‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 54 sur 68 · Ibid., XVI, 25 : « Au milieu def la nuit, Paul, et aias · texte numérisé non relu

Ibid., XVI, 25 : « Au milieu def la nuit, Paul, et aias

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s'étanl mis en prière, chantaient des hymnes en Thonneur de Dieu; et les prisonniers les entendaient. »

TEMOIGNAGES DE LA TRADITION

§ l**. — Nature et avantages de la Prière.

1 . S. Jean Damasgène, Lib. III orthodoxœ fidei, c. 24 : « La prière est une élévalion de l'àme vers Dieu, ou la demande faite à Dieu de choses qu'il convient de lui demander. »

2. S. AUGUSTIN, Lib. II de sermone Domini in monte, c. 7 : « Nous répondons premièrement, que ce qui nous fera obtenir de Dieu ce que nous désirons, ce ne sont pas nos pçiroles, mais les dispositions de notre cœur, telles que notre amour pour lui, la pureté et la simplicité de notre intention. Mais ces dispositions mêmes, Jésus-Christ nous a appris à les lui exprimer par des paroles qui, confiées à notre mémoire, puissent nous revenir à la pensée au moment de la prière. . .

» Dans la prière donc, notre cœur se tourne vers celui qui est toujours prêt à nous donner ce que nous lui demandons, si nous sommes nous-mêmes aptes à le recevoir. »

3. Le même, Serm. CCXXX de tempore (1) : a La prière est ce qui, dans le jeûne en. particulier, répare les forces de Tâme, en attirant en nous les grâces de TEsprit-Saint. La prière amollit la dureté du cœur, tempère l'austérité, adoucit le jeûne. Car, de même qu'un repas est défectueux lorsqu'on n'y trouve pas de quoi étancher sa soif, ainsi le jeûne sans la prière ne peut nourrir Tàme suffisamment. Mais qu'est-ce que la prière, que l'acte par lequel Tàme s'élève des choses de la terre à celles du ciel , que la demande qu'elle fait du secours d'en haut, que le désir qu'elle forme des biens invisibles? Loin de Tàme qui prie l'embarras des choses de ce monde , dont le soin trop assidu étoufferait en elle ces sentiments élevés. La prière nous unjt à rÇsprit-Saint, pourvu toutefois qu'elle soit fervente, ainsi que le Prophète dit i Dieu : Mon âme brûle d'une soif ardente pour vous; et en combien^ àe manières ma chair se sent-elle aussi pressée de cette ardeur (A. LXII, 2)! Mais de quelle soif notre âme doit-elle ^brûler? C'est ce que le même Prophète se hâte d'expliquer en ces termes : ^^ Ut vid^em virtutem tuam, pour contempler votre puissance. » Croyez-moi : Si l'âme brûle véritablement de la soif de con-

(1) Ce sermon n'est pas de saint Augustin. V. Nat. Albx.^ Hist. eecL, ^ V, p. 110, édii. de Venise.

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templer pleinement la puissance de Dieu , et qu'elle ne se ralentisse pas dans son ardeur, elle sera remplie et comme rassasiée et engraissée des consolations que Dieu lui enverra ; et brûlant du désir de recevoir cette visite de Dieu, elle s'écriera avec foi : Mon âme s'est attachée à vous suivre, et votre droite m'a soutenu {Ps. LXll, 7). Le jeune rend l'àme alerte, et lève les obstacles que la chair oppose à son essor. Mais de plus, la prière, quand elle est persévérante, nous unit à Dieu, et nous procure l'honneur d'entrer dans sa familiarité. Mon âme, en s'attachant au Seigneur, recouvre peu à peu la sécurité, devient de plus en plus libre , au lieu d'être comme auparavant dominée par la crainte. Quand l'âme est une fois sous le patronage du Tout-Puissant, quelle puissance aurait-elle à craindre? Ce que l'Evangile nous promet, que personne ne ravira les brebis d'entre les mains du bon pasteur (Joan., X, 28), c'est ce que nous procurent conjointement le jeûne et la prière. »

4. S. Basile-le-Grand, Hom. in martyr em Jutittam, quœ est quinta inter homilias variorum argumentorum : « La prière est une demande que les fidèles font à Dieu pour obtenir de lui quelque bien. Cette demande n'est nullement attachée à des paroles particulières , car nous n'avons point besoin du secours de la voix pour nous faire entendre â Dieu ; il connaît assez les choses dont nous avons besoin, sans que nous les lui demandions. Les paroles ne font donc point l'essence de la prière : elle consiste plutôt dans les opérations de l'âme qui prie, et dans les bonnes œuvres qui se font durant toute la vie par des motife de vertu, selon cette maxime de saint Paul : Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites Umt pour la gloire de Dieu (J Cor., X, 31).

)) Priez lorsque vous vous mettez à table : rendez grâces à celui qui vous donne le pain dont vous vous nourrissez; en buvant du vin pour reprendre de nouvelles forces, souvenez-vous de votre bienfaiteur qui vous a donné un si bon remède contre la tristesse et contre les infirmités. Quand vous êtes rassasié, n'oubliez pas celui qui vous a donné de quoi apaiser votre Mm. En'vou? habillant, remerciez Dieu qui vous donne des habits; en prenant votre manger, excitez-vous à aimer toujours davantage un Dieu qui vous donne si libéralement toutes Tes choses nécessaires à la conservation de votre vie dans toutes les saisons de l'année. Â la fin du jour, remerciez Dieu de la bonté qu'il a eue de faire luire son soleil pour vous éclairer dans toutes vos

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actions, sans que vous l'ayez mérité, et de vous donner le feu pour vous éclairer pendant la nuit , et pour une infinité d'autres usages. La nuit pourra aussi vous fournir plusieurs motils de prières : quand vous jetterez les yeux sur cette multitude infinie d'étoiles qui brillent dans le ciel, prosternez-vous devant Dieu qui est l'auteur de tous ces ouvrages si admirables ; adorez celui qui a fait ces merveilles avec tant de sagesse.

» Quand vous verrez tous les animaux ensevelis dans le sommeil, remerciez Dieu qui nous soulage sans que nous y pensions, qui nous fait prendre de nouvelles forces dans le sein du repos, où nous nous délassons de tous nos travaux . Il ne faut pas employer toute la nuit à dormir, si vous ne voulez perdre la moitié de votre vie , en vous abandonnant au sommeil qui nous rend comme stupides et insensibles. Il faut que le sommeil et la prière partagent la nuit, et que vous tiriez du sommeil même des sujets de méditation. Les soins et les occupations qui nous ont agités pendant le jour, réveillent notre imagination pendant la nuit, et nous font naître des pensées; nous croyons quelquefois entendre un petit bruit ou des sons agréables; les songes ont beaucoup de rapport avec les affaires qui nous ont occupés pendant le jour.

» Il n'est pas nécessaire de proférer des paroles pour prier toujours ; pourvu que vous conformiez votre vie à la volonté de Dieu, toute votre vie sera une prière continuelle (1). »

K. S. Chrysostôme, Hom. XXX in Genesim : u La prière est une arme puissante, une source abondante de sécurité, un ricbe trésor, un port et un asile assurés, pourvu que nous nous présentions à Dieu avec un cœur pur, un esprit recueilli , et sans donner aucune prise sur nous à l'ennemi de notre âme...

» La prière est un grand bien pour notre âme. Car s'il y a déjà tant d'avantages à converser avec un homme vertueux, combien ne devra-t-il pas y en avoir à pouvoir le faire avec Dieu? car la prière est un entretien avec lui. Et pour vous en convaincre , écoutez ces paroles du Prophète : Que mes paroles ^(>ient agréables à Dieu (ft. CIII, 34), c'est-à-dire : que* mon entretien avec Dieu puisse lui plaire. Ne pourrait-il pas nous donner ce qui nous convient avant que nous ne lui en fissions la demande? Sans doute, mais il préfère attendre, pour que nous

(i) Cf. s. Basilii opéra, t. Il, p. 3K-56, édit. de D. Garnier; Sermons de saint Basile, p. 187-189, Paris, 1701.

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