IV
DES PÉCHÉS D'AtJTRUI.
TÉMOIGNAGE DE l' ÉCRITURE.
I Tim,, K 22; Psaume XVIIl, 13; Ephésiens, V, 11,. et II Thessalon., III, 6. Voir pour tous ces textes le corps de la réponse.
TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION
1. S. Basile- le-Grand, Lib, de verd virginitate : « De même que Paul, cet admirable apôtre, a été dès son vivant précédé en partie par ses œuvres, c'est-à-dire par ceux qui, sanctifiés par ses leçons et ses exemples, sont entrés avant lui dans la vie éternelle, et lui ont préparé auprès du juste juge la récompense des sueurs qu'il avait essuyées pour leur salut; et qu'en partie aussi il a été suivi par ses œuvres depuis même qu'il a terminé sa vie mortelle et qu'il est avec Jésus-Christ, ceux qu'il n'a cessé jusqu'à ce jour d'instruire par la doctrine contenue dans ses épîtres appelant sur lui de siècle en siècle les louanges et les bénédictions du divin maître : ainsi par la raison contraire il y a dés péchés qui précèdent ceux qui en portent la responsabilité, savoir, ceux par lesquels ils ont causé la perte de quelques-uns morts avant eux , et dont à leur tour ils auront à subir le châtiment dans l'enfer; d'autres aussi qui les suivent , savoir, les péchés dont ils sont la cause même depuis leur mort par la perversité qu'ils ont semée de leur vivant dans le monde. Ainsi jusqu'à nos jours le saint roi David ne cesse de porter les hommes à la connaissance et au service de Dieu , et ceux qui profitent des instructions contenues dans ses psaumes sont par la sainteté de leur vie un éloge permanent qui s'attache à sa mémoire ; tandis que dans le sens opposé Marcion et les autres hérésiarques ne cessent de faire du mal par leurs erreurs, et par un juste retour doivent subir dans l'enfer des châtiments plus rigoureux, à proportion des maux dont, quoique morts depuis longtemps, ils continuent à être la cause. Car si celui qui, pour me servir des paroles de l'Evangile (Matth., XVIII, 6), scandalise un seul petit enfant , mérite dès-lors le feu de l'enfer, celui qui scandalise des milliers de personnes, soit par le dérèglement de ses mœurs,
munda me. Domine , et ab alienis parce servo tuo, Eodem refert Basilius Magous , quod Ephesiis scriptum est à Paulo : Nolile communicare operibus infructuosis tenebrarum, magis autem redarguite, Tiim
illud ejusdem Apostoli : Subtrahatis vos ab omni fratre ambulante inordinatè, et non secundùm traditionem, quam acceperunt à nobis.
DGt^ PÉCHÉS D' AUTRUI.
soit par la perversité de sa doctrine , devient Justement responsable, non-seulement de la mort qu'il se cause à lui-même, mais encore de la perte éternelle de tous ceux quMl aura entraînés dans sa ruine , de sorte que , autant il y aura d'âmes qu'il aura perdues, autant de fois il méritera d'être condamné à la mort étemelle dans le siècle à venir. Si donc il y a des actions qui nous précèdent, et d'autres qui nous suivent; eisi, de même que les péchés dont un premier a été la cause doivent ajouter au châtiment, de même les vertus que l'exemple ou l'instruction fiiit éclore doivent ajouter à la récompense, une vierge, soit vertueuse soit vicieuse, peut avoir aussi quelques-unes de ses œuvres qui la précèdent, et d'autres qui la suivent ; et autant sera malheureuse dans l'éternité celle qui, outre le châtimeni que lui auront mérité ses propres fautes, aura encore à subir celui que méritent les fautes qu'elle aura fait commettre à d'autres par l'exemple de ses désordres , autant sera bienheureuse au contraire la vierge qui , outre la couronne que lui auront méritée ses propres vertus, aura de plus à en recevoir autant d'autres dans le ciel , qu'elle aura engagé de ses compagnes à marcher à sa suite (1). »
2. EuTii\ME, in Ps. XVIII : « ï^rdonnez-moi les péchés d'autrui, puisqu'il est, hélas! trop certain que les rois, les pontifes, les pères de famille, les maîtres, tous les supérieurs enfin, sont responsables des péchés de leure sujets ou de leurs peuples, de leurs enfants ou de leurs serviteurs , toutes les fois que ces péchés sont l'effet de leur propre négligence. »
3. S. Augustin, Lib, III de libero arbitrio, c. 10 : « 11 y a deux principes de tous les péchés : nous les commettons, "ou par un dessein volontaire et libre, ou à la persuasion d'autrui. C'est à cela, je pense, que se rapporte ce qu'a dit le Prophète : Seigneur, purifiez-moi de mes péchés cachés j et pardonnez à votre ser vileur ceux des autres. L'un et l'autre à la .vérité est volontaire : car, comme en péchant par sa propre détermination, on ne pèche point malgré soi, ainsi quand nous consentons au mal qu'un autre nous suggère, c'est toujours volontairement que nous y consentons. 11 y a néanmoins plus d'énorraité à pécher non-seulement sans que personne nous y*porte, mais en persuadant encore par envie et par artifice à d'autres de le faire , que de n'être porté à pécher que par la suggestion d'a^itrui (2). »
(t) Cf. s. Basilii opéra omnia, t. ni, p. 619-620, Paris, 1730. (%) Cf. Les livres de saint Àugmtin sur Is libre arbitre, p. 228.
A DES PÉCHê>; O' AUTRUI.
4. s. Basile, Lib. II de Bapiismo, c. 9 : a Instruits maintenant de ce qui ferait qne nos œuvres seraient infructueuses , gardons-nous bien de rien omettre de oe que Dieu demande de nous dans le combat engagé à son service , mais faisons au contraire tous nos efforts pour nous montrer en tout ses dignes ministres. Et non contents de nous conserver nous-mêmes purs, prenons garde aussi de participer à l'impureté d'autrui, et conformons-nous à cet avis que nous donne TApAtre , de nous abstenir de toîUe parlkipaiion aux œuvres infructueuses de ce siècle ténébreux {Ephes., Y, il). En ajoutant ensuite, (c cotidamnez-les
plutôt j » MAGIS AUTEM REDARGLITE , TApôlrC UOUS fait Voir JUS-
qu'où nous devons porter notre attention à ne pas nous rendre complices ou responsables de ces sortes d'œuvres.
» Mais qu'est-ce que participer aux œuvres des ténèbres, et de combien de manières peut-on y participer? C'est ce qu'il nous reste à dire maintenant. Me remettant donc à la pensée ces paroles des Proverbes (I, H) : Venez avec nous, faites-vous cornplice de la mort de notre ennemi; ces autres paroles de l'Apôtre {Philip., /, 7) : Vous êtes tous associés aux grâces que j'ai reçues de Dieu; ces autres encore {Philip., IV, Ik) : Participant à mes tribulations; ces autres aussi {Gai., VI, 6) : Que celui qui reçoit l'instruction fasse part de ses biens à celui qui la lui donne; ces autres du Psalmiste {Ps. XLIX, IS) : Si tu voyais un voleur, tu courais avec lui , et tu te faisais complice des adultères ; ces autres du Lévitique (XIX, 17) : Vous reprendrez votre frère quand vous le verrez pécher, pour ne pas vous faire complice de sa faute ; ces autres enfin du Psalmiste (XLIX, 21 ) : Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu; tu as pensé que je te ressemblerais; je te citerai à mon tribunal, et je te mettrai en face de toi-même : en me rappelant ce^s passages et d'autres semblables , je dis qu'il y a participation dans les, œuvres, quand on agit de concert pour atteindre un même but, et participation dans la volonté, quand celui même qui n'agit pas consent et applaudit à celui qui agit. Il est une autre sorte de participation , qui ne semble pas participation à plusieurs, mais à laquelle l'Ecriture sainte bien comprise donne ce caractère : c'est celle qui a lieu lorsque , sans coopération effective ni même consentement positif de la volonté , on se tait sur le mal qu'on voit faire , au lieu de le condamner ouvertement; c'est ce que font bien voir plusieurs des passages que je vieiis de citer, et de plus ce que l'Apôtre disait aux Corinthiens (/ Cor., V, 6) : Vous n'avez pas demandé avec larmes qu'on ôtdt
DES pÉaiËS d'autrli. ' K
du milieu de vous celui qui a fait cette action; et ces autres paroles ajoutées à ces dernières : Un peu 4e levain suffit pour aigrir touie une masse de pâte. Soyons donc saisis de crainte, et obéissons à celui qui a dit : Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte toute nouvelle {ihid,, 7). Mais si quelqu'un coopère à une action bonne en elle-même, et qu'il ignore l'intention mauvaise de celui qui fait cette action , il ne sera pas coupable de participation au mal, mais il recevra sa récompense pour ce qu'il aura fait, parce que, sans partager en rien la mauvaise disposition de l'autre , il se sera conservé lui-même dans l'amour de Dieu , comme Notre-Seigneur ]ésus*Cbrist nous le déclare de ceux qui seront sauvés, quoique travaillant au même moulin ou couchant dans le même lit avec ceux qui périront. Or, la distinction à faire entre ceux qui sont confiés à ma charge et ceux qui ne me sont pas confiés , consiste dans les soins que je dois donner aux premiers, mais non dans la participation que je pourrais apporter aux péchés, , soit des uns, soit des autres. Car je ne dois un soin particulier qu'à ceux dont je me trouve spécialement chargé; au lieu qu'il m'est défendu indistinctement à l'égard de tous de participer aux œuvres infructueuses des ténèbres. »
5. S. AuGLSTiN , Serm, XVIII de verhis Domini : « Soyez toujours séparés de cœur des méchants, quand même vous pourriez, en usant de précaution, vous mêler de corps momentanément avec eux; toutefois ne soyez pas négligents h reprendre ceux qui sont soumis à votre conduite, et n'épargnez à leur égard ni les avis, ni les conseils, ni les exhortations, ni les menaces. Usez de tous vos moyens pour cela, et que les exemples que vous pouvez trouver dans l'Ecriture et dans l'histoire des saints qui ont vécu, soit avant, soit depuis Notre Seigneur, et qui semblent prouver que les bons peuvent vivre au milieu des méchants sans en contracter de contagion , ne vous rendent pas négligents à reprendre les méchants. Pour n'être pas souillé par le contact de ces derniers, il faut deux choses : ne pas consentir au mal qu'ils font , et de plus les en reprendre , c'est-àdire en deux mots , n'y apporter ni participation ni consentement, Il y a participation , lorsque la volonté est complice et qu'elle approuve le mal; et c'est contre ce vice que nous prémunit l'Apôtre lorsqu'il dit : Ne participez point aux œuvres infructueuses ^s ténèbres j înais plutôt condamnez-les {Ephés,, Y, H ). Comme ce ne serait pas assez de ne pas consentir, si l'on négligeait la correclion , c'est pour cela que l'Apôtre ajoute : Mai^ plutôt con-
damneZ'les, Voyez comme il joint ensemble ces deux devoirs : N'a participez point, mais plutôt condamnez. Que veulent dire ces mots : Ne participez point? Gela veut dire : Ne consentez pas, ne louez pas, n'approuvez pas. Que veulent dire ces autres paroles : Mais plutôt condamnez? Elles signifient : Reprenez, corrigez, réprimez. Vous ne devez donc ni consentir au mal en l'approuvant, ni négliger de reprendre ceux qui s'y livrent, ni cependant exercer cette correction avec orgueil , ou d'une manière insultante pour ceux qui la subissent. »
Qaestlon II.
Combien compte- t-on de ces péchés dits d'autrui?
On en compte neuf, comme il y a à peu près le mêoïe nombre de manières de commettre ces péchés eux-mêmes , savoir : par conseil , par injonction , par consentement , par provocation , par adulation ou flatterie , par réticence , par connivence ou indulgence, par participation au crime, et enfin par protection donnée au mal (II).
Question III.
Quand est-ce qu'on participe par conseil aux péchés d'autrui ?
C'est lorsqu'on se fait l'auteur ou l'instrument d'un mauvais conseil que d'autres ensuite mettent ou pourraient mettre à exécution. Nous en trouvons un exemple dans Caïphe (Joan., XI, 47-53), qui, par le conseil qu'il donna aux sénateurs juifs, les détermina à voter la mort de Jésus-Christ. L'exemple opposé nous est fourni par Joseph d'Arimathie, que l'Ecriture appelle bon et juste, pour n'avoir pas consenti à ce conseil et aux actes des princes des prêtres et des pharisiens, quand ceux-ci conspirèrent la mort de Jésus-Christ. Tel fut aussi le péché de ce Démétrius qui, mû par un vil motif d'intérêt, et de concert avec les autres ouvriers , souleva presque toute la ville d'Ephèse contre saint Paul et contre la doctrine que prêchait cet apôtre. Tel fut encore le crime de l'infâme Hérodiade, avec laquelle le roi Hérode vivait dans l'adultère. Car ce fut par son conseil et à
Quot numerantur ejusmodi aliéna peccata ?
Novem, sicutnovem ferè modis commit-
tuntur, utpote consilio, jussione, consensu, îrritatione , laudatione seu adulatione , reticentia culpae aliénas, coDuiventia vel indulgentia , participatione criminis , ac prava defensione.
sa persuasion que sa fille la danseuse demanda et obtiat la tête de saint Jean-Baptiste ( III ) .
TÉMOIGNAGES DE l'ÉGRITURE.
1. Ecclésiastique, XXVII, 28-30 : « Si un homme jette une pierre en haut , elle retombera sur sa tête ; et la blessure que feit le traître , rouvrira les siennes propres. — Celui qui creuse une fosse y tombera ; celui qui met une pierre dans le chemin pour y faire heurter son prochain s'y heurtera, et celui qui tend un filet à un autre s*y prendra lui-même. — L'entreprise concertée avec malice retombera sur celui qui l'aura formée , sans qu'il sache d'où ce malheur lui sera venu . w
2. Ibidem, VI, 6A0 : « Ayez beaucoup d'amis qui vivent en paix avec vous, mais choisissez pour conseiller un homme entre raille. — Si vous cherchez un ami, ne le prenez qu'après l'avoir éprouvé, et ne vous fiez pas sitôt à lui. — Car tel ami ne l'est que tant qu'il y trouve son avantage , et il cessera de l'être au jour de la tribulation. — Il y a tel ami qui se change en ennemi, et tel autre qui tout-à-coup manifeste sa haine, et se répand en injures et en outrages. — Tel est ami, qui ne l'est que pour la table, et qui ne le sera plus au jour de l'affliction. »
3. Ibidem, VIII, 20-22 : a Ne délibérez point au sujet de vos affaires avec des fous ; car ils ne peuvent aimer que ce qui leur plaît. — Ne traitez rien de secret devant un étranger; car vous ne savez ce qu'il enfantera un jour. — Ne découvrez point votre coeur à toutes sortes de personnes, de peur que celui à qui vous vous fiez ne soit un faux ami , et qu'il ne médise ensuite de vous. »
4. Ibidem, XXXVII, 7-17 : « Ne prenez point conseil de celui qui vous tend un piège , et cachez vos desseins à ceux qui vous portent envie. — Tout homme que l'on consulte donne son conseil; mais il y en a qui ne regardent qu'eux-mêmes dans ce
Quando peccatum alienum consilio perpetratur f
Cum mali scilicet consilii , quod alii seqauntur vel sequi possent, ipsi sumus auctores et administri. Exemplo sit Caiphas, qQi consilio sao senatum jadaicum in mortem Christi concitavit atque permovit.
Contrà vcrô laudatur Joseph ab Arimathaea, «il vir bonus justusqae dicitur, quia non coosenserat consilio et actibus eorum ,
pontificnm scilicet et pharisaeorum in Christi necem impie conspirantium. Ejasdem classis fuit Demetrius ille, qui cum aliis opificibus , ut suo staderet quxstui , totam penè urbem Ephesiorum adversus Paulum Paulique doctrinam in§;enti seditione complevit. Impegit hle etiam iiifamis Herodias , qua rei Herodes per adulterium fœdë abutebatur. Nam illius consilio et suasu instructa saltatrix filia , quod crudeliter appetivit sanctissimi Joannis obtruncatum caput, nefarië impetravit.
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qu'ils conseillent. — En demandant conseil à un homme, veillez à la garde de votre âme. Sachez auparavant quels sont ses intérêts; car il vous donnera conseil selon ce qui lui sera le plus utile. — Craignez qu'il ne plante un pieu dans votre chemin, et qu'il ne vous dise : Votre voie est bonne, pendant qu'il se tiendra à l'écart pour voir ce qui vous arrivera. Allez, consultez un homme sans religion sur les choses saintes , un homme injust© sur la justice , une femme sur une autre dont elle est jalouse , un poltron sur la guerre, un marchand sur le trafic de vos marchandises, un acheteur sur ce qui est à vendre, un envieux sur les bienfaits que vous avez reçus, un impie sur la piété, un homme sans honneur sur l'honnêteté, celui qui travaille aux champs sur tout autre travail , — un ouvrier à l'année sur ce qu'il doit faire pendant un an, et un serviteur paresseux sur l'assiduité au travail : vous ne devez point attendre de bons conseils de ces personnes sur toutes ces choses. Mais tenez-vous sans cesse auprès d'un homme saint, lorsque vous en aurez connu quelqu'un qui craigne véritablement Dieu, — dont l'âme ait du rapport avec la vôtre, et qui, lorsque vous aurez fait un faux pas dans les ténèbres, en gémisse avec vous. — AfiFermissèz votre cœur dans la droiture d'une bonne conscience ; car vous n'aurez point de plus fidèle conseiller. »
8. Job, V, 13 : <( (Dieu) qui surprend les sages dans leur propre finesse , et qui renverse les desseins des hommes injustes. »
6. Ibid.j XVIII, S, 7-10 : « La lumière de l'impie ne s'éteindra-t-elle pas, etc.? — Avec toute sa force il ne marchera qu'à l'étroit, et ses conseils le feront tomber dans le précipice. — Car il a engagé ses pieds dans les rets, et il marche au milieu des pièges. — Son pied sera pris dans ce filet , et la soif le dévorera. — Le piège qu'on lui a préparé est caché sous terre, et on lui tend un appât le long du sentier. ».
7. Ibid.y XII, 16-17 : « Près de lui (Dieu) sont la force et la sagesse; il connaît, et celui qui trompe, et celui qui est trompé. -— 11 fait tomber ceux qui donnent conseil en des pensées extravagantes , dont la fin est malheureuse , et il frappe d'étourdissement les juges. »
8. IsAÏE, XIX, 11-14 : « Les princes de Tanis ont perdu le sens; ces sages conseillers de Pharaon ont donné un conseil plein de folie. Comment osez-vous dire à Pharaon : Nous sommes les fils des sages, les descendants des anciens rois? — Où sont maintenant ces sages, ô Pharaon? Qu'ils vous apprennent les desseins
du Dieu des armées sur TEgyple. — Les princes de Tanis sont dans le délire; les princes de Memphis, dans rabattement; ils ont séduit l'Egypte, et perdu la force de ses peuples. — Dieu a répandu sur elle un esprit de vertige , et ses chefs ont laissé les peuples errer dans leurs œuvres, comme un homme ivre qui ne va qu'en chancelant , et qui rejette ce qu'il a pris. »
9. Psaume VU, 43-14 : a II a ouvert une fosse, et Ta creusée; mais il tombera lui-même dans son propre piège. — Ses noirs projets se tourneront contre lui , et son iniquité retombera sur sa tête. »
\0, Ps. IX, 14-15 : « Les nations sont tombées dans la fosse qu'elles avaient creusée ; — leurs pieds se sont engagés dans les lacs qu'elles avaient tendus, w
H. Proverbes, XXVI, 27 : « Celui qui creuse une fosse y tombera , et la pierre retournera contre celui qui l'aura roulée. »
12. Ecclésiastey X, 8-9 : « Celui qui creuse une fosse y tombera, et celui qui renverse un mur en ruine sera mordu par les serpents. — Celui qui roule des pierres en sera meurtri, et celui qui fend le bois en sera blessé. »
13. Jean, XI, 47, 49, 80, 83 : « Les princes des prêtres et les pharisiens tinrent donc conseil, et ils disaient : Que faisonsnous? Cet homme opère beaucoup de miracles. — Mais l'un d'eux, nomme Caïphe , qui était grand-prêtre cette année-là , leur dit : Vous n'y entendez rien , — et vous ne considérez pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse point, etc. — Ils ne pensèrent donc plus depuis ce jour-là qu'à le faire mourir. »
14. Luc, XXIII, 80, 51-82 : a Cependant, voici qu'un sénateur, appelé Joseph, homme vertueux et juste, — qui n'avait point consenti au dessein des autres , ni à ce qu'ils avaient fait , qui était d'Arimathie, ville de Judée, et attendait aussi le royaume de Dieu , vint trouver Pilale , et lui demanda le corps de Jésus. »
15. Psaume 1,1: « Heureux l'homme qui ne suit pas les conseils de l'impie, etc. »
16. Genèse, XLIX, 8-6 : « Siméon et Lévi , tous les deux frères; la fraude les a faits des instruments de violence. — Mon ûroe n'est point entrée dans leurs conseils , mon cœur ne s*esl point uni à leur troupe , quand dans leur fureur ils ont tué des hommes, quand dans leur .vengeance ils ont renversé une ville. »
17. Job, XXI, 16 : a N'ont-ils pas les biens en leur puissance? Néanmoins, que le conseil de ces pervers soit loin de moi. »
18. Jeân, XI, S3 : a Us ne pensèrent plus depuis ce jour-là qu'à le faire mourir. »
19. Matthieu, XXVI, 3-4 : (c En ce même temps, les princes des prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans la salle du grand -prêtre, appelé Caïphe, — et tinrent conseil ensemble pour se saisir de Jésus par ruse et le faire mourir. »
20. Actes, XIX, 24, 26, 28, 29 : <c Un orfèvre, nommé Démétrius , qui faisait en argent de petits temples de Diane , donnait par-là beaucoup à gagner aux ouvriers de sa profession.
— Les ayant donc assemblés avec d'autres qui travaillaient aux mêmes ouvrages , il leur dit : Mes amis , vous savez que c'est de ce genre d'ouvrages que vient notre gain; — cependant vous voyez vous-mêmes, etc. — Ayant entendu ces choses, ils furent transportés de colère , et s'écrièrent : La grande Diane des Ephésiens! — Et toute la ville fut aussitôt remplie de confusion; et ces gens-là coururent en foule au théâtre, etc. »
21. // Rois, X, 2, 3, 4, 6, 7, 18, 19 : (c Alors David dit : Je veux témoigner ma bienveillance à Hanon, fils de Haas, comme son père m'a témoigné la sienne. Il lui envoya donc des ambassadeurs, pour le consoler de la mort de son père. Mais lorsqu'ils furent arrivés sur les terres des enfants d'Ammon,
— les plus puissants du pays dirent à Hanon , leur maître : Croyez-vous que ce soit pour honorer votre père et pour vous consoler, que David vous a envoyé ici des ambassadeurs, et ne voyez-vous pas qu'il l'a fait pour reconnaître l'état de la ville, et pour la détruire? — C'est pourquoi Hanon fit saisir les serviteurs de David , leur rasa la moitié de la barbe , et coupa la moitié de leurs vêtements jusqu'au haut des cuisses, et puis les renvoya. Or les Ammonites, voyant qu'ils avaient offensé David, envoyèrent une députation aux Syriens de Rohob et de Soba , et levèrent chez ces peuples , à leurs propres dépens , vingt mille hommes de pied; ils prirent aussi mille hommes du roi de Maacha et douze milles d'Istob. — - David en ayant été averti,
envoya Joab avec toutes ses troupes — Israël les mit en
fuite , et David leur enleva sept cents chariots et leur tua quarante mille cavaliers, et il fit à Sobach, général dé l'armée ennemie, une telle blessure, que celui-ci en mourut sur-le-champ. — Tous les rois qui étaient venus au Recours d'Adarezer, se voyant vaincus par les Israélites, furent saisis de frayeur et s'enfuirent
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devant eux avec cinquante-huit raille hommes. Us firent ensuite la paix avec les Israélites, et leur restèrent soumis; et depuis ce temps-là , les Syriens n'osèrent plus donner des secours aux enfants d'Ammon. »
22. // Rois, XVI, 20-23 : « Absalom dit alors à Achitophel : Délibérez sur ce que nous avons à faire. — Achitophel di^ à Absalom : — Entrez chez les femmes de votre père , qu'il a laissées pour garder son palais, afin que, lorsque tout Israël saura que vous aurez déshonoré votre père, il s'attache plus fortement à vous. — On dressa donc une tente pour Absalom sur la terrasse du palais , et il abusa des femmes de son père devant tout Israël. — Or, les conseils que donnait Achitophel étaient regardés en ces jours-là comme les conseils de Dieu; on les considéra toujours ainsi, et du temps qu'il était avec David, et quand il fut avec Absalom. »
23. II Rois, XXVII, 1-8, 14-23 : « Achitophel dit donc à Absalom : Si vous l'avez pour agréable , je m'en vais prendre avec moi douze mille hommes d'élite, et me mettre à la pourr suite de David dès cette nuit ; — et fondant sur lui et sur ses gens qui sont tout harassés et hors de défense , je les battrai sans peine, tout le monde fuira, et le roi se trouvant seul, je m'en déferai ; — et je ramènerai tout le peuple comme si ce n'était qu'un seul homme , car vous n'en voulez qu'à un seul , et après cela, tout sera en paix. — Cet avis plut à Absalom et à tous les anciens d'Israël. — Absalom dit néanmoins : Faites venir Chusaï d'Arach, afin que nous sachions aussi son avis. — Chusaï étant venu devant Absalom, Absalom lui dit : Voici le conseil qu'Achitophel vient de nous donner; devons-nous le suivre? Que nous conseillez- vous? Chusaï répondit à Absalom :
— Cette fois, le conseil qu'a donné Achitophel n'est pas bon. — Vous n'ignorez pas, ajouta-t-il, quelle est la valegr de votre père... — Alors Absalom et tous les principaux d'Israël dirent : L'avis de Chusaï d'Arach est meilleur que celui d'Achitophel, Or, ce fut par la volonté du Seigneur, que le conseil d'Achitophel , qui était utile , fut ainsi rejeté , afin que le Seigneur fit peser la ruine sur Absalom. — Alors Chusaï dit aux grandsprêtres Sadoc et Abialhar : Voici l'avis qu'Achitophel a donné à Absalom et aux enfants d'Israël, et voici celui que je lui ai donné,
— Envoyez donc en diligence quelqm exprès à David pour lui eq donner nouvelle, et faites-lui dire qu'il ne demeure point cette nuit dans les plaines du désert , mais qu'il passe au plus tôt le
Jourdain, de pear qu'il ne périsse, lui et tous ses gens. — Jouathas et Âehimaas étaient près de la fontaine de Rogel , n'osant se montrer ni entrer dans la ville; mais une servante vint les trouver, et les avertir de tout cela. Ils partirent en même temps, pour porter ce message au roi David. — 11 arriva néanmoins qu'un enfant les vit, et en donna avis à Absalom. Mais hâtant le pas , ils entrèrent chez un homme de Bahurim , qui avait un puits à l'entrée de sa maison , et ils y descendirent. — Et la femme de cet homme étendit une couverture sur la bouche du puits, comme pour faire sécher de l'orge mondé. Ainsi la chose demeura cachée. — Et quand les gens d' Absalom furent venus dans celte maison , ils dirent à la femme : Où sont Aehimaas et Johathas? Elle leur répondit : Ils ont pris un peu. d'eau, et s'en sont allés. Ainsi ceux qui les cherchaient ne les ayant point trouvés, s'en revinrent à Jérusalem. — Après qu'ils s'en furent retournés , Aehimaas et Jonathas sortirent du puits , continuèrent leur chemin , et vinrent dire à David : Décampez et passez le fleuve au plus tôt, parce qu'Achitophel a donné tel conseil contre vous. — David se mit donc aussitôt en marche avec toute sa troupe, et ils passèrent le Jourdain avant la pointe du jour, en sorte qu'il n'en resta pas un seul en-deçà du fleuve. — Achitophel, voyant que son conseil n'avait point été suivi , fit seller son âne, s'en alla à la maison qu'il avait en sa ville , et après avoir mis ordre à toutes ses affaires, il se pendit. »
24. III Rois, XII, 42-19 : a Jéroboam vint donc avec tout le peuple trouver Roboam le troisième jour , — de même que Roboam leur avait dit : Revenez me trouver dans trois jours. — ^Et le roi répondit durement au peuple, et abandonnant le conseil que les vieillards lui avaient donné, — il leur parla selon que les jeunes gens lui avaient conseillé de le faire, et leur dit : Mon père vous a imposé un joug pesant, mais moi je le rendrai encore plus pesant; mon père vous a châtiés avec des verges, mais moi je. vous châtierai avec des verges de fer. — Et le roi ne se rendit point à la volonté du peuple , parce que le Seigneur s'était détourné de lui dans sa colère , pour mettre à effet la parole qu'il avait dite à Jéroboam, fils 4e Nabath, par Ahias Silonite. — Le peuple voyant donc que le roi n'avait point voulu les écouter, commença à dire : Qu^avons-nous de commun avec David? Quel héritage avons-nous à partager avec le fils d'Isaï? Israël, retiretoi dans tes tentes ; et toi , David , pourvois maintenant à ta maison. Et Israël se retira dans ses tentes. — Cependant Roboam
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continua de régner sur tous les enfants dlsraêl qui demeuraient dans les villes de Juda. — Le roi Roboam envoya ensuite Aduram, qui avait la surintendance des tributs ; mais tout le peuple le lapida, et il mourut. Le roi Roboam monta aussi sur son char, et s'enfuit à Jérusalem. — Et Israël se sépara de la maison de David, et il en est resté séparé jusqu'à ce jour.
25. Rois, XXI, 25-26 : « Aohab n'eut donc point son semblable en méchanceté, vendu qu'il était pour faire le mal aux yeux du Seigneur : car il y était encore, excité par Jézabel sa femme. — Et il devint tellement abominable, qu'il adorait les idoles des Amorrhéens, que le Seigneur avait exterminés à l'entrée des enfants d'Israël. »
26. // Paralipomènes, XXII, 2-5 : a II (Ochosias) avait quarante-deux ans quand il commença à régner, et il ne régna qu'un an à Jérusalem. — Sa mère se nommait Alhalie, petitefille d'Amri. — Ce prince suivit aussi les voies de la maison d' Aohab : car sa mère le portai l'impiété. — Il fit donc le mal en présence du Seigneur, comme la maison d'Achab où il choisit ses conseillère après la mort de son père , et ce fut là la cause de sa perte. — 11 se conduisit selon leurs conseils, et il alla à Ramoth de Galaad avec Joram fils d'Achab, roi d'Israël, faire la guerre à Hazaël, roi de Syrie. »