‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 66 sur 139 · NOTICE SUR CANISIUS. XCVII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CANISIUS. XCVII

Christ doit s'attendre à combattre jusqu'à la mort, et à n'avoir de repos que dans le ciel. C'est ce qu'il éprouva cette même année, par un effet de la Providence, qui permit , pour la sanctification de son serviteur, que jamais peut-être il n'eût plus d'occasions de contenter le désir qu'il avait de travailler pour les intérêts de ce divin maître.

» Le Père provincial l'avait pris depuis peu en qualité de son compagnon , pour se soulager dans son emploi. Le même provincial, à l'occasion d'un voyage assez long qu'il fut obligé de faire, lui remit pour quelques mois toute la charge de la province. Presque en même temps , le pape ayant destiné 1 évêque de Brescia Delfino pour aller en qualité de nonce à la diète de Nuremberg , et lui ayant ordonné de prendre avec lui un jésuite , qui pût l'aider dans son ministère , ce prélat , informé du mérite de Canisius , jeta aussitôt les yeux sur lui, et le pria de s'y rendre; il le fit, mais la diète ayant été remise à un autre temps , il n'eut point d'autre fruit de son voyage , que celui qu'il pouvait tirer de l'obéissance. Enfin , l'évêque de Verceil , nonce de Grégoire XIII auprès de l'empereur Rodolphe II , ayant reçu ordre de Sa Sainteté de passer en Suisse et d'y visiter les cantons catholiques, ce prélat crut qu'il ne pouvait mieux faire, pour répondre aux saintes intentions de ce grand pape , que d'engager Canisius à l'y accompagner.

» A la vue du danger continuel dont la religion se trouvait menacée , dans un pays semé de zizanie et de toutes parts environné d'hérétiques, le nonce, à la suite de la visite qu'il avait faite dans les neuf cantons restés fidèles, écrivit au pape Grégoire XIII qu'il croyait que le meilleur remède à un si grand mal était de fonder à Fribourg un collège de jésuites; que les ouvriers évangéliques qui y seraient élevés, seraient à portée de secourir les autres cantons catholiques , et de les préserver des erreurs de leurs alliés , tandis que les professeurs , occupés à l'éducation de la jeunesse , travailleraient , à la faveur des sciences , à faire passer dans l'esprit de leurs écoliers les principes de la vraie religion et d'une solide piété.

Page 1