‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 23 sur 68 · Le même, Lett. XXVI (al. 25), Réponse des prêtres Moïse · texte numérisé non relu

Le même, Lett. XXVI (al. 25), Réponse des prêtres Moïse

(1) Cf. s. Chrysostomi opéra, t. VIII, p. 47, édit. de Monlfaucon; page ^k , édit. de Gaume.

(2) Cf. Les Pères de VEglise, etc., trad. par M. de Genoude, t. V bis, pag. 112-115.

(3) Cf. Ibidem, pag. 42-Û3.

DE l'eXPUTION des PÉCHÉS. 2K3

Maxime, etc., à saiul Cyprien (1) : « Que devient la terreur des châtiments divins , si Von accorde aux pécheurs un pardon si facile? Au lieu de cela, il faut réchauffer doucement leur foi, la nourrir jusqu'au temps de sa maturité , et leur apprendre à connaître, l'Evangile à la main, toute la gravité de leur faute. Loin de se prévaloir de leur nombre , qu'ils y trouvent plutôt un motif de plus pour nous de les réprimer. Ce n'est pas la multitude insolente des coupables qui atténue la faute, mais plutôt la modération, la réserve, la patience, la discipline, l'humilité, la soumission qui attend et accepte le jugement à prononcer sur elle. Voilà quels sont les témoignages de la pénitence ; voilà ce qui cicatrise les blessures ; voilà ce qui relève les ruines d'un cœur qui s'est laissé abattre, ce qui étouffe les vapeurs encore brûlantes de nos péchés. Un médecin donne-t-il à un malade le même aliment qu'à un homme en bonne santé? Non, sans doute; au lieu de calmer les accès de la fièvre , une nourriture inopportune les exciterait davantage : le mal que la diète eût guéri en quelques jours, se prolonge par l'intempérance qui n'a pas su attendre.

» Il faut donc que ces mains souillées par des sacrifices impies, se purifient par les bonnes œuvres: que ces bouches infectées par des viandes criminelles, soient lavées par les paroles d'un sincère repentir, et que le sanctuaire de l'âme se renouvelle dans le changement d'un cœur nouveau. Qu'on entende les gémissements multipliés du repentir. Que les larmes de la foi coulent incessamment de tous les yeux, afin que ces mêmes yeux qui ont contemplé criminellement les idoles, expient par des pleurs expiatoires la faute qu'ils ont commise. »

14. S. Augustin, Lib. L homiliarum, 1iom. L, c. S, sive in Mhro de pcenitentiœ medicind, c. 5 : (c Ce n'est pas assez d'amender ses mœurs, etc. (comme dans le corps de la réponse). »

15. S. Augustin, Enchirid. ad Laurentium^ c. 7 (al. 24 et 19) : « On ne doit pas se figurer qu'on puisse tomber tous les jours dans ces crimes qui excluent du royaume de Dieu ceux qui les commettent, pourvu qu'on les rachète tous les jours par des aumônes. Il faut commencer par changer de vie , et employer ensuite les aumônes pour obtenir de Dieu le pardon des péchés passés. Ce serait faire injure à Dieu, que de s'imaginer qu'on puisse acheter en quelque sorte de lui la liberté de pécher impunément. Dieu est assez miséricordieux pour effacer les péchés passés dans ceux

(t) Cf. Les Pères de l'Eglise, etc., trad. par M. de Gcnoude, t. V bis, m- 8^-85.

2S& DE l'e\piation des péchés.

qui s'efforcent de satisfaire comme il faut à sa justice ; mais t( n*a accordé à personne la permission de pécher {Ecclû, XVy 21) (1). k 16. S. Cyprien, De lapsis : a II vous faut le prier sans relâche , passer tous vos jours dans le deuil , prolonger vos nuits dans les veilles et les larmes, consacrer tout le reste de votre vie aux gémissements de la pénitence, vous prosterner dans la poussière, vous rouler sur la cendre et le cilice. Après avoir perdu Jésus-Christ , ce riche et précieux vêtement de Uâme , il faut que vous fuyiez les vains ornements du siècle. Après avoir touché aux viandes du démon, il ne faut plus aimer que le jeune. Il faut que vous vaquiez aux œuvres de justice qui ont pour effet de nous purifier de nos péchés, et que vous fassiez de fréquentes aumônes, parce que l'aumône rachète les âmes de la mort. Rendez à Jésus-Christ ce que le démon lui a enlevé. Comment garder, et surtout comment chérir un patrimoine qui n'a servi qu'à vous séduire et à vous vaincre? Il faut fuir les biens que vous possédez comme on fuirait un ennemi , un poignard ou un poison qui donne la mort. S'ils restent entre vos mains, qu'ils servent du moins à la rançon de vos crimes. Faites-en d'amples aumônes, employez-les toutes entières à guérir les plaies de vos âmes, placez-les à intérêt entre les mains de Dieu qui nous jugera. Voilà comment était vive la foi sous les Apôtres; ainsi les premiers chrétiens accomplissaient-ils les préceptes de Jésus-Christ. Ardents, prodigues de leurs biens, ils les abandonnaient tout entiers aux Apôtres pour être distribués aux indigents, et cependant ils n'avaient pas à expier de semblables crimes. Je le déclare : si vous priez de tout votre cœur, si vous versez des larmes, si vous poussez les gémissements d'une sincère pénitence, si vous sollicitez le pardon^de votre faute par les œuvres non interrompues de la miséricorde, vous pourrez trouver grâce devant celui qui a dit avec bonté (EzECH., XVIII et XXXIII) : Quand ^ votts tournant vers moi, vous gémirez j alors vou^ serez sauvé, et vous saurez en quel abtme vous étiez. Et encore (Ezech., XXXIII, 11) : Je ne veux p<M la mort de celui qui meurt, mais qu'il se convertisse et quHl vive. Et le prophète Joël, inspiré par le Seigneur lui-même, ne proclame-t-il pas ainsi la puissante bonté du Seigneur (Joël, II, 13) : Revenez au Seigneur votre Dieu; car il est doux, clément, patient, et prodigue de pardon, et il sait révoquer les arrêts de sa justice-

(l) Cf. Traités choisis de saint Augustin, t. Il, p. ftOl.

DE l'expiation DES PÉCHÉS. 25S

Oui, le Seigoeur peut faire grâce aux coupables et révoquer ses arrêts. Il peut pardonner miséricordieusement au repentir sincère qui se manifeste par la prière et par les œuvres. Il peut sanctionner ce que les martyrs ont demandé , et ce que les prêtres ont fait en faveur de pareils suppliants. Il y a plus : si la colère divine est entièrement apaisée, Toutrage réparé et Texpiation surabondante, il peut se faire que le Seigneur, renouvelant les forces du vaincu, confie de nouveau à ses mains les armes de la foi. Je le vois déjà, cet athlète, instruit par la douleur, aguerri par la défaite, provoquer l'ennemi, et recommencer les combats du Seigneur. Le chrétien déchu qui satisfera ainsi à la justice de Dieu , et qui , puisant dans le repentir et la honte de sa chute même un nouvel accroissement de courage et de foi , se relèvera ainsi avec honneur par le secours divin, réjouira TEglise autant qu'il l'avait attristée, et méritera non plus seulement le pardon, mais la couronne (4). »

17. S. Augustin, Serm. XLI de Sanctis, qui est sermo quartuê de animabus fidelium defunctorum : a Quiconque, sachant qu'il est engagé dans quelque péché mortel, etc. (comme dans le corps delà réponse). » Voir ce même passage cité plus au long au chapitre du sacrement de Pénitence, question IX, témoignage 15, tome m, page 113.

18. Le même, Lib. L homiliarum^hom, XVI, comme plus haut, du sacrement de pénitence, question IX, témoignage IS, tome m, page 413.

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