NOTICE SUR C\NISIUS. CXI
des assurances du souverain bonheur dans lequel il allait entrer : sans rien décider là-dessus , je me contente de raconter simplement ce que rapportent tous les historiens de la vie de Canisius.
» Ayant reçu l'extrême-onction avec une admirable présence d'esprit, il ne cessa de prier avec beaucoup de douceur et d'attention , autant qu'on pouvait le comprendre par le mouvement de ses lèvres. Enfin, baisant tendrement le crucifix qu'il portait dans l'une de ses mains , et tenant de l'autre le cierge bénit allumé , symbole éclatant de la foi vive qu'il avait eue toute sa vie et qu'il avait tâché d'inspirer à tout le monde, il rendit doucement son âme entre les mains de son Créateur , au milieu des prières et des larmes de ses frères et de quelques-uns de ses bons amis du sénat et du clergé de Fribourg , presque sans qu'on s'en aperçût , sur les trois heures du soir, le 21 décembre , fêle de l'apôtre saint Thomas, l'an 1597, dans la 77e année de son âge. »
Voilà , sans entrer dans le détail de ses vertus et de ses miracles, ce qu'était le savant théologien dont nous traduisons aujourd'hui le principal ouvrage. Il ne nous reste plus à dire que deux ou trois mots sur la méthode que nous avons observée dans cette traduction.
D'abord, nous avons cru ne pouvoir rien faire de plus agréable à ceux qui verront ce travail que de leur mettre sous les yeux le texte même du grand catéchisme de Canisius. Ce n'est certes pas l'amour-propre qui nous a fait prendre ce parti, puisque par là nous nous exposons évidemment à montrer toute l'infériorité de la copie auprès de son brillant original , et à subir la critique plus ou moins juste de ceux qui croiront y voir des inexactitudes. Mais la latinité de ce catéchisme, devenu rare parmi nous, nous a paru si belle, que nous aurions craint de faire acte de vandalisme en refusant cette satisfaction à nos lecteurs.
Quant aux passages latins de l'Ecriture et des Pères, qui viennent à l'appui des réponses et qui rendent l'ouvrage original si volumineux , il a dû nous suffire d'en présenter la traduction, tant pour réduire le nombre des volumes, que
CXII NOTICE SUR CANISHté.
parce que le texte latin de l'Ecriture et des Pères de l'Eglise étant aujourd'hui fort répandu parmi nous, chacun sera toujours libre en consultant , soit sa propre bibliothèque , soit les bibliothèques des villes , de faire la comparaison de notre traduction avec les passages traduits.
Pour les soins que nous avons donnés à cette traduction même, c'est au public à en juger. Non-seulement nous nous sommes permis, mais nous nous sommes même fait un devoir de profiter des traductions déjà publiées, non en les copiant servilement , mais en nous les appropriant partout où elles nous ont paru fidèles , et en les rectifiant ou les améliorant toutes les fois qu'elles nous ont semblé imparfaites ou défectueuses. Les traductions dont nous avons principalement fait usage, et pour lesquelles nous avons des obligations , soit à leurs auteurs , soit aux personnes bienveillantes qui nous les ont prêtées, sont les suivantes :
1 . La sainte Bible , traduite par le Maistre de Sacy , avec les Commentaires du P. de Carrières ;
2. La sainte Bible , traduction de M. de Genoude , dirigée par les soins de M. l'abbé Juste;
3. Le livre des Psaumes, traduit par l'abbé Bondil, chanoine de Digne ;