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avec plus d'humilité et de ferveur. Je oe sais même comment ii se fait que, tandis que ces mouvements corporels ne peuveat avoir lieu qu'à la suite de quelques mouvements de Fàme , ib ajoutent cependant à ceux-ci une nouvelle intensité, en sorte qu'après leur avoir donné naissance, ils en reçoivent eux-mêmes leur aliment, toutefois, si quelqu'un se trouve empêché, soit par quelque force extérieure , soit autrement , de plier ses membres à ces démonstrations sensibles de sa piété et de sa religioa, l'homme intérieur n'en prie pas moins en lui , et Dieu , témoin secret de ses sentiments de componction, le voit prosterné devant ses yeux , alors même qu'une infirmité le retient couché dans son lit. )}
18. S. JÉRÔME, Dial. advenus Lmiferianos : « Une foi ferme en Dieu se trouve difficilemenr. Voici un exemple qui va éclaircir la chose : j'assiste à une prière; je ne prierais pas, si je n'avais pas la foi ; mais d'un autre côté, si ma foi était véritable, je purifierais ce cœur par lequel je vois Dieu, je me frapperais la poitrine, j'arroserais mes joues de mes larmes, je me roulerais dans la cendre, je paraîtrais avec un visage pâle et défait, je me jetterais aux pieds de mon Dieu, et je les baignerais de mes pleurs, je les essuierais avec mes cheveux., je me tiendrais attaché au bois de la croix, et je ne consentirais à m'en séparer, qu'après avoir obtenu miséricorde. Au lieu de tout cela, il m'arrive souvent, au milieu de mes prières, de me promener sous une galerie , ou de calculer des intérêts , ou de rouler dans mon esprit des pensées d'objets que je ne puis pas même nommer sans rougir. Où est ma foi? Est-ce ainsi, pensez-vous, que priait Jonas? Est-ce ainsi que priaient les trois enfants? Estce ainsi que priait Daniel au milieu des lions? Est-ce ainsi du moins que priait le larron en croix ? »
19. Le même, in Vitd S. Paidi Eremilœ : « Antoine étant entré dans la grotte, aperçut son corps (de Paul) inanimé dans l'attitude dun homme agenouillé, la tête haute, les mains tendues et élevées vers le ciel. Le croyant toujours en vie, il se mit en prières à côté du cadavre. Mais comme il ne lui entendait pousser, suivant sa coutume, aucun soupir, il se jeta tout éploré sur son corps qu'il couvrit de ses baisers, et vit bien que même à l'état de mort, le saint, par la posture au moins que son corps conservait, continuait de prier Dieu, pour qui tout est vivant. »
20. Le même, Lib. de viris iUustribus, sive Catalog. sar^Uh rum ecdesiasticorum, de Jacobo fratre Damini : a Hégésippe, qui
DE LA PMftlIB. ^ 483
était voisin des temps apostoliques , dit en parlant de Jacques dans le cinquième livre de ses commentaires : « Après le départ » ou la mort des apôtres , TEglise de Jérusalem fut gouvernée » par Jacques, fr^e du Seigneur et surnommé le Juste , pour » qu'on pût le distinguer des autres de ce nom. Il avait été » sanctifié dès le sein de sa mère ; il ne buvait ni vin ni boisson » capable d'enivrer; il ne^ mangea jamais de viande, ne se rasa T» jamais la barbe, ne se parfuma jamais, et ne fréquenta jamais » de bains. Il jouissait seul du privilège d'entrer dans le Saint » des saints. Ses vêtements n'étaient pas de laine, mais de lih; » il entrait seul dans le temple , et là , les genoux en terre , il » priait pour le peuple, si bien que ses genoux avaient con- » tracté la dureté de ceux des chameaux . »
24 . S. Jean Damasgène, Lib. IV d^'orthodoxâ fide, c. 13 : « Ce n'est pas sans dessein ou comme au hasard que nous prions tournés vers l'orient, mais c'est parce que, composés de deux natures, l'une visible et l'autre invisible. Tune spirituelle et l'autre corporelle, nous avons un double hommage à rendre à notre créateur, et que nos cantiques de louanges doivent être tout à la fois médités dans notre esprit et articulés par nos lèvres. Le baptême que nous recevons, nous le recevons dans l'eau et en même temps dans TEsprit-Saint, et notre union avec Dieu est tout ensemble l'effet des mystères auxquels nous participons, et de la grâce que l'Esprit-Saint nous communique. Gomme donc Dieu est la lumière de nos esprits et le soleil de justice , et que Jésus-Christ est appelé Orient dans les saintes Ecritures (Zach., III, 8; Malach., IV, 2; Luc, 1, 78), l'orient est le point du ciel vers lequel nous devons nous tourner de préférence pour l'adorer. Car il est dans l'ordre que nous offrions tout ce qu'il y a de plus parfoit à celui qui nous prodigue ses biens avec tant de libéralité. David, inspiré de Dieu^ dit de même : Royaumes de la terre, chantez les louanges de Dieu; faites retentir des cantiques à la gloire du Seigneur; chantez en Fhonneur de Dieu, qui est monté au-dessus de tous les deux vers F orient {Ps. LXVII, 33-34). Et l'Ecriture, après avoir dit : Le Seigneur planta du côté de F orient (1) un jardin dans Eden où il plaça Fhomme qu'il avait créé, ajoute qu'il l'en expulsa après son péché, et le condamna à passer le reste de ses jours du côté opposé à ce jardin , et par conséquent à l'occident. Lors
(1) L'expression hébraïque signifie indifTéremment à principio, comme Ta traduite la Vulgate, ou ad Orient^n, comme Tont entendue les Septante. ,
têh M LA PMÊBC.
d<Hic que noo8 adorons Dieu, montrons par notre pesUire qae nous soupirons vers notre aneienne patrie. Le tabernacle que Moïse fit construire «vait son voile étendu vers l'orient ; le propitiatoire était aussi de œ côté ; et la tribu de Juda, comme de toutes la plus illustre^ se campait de même à l'orient des autres, et le fameux temple de Salomon avait sa porte tournée vers l'orient. Jésus-Ghrist^en croix avait le visage tourné vers l'occident; et par conséquent, lorsque nous l'adorons tournés nousmêmes à l'orient , c'est vers lui que nous dirigeons nos souiurs. Lorsqu'il s'éleva au ciel, il dirigea son vol vers l'orient, et ses apMres l'adorèrent dans la même direction. Et il reviendra sur la terre de la même maniée qu'on l'a vu monter au ciel , ainsi que losanges l'ont déclaré aux apôtres, et comme il s'en est expliqué lui-même : De même qu'un édair part de Vorieni et pamient jmqu'à l'oeeUent, ainsi en serort-U de fa/oènemeni du Fils de l,hùmfne. C'est dans cette attente que nous l'adorons tournés vers l'orient II est vrai que cette tradition qui nous vient des apôtres n'a pas été écrite ; mais il est tant d'auti^s choses que les apôtres nous ont laissées sans éerii ! n
% Z. De certaines heures propres à la prière.
92. S. Augustin, Lib. de hœresihus ad Quoivultdeum, hœr. S7: c( La dernière hérésie mentionnée par Epipbane esi eelle des psalliens, mot dérivé du syriaque. Les Grecs les appellent euchites, «Ox'^raci, du verbe qui dans leur langue signifie prier. Car telle est leur constance à prier, que ceux à qui on en parle et qui ne l'ont pas vu ne sauraient le croire. Gomme notre Seigneur a dit : // faut toti^oitrs prier, et ne jamais se lasser de k faire (Luc, XVIII, 1), et que l'Âpôtre a dit de même : Priez sm relâche {[ Thess., F, 17), paroles qui s'entendent très-bien en ce sens, qu'il ne faut laisser passer aucun jour sans donner du temps à la prière, ces hommes ont la simplicité de les prendre trop au pied de la lettre, et c'est pour cela qu'on doit les compter parmi les hérétiques. »
23. Le vénérable Btes, in capxU XVIII Luem : « /{ leur éU aussi cette parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne pas se lasser de le faire. L'Apôtre a dit aussi : Soyez tm^ovfs dam h joie; priez sans cesse. Mais qui peut ainsi toujours prier, et ne mettre aucune interruption dans ses prières, sans prendre seulement le ten^ps de manger et de dormir? Ou bien donc il foiit dire que celui-là prie toujours et sans relâche, qui ne manque avcun
JGQT à louer el à prier Dieu en récHant des psaumes et dtes prières aux heures marquées d'après l'usage de TEglise fondé sur la tradition, et que c'est ainsi qu'il fout entendre ces paroles du Psalmiste : Je bénirai le Seigneur en tatU temps, el sa Umange sera Umymrs àam ma honche [Ps. XXXIII, 2); ou bien, que tout ce que le juste feit et (Kt en vue de Dieu renferme une prière. Car comme un juste ne cesse jamais de faire ce qui est juste, il priera par-là même sans interruption , et il ne pourra cesser de prier sans cesser en même temps d'être juste. ))
2A. S. ANSELME, archevêque de Gantorbery, in caput Vprieris Episiolœ ad The^salonicenses : « Priez sans cesse, c'est-à-dire, nie laissez passer aucun jour sans prier aux heures marquées. Au reste , un désir continuel des grâces de Dieu est une prière con« tinuelle. Car est-ce que nous pouvons sans cesse fléchir les genoux , nous prosterner en terre, élever les mains vers le ciel , pour qu'on pwsse dire de nous que nous prions sans cesse? Mais que celui qui veut mettre de l'interruption dans ses prières, n'en mette pas du moins dans les désirs de son cœur. Ainsi priait Moïse, à qui Dieu dit ces paroles dans un moment où il n'en prononçait aucune lui-même : Pmrqtwi criez-vous vers moi' (Exod., XIV s 4 S)? C'est qu'il priait dans son cœur, quoique de bauche il gardât le silence. Ainsi un désir continuel, un amour de Dieu persévérant est dans les saints une prière continuelle. »
25. S. Clément pape et martyr (ou pour mieux dire, l'auteur ineonnu des Consiiluiwns apostoliques, L VIII s c. &0) : k Faites vos prières le matin au point du jour, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, au soir et au chant du coq. Le matin, vous remercierez Dieu de ce qu'il vous aura rendu la lumière du jour en chassant les ténèbres ; à la troisième heure , vous le remercierez de ce qu'il a à cette même heure accepté la sentence de Pilate; à la sixième, de ce que c'est à cette autre heure qu'il a été mis en croix ; à la neuvième, de ce que tout s'est ébranlé à la mort du Sauveur , par horreur pour le crime des Juifs et pour l'ignominie qu'ils lui faisaient subir; au soir, de ce qu'il nous a accordé la nuit pour nous délasser des travaux du jour ; au chant dû coq, parce que ce moment est celui où le jour annonce son approche pour la reprise des travaux qu'on peut appeler des œuvres de lumière. )>
26. Tertullien, Apologétique, c. 2 : « Pline-le-Jeune, gouverneur de Bithynie, après avoir condamné à mort plusieurs chréliens et en avoir dépouilléjd autres de leurs emplois, effrayé
486 DB LA PRliU.
oependant de leur muMlude , sollicita de l'empereur Trajan des instructions pour Tavenir. Il expose dans sa lettre que tout ce qu'il a découvert sur les myjstères des chrétiens, outre leur entêtement à ne pas sacrifier, se borne à ceci : qu'ils s'assemblent avant le jour pour chanter des hymnes en l'honneur du Christ leur Dieu et entretenir parmi eux une exacte discipline; qu'ils défendent l'homicide, la fraude, l'adultère, la trahison , et généralement tous les crimes. Trajan répondit qu'il ne fallait pas les rechercher , mais les punir quand ils seraient dénoncés. (4). »
27. S. Gypribn, de VOraison dominicale {^) : « Quand faut-il prier? Daniel et les trois jeunes hommes de la fournaise , généreux athlètes dont la foi triompha jusque dans la captivité, observaient pour cet exercice la troisième, la sixième et la neuvième heure, emblème de l'auguste Trinité qui devait se manifester vers la fin des temps. Entre chacune de ces heures se place un intervalle de trois autres. Chacun de ces intervalles marque à lui seul la Trinité. L'ensemble de ces trois heures, répétées chacune trois fois, achève et complète le symbole. Ainsi les adorateurs du vrai Dieu distinguaient autrefois les temps pour les consacrer à la prière. Les événements ont prouvé depuis, que ce n'était pas sans quelque dessein mystérieux que les anciens justes les avaient choisies pour prier. C'est à la troisième heure que l'Esprit-Saint descendit sur les disciples pour mettre le dernier sceau aux promesses de Rédempteur^ C'est ù la sixième heure que Pierre, qui tout-à-l'heure balançait à baptiser les gentils, monta sur la partie supérieure de l'édifice où il se trouvait, et reçut d'en-haut un signe miraculeux avec l'avertissement divin d'admettre indistinctement tous les hommes à la grâce du salut. C'est à la sixième heure que Jésus-Christ fut crucifiée Jusqu'à la neuvième heure, il lava nos fautes dans son sang, paya la rançon de l'esclave , rendit à l'immortalité celui qui était mort , et consomma son triomphe dans les bras de la croix.
» Pour nous , chrétiens , les heunes de l'oraison se sont multipliées iavec les mystères. Outre celles de l'antiquité, nous avons à sanctifier des heures particulières. Nous devons prier le matin pour célébrer la mémoire de la résurrection de notre Sauveur.
(1) Cf. Les Pèms de VEglise, trad. par M. de Genoiide, t. VII, pag. 5,
(2) Cf. Ibidem, t. V bis, p. 420-ft2i. Le véritable auteur de ce livre est Rufin d'Aquilée.
DB LA PRiiRB. 487
L'Espri^Saint nous imposait d'avance cette obligation , quand il s'écriait par la bouche du Psalmiste (P«. Y, V) : iVon THm et mon roi, je m'adresserai à wms; vous m'exaucerez dès le matin; dès le matin je répandrai mon dme en votre présence, et je vous contemplerai dans vos œuvres. Ils penseront à moi dès le matin, dit le prophète Osée (YI, 1) , et ils s'écrieront : Marchons, et revenons au Seigneur notre Dieu. .
» Le chrétien prie encore quand le soleil se retire. Car, puisque Jésus-Christ est le vrai jour et le vrai soleil, lui demander, au déclin de la lumière , d'allumer son flambeau sur nos tètes , c'est lui demander que son règne arrive, et qu'il fasse briller sur uoiis l'aurore de sa lumière éternelle. »
28. S. Athanase, Lib. de virginitate sive de meditatione : (c Méditez les saintes Ecritures , ayez un psautier , et apprenez les psaumes par cœur. Que le soleil à son lever vous trouve avec ce livre entre les mains. La troisième heure venue, vous vous rendrez à la syna\e , parce que c'est à cette heure-là qu'a été planté l'arbre de la croix. Â la sixième heure, vous achèverez vos prières, que vous accompagnerez de psaumes, de larmes et de prostrations, parce que c'est à pareille heure que le Fils de Dieu a été suspendu sur la croix. A la neuvième heure, vous chanterez encore des hymnes et des cantiques à la gloire de Dieu, et vous confesserez vos péchés avec larmes pour attirer sur vous la miséricorde de Dieu, parce que c'est à cette heure-là que Jésus en croix a rendu son dernier soupir (1). »
29. S. Basile, Serm. 1 de institntione monachorum, ou Traité spirituel pour la conduite des solitaires : « Il n'y a point de temps dans la vie qui ne doive être destiné à la prière; mais comme il est besoin quelquefois de faire des pauses dans cette application de l'esprit et du corps à la psalmodie et au pénible exercice des génuflexions, il est bon d'obsorver les heures que les saints nous ont indiquées pour la prière. Car voici ce qu'a dit là-dessus le grand roi David : Je me kvais au milieu de la nuit pour vous louer de la souveraine équité de vos ordonnances {Ps, CXVIII^ 62). C'est ainsi que saint Paul et Silas, qui ont suivi son exemple , ont été trouvés à minuit appliqués à la prière dans la prison. Le même prophète dit encore : Le soir, le matin, à midi, je méditerai^ et je prierai avec empressement {Ps. LIV, 19). Nous lisons aussi dans les Actes des Apôtres, que le Saint-Esprit descendit sur ces derniers
(I) Cf. s. Athandsii opéra, t. III, p. 116-117.
488 M iii piuiRi.
vers la troinème heure du jour, et que , oomme les pharnùens avaient l*insolenoe de se railler de ce qu'ils entendaient les disciples parler devant eux diverses langues, saint Pierre leur déclara qu'tb n'étaierU paitU ivres, puitqu^on n'en éêait encore qu*à la trmième heure du jour {Act,, II ^ 15).
» L'heure de none est un mémorial de la passûon que le divin Sauveur a soufferte pour nous donner la vie.
» Mais', oomme David a dit : Sept fois le jour, je reiU vos louanges; je rends hommage à l'équité de vos jugements {Ps. CXVIIIs 16&), et que ces temps destinés à la prière dont nous venons de parler ne montent pas jusqu'au nombre de sept, il faut diviser en deux parties la prière du milieu du jour, en sorte que nous la fassions moitié avant le repas, et moitié en sortant de table, pour remplir tous les jours ce mystérieux nombre de sept dans le tribut de louanges que nous devons à Dieu (1). »
30. Le même, in Regulis fusius disputatis, intorrog. 37 : tt Quoique la loi de Dieu nous oblige de le remercier en tout temps, et que nous ayons montré que l'action de grâces est nécessaire pour vivre selon la nature et la raison, il^ne faut pourtant pas négliger l'usage qui se pratique dans nos communautés religieuses de prier dans des temps réglés que nous avons choisis nous-mêmes, afin que chacun de nous se rappelle la mémoire des bienfaits qu'il a reçus de Dieu.
)i Nous le prions le matin, pour offrir et consacrer à Dieu les premiers mouvements de notre âme et de notre esprit, et ne nous occuper de rien autre chose avant de nous être délectés de la pensée de Dieu , conformément à ce qui est écrit : Je me suis sotwenu de Dieu, et fai été dans la joie {Ps. LXXYI, k); sans nous permettre aucun travail corporel, que nous ne nous soyons auparavant acquittés de ce que dit le Psalmiste : Seigneur, je vous adresserai ma prière : vous exaucere:» ma voix dès le inatin; dès le matin je me présenterai devant vous {Ps. III, 5) .
» Ensuite nous avons coutume de nous lever pour prier Dieu à l'heure de tierce , et alors toute la communauté s'assemble, quoique les frères soient disséminés en plusieurs lieux, et séparés les uns des autres par la diversité de leurs emplois ; et cherchant à retracer dans notre mémoire le souvenir des dons adorables de l'Esprit-Saint que reçurent les apôtres à la troisième heure du
(1 ) Cf. Les .ascétiques, ou Traités spirituels de saint Basile-le-Grané, trad. par Godeiroy Hermant, p. fi8-49.
Dl U PRIÉRl. U%
jiMir, nous nous réviOMSûDs tous par Tadoration que bous rendons
à Dieu dans l'uni té d'un même esprit, pour nous rendre dignes
d'avoir part aussi bien qu'eux i la grâce de la sanctification de
nos âmes, et pour lui demander qu'il ait la bonté de vouloir bien
se charger de notre conduite, et de nous enseigner ce qui est
plus avantageux pour notre salut, à l'exemple de David, qui a
dit : Mon Dieu, criez en moi tm ce^ur ptir, et renouvelez l'esprit de
justice dans mes entraiUes. Ne me rejetez pas de devant votre face,
et ne retirez pas de moi votre Esprit-Saint. Rendez-moi la joie de
voire assistance stUntaire, et fortifiez-moi par votre esprit souverain
{Ps. L, 11-13). Et ailleurs : Votre esprit souverainement bon me
guidera dans les routes de la droiture {Ps. CXUI, 11). Après quoi,
il faut aussitôt se remettre au travail. Que s'il y a des frères
absents, ou à cause de la nature de leur travail , ou à cause de la
distance des lieux , et qu'ils n'aient pu rejoindre le reste de la
communauté, ils doivent, en quelque lieu qu'ils se trouvent,
s'acquitter chacun en leur particulier des prières que tous les
autres font en commun , sans pouvoir s'en dispenser sous aucun
prétexte , Dieu ayant dit dans l'Evangile , qu'm quelque lieu que
deux ou trois personnes soierU assemblées en son nom, il se trouve
au milieu d'elles (Matth., XVIII, 20).
» Nous avons aussi jugé à propos d'imiter l'exemple des saints qui ont cru qu'il fallait prier à la sixième heure du jour , et qui ont dit : Le soir, le matin et à midi, je méditerai, et je le prierai avec empresseifient, et il écoulera ma voix {Ps. LIV, 19). Et c'est en ce moment-là que nous récitons le psaume XC de David, afin que Dieu nous garantisse de toute chute, et des pièges du démon du midi.
» Nous avons appris par la lecture des Actes que les apôtres ont jugé l'heure de none avantageuse pour la prière , puisque nous y lisons que Pierre et Jean montaient au temple pour assister à la prière qui se faisait à la neuvième heure (Act., lll, 1 ).
» Quand la journée est finie, il faut rendre grâces à Dieu pour les bienfaits que nous avons reçus de lui ce jour-là, ou pour le bien même que nous avons pu y faire ; et s'il nous est arrivé de manquer en quelque chose, soit de notre consentement, soit malgré nous, soit même à notre insu, ou en paroles, ou en actions, ou dans le secret de nos pensées, en faire à Dieu la confession et le prier de nous le pardonner. Car la discussion et l'examen des péchés qu'on a commis est un excellent moyen pour n'en plus commettre. Et c'est ce qui a fait dire à David :
490 M LA PRliltl.
Etendus mr ws Ui$j otwrez vos emwrs à la réfteûsim et au repmtir Jkms le silence {Ps. lY, S).
» Enfin, lorsque la nuit commence à répandre ses ténèbres, nous demandons encore à Dieu que le repos que nous allons prendre soit exempt de tentations et de chutes, et que notre esprit pendant ce temps ne soit le jouet d'aucune vaine imagination ; et c'est pour cela que nous répétons alors le psaume XC. Nous apprenons aussi de l'exemple de saint Paul et de Silas que le minuit est une heure obligatoire pour la prière; car nous lisons dans les Actes des Apôtres, que vers minuit Pa^ et SUas Citant mis en prières charUaient des hymnes à la gloire de Dieu {Àet,, XVL 2K). C'est aussi ce que le Psalroiste nous rapporte de lui-même : Je me levais au milieu de la nuit pour vous bénir j pour rendre hommage auw arrêts de votre justice {Ps. CXVIH, 62).
» Après cela il faut devancer le point du jour, et se lever promptement pour la prière, de peur que le jour ne nous retrouve endormis, et ne nous surprenne dans le lit; et c'est ce qui a fait dire encore au Prophète : Mes yeux ont prétfenu le point du jour, afin de méditer votre loi {Ps. CXVIIl 148).
)> De tous ces temps que nous venons de marquer, il n'en est aucun qui puisse être n^ligé par ceux dont la profession consiste à ne vivre que pour la gloire de Dieu, et de Jésus-Christ son Fils. Mais je crois qu'il est utile de diversifier ces exercices, et d'user de variété dans les prières et les psaumes qu'on a coutume de chanter pendant ces heures, parce que l'excès d'uniformité fait souvent que l'àme s'attiédit et se dissipe ; au lieu que le ^changement et la variété de la psalmodie inspire une nouvelle ardeur pour réciter les prières de chaque heure avec plus de recueillement, et excite l'âme à prier avec plus d'attention (4). )>
31. S. Chrysostôme, Hom. LIX ad populum Antiochenum, dit en parlant de la vie des moines de son temps : « A peine l3 jour a-t-il commencé à luire, que dis-je? avant le jour et^ès le chant du coq, tandis qu'ailleurs les serviteurs comme les maîtres sont plongés dans le sommeil, et que toutes les portes étant fermées, tout le monde semble mort; eux, quittant leurs couches, se lèvent avec modestie, dès qu'ils ont été éveillés par leur supérieur, et aussitôt se formant en choeur, ils étendent leurs mains et commencent le chant des hymnes...
(1) Cf. s. Basilii opéra, t. II, p. 382-584, édit. deD. Garnier; Ascétiques de saint Basile, trad. par God. Herroant, p. 190-193.
nS LA (RliRB. 491
)» Ni gmtare, ni flûte, ni tout aatre instrument de musique ne rend des sons aussi enchanteurs que ceux que ces saints religieux font retentir alors dans le repos de la nuit et de la solitude. Leurs cantiques mêmes ne respirent que piété et qu'amour de Dieu. Le Prophète a dit : Elevez vos mains durant les nuits vers le sanctuaire, et bénissez le Seigneur {Ps. CXXXIII, 2). Et : Je m'éveiUerai dès le poifU du jour pour vous chercher de tiMte retendue de mon esprit et de mon ccsur, parce que vos commandements sont la lumière qui m'éclaire ici-bas (Is., XXYII, 9). En même temps on récite les cantiques de David, ces cantiques si propres à faire couler les larmes, lorsqu'il dit, par exemple : Je me sms épuisé à force de soupirs; je laverai toutes les nuits mon lit de mes pleurs; f arroserai de mes larmes le lieu ou je suis couché {Ps. VI, 7), Et encore : Je mangeais la cendre comme le pain {Ps. CI, 10). Et encore : Qu* est-ce que t homme, pour que vous vous soyez fait connaître à lui; ou qu'est-ce que le fUs de F homme pour être si présent à votre pensée? L'homme est devenu semblable au néant même; ses jours passent comme P ombre {Ps. CXLIII, 3-4). Et ailleurs : Que l'envie ne vous trouble point , lorsqu'un homme est dans l'opulence, et que la splendeur de sa maison s'accroît {Ps. XL VI II, 17). Et ailleurs encore : Dieu fait demeurer dans sa maison ceux qui n'ont qu'un même esprit {Ps. LXVII, 7). Et encore : Sept fois le jour, je redis vos louanges; je rends hommage à V équité de vos jugements {CXVIII, i6k). Jeme levais au milieu de la nuit pour vous bénir, pour rendre hommage aux arrêts de votre justice {ibid., 62). Le jour venu, chacun de nous autres appelle son compagnon , tient registre de ceux qui sortent , ou bien fait assigner son frère devant un tribunal , parait devant le magistrat, tremble en sa présence, subit une amende ou une prison. L'un reste à la maison, Tautre sort pour quelque ouvrage. Mais eux, après avoir achevé les prières et les hymnes du matin, se mettent à la lecture de l'Ecriture sainte. Il y en a parmi eux qui, habiles à transcrire des livres, se renferment dans leurs cellules, et passent ainsi leurs loisirs, sans être jamais désœuvrés, sans rompre jamais leur silence. Ils s'acquittent en commun des prières de la troisième heure du jour, de la sixième et de la neuvième heure, et de celles du soir. Partageant ainsi la journée entière en quatre parts, ils en consacrent chacune à leur Dieu par le chant des psaumes et des hymnes (1). »
(i ) Nons n'avons pu trouver cette homélie dans les OEuvres authentiques de saint Chrysostôme, de Védition Gaume.
hWt DK fcA PRIÈRE.
32. S. JBRdiiE, m cofwl Yl Danielis : « Il y a trois temps dans la journée où, d'après la tradition ecclésiastique, nous avons à nous prosterner devant Dieu, savoir, la troisième, la sixième et la neuvième heure. En effet, c'est à la troisième heure que le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres; à la sixième, que saint Pierre, voulant manger, monta au cénacle pour prier d'abord, et à la neuvième que Pierre et Jean se rendirent au temple. »
33. Le même, à la vierge Eustochium, de cusU>did pirginitatis, Efist. XXII: « Quoique l'Âpôtre nous ordonne de prier sans cesse, quoique le sommeil lui-même soit pour les saints une sorte d'oraison, nous devons néanmoins partager en différentes heures le temps destiné à la prière, afin que, s'il arrive que nous soyons retenus par quelque ouvrage , le temps lui-même nous rai^Ue un devoir à remplir. Qu'il faille prier à la troisième heure, à la sixième , à la neuvième, le matin et le soir, il n'est persoone qui ne le sache. On ne doit point prendre de nourriture sans avoir prié d'abord, ni sortir de table, sans rendre des actions de grâces au Créateur. La nuit, il Eaut se lever deu\ ou trois fois, et repasser dans sa mémoire les endroits des écritures que l'on sait par cœur. Au sortir de notre demeure, que la prière nous serve d'armure; lorsque nous sommes revenus de la place publique, prions encore avant de nous asseoir, et que le corps ne se repose pas, avant que l'âme ait pris sa nourriture. A chaque action, à chaque démarche, que notre main retrace sur notre corps la croix du Seigneur (1). »
34. Le même à la même, Ëpitaphe de Paula, EpisL XXVIL c. 20, dit en parlant des vierges des monastères que cette sainte veuve avait fondés : « Le matin, à la troi»ème heure, à la sixième, à la neuvième, le soir, au milieu dç la nuit, elles chantaient une partie du psautier (2). »
35 . Le concile d'Aix-la-Chapelle, tenu sous Louis-le-Débonnaire, a inséré dans ses canons, c. 126, l'extrait suivant du dixneuvième chapitre du livre premier de officiis eccksiasticis de saint Isidore : a Daniel et les trois jeunes hommes ont consacré à la prière la troisième heure , la sixième et la neuvième du jour, afin que ces trois heures marquées pour le temps de la prière , à partir du lever du soleil , nous rappelassent le respect que nous devons à la sainte Trinité , et que Tint^valle qui est
(1) Cf. OEuvres choisies de saint Jérôme, etc., trad. par GoHombet, (Orne !•% p. âSI8-S51.
(2)Cf. /btdem, t. IY,p. 411.
DE tA PtltÈRB. 49S
entre la troisième et la sinième heure du jour étant le même que celui qui sépare la sixième de la neuvième, nous fussions avertis par-là de rendre trois fois le jour un culte semblable aux trois personnes divines. Une autre considération en faveur de ce culte, c'est que le Saint-Esprit est descendu sur la terre ^ pour y répandre les grftces promises par Jésus-Christ, précisément à la troisième heure, c'est-à-dire à l'heure qui rappelle par son chififre le rang qu'il occupe lui-même dans la sainte Trinité. Jésus-Christ, mis en croix à la sixième heure, y est resté dans les tourments jusqu'à la neuvième. Ainsi, dans la distribution mystérieuse de ces temps marqués pour la prière, la Trinité, de trois en trois heures, est ou célébrée par des hymnes, ou invoquée par des supplications; et si, prenant la journée dans son entier, on y compte un quaternaire au moyen de l'office du soir, on trouvera quatre ternaires, qui nous aideront à comprendre que le monde dans ses quatre parties ne peut être sauvé qu'au nom de la sainte Trinité. La nuit est de même partagée par les veilles et les stations militaires en quatre parties , dont chacune est encore de trois heures, pour nous faire vénérer le mystère de la Trinité jusque dans nos occupations séculières et dans nos heures de la nuit. »
56. Ibid., c. 427, ou vingtième de saint Isidore : « L'office du soir se fait à la chute du jour, et nous est recommandé même par TÂncien-Testament. C'est à ce moment-là que les anciens offraient leurs sacrifices, et avaient coutume de brûler sur l'autel l'encens et les parfums. Nous avons pour témoin de cette pratique le rpi-prophète, qui disait dans un de ses psaumes : Que ma prière s'élève vers vous comme la fumée de l* encens ; que l* élévation de mes mains voius soit agréable comme le sacrifice du soir {Ps. CXL, 2). Nous voyons aussi dans le Nouveau-Testament, que c'est dans ce même moment que notre divin Sauveur, faisant la cène avec ses disciples, leur distribua pour la première fois le sacrement de son corps et de son sang, pour donner à entendre, par l'heure même de son sacrifice, que nous étions arrivés au soir de la durée du monde. Il convient donc que pour célébrer la mémoire d'aussi grands mystères, nous nous présentions devant EMeu dans ces mêmes temps de la journée, pour chanter ses louanges, lui offrir le sacrifice de nos prières, et lui rendre avec amour le culte qui lui est dû. Ce nom de vêpres, qui est celui de ce sacrifice du soir, vient de Vesper ou de l'étoile du soir qui parait au coucher du soleil. C'est de cette étoile que le Prophète
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a dit les paroles suivantes : Vous faites lever sut les enfants des hommes tétoUe du soir (Job, XXXYIII, 32). d
37. Ibid., c. 128, ou vingi-unièmedesaint Isidore : « Pource qui est de roffice de compiles, voici ce qu'en disent les anciens. David a dit dans un de ses psaumes : Si je monte sur le lit préparé pour ma couche; si je permets à mes yeux de dormir, et à mes paupières de se fermer, et à ma tête de sommeiUer, jusqu'à ce que je trouoe un lieu propre pour le Seigneur, et un tabernacle pour le Dieu de Jacob {Ps. CXXXI, 3-5). Qui n'admirerait l'amour ardent de ce prophète pour son Dieu? 11 se refusera jusqu'au sommeil, ce repos si nécessaire à chacun pour la réparation de ses forces, jusqu'à ce qu'il ait trouvé un lieu propre pour y élever un temple au Seigneur. Quelle puissante leçon pour nous apprendre que, si nous voulons être nous-mêmes le tabernacle ou le temple du Seigneur, nous devons imiter de tout notre pouvoir les exemples des saints , de peur qu'on ne nous applique ces autres paroles du même prophète : Tous les riches ont dormi leur ^mmeil, et Us n^ont rien trouvé dans leurs mains ( Ps. LXXV, 6 ). »
ZSsIbid,, c. 129, ou vingt-troisième de saint Isidore : « Le même prophète nous est témoin de l'antiquité et de l'autorité de l'office des matines : Je serai, dit-il, tout occupé le matin de la méditation de votre grandeur, ô mon Dieu , parce que vous m* avez secouru {Ps. LXIl, 7-8). Et ailleurs : Mes yeux se sont tournés vers vous de grand matm en prévenant la lumière, pour méditer votre loi (Ps. CXVIII, 148). Or, nous prions le matin en mémoire de la résurrection du Sauveur. C'est le matin , et dès le point du jour, que Notre-Seigneur Jésus- Christ est sorti des enfers, et le soleil, qui avait retiré sa lumière aux pécheurs au moment de la mort de ce divin Sauveur, la rendit aux fidèles au moment de sa résurrection. Dans ce moment, en eSet, a lui pour nous tous l'espérance de notre future résurrection, de ce jour où tous les justes, et même tous les hommes, sortiront de leurs tombeaux comme d'un profond sommeil. »
39. Ibid., c. 130, ou vingt-deuxième du premier livre de saint Isidore de offidis ecclesiasticis : « Les vigiles sont une dévotion familière à tous les saints. Le prophète Isaïe poussait ce en vers son Dieu : Je m'éveUlerai dès le point du joUr, pour vous chercher de toute retendue de mon esprit et de mon cœur, parce que vos commandements sont la lumière du monde (1). Le roi-prophète a dit
(i) Saint Isidore rapporte ainsi ces paroles, prises dans le neuvième verset du chapitre XXVl dMsaSe : De nocte vigilat spiritus meus ad te Deus, quia lux prœeepta tua sunt super terram.
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de même : Je me levais au milieu de la nuit pour vous bénir, et pour rendre hommage aux arrêts de votre justice {Ps, CXVIII, &% ). C'est dans ce moment, en effet , que l'ange exterminateur fit mourir tous les premiers-nés des Egyptiens. Nous devons veiller nousmêmes, pour ne pas partager un sort semblable à celui de ce peuple. Le Seigneur nous avertit aussi dans l'Evangile que c'est à pareille heure qu'il viendra, et c'est pour cela qu'il nous exhorte à la vigilance dans les termes suivants : Heureux les serviteurs que leur maître trouvera en état de veiUe à son arrivée. Que ^il arrive à la seconde ou à la troisième veille^ et qu'il les trouve en cet état, ces serviteurs-là seront heureux... Tenez-vous donc aussi toujours prêts, parce que le Fils de l'homme viendra à l'heure que v&us n'y penserez pas (Luc, XII, 37-38, 40). Ce n'est pas seulement par ses paroles qu'il nous a enseigné à célébrer les vigiles ; mais c'est aussi par ses exemples. Car TEvangile nous atteste que Jésus passait les nuits à prier Dieu (Luc, YI, 12). Nous lisons aussi de Paul et de Silas, que renfermés dans une prison publique, ils priaient vers le milieu de la nuit, et que tout le monde les entendait chanter des hymnes, quoiqu'ils fussent toujours dans les chaînes {Act., XVI, 28), lorsque tout-à-coup un tremblement de terre ayant eu lieu, les fondements de la prison furent ébranlés, les portes s'ouvrirent, et les chaînes tombèrent des pieds et des mains des prisonniers. Il faut donc que nous prenions l'habitude de chanter et de prier à ces mêmes heures en fréquentant l'office public, pour attendre le moment de notre mort avec plus de sécurité, si ce moment nous trouve occupés à cette œuvre sainte. Il y a cependant des hérétiques qui regardent ces saintes veilles comme superflues et tout-à-fait inutiles pour le progrès spirituel , disant que c'est même aller contre la volonté de Dieu, qui a fait la nuit pour le repos , comme le jour pour le travail. Ces hérétiques sont appelés d'un mot grec nyctazontes, c'est-à-dire dormeurs. »
kO. Ibidem, c. 131 : <( Que les chanoines surtout s'appliquent à observer ces heures avec beaucoup de soin , et à en célébrer l'office divin avec humilité et dévotion. »
41 . On peut encore consulter sur les heures canoniques Raban Maur, Lib. II, c, 1 et suiv., de institutione clericorum; Rupert abbé de Tuitz, Lib. I de divinis officiis, c. 1 et suiv.
DB LA PMiMI.
twestliMi II.
Pourquoi devons-nous être appliqués et assidus à la prière?
C'est premièreoieut à cause des avantages considérables autant que nombreux qui résultent d'une prière bien faite. Cest, en second lieu , parce que la prière est l'exercice spécial et le produit, pour ainsi dire, spontané de la foi. Elle est d'ailleurs commandée en divers endroits de l'Ecriture , où nous lisons qae les biens les [dus précieux, les avantages les plus consolants soDt attachés à sa pratique. Je Dom le diê, ainsi pariait Jésus-Christ, c'est-à-dire la Vérité même , quoi qtie ce eoii que vous demaniiez dans la prière, croyez que wus l'obtiendrez, et Uvous sera accordé. Et encore : Je vous dis : demandez, eê il f)ous sera donné; cherdiez, et vous trouverez; frappez à la porte, et eUe vous sera ouverte. Car quiconque demande, reçoit; 9111 cherche, trouve, et on ouvrira à celui qui frappe. Et ailleurs : Si étant méchants comme vous réU$, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien pbM forte raison votre Père qui est dans les deux donnera-t-il les vrais biens à ceux qui les lui demandent! « Par ces paroles, » comme l'infère justement saint Chrysostôme, k et surtout par ces promesses , le maître de toutes choses nous invite de la manière la plus pressante à lui adresser nos prières. Obéissons donc à Dieu, et consacrons notre vie entière à k prier aussi bien qu'à le louer, plus occupés du soin de lui rendre le culte qui lui est dû, que de celui de nos intérêts les plus chers. Car c'est là pour nous le moyen de vivre toujours comme il convient à la dignité de notre nature. » C'est en ces termes que l'éloquent évêque nous recommandait les avantages de la prière (II).
Cur in orando seduii et assidui este debemus t
Primilm, ob maximas et infinitas «orum, q[ai rite precantar, atilitates. Deinde, qa6d oratio proprium et necessariom sit fidei exerdtiam. Habet praeterea prsceptuni in divinis literis passim, neque mode frequestem , sed etiam eximiam plenamqiie consolationis et suavitatis promissionem. Dico vobis, inqait ipsa Verttas Ghristns, omnia quœcunque orantes petitis , crédite, quia accipietis , et evenient vobia. Et rarsom : Ego dico vobis : Petite, et dabitur vobis : guêsrite, et invenietis : putsate, ei ope-
rietur vobis. Omnis ettim qui petit, se-
cipCt : et quiquœrit, invenit : et pulumti apetietur. Atque iterum : Si vos eùm titit mali, nostis bona data dore ftHis vestrU: quanto magis Pater vester qui in eatti est , dabit bona petentibus se ! Talibas quidem dictis , at rectë coUigit Chrysostomos, ae tali spe provocafit nos ad orandum universorum Dominus. Nos verô dace' obtempérantes Ded semper omnem n\M in laodlbas Dei, precibis^iie transigeai majore studio caramagentes diyini coltûSi quàm vitae nostrae : sic enim contigeHt semper vivere vitam bomine dignam. Hcc Ule.
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TÉMOIGNAGES DE l'ÉGIUTURE.
1 . Matthieu , XXVI , 41 : <c Veillez et priez , afin que vous n'entriez point en tentation. »
2. Marc, XIII, 33 : a Prenez garde, veillez et priez, car vous ne savez pas quand ce temps viendra. »*
3. Luc, XVIII, 1-8 : « Il leur dit cette parabole, pour leur montrer qu'il faut toujours prier, et ne jamais cesser de le faire :
— Il y avait r dit-il, dans une certaine ville un juge qui ne craignait pas Dieu, et ne se mettait point en peine des hommes.
— Et il y avait aussi dans cette même ville une veuve qui venait vers lui, en lui disant : Faites-moi justice de ma partie. — Et il fut longtemps sans vouloir le faire; mais enfin il dit en luimême : Quoique je ne craigne point Dieu, et que je ne me mette point en peine des hommes , — néanmoins , comme cette veuve m'importune, je lui ferai justice, de peur qu'à la fin elle ne vienne à me faire quelque affront. — Vous voyez, ajouta le Seigneur, ce que dit ce juge inique. — Et Dieu ne fera pas justice & ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et il souffrira toujours qu'on les opprime? — Je vous dis qu'il ne tardera pas à les venger. »
4. Id.f XI, K-13 : a Si quelqu'un d'entre; vous avait un ami qui vint le trouver au milieu de la nuit, et qui lui dit : Mon ami, prêtez-moi trois pains , — parce qu'un de mes amis qui est en voyage vient d'arriver chez moi, et que je n'ai rien à lui donner;
— ^t que cet homme lui répondit de l'intérieur de sa maison : Ne m'importunez point, je vous prie; ma porte est déjà fermée, et mes enfants sont couchés au^i bien que moi , je ne puis me lever pour vous en donner; — si néanmoins l'autre persistait à frapper, n'est-il pas vrai que quand même il ne se lèverait pas pour lui en donner, par cela seul quil est son ami, il se lèverait à cause de son importunité , et lui en donnerait autant qu'il en aurait besoin? — Je vous dis de même : Demandez, et on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et on vous ouvrira;
— car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et on ouvrira à celui qui frappe. — En effet, quel est le père parmi vous qui donnerait à son fils une pierre , lorsque celui-ci lui demanderait du pain ; ou qui lui donnerait un serpent, lorsqu'il lui demanderait un poisson ; — ou qu'il lui donnerait un scorpion , lorsqu'il lui demanderait un œuf? Si donc vous autres, tout méchants que vous êtes, vous savez néanmoins donner de bonnes