant sans avoir vu , nous soyons bénis de Dieu en récompense de notre foi. Mais comme tout le monde ne connaît pas les lettres ou n'a pas le temps de lire, nos pères ont jugé à propos de représenter ces faits , ou du moins les principaux, au moyen de la peinture et de la sculpture, qui en donnent comme l'histoire abrégée. Souvent il arrive qu'au moment où nous ne pensons pas à la passion du Sauveur, nous nous en rappelons la mémoire à la vue de l'image qui nous représente son crucifiement , et que nous nous prosternons alors en terre pour adorer, non cette image matérielle, mais celui qu'elle représente ; de même que nous n'adorons pas la matière dont se compose le livre des évangiles, pas plus que celle dont se compose la croix , mais celui qui nous y est représenté. Car en quoi diffère au reste la croix qui représente le Sauveur, d'une autre croix qui ne le représente pas ? Il en est de même du culte qui concerne la mère de Dieu ; l'honneur que nous lui rendons se rapporte à celui qui s'est incarné dans son sein. De même des belles actions des saints , qui ont pour effet d'animer notre courage, et de nous exciter à imiter leurs vertus en même temps qu'à glorifier Dieu. Car, comme nous l'avons dit , l'honneur que nous rendons à ceux de nos frères qui ont vécu saintement en servant le même maître que nous , est un témoignage de notre fidélité envers ce maître lui-même, et l'honneur décerné à l'image remonte à son modèle. Or, nous avons appris cela par tradition, encore que cela ne se trouve pas consigné dans les Ecritures , comme d'adorer en nous tournant du côté de l'orient , de nous prosterner devant la croix , et beaucoup d'autres pratiques semblables. Voici une histoire rapportée quelque part : Abgare , roi de la ville d'Edesse , ayant envoyé un peintre pour lui procurer l'image du Sauveur, et le peintre n'ayant pu réussir à la lui peindre à cause de l'éclat éblouissant du visage qu'il avait à considérer, le Sauveur imprima lui-même son image sur son manteau , en appliquant celui-ci sur son visage divin, et par le don qu'il fit ensuite de son manteau, il satisfit au désir d' Abgare (Evag., lib. hist., c. 27). Paul , apôtre des gentils , nous atteste que beaucoup de choses ont été transmises par les apôtres sans le secours de l'Ecriture. Mes frères, dit-il aux Thessaloniciens (// Thess., H, 1 5), demeurez fermes, et conservez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre. Il dit encore aux Corinthiens (I Cor., XI , 2) : Je vous loue^ mes frères, de ce que vous
vous souvenez de moi en toutes choses, et de ce que vous gardez les traditions et les règles que je vous ai données. »
4. S. ATHANASE,Serwi. IV contra arianos : a Dans l'image du roi se montrent son visage et ses traits, dans le roi les traits de son image : car les traits du visage du roi sont si vivement reproduits dans son portrait, qu'il suffit de voir le portrait pour croire avoir vu le roi; et réciproquement, en voyant le roi, on se rappelle les traits de son visage qu'on a remarqués dans son portrait. Et comme la ressemblance est parfaite entre les deux, si quelqu'un après avoir vu le portrait demandait à voir le roi , le portrait pourrait lui répondre : le roi et moi nous sommes la même chose; je suis en lui, et il est en moi ; ce que vous trouvez en moi , vous le trouverez en lui ; ce que vous verrez en lui, vous l'aurez d'avance vu eu moi. Celui donc qui honore (adorât) l'image , honore (adorât) en elle le roi lui-même , puisque cette image n'est autre chose que la représentation du roi. »
5. Le second concile œcuménique de Nicée, ou septième général , où se trouvèrent trois cent cinquante évêques , fut assemblé pour confondre ceux qui ne permettaient pas dans les églises les images de Jésus-Christ et des saints, et qui blâmaient le culte qu'on leur rendait. Ses actes se divisent en sept actions ou sessions. Dans la seconde, on lut la lettre synodique d'Adrien I, pontife de Rome , à l'empereur Constantin et à Irène, sa mère ; entre autres choses remarquables , on y lit le passage suivant : « Le prince des apôtres , le bienheureux Pierre , qui a le premier occupé le siège apostolique , est celui-là même qui a laissé aux pontifes qui lui succéderaient sur ce siège auguste dans toute la suite des siècles , les droits souverains de son apostolat et de sa charge pastorale ; et c'est lui qui , par l'ordre de Dieu, a conféré et transmis à ses successeurs la suprême autorité , telle qu'elle lui avait été accordée à lui-même par notre divin Sauveur : or, c'est conformément à la tradition des pontifes qui nous ont précédés , que nous vénérons les saintes images qui nous représentent Jésus-Christ, sa bienheureuse mère, les apôtres et tous les saints. Car depuis que la paix et la tranquillité ont été données à l'Eglise de Jésus-Christ notre Dieu , de ce moment et jusqu'à ce jour les images et les peintures sacrées ont orné nos églises, comme l'atteste le bienheureux et très -saint pape Sylvestre (1). »
(1) Nous avons suivi dans tout ce passage la version d'Anastase le bibliothécaire , au lieu du texte grec qui présente des différences notables, et que parait avoir suivi Canisius. Voir la collection des conciles de Labbe, t. VII , col. 101 et suiv.
Ensuite , après avoir rapporté comment le grand Constantin , sur l'avertissement qu'il avait reçu pendant la nuit des apôtres Pierre et Paul , se fit instruire dans la loi et inviter au baptême par saint Sylvestre, le pape Adrien II ajoute : « Après avoir terminé son récit, l'empereur demandait quels dieux c'étaient que ce Pierre et ce Paul, qui l'avaient visité pour son salut et lui avaient découvert tant de secrets. A quoi Sylvestre répondit : Ce ne sont pas des Dieux , mais de dignes serviteurs de Jésus- Christ, des apôtres choisis de lui et envoyés pour inviter les peuples à se sauver par la loi qu'on aurait en lui. Et comme le pape continuait à lui parler ainsi , l'empereur lui demanda s'il n'avait pas quelque portrait de ces apôtres , afin qu'il pût juger par leur ressemblance que c'étaient bien eux qui lui avaient apparu. Alors saint Sylvestre fit apporter par un diacre les images qui représentaient les apôtres ; et l'empereur ne les eut pas plutôt considérées, qu'il s'écria que c'étaient ceux-là mêmes qu'il avait vus , et qu'il ne fallait pas différer plus longtemps de lui montrer cette piscine que lui avait déjà fait voir l'Esprit-Saint , et que les apôtres , disait-il , lui avaient assurée devoir être l'instrument de son salut. C'est ainsi, comme il a été dit déjà, que les images des saints ont été dès le principe de notre foi en vénération chez tous les chrétiens , qu'elles ont été peintes et représentées dans les églises , afin que les païens , voyant dans ces tableaux l'histoire même des livres saints, quittassent le culte des idoles et les prestiges des démons pour suivre la lumière du christianisme et s'attacher au vrai Dieu , et que, comme l'a dit saint Grégoire, ce grand docteur, évêque de ce même siège apostolique, ceux qui ne connaîtraient pas les lettres pussent lire au moins sur les murs ce qu'ils ne pourraient pas lire dans les livres. C'est pour cela, en effet, que les Pères dont la doctrine a le plus d'autorité ont prescrit de représenter dans les églises les faits de la divine Ecriture et les actions des saints , et tous les empereurs orthodoxes et pieux , tous les prêtres et les religieux serviteurs de Dieu , toute la société des chrétiens en un mot , fidèles à la tradition qu'ils ont reçue des saints Pères dès les temps les plus anciens , ont conservé avec respect ces images et ces peintures pour s'en servir comme de mémorial et s'exciter à la componction , et même dans cette partie où est le siège de votre empire , les mêmes habitudes de piété se sont conservées jusqu'au règne de votre bisaïeul. Mais celui-ci, suivant les inspirations de certains impies , a renversé ces saintes images ;
et telle est la source de cette grande erreur répandue aujourd'hui dans l'empire grec , de cet énorme scandale donné au monde entier. Mais malheur, comme l'atteste la vérité elle-même, à celui par qui les scandales sont venus dans le monde ! » Dans la suite de cette même lettre , le pape produit des exemples et des témoignages de nos livres saints , et il ajoute l'extrait suivant du discours de saint Grégoire de Nysse sur le patriarche Abraham : « J'ai vu bien des fois le tableau de ce sacrifice (d'Isaac) , et à chaque fois je n'ai pu m'empêcber de verser des larmes , en voyant l'art avec lequel le peintre avait pu mettre
cette histoire sous nos yeux Dans la lettre écrite par saint
Basile contre Julien l'apostat , ce grand saint disait : Je confesse que la personne du Fils envoyée du ciel s'est incarnée , et que sainte Marie qui l'a enfanté selon la chair est mère de Dieu... Je vénère aussi les saints apôtres, les prophètes, les martyrs, qui intercèdent pour moi auprès de Dieu, afin que, par leur intervention, notre Dieu qui est toute bonté me soit propice , et m'accorde miséricordieusement le pardon de mes péchés : c'est pourquoi je me fais gloire d'honorer et de vénérer les images qui les représentent. Car cet usage nous ayant été transmis par les saints apôtres, nous ne pouvons pas l'abolir, et nous nous faisons au contraire un devoir de mettre ces saintes images dans toutes nos églises. » Le pape invoque ensuite les témoignages de saint Chrysostôme, de saint Cyrille, de saint Athanase, de saint Ambroise , de saint Etienne évêque de Bostra ; voici en particulier ce qu'il rapporte des écrits de ce dernier : « Toute image est sainte, dès-là qu'elle représente Notre-Seigneur, les anges , les prophètes , les apôtres , les martyrs ou les justes. Car ce n'est pas le bois que nous honorons, mais celui qui est représenté et reproduit sur ce bois. Nous honorons bien et nous saluons révérencieusement les princes, quoique ce soient des pécheurs. Pourquoi donc n'honorerions-nous pas les saints serviteurs de Dieu , et ne ferions-nous pas représenter des images en leur mémoire, afin de nous empêcher de les oublier? » Cette lettre du pape Adrien fut lue à la seconde session du concile général de Nicée, qui l'approuva (d).
(1) La lecture de cette lettre au concile souffrit , il est vrai , des difficultés, comme le rapporte Anastase (Labb., Conc, t. VII, col. 11b); mais ces difficultés avaient un tout autre objet que le culte des images. Sur ce dernier point , la lettre du pape Adrien obtint une adhésion unanime.
G. Dans le même concile, act. III, on approuva la lettre des évêques d'Orient (1) à Taraise, patriarche de Constantinople , où les évêques disaient entre autres choses : « Nous révérons les saintes images, savoir, celle de Jésus-Christ, Verbe de Dieu, Notre-Seigneur et notre Sauveur, qui s'est incarné pour nous , et
a pris la forme d'esclave Nous vénérons aussi l'image de sa
très-pure et très-sainte Mère , notre maîtresse , qui l'a conçu et enfanté d'une manière ineffable. Nous honorons semblablement les images des saints apôtres, des prophètes, des glorieux martyrs, des confesseurs et des justes, comme d'autant d'amis de Dieu ; non que nous nous fassions un objet de culte de la matière ou des couleurs qui constituent ces images , mais nous nous en servons pour témoigner à ceux qu'elles représentent l'honneur qui leur est dû, persuadés de ce que dit Basile-le-Grand , que l'honneur décerné à l'image se rapporte à son modèle. »
7. Dans le même concile, act. IV, on produisit grand nombre de témoignages de l' Ecriture-Sainte et des saints Pères , et quelques histoires propres à montrer que le culte des images est pieux et utile. Parmi ces traits, qu'il serait trop long de rapporter tous, est celui dont saint Chrysostôme fait mention dans son panégyrique de saint Mélèce , que beaucoup de personnes avaient fait représenter le portrait de ce saint évêque sur leurs anneaux, sur leurs coupes, sur les murs de leurs chambres, partout enfin. Dans le discours où il avait à prouver que le législateur du nouveau Testament est le même que celui de l'ancien , le saint docteur disait encore : a J'ai vu avec ravissement un tableau trèspropre à inspirer la piété, et qui était de cire fondue. » Le concile citait encore l'extrait suivant du discours de saint Grégoire de Nysse sur la divinité du Fils et de l'Esprit-Saint , et sur Abraham : « J'ai vu souvent ce tableau , et en le voyant je n'ai » pu retenir mes larmes , tant il retraçait vivement cette tou- » chante histoire. On voyait Isaac à genoux devant l'autel du » sacrifice, les mains retournées sur le dos. » On lut aussi l'écrit de saint Athanase sur l'image de Jésus-Christ qui se voyait à Béryte, et que les juifs avaient crucifiée (2). On lut encore dans
(1) Le passage cité ici est plutôt de la lettre synodique de Théodore , patriarche de Jérusalem, qui fut également approuvée dans cette même session du concile.
(2) Noël Alexandre soutient (Hist. eccl, sœc. IV, c. VI, art. VIH, p. 294- (edit. de Venise), contre Combefils, que cet écrit n'est pas du saint patriarche d'Alexandrie , et qu'il doit être plutôt du huitième siècle que du quatrième. Adhùc subjudice lis est.
DU DEOALOGUE. 377
cette même session la lettre de saint Nil au proconsul Olympiodore , qui avait résolu de bâtir un temple : « Il est de la sagesse )> d'un chrétien ferme dans sa foi , de ne placer qu'une croix à » l'orient dans le sanctuaire du temple, puisque c'est par la » vertu d'une seule croix que le genre humain a été racheté , et » que c'est dans une seule croix aussi que les plus désespérés » doivent retrouver l'espérance. Toutefois, je souhaiterais qu'un » habile peintre pût retracer sur les murs latéraux et sur les » deux côtés du temple les histoires du nouveau et de l'ancien » Testament , afin que ceux qui ne connaissent pas les lettres , )> ou qui ne peuvent lire l'Ecriture sainte, se rappellent en voyant » ces tableaux le souvenir de ceux qui ont fidèlement servi le » vrai Dieu , et qu'ils soient excités par ce spectacle , qui leur » mettra sous les yeux des faits dont ils n'auront pu être eux- )> mêmes témoins , à imiter ces grandes et belles actions , qui » ont valu à ceux qui les ont accomplies les biens du ciel en » échange des misères de la vie présente. »
8. A la fin de la session IV, le même concile dit ces paroles : « Nous vénérons les saintes images. Attachons-nous aux antiques lois de l'Eglise ; maintenons les règlements de nos pères. Nous disons anathème à ceux qui ajoutent ou retranchent quelque chose dans les pratiques de l'Eglise. Nous disons anathème à l'erreur nouvelle des accusateurs des chrétiens. Nous saluons les saintes images. Nous anathématisons ceux qui les rejettent; anathème aux accusateurs des chrétiens , c'est-à-dire aux iconoclastes, etc. »
0. L'action ou session VI contient une réfutation des hérétiques qui avaient condamné les images dans le conciliabule de Constantinople, sous l'empereur hérétique Léon ; leurs argumente avec leurs erreurs sont rapportés par un certain Grégoire de Néocésarée, qui avait été de la secte, mais l'avait quittée, et réfutés avec solidité par le diacre Epiphane , au nom de tout le concile. Cette action ou session est divisée en six tomes ou parties. Le quatrième de ces tomes contient le passage suivant : « Que le culte des images nous vienne par tradition, comme bien d'autres pratiques qui s'observent dans l'Eglise sans que l'Ecriture en dise rien , c'est ce que nous montre l'histoire de tous les temps , à remonter jusqu'à celui des apôtres, et en particulier ce que rapportent beaucoup d'écrivains de ce groupe de sculpture qui représentait l'hémorrhoïsse aux pieds de Notre-Seigneur , et que cette femme avait fait élever elle-même. Elle y était représentée
tenant par la frange le vêlement de Notre-Seigneur, de la manière que le rapporte l'évangéliste , action qui lui valut sa guérison. En outre, le grand Basile, dont les écrits sont répandus dans le monde entier, fait mention des images dans plusieurs de ses opuscules. Grégoire, évêque de Nysse, doublement son frère, et par le sang, et par l'esprit qui l'animait, fait voir qu'il pensait de même dans son discours sur Abraham. L'autre Grégoire (de Nazianze), surnommé le Théologien, dit la même chose dans son poème sur la vertu. Jean, surnommé la bouche d'or (Ghrysostôme) à cause de son éloquence, ne parle pas autrement dans son éloge funèbre de Mélèce , évêque d'Antioche , et dans celui de ses discours qui a pour titre , que le législateur du nouveau Testament est le même que celui de l'ancien. Cyrille, ce grand adversaire de l'hérésie de Nestorius , dans sa lettre à Acace évêque de Scythopolis, Anastase évêque de Théopolis, Sophronius, Maxime, et pourquoi en nommer seulement quelques-uns? tous nos pères sans exception ont admis les images. En disant donc que la tradition des Pères est pour eux , nos adversaires se convainquent eux-mêmes de mensonge. »
10. Enfin, dans la septième session ou action, le concile œcuménique de Nycée dit dans sa définition de foi : « Nous déclarons d'une voix unanime que les traditions ecclésiastiques , soit consignées dans les écrits , soit attestées seulement par la coutume , doivent être maintenues fidèlement ; et de ce nombre est la vénération des images, qui est en rapport parfait avec l'histoire évangélique , comme très-propre à nous affermir dans la foi de l'incarnation véritable et non fantastique du Verbe divin , et à nous procurer d'autres semblables avantages. » Puis vient la définition rapportée dans la question précédente , témoignage 62 , page 347 et suivantes. Après que tous les Pères eurent souscrit, le concile s'écria : « Nous croyons tous ainsi, nous avons tous le même sentiment , nous avons tous souscrit en témoignage de notre approbation. Cette foi est celle des apôtres, celle des Pères, celle de tous les orthodoxes, celle de l'univers entier. Comme nous croyons en un seul Dieu subsistant en trois personnes , ainsi vénérons-nous les images. »
41. Le huitième concile général, tenu à Constantinople, dit dans son canon 3 : « Nous décidons que l'image sacrée de Jésus- Christ Notre-Seigneur et Sauveur de tous les hommes, ne doit pas être moins honorée (adorari) que le livre des saints évangiles. Car de même que chacun trouve un principe de salut dans
les paroles que contient ce livre sacré, de même savants et ignorants profitent sans peine de l'instruction qu'offrent ces images enrichies de couleurs. Car ce que prêchent les paroles est également prêché par les peintures sacrées. Et il convient que, comme le veut la raison ainsi que l'antique tradition, on rende, à cause de l'honneur que l'on doit aux originaux, un honneur secondaire aux images qui les représentent, tout aussi bien qu'au livre sacré des évangiles et à l'image de la croix. »
12. S. Augustin, Lib. I De consensu evangelistarum > c. 10, parlant de ceux qui prétendaient faussement avoir trouvé des livres de Jésus -Christ adressés à saint Pierre et à saint Paul, et qui contenaient des leçons de magie , dit ces paroles : <c Comme ils voulaient faire accroire que Jésus-Christ avait écrit de semblables choses à ses disciples, ils cherchèrent en eux-mêmes quels pouvaient être ceux à qui Jésus-Christ aurait écrit de préférence et confié plus volontiers de tels secrets , qu'il honorait en un mot de sa familiarité ; et ils pensèrent tout de suite à Pierre et à Paul , sans doute parce qu'ils avaient vu souvent ces apôtres représentés sur un même tableau avec lui, et aussi parce que Rome réunit dans une même< solennité la fête de ces deux apôtres, couronnés le même jour par le martyre. »
13. S. Dâmase, pape, Lib. pontifical, in vitâ Sylvestri : « C'est de son temps (de saint Sylvestre) que l'empereur Constantin bâtit et orna plusieurs églises , entre autres la basilique Constantinienne , où il déposa les offrandes suivantes : un faîte d'argent portant sur le devant l'image du Sauveur assis sur un siège , de cinq pieds de haut, pesant cent vingt livres (d'autres exemplaires portent trois cent dix). Et les douze apôtres ayant chacun cinq pieds , pesant quatre-vingt-dix livres avec des couronnes de pur argent. Sur le derrière vers l'apside était de nouveau représenté le Sauveur assis sur un trône de cinq pieds d'un argent très-pur, pesant cent quarante livres. De plus, quatre anges d'argent de cinq pieds, pesant chacun cent cinquante livres et ornés de pierreries d' Alabande (cum gemmis alabandenis) Sur le bord de la
fontaine, un agneau d'or très-pur, qui, tenant à la fontaine ellemême par un tuyau d'amiante (annexum ex stypâ ammianti), y verse l'eau ; cet agneau pèse trente livres. A sa droite, le Sauveur représenté en argent très-pur, de la hauteur de cinq pieds , et pesant cent soixante-dix livres. A la gauche de l'agneau , un saint Jean-Baptiste en argent, de la hauteur de cinq pieds, portant cette inscription : Ecce agnus Dei, ecce qui tollit peccala mundi, et
pesant cent livres Sur le tombeau de saint Pierre, et sur le
couvercle de ce tombeau , Constantin fit représenter une croix d'un or très-pur, du poids de cent cinquante livres. Une croix d'or aussi sur la châsse de l'apôtre saint Paul, et qui pèse cent cinquante livres. »
14. S. àthanase, in libello de passione imaginis Domini nostri Jesu Christij qualiter criicifîxa est in Syriâ, in urbe Beryto, c. h (1) : a Après que tous les malades eurent été guéris (en frottant leurs plaies avec le sang qui avait coulé de l'image), les juifs tous ensemble coururent à l'église de la même ville , où ils trouvèrent le métropolitain. Ils se jetèrent à ses pieds, et confessèrent leur crime en poussant de grands cris. Le métropolitain leur ayant demandé les détails de cette histoire , ils lui montrèrent la sainte image de Notre -Seigneur, et lui racontèrent toutes les indignités qu'ils avaient exercées sur elle, le miracle du sang et de l'eau qui avaient coulé de son côté au moment où ils l'avaient percée d'une lance, et enfin les miracles de guérison qu'elle avait opérés. L'évêque leur demanda comment ils avaient trouvé cette image, ou de quelle personne ils l'avaient reçue. Ils lui répondirent qu'elle venait d'un chrétien qui avait demeuré près de leur synagogue, et qui l'avait laissée par oubli dans cette maison, en changeant de demeure. Aussitôt le métropolitain manda ce chrétien , et dès que celui-ci fut venu , il le fit comparaître à son tribunal. Aux interrogations qui lui furent faites, ce chrétien répondit que cette image venait de Nicodème, le même qui était venu trouver Jésus pendant la nuit, qui l'avait faite de ses propres mains , et l'avait laissée à Gamaliel au moment de sa mort. Gamaliel, dont Paul, le docteur des gentils, avait été le disciple, voyant sa fin approcher, l'avait remise à Jacques, Jacques à Siméon , Siméon à Zachée , et elle avait ainsi continué à passer de main en main dans la ville de Jérusalem , jusqu'à l'époque de la destruction de cette ville , arrivée quarante-trois ans après l'ascension de Notre -Seigneur. Mais deux ans avant que Titus et Vespasien détruisissent cette ville , les fidèles et les disciples de Jésus-Christ furent avertis par l' Esprit-Saint de sortir
(1) On donna lecture de cet écrit de saint Athanase au septième concile général tenu à Nicée , act. IV, comme nous l'avons déjà rapporté plus haut, et comme on peut le voir dans la collection des conciles de Labbe, t. VII, col. 217 et seq. Le passage reproduit ici ne s'y trouve pas cependant. Voir sur l'autorité de cet écrit ce que nous en avons dit plus haut, témoignage 7, page 376.
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de la ville et de se réfugier dans les états du roi Agrippa , qui avait fait alliance avec les Romains. En quittant Jérusalem , les chrétiens emportèrent avec eux dans ce nouveau pays tout ce qui servait au culte de notre religion, ou qui pouvait y avoir rapport. Ainsi transportée en Syrie, cette image y est restée jusqu'à notre temps; je l'ai reçue de mes parents à leur mort, et je l'ai possédée ainsi par droit d'héritage jusqu'à ce jour. Voilà ce qui explique d'une manière claire et certaine comment cette sainte image de notre divin Sauveur est passée de Judée en Syrie. »
15. S. Grégoire, Lib. IX, epist. IX, ad Serenum Massiliensem episcopum : « On nous avait rapporté que , par un zèle inconsidéré , vous aviez brisé les images des saints , sous prétexte qu'on ne devait pas les adorer. Nous vous avons loué, et avec raison, d'avoir défendu de les adorer , mais nous vous avons blâmé de les avoir brisées. Dites-moi, mon frère, connaissez-vous un prêtre qui ait jamais fait ce que vous avez fait? Si vous n'en connaissez point , cela seul ne devait-il pas vous détourner de le faire , au lieu de vous croire le seul saint et le seul sage, au mépris de tous vos collègues ? Car autre chose est d'adorer un ouvrage de peinture, autre chose est de s'aider d'un ouvrage de peinture pour savoir ce qu'on doit adorer. Car ce que l'Ecriture est pour ceux qui savent lire, la peinture l'est pour ceux qui ne savent pas lire, et qui , malgré leur ignorance des lettres , peuvent y apprendre facilement leurs devoirs. C'est pourquoi la peinture est le principal livre du peuple. Et c'est ce que vous deviez particulièrement considérer, vous qui vivez parmi un peuple ignorant ; vous deviez craindre de scandaliser ces hommes grossiers, en vous laissant emporter, quoique avec les meilleures intentions du monde , par un zèle imprudent. Il ne fallait pas briser ce qui avait été placé dans les églises, non pour y être un objet d'adoration , mais uniquement pour servir d'instruction aux simples. Et puisque nos pères ont sagement permis de peindre dans les églises les vies des saints, si vous aviez assaisonné votre zèle d'un peu plus de discrétion , vous auriez pu certainement obtenir avec bonheur ce que vous aviez en vue , et au lieu de disperser votre troupeau , le retenir ou le rassembler autour de vous ; et alors la nom de pasteur vous appartiendrait à juste titre , au lieu de celui de dissipateur que vous avez peut-être mérité. »
16. Le même, Lib. VII, indict. secundd, epist. LUI ad Secundinum ; « Nous vous avons envoyé les images que vous nous
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avez prié de vous adresser par le diacre Dulcidc. Votre demande nous a été d'autant plus agréable, que le désir d'avoir cette image prouve que vous aimez celui que cette image représente. Ce n'est pas sans utilité que nous nous servons des choses visibles pour nous élever à la contemplation des choses invisibles. Ainsi un homme qui désire avec ardeur voir un autre homme , ou telle autre personne qu'il aime , se place sur la route par où cette personne doit passer en se rendant , soit à l'église , soit au bain , pour jouir de sa vue, ne serait-ce qu'un instant. Je sais bien que vous ne demandez pas l'image du Sauveur pour honorer cette image elle-même comme votre Dieu, mais pour que, vous rappelant le Fils de Dieu , elle vous embrase d'amour pour celui que vous y voyez représenté. Et nous aussi, nous ne nous prosternons pas devant cette image comme devant une divinité ; mais nous adorons celui que cette image nous rappelle être venu au monde, avoir souffert sur la croix, et être maintenant sur son trône dans le ciel. Et en même temps que cette image nous sert comme d'écrit pour nous rappeler le Fils de Dieu , elle réveille en nous les sentiments , soit de joie à la pensée de sa résurrection , soit de componction au souvenir de sa mort. C'est pourquoi nous vous avons envoyé par notre fils déjà nommé l'image de notre divin Sauveur , celle de sa sainte Mère , et celles des bienheureux apôtres Pierre et Paul , une croix et une clef qui a reçu sa bénédiction de l'attouchement du très-saint corps de Pierre , prince des apôtres , afin que vous soyez protégé contre les pièges du démon par celui dont vous garderez le signe pour votre sauvegarde ; qu'il vous défende contre celui qui voudrait continuellement réveiller en vous les passions de la jeunesse; et que , persévérant dans les bonnes œuvres , vous inspiriez aux autres l'amour de celui qui vous a fait tout ce que vous êtes , pour qui vous devez vivre , et pour qui vous devriez même mourir. Vivez toujours sous la protection de Jésus, qui a daigné racheter le monde. »
17. Le même, ibidem, epist. CIX ad Serenum Massiliensem épis» copum : « Sachez qu'il nous a été rapporté que votre fraternité ayant vu quelques personnes adorer des images exposées dans des églises, avait brisé ces images et les avait fait disparaître. Nous vous louons de votre zèle , qui n'a pas permis qu'on adorât des ouvrages faits de main d'homme ; mais nous croyons en même temps que vous n'auriez pas dû briser ces mêmes images. Car la peinture est employée dans les églises pour que ceux qui ne
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connaissent pns les lettres puissent lire sur les murailles ce qu'ils ne peuvent lire dans les livres. »
18. S. Jean-Damascène, Lib. IV Orthod. fitlei, c. 17 (alias 16). Ce passage est le même que celui que nous avons rapporté plus haut , témoignage 3 , page 370 et suiv.
19. Eusèbe de Césarée, Lib. VU codes. hist., c. 14 : « Puisque j'en suis venu à parler de cette ville (Césarée de Philippe, dite aussi Panéade ) , il est bon de rapporter ici une histoire qui me paraît tout-à-fait digne d'être transmise à la postérité. On dit que la femme qui souffrait d'une perte de sang , et qui , au rapport des évangélistes (Matt., IX, Marc, V, Luc, VIII), fut guérie par Notre- Seigneur , était native de cette ville , qu'on y montre encore sa maison, et qu'on y voit encore un admirable monument du bienfait qu'elle avait reçu. C'est , à la porte même de cette maison , une statue de bronze placée sur une pierre construite en forme de piédestal, représentant cette femme à genoux, en état de suppliante et les mains étendues ; vis-à-vis d'elle , une autre statue de même matière représentant un homme décemment vêtu d'une robe qui lui descend jusqu'aux talons ; cet homme présente la main à la femme. Il pousse aux pieds de cette statue s et sur son piédestal, une herbe rare et étrangère qui, lorsqu'elle s'élève à la hauteur de la frange du vêtement représenté en bronze , acquiert la vertu de guérir toute espèce de maladies. On dit que cette statue représente fidèlement les traits du Sauveur, et nous-même étant allé à cette ville , nous l'y avons vue encore debout. Et il n'y a point à s'étonner que des hommes sortis de la gentilité se soient portés à cet acte de reconnaissance pour des bienfaits qu'ils avaient reçus du Sauveur, tandis qu'il était parmi eux , puisque nous-mêmes nous voyons des images des apôtres Pierre et Paul , peintes de diverses couleurs, aussi bien que celle de Jésus-Christ, soigneusement conservées jusqu'à nous (1). »
20. Sozomène, Hist. écoles., lib. V, c. 20 : « Je vais dire ce qui est arrivé sous le règne même de Julien, et qui fournit la preuve de la puissance de Jésus-Christ, en même temps que de la colère de Dieu contre cet empereur. Ayant appris qu'il y avait à Césarée de Philippe , ville de Phénicie appelée aussi Panéade , une fort belle statue de Jésus-Christ , que la femme guérie d'un flux de sang y avait fait élever en reconnaissance de sa guérison , ce prince fit
(1) Le fait rapporté ici par Eusèbe , Ta été aussi par Nicéphore, Hist. eccl., lib. Vlt c. 18.
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renverser cette statue , et mettre la sienne à la place. Alors ut) feu violent descendu du ciel fondit à la hauteur de la poitrine de la statue de Julien , et renversa à terre la tête et le cou , ainsi séparés de la poitrine. Depuis ce moment jusqu'aujourd'hui, on voit cette statue noircie comme par un coup de foudre. Dans ce même temps donc les gentils traînèrent la statue de Jésus-Christ avec tant de violence , qu'ils la brisèrent. Mais les chrétiens en ramassèrent les fragments, et les déposèrent dans l'église , où on les garde encore aujourd'hui. A la base sur laquelle était dressée cette statue, poussait une herbe, comme le rapporte Eusèbe, qui avait la vertu de guérir toute sorte de maladies ; aucun médecin n'a pu dire la nature de cette herbe , quelle que fut leur habilité ou leur expérience. »
21. Nicéphore-Calliste , Hist. eccl., lïb. II, c. 7 : « Abgare (ou Augare) n'ayant pu persuader à Jésus-Christ par la lettre qu'il lui avait envoyée ( de se rendre près de lui pour le guérir d'un mal invétéré qui l'affligeait depuis longtemps), désespérant de voir Jésus à cause de la réponse qu'il en avait reçue , et ne sachant plus quel parti prendre , fut inspiré par le désir qu'il avait toujours de le voir, de députer vers lui un peintre habile, à qui il donna l'ordre de prendre exactement ses traits pour lui rapporter son portrait. Le peintre se rendit donc près de Jésus , et se tenant en un lieu élevé , il essayait de là de copier ses traits. Mais comme il ne pouvait venir à bout de son tableau, offusqué qu'il était par l'éclat du visage et par la grâce qui brillait dans tous les traits du Sauveur, celui-ci, qui s'en aperçut, lui demanda un tissu de lin, qu'il trempa dans l'eau et appliqua ensuite sur son visage ; puis il le rendit au peintre pour le porter à. Abgare. On dit aussi que le roi de Perse envoya un peintre aussi ingénieux qu'habile, et qu'au comble de ses vœux , il put obtenir bientôt par ce moyen nonseulement l'image de Jésus-Christ , mais aussi celle de son admirable mère. Tout cela est tiré des tablettes ou des archives de la ville d'Edesse , qui était alors le siège d'une monarchie : car ces faits avaient été consignés dans les registres publics. L'histoire du règne d' Abgare contenait aussi le même récit traduit du syriaque. »
22. Ibidem , c. 43 : « On dit que ce fut saint Luc qui le premier fit le portrait de Jésus-Christ, de la Vierge qui l'enfanta, et des principaux apôtres , et que c'est de là que se sont répandues dans tout l'univers ces images si vénérables et si précieuses. »
23. Le même, Lib. VI, c. 16 : « Nous n'ignorons pas que l'on conserve jusqu'à ce jour en bien des lieux les images coloriées
des saints apôtres Pierre et Paul, de Jésus-Christ lui-même et de la Vierge mère qui l'enfanta si miraculeusement. C'est à l'apôtre Luc que l'on doit ces ouvrages; ce fut lui qui peignit ces images de ses propres mains ; et à son exemple d'autres anciens ont témoigné de la même manière leur reconnaissance à ceux à qui ils devaient le bienfait de la foi. »
24. Nicétas Ciironiate, Lïb. V de rébus gestis Manuélis Comneni imperatoris : « Après avoir vaincu les Pannoniens , l'empereur, au comble de la joie de cette victoire , en rendit grâces à Dieu , et dépêcha des couriers sur-le-champ pour en porter la nouvelle à Constantinople : et lui-même , peu de jours après , de retour à la ville impériale, il y entra en triomphe par la porte orientale, qui regarde la citadelle , en donnant toute la pompe possible à cette cérémonie pour célébrer une victoire qui lui rapportait tant de gloire , et pour ainsi dire, sans effusion de sang. On étendit tout ce qu'on possédait de draperies de pourpre et d'or , et les habitants accourant de toutes parts comme un torrent qui descend? d'une montagne , laissèrent déserts les temples , les maisons , les ateliers , les places publiques , tous les quartiers enfin de cette ville immense. On fit paraître aussi les captifs à ce triomphe. On dressa sur la place même des échafaudages à deux et à trois étages, et tout jusqu'au toit était comblé de spectateurs. Un char tout étincelant d'or et d'argent , attelé de quatre coursiers d'une blancheur plus éclatante que celle de la neige, précédait l'empereur, et sur ce char était l'image de l'invincible mère de Dieu qui avait si puissamment aidé le prince dans cette guerre (1). Derrière ce char paraissaient les parents de l'empereur , ses amis , les sénateurs, les magistrats et les autres dignitaires. Puis l'empereur lui-même s'avançait monté sur un coursier généreux, et relevait par l'éclat de ses ornements la gloire qu'il venait d'acquérir. »
25. Le même, de imper io Joannis Comneni : « Voici une preuve qu'il donna de sa grande piété : Les phalanges romaines ayant peine à soutenir l'effort de leurs audacieux ennemis , il jeta un regard suppliant sur l'image de la mère de Dieu en poussant un gémissement qui témoignait de l'ardeur de sa prière rendue plus vive encore par l'ardeur du combat, et ce ne fut point en vain (2). Car, se sentant aussitôt fortifié par le secours d'en-haut, il battit
(1) « Quibus imposita erat imago invictse adjutricis et insuperabilis commilitonis matris Dei. »
(2) « Imaginem Dei genitricis cum gemitu et miserabilibus gestibus intuens, lacrymas bellicis sudoribus calidiores fundebat, nec frustra; »
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l'armée scythe, de la même manière qu'autrefois Moïse, en étendant ses mains vers le ciel, avait exterminé les troupes d'Amalcc.))
26. Jonas , évoque d'Orléans , a écrit, sous le règne de Louisle-Débonnaire, trois livres sur le culte des images, contre Claude, évêque de Turin , partisan de Félix, évéque d'Urgel, le môme qui avait été condamné au concile de Francfort , tenu sous Adrien Ier et sous Charlemagne : « Claude avait, au rapport de Jonas qui s'en explique ainsi au commencement de son livre Ier, fait disparaître de toutes les églises de son diocèse , et détruit absolument nonseulement les peintures qui représentaient les faits de l'histoire sainte , mais encore les croix portatives dont la sainte Eglise a coutume de se servir en mémoire de son rédempteur. »
27. S. Jean-Damascène a écrit trois livres ou discours contre ceux qui blâment et condamnent les saintes images , et particulièrement contre Léon l'Isaurien, empereur iconomaque ; il y réfute savamment les arguments des iconoclastes , et soutient et défend l'antique tradition de l'Eglise au sujet de l'usage et du culte des saintes images , en citant à son appui de nombreux témoignages des anciens Pères , et beaucoup d'exemples tirés de l'histoire , mais qu'il serait trop long de rapporter.
28. Le second concile de Nicée, Act. VII, dans sa définition : « Le saint concile s'écria : C'est la foi des apôtres, c'est la foi des Pères, c'est la foi des orthodoxes, c'est la foi à laquelle s'est converti l'univers entier. Nous vénérons les saintes images, en même temps que nous croyons en un seul Dieu subsistant en trois personnes. Que ceux qui agissent autrement, soient frappés d'anathème. Que ceux qui ne pensent pas de même soient chassés de l'Eglise. Nous nous en tenons à l'antique législation de l'Eglise, nous gardons les décrets des Pères , nous anathématisons ceux qui voudraient y ajouter ou en retrancher quelque chose. Nous recevons avec vénération les saintes images. Nous frappons d'anathème ceux qui se conduisent autrement. Anathème à quiconque prétend appliquer aux saintes images ce que l'Ecriture dit des idoles. Anathème à ceux qui appellent idoles les saintes images. Anathème à ceux qui disent que les chrétiens adorent les images comme autant de divinités. Anathème à quiconque communique sciemment avec ceux qui pensent mal ou qui affectent le mépris des saintes images. Anathème à ceux qui osent accuser FEglise d'avoir admis quelquefois un culte idolâtrique. »
29. Le huitième concile général, canon VII : a Quoiqu'il soit utile de peindre de saintes images et d'enseigner les sciences
MT DÉCAtOfiUE. 587
divines et humaines, toutefois il est bon que cela ne se fasse que par des personnes sages. C'est pourquoi nous défendons à tous ceux que le saint concile anathématise de peindre des images et d'enseigner , jusqu'à ce qu'ils se soient convertis. Si donc quelqu'un admet dans les églises de saintes images faites par des personnes qui aient encouru l'anathème du concile , ou leur permet de quelque manière que ce soit d'enseigner, qu'il soit déposé, s'il est clerc, ou excommunié s'il est laïque. » j 30. Nicéphore, Hist. eecl. , lib. XVI f c. 27 : <c II y avait un Icertain Xenaïas , nom qui revient en grec à celui de Philoxène , perse de nation , esclave de condition , et très - digne suppôt de Satan. S'étant enfui de la maison de son maître sous l'épiscopat de Calandion, il vint à l'Eglise de Dieu en se donnant pour clerc, tandis qu'il n'était pas même régénéré par l'eau du baptême. Calandion ne l'eut pas plus tôt connu pour ce qu'il était et démêlé sa malice, qu'il le chassa de l'Eglise. Mais ensuite Pierre-le-Foulon ayant succédé à Calandion , non - seulement reçut Xenaïas , mais encore il le fit évêque d'Hiérapolis sans même qu'il fut baptisé, et le nomma Philoxène. Puis, ayant appris trop tard que celui qu'il avait consacré évêque n'avait pas encore reçu le baptême , il dit , à ce qu'on rapporte , que sa consécration lui en tiendrait lieu. C'est ce Xenaïas qui le premier vomit cet audacieux et impudent blasphème : qu'il ne fallait pas vénérer les images de Jésus -Christ et des amis de Dieu. Ce suppôt d'impiété vint donc à la capitale où il fit beaucoup de tumulte avec la multitude de laïques et de moines de la première Syrie et du monastère Cynégétique ou Vénétique dont il s'était fait accompagner ; et il prétendit par ses violences obliger Flavien à condamner le concile de Chalcédoine et la lettre de Léon. »
31. S. Grégoire-le-Grand , epist. lib. IX epist. IX ad Serenum Massiliensem episcopum. C'est le passage rapporté plus haut, témoignage 15, page 381.
32. Le concile de Trente, sess. XXV r, in decreto de invocatione, veneratione et reliquiis sanctorum et sacris imaginibus : « (Enjoint le saint concile à tous les évêques , etc. , d'enseigner au peuple) qu'on doit avoir et conserver principalement dans les églises les images de Jésus-Christ , de la Vierge mère de Dieu , et des autres saints, et qu'il leur faut rendre l'honneur et la vénération qui leur est due ; non que l'on croie qu'il y ait en elles quelque divinité ou quelque vertu pour laquelle on leur doive rendre ce culte , ou qu'il faille leur demander quelque chose , ou mettre en elles sa
388 t>u décàlogue.
confiance, comme faisaient autrefois les païens qui mettaient leur espérance dans les idoles , mais parce que l'honneur qu'on leur rend se rapporte aux originaux qu'elles représentent ; de manière que par le moyen des images que nous baisons , et devant lesquelles nous nous découvrons la tête et nous prosternons , nous adorons Jésus-Christ et nous rendons nos respects aux saints dont elles portent la ressemblance , ainsi qu'il a été défini et prononcé par les décrets des conciles , et particulièrement du second concile de Nicée contre ceux qui attaquaient les images.
» Les évêques auront soin aussi de faire entendre au peuple que les histoires des mystères de notre rédemption , exprimées par peintures , ou par d'autres représentations , sont faites pour instruire le peuple, l'accoutumer et l'affermir dans la pratique de se souvenir continuellement des articles de la foi ; de plus, que Ton tire encore un avantage considérable de toutes les saintes images, non-seulement en ce qu'elles servent au peuple à lui rafraîchir la mémoire des faveurs et des biens qu'il a reçus de Jésus-Christ , mais parce que les miracles que Dieu a opérés par les saints et les exemples salutaires qu'ils nous ont donnés , sont par ce moyen continuellement exposés aux yeux des fidèles, pour que ceux - ci en rendent grâces à Dieu , et qu'ils soient excités à conformer leur vie et leur conduite aux exemples des saints , en s' attachant à adorer Dieu , à l'aimer et à vivre dans la piété. Si quelqu'un enseigne quelque chose de contraire à ces décrets , ou qu'il ait d'autres sentiments, qu'il soit anathème. »
33. Paul diacre, de gestis Longobardorumlib. FI, c. 14 : « Dans ce temps -là l'empereur Léon brûla à Constantinople les images des saints. Puis il ordonna au pontife romain de faire de même , s'il voulait conserver la faveur impériale. Mais le pontife rejeta avec mépris cette proposition. Toutes les troupes des pays de Ravenne Et de Venise résistèrent d'un commun accord à de semblables ordres , et se seraient donné un empereur , si le pontife ne s'y fut opposé. Alors l'empereur Léon en vint aux derniers excès, obligeant tous les habitants de Constantinople , moitié par violence , moitié par caresses , à lui remettre tout ce qu'ils avaient d'images du Sauveur , de sa sainte Mère et de tous les saints , et il les fit brûler toutes ensemble au milieu de la ville. Et comme beaucoup de personnes d'entre le peuple voulaient empêcher un pareil attentat, il fit trancher la tête à quelques-uns, et mutiler les autres. Le patriarche Germain, ayant refusé de partager l'erreur du prince, fut déposé de son siège , et le prêtre Anastase ordonné à sa place. »
34. Le même, Lib. uît. de gestis Romanorum, répète mot pour mot la même narration.
35. Jean, patriarche de Jérusalem, in vitâ S. Joannis Damasceni : « L'univers entier était enveloppé de ténèbres profondes et d'une nuit horrible, et l'éclat des saintes images en était obscurci. L'auteur de ces ténèbres n'était pas un homme de la lie du peuple qui n'aurait pu répandre sa malice que dans quelque coin ignoré de la terre ; mais celui qui tenait en quelque sorte les deux bouts de l'empire du monde , l'empereur des Romains lui-même. Ce prince, enflé de sa puissance, faisait tous ses efforts pour abolir en tous lieux le culte des saintes images. C'est pourquoi avec la fureur d'un lion , et vraiment digne de son nom de Léo, il faisait déchirer le corps de ceux qui vénéraient ces images, ou bien il les faisait fuir par ses rugissements , et inspirait partout une telle terreur, que la plupart des fidèles se cachaient dans des souterrains , et se croyaient plus en sûreté avec les lions et les dragons, qu'avec l'empereur et ses officiers. Quelques-uns même saisis d'épouvante s'enfuirent jusqu'aux extrémités du monde. Car, qui pouvait ne pas trembler en entendant les rugissements du lion ? Ils fuyaient devant lui comme ils eussent fait devant un serpent. Mais Jean ( Damascène ) qui tirait , lui , son nom de la grâce de Dieu (1) , et non de la férocité du lion , rempli qu'il était de l'Esprit -Saint, et enflammé de courroux contre ce serpent d'une espèce nouvelle ( car on peut appeler courroux le zèle ardent dont il était animé), ne s'enfuit ni chez les Sarmates avec les Thraces , ni jusqu'aux colonnes d'Hercule avec ceux de Constantinople , ni dans les lieux déserts loin de ce palais où rugissait le lion ; mais tant à Damas où il demeurait , que dans cette solitude de Palestine où il menait la vie monastique, il combattait avec intrépidité contre le lion furieux. Tout éloigné qu'il était du tyran par la distance des lieux, il ne lui en causait pas moins de tourments par ses discours et ses écrits, qui lui perçaient le cœur comme autant de pointes acérées , retrempées et rebattues au feu de l'Esprit-Saint. » Le même auteur rapporte dans cette même histoire que saint Jean Damascène recouvra par l'intercession de la sainte Vierge la main qui lui avait été coupée en punition de son zèle à défendre les saintes images.
(1) Le mot Jean signifie en hébreu grâce de Jéhovah.
t?U DECALOGUE.
Question X.
Qu'est-ce qui nous est prescrit par le second commandement ?
Le second commandement défend l'abus du nom de Dieu , et les irrévérences dont on se rendrait coupable à cet égard en se parjurant, en blasphémant et en invoquant témérairement le nom de Dieu , ceux des saints et des choses saintes , contrairement à ce qui est marqué dans l'Ecriture : Ne jurez point; contentez-vous de dire, cela est, si cela est, ou cela n'est pas, si cela n'est pas.
Ce même commandement nous prescrit ensuite de bien user de notre langue en ne prononçant le nom de Dieu qu'avec beaucoup de respect , de garder nos serments , d'acquitter nos vœux faits à Dieu et à son Eglise, enfin de traiter avec respect la parole de Dieu (X).
TÉMOIGNAGES DE l' ÉCRITURE.
4. Exode, XX, 7 : « Vous ne prendrez point en vain le nom du Seigneur votre Dieu , car le Seigneur ne tiendra pas pour innocent celui qui aura pris en vain le nom du Seigneur son Dieu. »
2. Lêvitique, XIX, 12 : « Vous ne jurerez point faussement en mon nom , et vous ne souillerez point le nom de votre Dieu. Je suis le Seigneur. »
3. Ibidem, V, 1,4-6: « Si un homme pèche, en ce qu'ayant entendu quelqu'un qui faisait un serment, et pouvant être témoin de la chose , ou pour l'avoir vu , ou pour en être très - assuré , il n'aura pas voulu en rendre témoignage , il portera son iniquité.
— Si un homme ayant juré et prononcé de ses lèvres , et confirmé par serment et par sa parole , qu'il ferait quelque chose de bien ou de mal , l'oublie ensuite , et après cela se ressouvient de la faute qu'il a commise, — qu'il fasse pénitence pour son péché,
— et qu'il prenne dans les troupeaux une jeune brebis ou une chèvre , qu'il offrira ; et le prêtre priera pour lui et pour la rémission de son péché. »
Quïd nobis prœscribit secundum prœceptum ?
Prohibet abusuni divini nominis et irrewentiara, quae committitur à perjuris, î)lasphemis, et per Deiun, sanctos, vel sa-
cra temerè jurantibus , contra illud : Nolite jurare, sit sermo vester, est est, non non. Deinde requirit, ut juxta rectum linguae usum ingentem revereutiam divino uomini exhibeamus, juranienta servemus, vota Deo et Ecclesiae facta non violemus , denique ut verbuin Dei tractemus reverenter.
DU DÊCALOGUE. 391
h. Ecclésiastique, XXIII, 9-1 h, 17-20 : « Que votre bouche ne s'accoutume point au jurement ; car en jurant on tombe en bien des manières. — Que le nom de Dieu ne soit point sans cesse dans votre bouche; ne mettez point dans vos discours le nom des saints, parce que vous ne serez pas en cela exempt de faute. — Car comme un esclave qu'on met sans cesse à la torture en porte toujours les marques ; ainsi tout homme qui jure et qui nomme sans cesse le nom de Dieu ne sera point pur de péché. — Celui qui jure souvent sera rempli d'iniquité, et la plaie ne sortira point de sa maison. — S'il ne fait pas ce qu'il a promis avec serment, son péché sera sur lui , et s'il y manque par mépris , il péchera doublement. — S'il jure en vain , ce ne sera pas une excuse qui le justifie devant Dieu , et sa maison sera remplie de la peine qu'il en souffrira. — Que votre bouche ne s'accoutume point à des paroles indiscrètes, car il s'y trouvera toujours du péché. — L'homme accoutumé à dire des paroles outrageuses ne se corrigera jamais, w
5. Ibidem, XXVII, 15 : « Le discours de celui qui jure souvent fera dresser les cheveux à la tête , et à ces mots horribles on se bouchera les oreilles. »
6. Zacharie', V , 2-4 : « Je vois un livre volant. — Et l'ange ajouta : C'est là la malédiction qui va se répandre sur la face de toute la terre ; car tout voleur sera jugé par ce qui est écrit dans ce livre ; et quiconque jure, sera jugé de même par ce que ce livre contient. — Je le ferai sortir, dit le Seigneur des armées; il entrera dans la maison du voleur , et dans la maison de celui qui jure faussement en mon nom , et il demeurera au milieu de cette maison, et il la consumera avec tout le bois et toutes les pierres. »
7. Ibidem, VIII, 16-17 : « Que chacun parle à son prochain dans la vérité , etc ; — N'aimez pojnt à faire de faux serments , car ce sont là toutes choses que j'ai en haine , dit le Seigneur. »
j 8. Lévitique, XXIV, 14-1 G : « Faites sortir du camp le blasi phémateur , dit Dieu à Moïse , et que tous ceux qui l'ont entendu lui mettent les mains sur la tête , et qu'il soit lapidé par tout le peuple. — Vous direz aussi aux enfants d'Israël : Celui qui aura maudit son Dieu portera son péché : — Que celui qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit puni de mort. Tout le peuple le lapidera , n'importe qu'il soit citoyen ou qu'il soit étranger. Que celui qui aura blasphémé le nom du Seigneur soit puni de mort. » 9. Matthieu, V, 33-57 : « Vous savez qu'il a été dit aux anciens ; Vous ne parjurerez point ; mais vous vous acquitterez
envers le Seigneur des serments que vous aurez faits. — Et moi, je vous dis de ne point jurer du tout; ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu ; ■*— ni par la terre , parce qu'elle est l'escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem , parce que c'est la ville du grand Roi. — Vous ne jurerez pas non plus par votre tête , parce que vous ne pouvez en rendre un seul cheveu blanc ou noir : — Mais que votre parole soit : Oui, si c'est oui; non, si c'est non; mais ce qui se dit de plus vient du mal.
10. Jacques , V , 42 : « Avant toutes choses , mes Frères , ne jurez ni par le ciel , ni par la terre , ni par quelque autre chose que ce soit , mais contentez-vous de dire : Cela est , ou cela n'est pas ; afin que vous ne soyez pas condamnés. »
11. Psaume XXXIII, 1 : « Je bénirai le Seigneur en tout temps , sa louange sera toujours dans ma bouche. »
12. Jérémie, IV, 1-2 : a Israël, si vous revenez, dit le Seigneur, convertissez-vous à moi. Si vous ôtez de devant ma face la cause de vos chutes , vous ne serez point ébranlé. — Vous jurerez dans la vérité , dans l'équité et dans la justice , en disant : vive le Seigneur , et les nations béniront le Seigneur , et publieront ses louanges. »
15. Psaume XIV \ 1-4 : « Seigneur, qui habitera dans votre tabernacle, etc. ? — Ce sera celui qui ayant fait un serment à son prochain , ne le trompe point. »
14. Psaume LXXV \ 12 : te Faites des vœux au Seigneur , et acquittez-vous de ces vœux. »
Ecclésiaste > V, 5-4 : « Si vous avez fait un vœu à Dieu , ne différez point de vous en acquitter ; car la promesse infidèle et imprudente lui déplaît ; mais accomplissez tous les vœux que vous aurez faits. — Il vaut beaucoup mieux ne point faire de vœux , que d'en faire et ne pas les accomplir. »
15. 1 Timothêe, V ', 11-12 : « N'admettez point de trop jeunes veuves , parce que la mollesse de leur vie les portant à secouer le joug de Jésus-Christ, elles veulent se remarier, — s'engageant ainsi dans la condamnation , par le violement de la foi qu'elles lui avaient donnée auparavant. »
16. Deutéronome 9 XXIII, 21-25: <t Lorsque vous aurez fait un vœu au Seigneur votre Dieu , vous ne différerez point de l'accomplir; parce que le Seigneur votre Dieu vous en demandera compte; et que si vous différez, il vous sera imputé à péché. — Vous ne pécherez point en ne vous engageant par aucune promesse; mais lorsqu'une fois une parole sera sortie de votre bouche,
DU DÉCÀLOGUE. 393
vous l'observerez , et vous ferez selon ce que vous aurez promis au Seigneur votre Dieu , l'ayant fait par votre propre volonté „ et l'ayant déclaré par votre bouche. »
17. Psaume XLIX, 14-16 : « Immolez à Dieu un sacrifice de louanges , et rendez vos vœux au Très-Haut. — Mais Dieu a dit au pécheur : Pourquoi racontez-vous mes justices? Et pourquoi avez-vous mon alliance dans la bouche ? »
18. 7/ Corinthiens, II, 17 : « Nous ne sommes pas comme plusieurs qui altèrent la parole de Dieu , mais nous la prêchons avec une entière sincérité , comme de la part de Dieu , en présence de Dieu, et dans la personne de Jésus-Christ. »
19. Ibidem, IV, 2 : « Nous rejetons loin de nous les passions qui se cachent parce qu'elles sont honteuses , ne nous conduisant point avec artifice , et n'altérant point la parole de Dieu ; mais n'employant pour nous rendre recommandables envers tous les hommes , qui jugeront de nous selon le témoignage de leur conscience , que la sincérité avec laquelle nous prêchons devant Dieu la vérité de son Evangile. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1 . Le huitième concile de Tolède, can. 2, s'élève fortement contre les jurements téméraires. Il insiste particulièrement sur l'inviolabilité des serments , conformément à cette parole : Vous ne prendrez point en vain le nom du Seigneur votre Dieu. Il enseigne du reste qu'on n'est pas tenu d'observer les serments illicites , comme le témoigne saint Ambroise dans le passage suivant , extrait de son livre I de officiis : « Ce serait quelquefois agir contre » le devoir que d'acquitter sa promesse ou de garder son serment , » comme fit Hérode qui avait juré d'accorder à la fille d'Héro- » diade tout ce qu'elle lui demanderait,, et qui fit mettre à mort )) Jean-Baptiste pour ne pas manquer à sa promesse. Eh! que )> dirai-je de Jephté , qui immola sa fille venue la première à sa » rencontre après sa victoire , pour acquitter le vœu qu'il avait » fait de sacrifier à Dieu le premier objet qui s'offrirait à lui? Il » eût mieux valu sans doute ne rien promettre , que d'acquitter )> sa promesse au moyen d'un parricide. » Saint Ambroise dit de même au livre III : « Il est donc indispensable que nos sentiments )> soient purs et sincères , que chacun de nous use de simplicité » dans son langage , que nous conservions nos corps dans la )) sainteté , et que personne ne circonvienne son frère par des » paroles perfides. On ne doit rien promettre qui ne soit honnête,
Que si l'on avait fait une promesse qui ne le fût pas , on serait plus excusable de ne pas l'acquitter , que de faire pour l'acquitter quelque chose de criminel. Beaucoup se lient avec facilité par des serments , et lors même qu'ils viennent à s'apercevoir qu'ils n'auraient pas dû faire telle promesse , ils n'en exécutent pas moins ce qu'ils ont promis, par respect, disentils , pour le serment qu'ils en ont fait. C'est ce que nous avons déjà rapporté d'Hérode , qui , pour acquitter une honteuse promesse qu'il avait faite à une danseuse , se porta à une action d'une cruauté inouïe. Car quoi de plus honteux , que de promettre un royaume pour prix d'une danse ? Quoi de plus cruel, que d'ordonner la mort d'un prophète pour acquitter un serment? Combien le parjure dans ce cas n'aurait-il pas été plus excusable que le serment lui-même ? » Puis , à quelques lignes de là, parlant de Jephté : « Admirable nécessité, s'écrie-t-il , qui se résout par un parjure! Il vaut mieux ne pas faire de vœux , que d'en faire que refuse d'accepter celui à qui ils s'adressent. )) Le saint docteur dit encore un peu plus loin : « Il ne faut donc pas toujours acquitter ce qu'on peut avoir promis. Dieu lui-même , comme nous l'atteste l'Ecriture (Jon., III, 10), rétracte souvent ce qu'il a résolu de faire. » Voilà ce que le concile de Tolède citait de saint Ambroise dans son deuxième canon. Puis le même concile rapporte les paroles suivantes de saint Isidore (Lïb. II sentent., c. Z\) : « On ne doit pas garder » un serment qu'on aurait fait pour appuyer une promesse injuste )> ou imprudente , tel que celui que ferait quelqu'un de garder la » fidélité à une adultère. Car il vaut mieux ne pas garder son » serment, que de continuer une union criminelle. » Et ces autres du même saint docteur ( de Synonymis) : « N'observez point les » promesses qui renferment quelque mal, n'acquittez point les » vœux de choses honteuses que vous auriez prononcés. N'exécutez w point ce que vous auriez imprudemment fait vœu d'exécuter. » Ce serait accomplir par un crime une promesse impie. » Les Pères du concile disaient encore à ce sujet : « Lorsque nous nous parjurons, nous offensons le Créateur, mais enfin nous ne blessons que nous-mêmes. Au lieu que lorsque nous accomplissons une promesse nuisible , en même temps que nous faisons acte d'un mépris superbe des volontés de Dieu , nous nuisons à notre prochain avec une cruauté impie, et plus cruels encore envers nousmêmes , nous nous donnons à nous-mêmes la mort. » 2. Le concile de Trente, sess. IV, in decrelo de editione et mu
sacronun librorum : « Après cela , le saint concile désirant encore réprimer l'abus insolent et téméraire d'employer à tout propos les paroles et les passages de l'Ecriture sainte , en les faisant servir à des railleries , à des applications vaines et fabuleuses , à des adulations, à des détractions, et même, à des pratiques superstitieuses , à des charmes impies et diaboliques , à des divinations , à des sortilèges et à des libelles diffamatoires , ordonne et prescrit, en vue d'abolir cette irrévérence et ce mépris des paroles saintes, et pour qu'à l'avenir personne ne soit assez hardi pour en abuser de cette manière , ou de quelque autre que ce puisse être, que les évêques répriment par les peines de droit, et autres qu'ils jugeront à propos, tous ceux qui s'en rendront coupables, comme profanateurs et corrupteurs de la parole de Dieu. »
Question XI.
Que nous est-il prescrit parle troisième commandement?
Le troisième commandement nous ordonne d'employer à de bonnes œuvres le sabbat chrétien , qui est le dimanche , et les jours de fêtes marqués par l'Eglise. Il demande donc de nous, que libres de tout autre soin , nous nous portions tout entiers ces jourslà à rendre à Dieu le culte intérieur et extérieur par la pratique des vertus de foi , d'espérance et de charité. Il demande de nous que, sans nous occuper d'autre chose, nous méditions sur les bienfaits divins , nous accomplissions avec exactitude nos devoirs religieux, et que nous vaquions à la prière tant privée que publique, en nous attachant surtout à adorer Dieu en esprit et en vérité.
D'un autre côté , ce commandement nous défend de travailler les jours de fêtes , de nous y occuper de travaux mécaniques ou de soins profanes, afin que nous puissions nous donner tout entier à un saint repos , fréquentant l'église , et y assistant aux offices publics , mais particulièrement à la messe, et à l'instruction qu'on y donne , de la manière que les personnes appliquées à leurs devoirs religieux ont coutume d'observer ce précepte (XI).
Quid imper at tertium prœceptum?
Postulat sabbatum seu dicm festum in Ecclesia piis opeiïbus transigi. Vult igitur ut animus tune adsit curis vacuus, qui se libéré transférât ad cultum interiorem et exteriorem Deo in fide, spe et charitate pi.'i'.standum. Vult, at expediti divina medilemur bénéficia, tractcwus sacra, ore-
mus et adoremus Deum cuni privatim , tum publiée cum aliis in Spirilu et veritate.
Prohibet autem diebus feslis laborare, operiljus vacare mcebanicis et occupation*bus deditum esse prophanis, nimirum ut otio sancto vacernus adeundo templum, et audiendo publicuin Ecclesiaj sacrum, seu missam , et statam concionem, quemadmo* dum hoc praeceptam observare pii consue-» ver un t.
39G DU DECALOGUE.
TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE
4. Exode, XX , 8-11 : « Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat. — Vous travaillerez durant six jours , et vous y ferez tout ce que vous aurez à faire. Mais le septième jour est le jour du repos consacré au Seigneur votre Dieu ; vous ne ferez en ce jour aucun ouvrage , ni vous , ni votre fils , ni votre fille , ni votre serviteur , ni votre -servante , ni vos bêtes de service , ni l'étranger qui sera dans l'enceinte de vos villes. — Car le Seigneur a fait en six jours le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui y est renfermé, et il s'est reposé le septième jour ; c'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l'a sanctifié. »
2. Exode, XXXII, 13-17 : « Ayez soin d'observer mon sabbat, parce que c'est la marque que j'ai établie entre moi et vous , et qui doit passer après vous à vos enfants , afin que vous sachiez que c'est moi qui suis le Seigneur qui vous sanctifie. — Observez mon sabbat, parce qu'il doit être saintà vos yeux; celui qui l'aura violé sera puni de mort. Si quelqu'un travaille ce jour-là , il périra du milieu de son peuple. — Vous travaillerez pendant six jours ; mais le septième jour est le sabbat et le jour consacré au Seigneur. Quiconque travaillera ce jour-là sera puni de mort. — Que les enfants d'Israël observent le sabbat , et qu'ils le célèbrent d'âge en âge. C'est un pacte éternel — entre moi et les enfants d'Israël, et une marque qui durera toujours. Car le Seigneur a fait en six jours le ciel et la terre, et il a cessé d'agir le septième. »
3. Deutéronome, V, 12-15 : « Observez le jour du sabbat, et ayez soin de le sanctifier , selon que le Seigneur votre Dieu vous l'a ordonné. — Vous travaillerez pendant six jours, et vous y ferez tous vos ouvrages. — Mais le septième jour est le jour du sabbat , c'est-à-dire le jour du repos du Seigneur votre Dieu : vous ne ferez aucune oeuvre ce jour-là , ni vous , ni votre fils , ni votre fille , ni votre serviteur , ni votre servante , ni votre bœuf, ni votre âne , ni aucune de vos bêtes , ni l'étranger qui est au milieu de vous ; afin que votre serviteur et votre servante se reposent comme vous. — Souvenez-vous que vous avez été vous-mêmes esclaves dans l'Egypte , et que le Seigneur votre Dieu vous en a tirés par sa main toute-puissante , et en déployant toute la force de son bras. C'est pourquoi il vous a ordonné d'observer le jour du sabbat. »
h. Lêvitique, XXIII, 1-6, 15, 16, 24, 2a , 27-32 , 34-37: Le Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit : « Parlez aux
DU DÉCÀÏ.OGUE. 307
enfants d'Israël , et dites-leur : Voici les fêles du Seigneur que vous appellerez saintes. — Vous travaillerez pendant six jours : le septième s'appellera saint , parce que c'est le repos du sabbat. Vous ne ferez en ce jour-là aucun ouvrage , car c'est le sabbat du Seigneur qui doit être observé partout où vous demeurerez. — Voici donc les fêtes du Seigneur qui seront saintes, que vous devez célébrer chacune en son temps. — Au premier mois , le quatorzième jour du mois , sur le soir , c'est la Paque du Seigneur. — Et le quinzième jour du même mois , c'est la fête solennelle des azymes du Seigneur. — Vous compterez donc depuis le second jour du sabbat, auquel vous aurez offert la gerbe des prémices , sept semaines pleines , — jusqu'au jour d'après que la septième semaine sera accomplie, c'est-à-dire cinquante jours; et alors vous offrirez au Seigneur un sacrifice nouveau dans tous les lieux où. vous demeurerez. — Au premier jour du septième mois, vous1 célébrerez par le son des trompettes un sabbat pour servir de monument , et ce jour sera appelé saint. — Vous ne. ferez en ce jour-là aucun œuvre servile , et vous offrirez un holocauste au Seigneur. — Le dixième jour de ce septième mois sera le jour des expiations; il sera très -solennel et s'appellera saint. Vous affligerez vos âmes en ce jour-là, et vous offrirez un holocauste au Seigneur. — Vous ne ferez aucune œuvre servile dans tout ce jour, parce que c'est un jour de propitiation , afin que le Seigneur votre Dieu vous devienne favorable. — Tout homme qui ne se sera pas affligé en ce jour-là , périra du milieu de son peuple. — J'exterminerai encore du milieu de son peuple celui qui en ce jourlà fera quelque ouvrage. — Vous ne ferez donc aucun ouvrage: en ce jour-là ; et cette ordonnance sera éternellement observée par toute votre postérité , et dans tous les lieux où vous demeurerez. — Ce jour-là sera pour vous un jour de repos de sabbat, et vous affligerez vos âmes le neuvième jour du mois. Depuis le quinzième jour de ce septième mois , la fête des Tabernacles se célébrera en l'honneur du Seigneur pendant sept jours. — Le premier jour sera très-solennel et très-saint. Vous ne ferez aucune œuvre servile en ce jour-là. — Et vous offrirez au Seigneur des holocaustes pendant ces sept jours ; le huitième sera aussi trèscélèbre et très-saint , et vous offrirez au Seigneur un holocauste ; car c'est le jour d'une assemblée solennelle ; vous ne ferez aucune œuvre servile pendant ce jour. — Ce sont là des fêtes du Seigneur, que vous appellerez très-solennelles et très-saintes, etc. » S. JÉuÉMiE, XVII, 21-22 : « Voici ce que dit le Seigneur : Veille*
sur vos âmes, ne portez point de fardeaux au jour du sabbat, n'en faites point entrer par les portes de Jérusalem. — Et n'en faites point sortir hors de vos maisons , aux jours du sabbat , et ne faites point en ce jour d'œuvres serviles ; sanctifiez le jour du sabbat , selon que je l'ai ordonné à vos pères. »
6. Isaïe, LVI, 4-7 : « Voici ce que dit le Seigneur aux eunuques : Pour ceux qui gardent mes jours de sabbat , qui embrassent ce qui me plaît, et qui demeurent fermes dans mon alliance ; — je leur donnerai dans ma maison et dans l'enceinte de mes murailles une place avantageuse , et un nom qui leur sera meilleur que des fils et des filles ; je leur donnerai un nom éternel qui ne périra jamais. — Et si les étrangers s'attachent au Seigneur pour l'adorer , s'ils aiment son nom pour se donner à son service, et si quelqu'un, quel qu'il soit, garde mes jours de sabbat pour ne pas les violer , et demeure ferme dans mon alliance ; — je les ferai venir sur ma montagne sainte , je les remplirai de joie dans ma maison de prière ; les holocaustes et les victimes qu'ils m'offriront sur mon autel me seront agréables , parce que ma maison sera appelée la maison de prière pour tous les peuples. »
7. Apocalypse , l, 10 : « Je fus ravi en esprit un jour de dimanche. »
8. Actes, XX, 7 : « Le premier jour de la semaine , les apôtres s' étant assemblés pour rompre le pain, Paul leur fit un discours , etc. »
9. I Corinthiens, XVI, 1-2 : « Quant aux aumônes qu'on recueille pour les saints, faites la même chose que ce que j'ai ordonné aux églises de Galatie. — Que chacun de vous mette quelque chose à part chez soi le premier jour de la semaine, l'amassant peu à peu selon sa bonne volonté , afin qu'on n'attende pas à mon arrivée à recueillir les aumônes. »
10. Jean , IV , 23-24 : « Mais le temps vient , et il est déjà venu , où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que recherche le Père. — Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité. »
11 . Deutéron., V; voir plus haut même question, témoignage 3, page 396.
12. Nombres, XV, 32-36 : « Or, les enfants d'Israël étant dans le désert , il arriva qu'ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat. — Et l'ayant présenté à Moïse , à Aaron et à tout le peuple , ils le firent mettre en prison , ne sachant ce
qu'ils (levaient faire de lui. — Alors le Seigneur dit à Moïse : Que cet homme soit puni de mort , et que tout le peuple le lapide hors du camp. — Ils le firent donc sortir dehors, et ils le lapidèrent, et il mourut selon que le Seigneur l'avait commandé. »
13. Lévit.j XXIII; voir plus haut, même question, témoignage 4, page 597.
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. S. Augustin , epist. CXIX (al. LV) ad Januarium, c. 42 : « De tous les dix commandements, il n'y a que celui qui regarde le sabbat dont l'observation soit figurative : figure qu'il faut entendre spirituellement, plutôt que de la perpétuer en cessant ce jour-là les œuvres serviles. Car, comme le sabbat était la figure de ce repos spirituel dont le Psalmiste a dit (Ps. XLV, 11) : Soyez en repos , et considérez que c'est moi qui suis le Seigneur ; de ce repos auquel le Seigneur lui-même invite les hommes par ces paroles (Matth., XI, 28-29) : Venez à moi, vous tous qui gémissez sous le poids de vos peines, et je vous soulagerai; prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes; ce précepte fait exception aux autres que nous observons en les prenant à la lettre , sans y chercher de figures. Car nous avons appris à ne point adorer les idoles, à ne point prendre le nom de Dieu en vain, à honorer nos parents, à ne point commettre d'adultères, ni de meurtres, ni de larcins, ni de faux témoignages , à ne point convoiter la femme de notre prochain , ni tout autre bien qui lui appartienne , sans que ces divers préceptes aient à nos yeux un sens mystique qui nous dispense de les observer à la lettre ; mais nous les observons dans la teneur où ils nous sont intimés. Au lieu que pour le repos du sabbat, nous ne sommes pas obligés de l'observer à la lettre , en étendant ce repos à celui du corps , comme font les juifs , dont l'exactitude à l'observer n'est que ridicule , s'ils ne le rapportent en même temps à un repos spirituel dont ce repos des membres est la figure. Ce n'est donc pas sans raison que nous nous servons, pour exciter en nous le désir de ce saint repos , de tout ce que nous voyons rapporté figurément dans les saintes Ecritures, puisqu'il n'y a d'exprimé ainsi dans le Décalogue que le précepte qui nous prescrit le repos, ce repos que nous cherchons en tout, mais que nous ne pouvons trouver qu'en Dieu (1). »