Galates, V, 19-21 : « Or, il est aisé de connaître les
œuvres de la chair, qui sont la fornication , l'impureté , l'impudicité, la dissolution, etc., — et autres semblables, au sujet desquelles je vous déclare, comme je vous Tai déjà dit, que ceux qui commettent ces crimes n'obtiendront point le royaume de Dieu. »
24. Genèse, XXXVIIL 8-10 : a Juda dit à Onan, son second fils : Epousez la femme de votre frère, et vivez avec elle, afin' que vous suscitiez des enfants à votre frère. — ^Onan voyant la femme de son frère aine, et sachant que les enfants qui naîtraient d'elle ne seraient pas à lui, empêchait qu'elle ne devint mère, et qu'on en vit naître des enfants qui seraient censés être nés de son frère. — C'est pourquoi le Seigneur le frappa de mort, parce qu'il faisait en cela une chose détestable. »
TÉMOIGNAGES DE LA TRADiriON.
1. S. Grégoire, Lib\ XIV Moralium in Jobj c. 10 (al. 8) : « L'Ecriture nous enseigne bien clairement que le soufre est la figure de la corruption de la chair, lorsqu'elle rapporte que Dieu fit tomber sur Sodome une pluie de feu et de soufre {Gen., XIX). Car, comme il avait résolu de punir les péchés de ce peuple abominable, il a voulu indiquer par le genre de la punition celui du crime. En effet, la puanteur est dans le soufre, et l'ardeur est dans le feu. En conséquence, ces hommes dont les infâmes désirs s'allumaient au, foyer d'un cœur corrompu, méritaient bien d'avoir l'infection du soufre et les ardeurs du feu pour châtiment, afin qu'une peine si justement assortie leur fit comprendre à quels crimes épouvantables ils s'étaient abandonnés (1). »
2. S. Augustin, Cité de Dieu, hv. XVI, c. 30 (2) : « Après cette promesse, Lot étant sorti de Sodome, une pluie de feu tombée du ciel réduisit en cendres cette ville et cette contrée impie, où les abominations de l'amour contre nature étaient devenues aussi communes que les actions permises par les lois; mais la vengeance de ces crimes est une image du jugement de Dieu à venir. En effet, quand les anges défendent à ceux qu'ils sauvent de regarder en arrière, qu'est-ce à dire, sinon que, dépouillés du vieil homme par la grâce de la renaissance spirituelle , nous ne devons pas retourner de cœur à notre ancienne
vie, si nous voulons conjurer les rigueurs suprêmes de la justice
(1) Cf. Les Morales de saint Grégoire, t. II, p. kh^.
Cf. La Cité de Dieu, trad. nouv. par L. Moreau, t. II, p. 50b-îJ06.
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divine? Enfin, là où elle s'est retournée, la femme de Lot demeure changée en statue de sel : vive leçon qui réveille le goût trop souvent blasé des fidèles. )>
3. Tertullien, Apologétiqm, c. ftO : a La Palestine n'avait pas encore reçu de l'Egypte l'essaim des Juifs , le berceau du christianisme ne s'y était pas encore formé, quand une pluie de feu consuma, sur les frontières de cette contrée, Sodome et Gomorrhe. Cette terre ravagée exhale encore l'odeur de l'incendie. Si quelques fruits croissent péniblement sur ses arbres , végétation trompeuse à l'œil , ils tombent en cendres sous la maia qui les touche (1). »
4. Le même, ou plutôt l'auteur inconnu du poème sur Sodome qui lui est attribué , chapitre IV : « Nulle part Je ne vois plus Sodome, nulle part ne se montrent plus ses édifices impies. Nulle part on ne trouvera habitation plus désolée , habitants plus dénués de ressources. Toute cette contrée n'est qu'un bûcher, qu'un amas de cendres, dont la sombre couleur rappelle un antique incendie. Elle n'est plus, cette fertilité que Lot admirait autrefois... Personne n'est tenté de labourer une terre que le feu du ciel a rendue à jamais stérile. Si quelques sillons à demi tracés essaient d'offrir les dons de l'automne, les yeux peuvent un instant être enchantés à la vue' de poires , de pèches ou de pommes qui invitent à les cueillir ; mais à peine touchés , ces mêmes fruits tombent réduits en cendres , et l'on ne trouve plus dans ses mains qu'une poudre vaine. Ainsi le ciel et la terre à la fois n'offrant de toutes parts qu'un vaste tombeau, la mer elle-même y est sans vie; son calme est celui de la mort; les chaudes haleines des zéphyrs n'y animent point ses flots; les autans n'y font pas même bruir ses vagues, et ses abîmes ne recèlent aucun poisson , aucun coquillage , aucun monstre marin qui ait vie
» Voici un autre prodige que présente cette mer attristée. Tout ce qu'on y jette y surnage; il semble que les cprps y soient dépouillés de leur pesanteur; si au contraire une légère éloupe, flottant sur sa surface dans une écaille comme dans une nacelle, y est allumée au contact de la flamme, et qu'ensuite cette flamme vienne à s'éteindre , les débris de l'embrasement iront
(1) Cf. Les Pères de l'Eglise, etc., Irad. par M. de Genoude, t. VIII, page 73. Voir sur ce sujet les Réponses de Bullet aux difficultés des incrédules.
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au fond de rabime. C'est ainsi que Sodome et Gomorrhe rappelleront de siècle en siècle le châtiment infligé à ces hommes injustes , qui dans leur endurcissement avaient perdu la crainte de Dieu, et seront un perpétuel avertissement du soin avec lequel Dieu veille du haut du ciel au maintien de ses lois, et étend ses regards sur tout l'univers. »
S. S. Ghrysostôme, Hom, IV in Epistolam ad Romanos, de nmculorum concubitoribus loquem : a Je ne crains plats d'affirmer que de pareils coupables sont pires que des homicides; car il vaut mieux mourir, que de vivre en subissant un tel outrage. L'homicide, en effet, ne fait que séparer l'âme du corps, au lieu que cet impudique cause la perte de l'une comme de l'autre. Bref, quelque crime que vous imaginiez, vous ne le trouverez pas comparable à celui-là; et si ceux qui consentent à en être les victimes sentaient bien leur malheur, ils préféreraient mille morts, plutôt que d'endurer cette ignominie.
» Bien de plus contraire à la raison, rien de plus incompatible avec le devoir, que cet outrage fait à la nature. Car si saint Paul a dit au sujet de la fornication : Quelque autre péché que rhotnme commetiej c'est hors de son corps qu'il le commet j mais celui qui commet une fornication pêche cœitre son propre corps (I Cor., IV, iS) ; que dirons-nous de cette criminelle folie , qui surpasse la fornication en perversité au-delà de tout ce qu'on peut exprimer par le langage humain? Car je ne dis pas seulement qu'en vous y laissant aller vous devenez femme, d'homme que vous étiez, mais je dis qu'en perdant votre dignité d'homme, vous n'acquérez pour cela rien des attributs de l'autre sexe, qu'ainsi vous déshonorez également les deux , et méritez la répulsion et les rebuts de l'un comme de l'autre. Et pour vous rendre la chose sensible, si quelqu'un vous offrait de vous métamorphoser en cet animal dont le cynisme athénien a emprunté le norii, bien loin de l'écouter, ne le fuiriez-vous pas comme la peste? Mais par ce crime que vous consentez à commettre , vous ne passez pas sans doute à l'espèce canine, mais vous devenez quelque chose de Men plus vil que cet animal; car un chien est après tout utile à quelque chose, au li£u qu'un pédéraste n'est bon à rien. Que ^rai-je en effet? Si quelqu'un se vantait à nous de pouvoir rendre ks hommes susceptibles d'enfanter comme les femmes, ne serions-nous pas indignés d^sa proposition? Mais ceux qui sont possédés de la rage dont nous parlons font de leur corps quelque chose de bien pire ; car il vaudrait mieux pour eux être tout-à-
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foit femmes, que de se faire femmes sans cesser d'être hommes, ou plutô];, d'abjurer, comme ils font, les deux sexes à la fois. Voulez- vous vous convaincre^ encore d'une autre manière de rénormité de cette action? Demandez pourquoi les lois punissent ceux qui font eunuque qui que ce soit de leurs semblables, et oq vous dira que c'est uniquement parce que ceux qui le font portent atteinte à l'intégrité du sexe le plus noble. Pourtant, ceux qui se portent à cet acte dénaturé outragent moins la nature que les autres dont nous parlons ici; car enfin les eunuques, même après avoir subi leur cruelle mutilation, peuvent encore être employés à quelque service, au lieu qu'il n'y a pas d'êtres plus inutiles au monde qu'un homme perdu ainsi par la débauche : son corps et son âme ne sont plus que de la boue, que l'on ne peut plus même fouler aux pieds sans danger d'en contracter la souillure. Quels feux de l'enfer pourront être assez ardents pour expier d'aussi énormes crimes? Que si vous souriez à ce nom d'enfer, si vous faites difficulté de croire à son existence, rappelez- vous le feu qui consuma Sodome : car voilà , oui , voilà même pour la vie présente une image de ce feu à venir. Comme Dieu prévoyait que beaucoup de gens voudraient douter de ce qui suivra la résurrection, il a fait tomber un jour ce feu dévastateur, pour engager les hommes à se former leur foi d'après les choses mêmes qu'il a mises sous leurs yeux. Tel est en effet cet incendie de Sodome; et j'en prends à témoin ceux qui se sont transportés sur les lieux , et qui ont vu de leurs yeux ces effroyables effets de la vengeance divine , ces traces ineffaçables des foudres célestes. Tâchez de concevoir combien ce péché doit être énorme, puisqu'il a comme contraint l'enfer à faire sur la terre celte irruption prématurée. Comme beaucoup de gens se moquaient de ce qu'ils en entendaient dire, Dieu a voulu, par ce prodige extraordinaire, leur rendre la chose plus croyable en faisant parler les faits. Si la pluie tombée sur Sodome n'était pas naturelle , c'est que les crimes de ses habitants ne l'étaient pas non plus; et elle a inondé leur ville et leur contrée, comme une passion funeste inondait leurs âmes. C'est pour cela que cette pluie a produit des effets tout contraires à^ceux que la pluie produit naturellement , puisqu'au lieu de fertiliser la terre et de lui faire produire des fruits abondants , elle l'a rendue inféconde et tout-à-fait stérile. Tel était aussi l'infâme commerce que pratiquaient entre eux les habitants de Sodome : il frappait les deux sexes à la fois d'impuissance et de stérilité. Y a-t-il rien de plus
abominable qu'un homme qui s'est fait victime de cette monstrueuse passion ? Y a-t-il rien qui mérite mieux l'exécration du ciel et de la lerre? 0 fureur! 0 aveuglement! D'où est venue cette passion maudite et ennemie du salut des hommes; d'autant plus leur ennemie , qu'elle fait périr leurs âmes et leurs corps à la fois? 0 hommes indignes de ce nom, plus déraisonnables que les animaux sans raison, plus étrangers à la pudeur que les chiens qui courent nos rues! Car ceux-ci reconnaissent du moins certaines lois dans leurs accouplements; au lieu que vous, vous déshonorez tellement votre espèce, que vous la faites descendre au-dessous des plus vils animaux. Quel est le principe de ces vices monstrueux? L'amour du plaisir et l'ignorance où l'on est de Dieu; car du moment où l'on perd sa crainte, on devient ennemi de toute vertu (1). »
6. Tertullien, de la Pudkilé, c. S (al. 4) : « Quant aux autres enaportements des passions qui attentent aux corps, aux sexes et aux lois de la nature, nous leur interdisons non-seulement le sanctuaire , mais même tout accès de l'église , parce que ce sont, je ne dis pas des péchés, mais des monstruosités (2). »
7. S. Augustin, Confessions , liv. III, c. 8 : « Les crimes contre nature , tels que ceux de Sodome , appellent partout et toujours l'horreur et le châtiment. Que si tous les peuples imitaient Sodome , ils seraient tenus de la même culpabilité devant la loi divine , qui n'a pas fait les hommes pour user ainsi d'euxmêmes. Car c'est violer l'alliance qui doit être entre Dieu et nous, que de profaner par de vils appétits de débauche l'ordre naturel dont il est l'auteur (3). »
8. Le même, Epist. CIX (al. 211) ad Sanctimoniales : « L'amour que vous devez vous porter les unes aux autres n'est pas un amour charnel, mais une affection purement spirituelle. Car ces amusements immodestes, ces jeux indécents que se permettent, même entre personnes de leur sexe, des femmes qui ont mis en oubli les lois de la pudeur, doivent rester inconnus, non-seulement aux veuves et aux vierges consacrées à Jésus- Christ, mais même à toute femme et à toute vierge chrétienne. »