‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 45 sur 68 · IV · texte numérisé non relu

IV

excepté les jours de la Pentecôte (<); mais autre chose est d'offrir un présent par nécessité, autre chose de roffrir de son propre mouvement (2). »

91 . Le Concile de Trente, session XXV, Décret sur le choix des alimenis, sur les jeûnes et sur les fêtes : a Le saint concile exhorte de plus et conjure tous les pasteurs, par le très-saint avènement de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, au service duquel ils se sont engagés, de recommander sans relâche à tous les fidèles toutes les choses qu'ordonne la sainte EgUse romaine, mère et maîtresse de toutes les Eglises, et tout ce qui a été ordonné tant dans le présent concile, que dans les conciles antérieurs; et d'apporter toute sorte de soins et dé diligence pour obKger les peuples à s'y conformer en tout, mais particulièrement en ce qui a pour objet de mortifier la chair, comme sont les jeûnes et les abstinences de viande^ ou en ce qui peut contribuer à accroître la piété, comme est la célébration pieuse et convenable des jours de fêtes ; en leur réitérant fréquemment l'avertissement d'obéir à leurs supérieurs ecclésiastiques, puisque ceux qui les écoutent s'attireront par-là les récompenses de Keu lui-même, et que ceux qui les méprisent éprouveront un jour la rigueur de

sa justice. )»

92. S. AuGUOTiN, Tract. LXXIII in Emngelium Joannis : « Ce n'est pas une chose mauvaise par elle-même que de manger de la chair, puisque l'Apôtre dit sur ce sujet, que tout ce que Dieu a créé est bon, et qu'on ne doit rien rejeter de ce qui se mange avec action de grâces (/ Km., IV, 4); mais c'est une chose mauvaise que d'en manger, lorsque cela peut scandaliser quelqu'un, comme dit ailleurs ce même apôtre {Rom., XlV, 20); et à plus forte raison lorsque Dieu^ s'en tient offensé, comme il est arrivé dans le cas des Israélites, qui, rejetant la nourriture que Dieu leur fournissait dans le dé^rt par sa sagesse, en demandèrent une autre que leur appétit déréglé leur faisait déârer avec ardeur, ou du moins murmurèrent de ce qu'ils en manquaient. Mais Dieu, pour nous faire coMiaître que ce n'est pas l'usage que l'homme peut faire de ses créatures, mais sa désobéissance au Créateur et son attachement à ses appétits déréglés, qui le rendent criminel, a permis qu'Adam le soit

(1) C'est-à-dire les cinquante jours qui s'écoulent de Pâques à la

Pentecôte. '

(2) a. QBmre^ choisies de sainl Jéifôme, trad. par CMlombet, t. Il,

pag. 18-19.

VÎ3 lEUNE. * 45S

devenu et se soit donné la mort à lui-même, pour avoir mangé, non pas même de ces mets réputés impurs, tel!( que de la chair de porc, mais un simple fruit, et qu*Esaû ait dô même vendu son droit d'aînesse pour des lentilles (I). »

93. S. ÂMBBOisE, Serm, XXV, comme phis haut sur eetle même question, témoignage 48.

94. S. Chrysostôme, Hom, XII in Epist. I ad Timoiheum, écrivant sur ces paroles du chap. IV, v. 4, Omnis crealura Dei bom esl, etc. : « L'Apôtre établit ici deux vérités : la première, qu'aucun ouvrage de Dieu n'est impur en lui-même; la seconde, que quand il le serait, nous aurions toujours un remède, qui est le signe de la croix, l'action de grâces, la gloire que nous devons en rendre à Dieu, pour qu'aussitôt toute impureté semblable disparaisse. Mais, direz- vous, si cette viande a été immolée à quelque idole, est-ce que nous pouvons la purifier de même? Oui, dois-J6 vous répondre, si vous ignorez qu'elle ait été eflfectivement immolée aux idoles; mais si vous avez été instruit, et que vous en mangiez cependant, vous deviendrez impars, non parce que cette viande aura été immolée aux idoles, mais parce que par-là vous avez communiqué avec les démons, malgré la défense qui vous en est faite. De sorte que si cette viande est impure, ce n'est pas qu'elle le soit en elle-même; mais elle le devient par la disposition de votre propre volonté ou par l'effet de votre désobéissance à la loi. Quoi donc? est-ce que la chair de porc n'est par impure? Nullement, du moment où vous la prenez avec action de grâces, et en faisant dessus le signe de la croix ; et je vous dirai la même chose de toute autre viande. La seule chose impure en cela, c'est la volonté de l'homme qui ne rend pas àf Dieu des actions de grâces (2). »

95. Raban Ma€R, Lib. II de instittHiane clerieomm, c. 2S; ce passage a été rapporté plus haut, question précédente, témoignage 10, page 322.

Question III.

Que nous enseigne l'Ecriture au sujet du jeûne? C'est Di^u même qui crié aux pécheurs par la bouche de Joël : ComerUssez-wnê à moi de toul voire cœur, dan» le jeûne, dans les

(1) Cf. Les TraiÈés de saint Augustin star l'Evangile de saint Jean,

t. m,p. 3>io-Mi.

(2) Cf. s. Jùatmis Chr^sosê. opéra, t. Xi, p. ôH , édit. de Mèntfeucon; pag. (J69 bis , édii. dé 6ttQm«.

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larmes et les gémissements. . . faites retentir la trompette en Sion, ordonnez un jeûne saint, publiez une assemblée solennelle, faites f>enir tout le peuple. D'autres lisent ainsi ce dernier endroit : sanctifiez le jeûne, publiez une guérison solennelle, ou un remède général pour le peuple, afin que nous apprenions de là que le jeune est sanctifié par les autres bonnes œuvres, et qu'ainsi sanctifié, il sert à la guérison des pécheurs ; et cette interprétation est celle de saint Jérôme. Car, comme ce savant Père le prouve par les livres saints, Daniel, cet homme de désirs, obtint par ses jeûnes le don de connaître l'avenir; les Ninivites apaisèrent- par leurs jeûnes la colère de Dieu ; Elle et Moïse, par leurs jeûnes de quarante jours, obtinrent la faveur d'être admis à sa familiarité, et Jésus-Christ lui-même a jeûné dans le désert ce même nombre de jours, pour nous recommandera notre tour cette pratique solennelle; il nous a enseigné de plus que les démons les plus à redouter ne peuvent être vaincus que par la prière et par le jeûne. Saint Paul nous déclare de son côté qu'il a jeûné souvent, et le Psalmiste pénitent avait dit avant cet apôtre : Je mangeais la cendre comme le pain, et je mêlais mes larmes avec ce que je buvais. Et encore : Lorsqu'ih m'accablaient, je me revêtais d'un cilice; j'humiliais mon âme par le jeûne. Enfin, quoi de plus propre à nous convaincre de la nécessité du jeûne que cette parole de Notre-Seigneur à ses disciples, que lorsque l'époux, c'est-à-dire lui-même, objet de leur tendre attachement, leur aura été enlevé, alors ils jeûneront, et cela, même après que le Saint-Esprit leur aura été envoyé? C'est pourquoi saint Paul exhorte tous les fidèles en ces termes : Agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu, rendotisnous recommandàbles par une grande patience dans les maux, dans les nécessités présentes, dans les extrêmes afflictions, dans les plaies, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes j etc. Et ailleurs le même apôtre dit encore : Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crudflé leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés (III) .

Quid de J^unio sacra Scriptura traditf DiTina ?ox est, qu« per Joelem ad peecatores clamât : Convertimini ad me in toto corde vestro, injejunio, ffêtu, et pianctu, Nec mult6 post : Canite tuba in Sion, ii^piit, sancUfcate J^wUum, vocate cœ*tum, congregate pofiulum, vel sicat alii

legant , sanctificatej^unium, prœdicate curationem. Ut hinc discamas , jejanioin -sanetificari eaeteris bonis operllws, et sill^ tificatum carationi proficere peccatoram, ntHieronimns Interpretatur. Non, Qt idem è sacris literis coUigit, per lejania Daniel vir desideriornm fiitara cegnoTît : et Ninivit» iram placaverunt M ; et Elias ac

TÉMOIGNAGES DE l'ÉGRITURE.

4. Juges j XX, 2&-28 : a Le lendemain, les enfants d'Israël s'étant présentés encore pour combattre les enfants de Benjamin, •— ceux de Benjamin sortirent avec impétuosité des portes de Gabaa, et les ayant rencontrés, ils en firent un si grand carnage, qu'ils tuèrent sur la place dix-huit mille hommes de guerre. — Après cela, tous les enfants d'Israël vinrent en la maison de Dieu, et, assi?, ils pleuraient devant le Seigneur. Ils jeûnèrent ce jour-là jusqu'au soir, et offrirent au Seigneur des holocaustes et des hosties pacifiques; — et ils le consultèrent touchant Tétat où ils se trouvaient. En ce temps-là; l'arche de l'alliance du Seigneur était en ce Heu; — et Phinées, fils d'Eléazar , fils d'Âaron , tenait le premier rang dans la maison du Seigneur. Us consultèrent donc le Seigneur, et lui dirent : Devons-nous donc encore combattre nos frères, les enfants de Benjamin, ou demeurer en paix? Le Seigneur leur dit : Marchez contre eux, car demain je les livrerai entre vos mains. »

2. IRois, VII, 5f-6, 10-H, 15 : « Samuel leur dit : Assemblez tout Israël à Masphatb, afin que je prie le Seigneur pour vous. — Et ils s'assemblèrent à Masphatb , ils puisèrent de l'eau qu'ils répandirent devant le Seigneur; et ils jeûnèrent ce jour- là, et dirent : Nous avons péché devant le Seigneur. Or, Samuel jugea les enfants d'Israël à Masphatb. — Lorsque Samuel offrait son holocauste, les Philistins commencèrent le combat contre Israël ; mais en même temps le Seigneur tonna avec un bruit épouvantable sur les Philistins, et les frappa de terreur; ainsi ils furent défaits par Israël. — Les Israélites étant sortis de Masphatb poursuivirent les Philistins et les taillèrent en pièces , jusqu'au lieu qui est au-dessous de Betchar. — Les Philistins furent alors humiliéâ, et n'osèrent plus venir sur les terres d'Israël; car la

Moses qoadraginta diernm esarle, Dei familiaritate saturati sont, et ipse Dominos totidem diebos in solitodine Jejonavit , ol nobis solemnes jejunioram dies relinqoefot : et acriora daemonia docoit non nisi oratione et jejoniis posse soperari : et Apostolos freqoenter se jejunasse dicit : et in Psahnis pœnitens loqoitur : Manducaàam sicut cinerem panem meum, et potum meum cum fletu miacebam, £t : Cùm mihi ^olesU essent , induebar cilicio , humitiabam injejunio animatn meam. Demom

qoid eo manifestios , quàm qo6d Christos affirmât fore, ot ciim ipse sponsos discipolis sois maxime dilectos ablatos sit, toncillos licët Spiritus sancti plenos, jejnnalaros esse ? itaqoe Paolos fidèles omnes bortator : Exhibeamuênosmeiipsos, sicut Dei ministres, in muita patientia, in tribulationibus, in Aecessitatibus , in angustiis, in plaffis, in caneribus, in seditionibus, in iaboribus, in vigiliis, in castitate,.. Qui enim sunt Christi , carnem suam cruciftxertiut vitiis, et concupiscentHs.

main du Seigneur pesa sur les Philistins tant que Samuel gouverna son peuple. »

$. fbid., XXiJ, li-i3 t (1 Lorsque 1^ iiiabitapts de Jabès de Qdlaad eurent appris le tr^itemeol qi^ les Philistins avaient fait à l^ul, — les plus yaiUai^)^ d*enitre euijL soflirent» loarchèreoit toute If^ OD.it, et ayant enlevé le /eorps ie Sa<U et ceux de ses enfants qui étaient élepdi^ p^r U miiraiile de Bethsan, ils revinrent à Jabès ^ Qala^d, Qix ils les brûlèrent. — Ijs prirent leurs os, les ensevelirent d^QS le boiis de |/ibiès, et jeûnèrent pendant sept jours. »

A. ffBûii, fs il-12 : « Àlo^s David prit ses vêtements et les 4éc)iijra> et toms ceuK qui étaient avec lui firent de même. — Us $'aban4oi)nèrei4 au deuil et nui: larmes» et jeûnèrent jusqu'au soir ^ cause de Saûl et de Joqathas, son fils, et du peuple du Seigneur et de la maison dlsraêl doitf un si grand nombre avait été p^a^é au fil de Tépée. »

5. JHd'. IlL 31-52, 35 : <c Alors David dit à Joab et à tout |e peuple qui était avec lui : Déchirez vos vêtements, couvrezvous de sacs et pleurez aux funérailles d'Âbner. %X le roi David fnarchait après îe cercueil. — Après qu'Abner eut été enseveli à )Iébrpn, le roi David éleva sa voix et pleura sur son tpmbeau; tout le peuple pleura auçsi avec lui. — Et tous étant prévenus pour manger avec David, lorsqu'il était encore grand jour, D^vid jura et dit : Que DLeif me traite avec toute sa sévérité, si j^ prends une bouchée de pain, ou quoi que ce sqit, avant le coucher du soleil. )>

6. fbid^s XII, 15-17, 21-23 ; k Nathan retourna ensuite à sa liaison. Lp Seigneur frappa Tenfant que la femme d'Urie avait eu df5 David, et on désespéra de ses jours. — David pria le Seigneur ppur l'enfapt; il jeûna, et s*étan( retiré ^ part, il se couolia sur la ]j^rre. — Ivespriqcipsfux officiers dosa maison vinrent le conjurer de se lev^r 9 ii^^i^ il refusa ci ^e v«tulut point manger avec eux... T- à1qj:s ses officiers lui dirent : D'où vient cette conduite? vous î&imm et YPus pleuriez pour Tenlant, lorsqu'il vivait enoore; et après qu'il est mort, vous vous êtes levé et vous avez mangé. — David leur répondit : J'ai jeûfxé et j'ai pleuré pour l'enfant tant qu'il a vécu, parce que je disais : Qui sait si le Seigneur no me le donnera point, et s'il ne lui sauvera point la vie? — Mais nxaintçinant qi^'il est mort, pourqupi jeûnerais-je? Est-ce que je puis encore le feire revivre? C'est moi plutôt qui irai à lui, et il ne reviendra jamais à moi. »

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