‹ Le grand catéchisme de Canisius, ou, Précis de la doctrine chrétienne, trChapitre 9 sur 68 · IV · texte numérisé non relu

IV

tout soit confirmé par Tautorité de deux ou trois témmiis. — Que s'il ne les écoute pas, dites-le à TEglise; et s'il n'écoute pas FEglisc , qu'il soit pour vous comme un païen et un publicain. »

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION

1. S. ÂMBROISE^ Serm. VI H in Psalmum CXVIII, v. 2 : «11 y a une compassion qui est juste', et une autre qui ne l'est pas. Une preuve de cette vérité, c'est qu'il est écrit dans la loi au sujet d'un certain coupable : Vous n'aurez pas compassion de lui {Deut., XIX, 13, 21). Et nous lisons de même dans les livres des Rois, que Saûl se rendit coupable en épargnant Âgag, roi de l'armée ennemie , malgré la défense que Dieu avait foite de lui conserver la vie. Si quelqu'un faisait grâce à un brigand, en se laissant toucber par les supplications de ses enfants et par les larmes de son épouse , quoiqu'il le vit disposé à reprendre le cours de ses brigandages , ne serait-ce pas livrer à la mort une foule d'innocents , que de mettre ainsi en liberté celui qui méditerait une foule d'assassinats? S'il répugne à verser son sang ou à le tenir enchaîné, au moins pourquoi lui rendre sa pleine liberté? Pourquoi, s'il ne peut lui ôler la volonté d'exercer ses brigandages, ne lui en ôte-t-il pas du moins la faculté, en recourant pour le faire aux moyens les plus doux.? Enfin, que placé entre un accusateur et un accusé , qui tous les deux mettent leur vie également en péril : l'accusateur, s'il ne prouve pas son accusation; l'accusé, s'il se trouve convaincu par son accusateur; un juge, au lieu de juger selon la justice, condamne l'accusateur, malgré les preuves qu'il a fournies, 4)ar compassion pour l'accusé coupable , ou condamne l'innocent, malgré la fausseté de l'accusation , par compassion pour l'accusateur, on ne saurait appeler juste une compassion de ce genre. Car la facilité du pardon est une amorce qui invite le pécheur à pécher encore. Je dis cela, pour qu'on sache qu'il faut régler les actes de miséricorde sur la parole de Dieu et sur la raison. Si un médecin^ ayant à traiter une plaie gangrenée, et obligé par les règles de son art de retrancher les parties gâtées pour conserver les parties saines, cède aux larmes du malade , et se borne à lui appliquer des palliatifs là où il devrait employer le fer, n'est-ce pas là une compassion funeste , que celle qui , pour épargner une douleur d'un instant ou une incision légère, perd le corps tout entier et tarit les sources de la vie ?» . ,

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