‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 39 sur 139 · NOTICE SUR CÀNTSIUS. LV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CÀNTSIUS. LV

Pologne eut l'avantage de profiter à son tour des talents de cet homme de Dieu : voici quelle en fut l'occasion.

» Sigismond était roi de Pologne. Prince sans volonté , esprit faible , mais possédant toutes les vertus privées qui font les gens de bien , ce prince n'avait pas assez de vigueur dans le caractère pour résister aux empiétements du protestantisme; il sentait le mal, et n'osait pas y remédier. Ferdinand, dont il avait épousé la fille, connaissait les irrésolutions de son gendre; il les fit connaître à Canisius, qui, désigné par le saint-siége pour prendre part à la diète convoquée à Pétrikaw, s'était fait un devoir, chemin faisant, d'aller présenter ses hommages à ce prince , devenu empereur par l'abdication de son frère Charles-Quint et le choix , quoique tardif, des électeurs de l'empire.

» L'indolence du roi, au milieu de tous les partis qui agitaient la Pologne, avait donné aux sectaires une prépondérance qu'ils avaient su mettre à profit. Les lois fondamentales du royaume , son mode d'élection à la couronne , les troubles que le principe électif engendrait à la mort de chaque souverain, tout leur offrait d'incalculables avantages. Le clergé séculier ne se crut pas assez fort pour lutter; il accusa la cour, la cour rejeta l'accusation sur lui. Ces récriminations étaient aussi justes pour le roi que pour le clergé; mais, en face des hérétiques , dont le prince Radzivill soutenait chaudement la cause , ce n'était pas par des récriminations qu'il était sage de procéder. Canisius le fit comprendre à l'évêque et à l'université de Cracovie , ainsi qu'au primat du royaume , Nicolas Diegouwiski , archevêque de Gnesne.

» Les esprits étaient peu disposés à la paix ; la diète pouvait déterminer une scission avec l'Eglise romaine ; le pape la redoutait, et c'était pour la conjurer qu'il avait fait choix de Canisius. Le jésuite fut digne de la confiance du saintsiége et de son propre général : il prit souvent la parole dans cette assemblée, et laissa de côté les griefs politiques qui armaient les partis les uns contre les autres , pour ramener tout à la question la plus importante. Les Polonais pouvaient-

Page 1