‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, appuyé de témoignages nombreux de l'Ecriture et des PèresChapitre 7 sur 139 · XII NOTICE SUR CANISÎUS · texte numérisé non relu

XII NOTICE SUR CANISÎUS

caractère , qui lui donnait plus d'autorité , il était de toutes les bonnes œuvres de la ville ; et comme si tout ce que nous venons de rapporter n'eût pas suffi pour l'occuper, ou pour contenter son zèle , il trouvait encore du temps pour catéchiser, instruire, prêcher, et pour agiter et démêler plusieurs points controversés entre les catholiques et les hérétiques : enfin, il s'appliquait à porter tout le monde à la vertu, par tous les moyens qu'un zèle prudent et éclairé peut suggérer à celui qui en est pénétré.

» Ce fut pour lors, à proprement parler, que le bruit de sa réputation commença à se répandre dans l'Allemagne. Le Père Claude Lejay, à qui Ignace, depuis le départ de Lefèvre pour le Portugal , avait confié le soin des jésuites établis à Cologne , en fut tellement frappé , que , quelque idée qu'il eût de la vertu de Canisius , il sembla craindre qu'elle ne fût pas assez ferme pour soutenir tout l'éclat de sa réputation. C'est pourquoi il crut de son devoir de le précautionner contre la vaine gloire, et de lui adresser pour cela de Worms, où il se trouvait convoqué à l'occasion de la diète avec le cardinal d'Augsbourg, une lettre également pleine de sagesse et de charité , où il lui proposait entre autres l'exemple de l'ange de l'école saint Thomas, qui n'allait jamais à l'étude sans s'y être disposé par l'oraison ; parce que c'est uniquement du ciel qu'on doit attendre le bien qu'on peut espérer de faire ici-bas pour la conversion des pécheurs.

» Canisius reçut cette lettre comme si elle lui fût venue du ciel. Comparant ces avis salutaires que Lejay avait la bonté de lui donner, avec ceux qu'il avait reçus autrefois de Lefèvre , il ne pouvait assez admirer la sagesse et la charité de ces deux grands hommes, dont la Providence se servait pour le porter à la perfection de son état. Ainsi retiré d'abord par le conseil de Lefèvre du trop grand épanchement qu'un zèle ardent lui faisait avoir au dehors , et puis attiré de l'étude à la prière , selon l'avis de Lejay, il prenait un milieu, et tâchait de s'adonner tellement à l'étude, que l'esprit de dévotion n'en souffrît point , et de vaquer

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