‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 40 sur 139 · LV1 NOTICE SUR CANISIUS · texte numérisé non relu

LV1 NOTICE SUR CANISIUS

ils renoncer à la religion de leurs ancêtres? Canisius leur développa avec tant d'éloquence les maux que celte séparation attirerait sur leur pays , qu'il fut décidé qu'aucune innovation ne serait admise. Le roi lui-même puisa quelque énergie dans l'énergie du saint orateur, et s'engagea à n'accorder aucune modification aux droits épiscopaux , malgré les réclamations des hérétiques qui auraient voulu cette compensation aux sacrifices qu'ils s'étaient imposés dans l'intérêt général.

» La diète étant finie , Canisius reprit le chemin de l'Allemagne , mais en laissant son cœur en Pologne ; le zèle qu'il avait pour le salut de ce royaume le faisait parler ainsi. A son retour, il visita les collèges de Prague et d'Ingolstadt , et de là se rendit à Augsbourg , selon les ordres qu'il en avait de l'empereur. Le cardinal-évêque de cette ville, qui prétendait bien le posséder plus longtemps qu'il n'avait fait l'année précédente à Dillingue, se chargea du soin de le loger, et mit sa plus grande joie à le voir, à l'entretenir , et à s'ouvrir à lui des affaires de sa conscience et de celles de son diocèse.

» Il y avait bien environ deux cents écoliers en ce tempslà dans Augsbourg, qui fréquentaient l'école établie dans la cathédrale. Le docteur préposé pour y enseigner s'acquittait parfaitement de son emploi , et ne négligeait rien pour les élever dans la piété et dans la saine doctrine de l'Eglise; mais la plupart de ces écoliers étaient pauvres, et par conséquent obligés d'aller chercher eux-mêmes de quoi s'entretenir pour leurs études. Les luthériens , attentifs à se faire des prosélytes, tâchaient par toutes sortes de moyens de débaucher ces écoliers, et de les gagner à leur parti; ils leur faisaient entendre qu'ils auraient parmi eux des maîtres bien plus éclairés, et que la charité qu'ils éprouveraient leur ôterait le chagrin de chercher eux-mêmes de quoi subsister, et leur procurerait plus de temps et de facilité pour étudier. La tentation était délicate , plusieurs y succombaient.

» Canisius en fut pénétré de douleur. « Quoi ! disait-il , » les catholiques auront-ils moins de zèle pour donner des

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