ONZIEME LEÇON
La Recherche de la Faterûité.
D. Les lois de France et de Belgique protègent-elles la jeune fille et V enfant?
R. Non. En effet, le riche ou le fils du riche sont autorisés à séduire la fille du pauvre.
D. Ce que vous dites là est trop monstrueux pour être vrai. Explique:{-vous !
R. Ce que j'affirme est la vérité. Dès l'âge de quatorze ans, la jeune fille, l'enfant ne sont plus l'objet d'aucune espèce de protection contre les séducteurs. Dès l'âge de quatorze ans, une naïve fillette répond de
ses actes ; dès cet âge, on la juge prémunie contre tout entraînement, apte à comprendre les suites d'une faute ; et, sans défense, cette enfant se trouve exposée aux entreprises criminelles de lubricité d'un adolescent débauché ou d'un vieillard libertin.
D. Et si cette jeune fille séduite met au monde un enfant, qu^arrive-t-il ?
R. La malheureuse doit se taire, souffrir en silence, laisser mourir de faim son enfant.
D. Ce sont là des phrases ! Pourquoi une fille séduite devrait-elle se taire ?
R. Elle doit se taire ; car, d'après nos préjugés, elle est déshonorée. La malheureuse est battue par ses parents ou ses frères, chassée de sa famille ou de son service. Elle doit se taire, parce que, d'après notre loi, la recherche de la paternité est interdite, tandis que la recherche de la maternité est admise.
D. Pourquoi la recherche de la paternité est^elle interdite ?
R. Parce que la loi a été faite par des hommes égoïstes, jouisseurs et lâches.
D. N'est-ce pas plutôt parce que la preuve de la paternité est difficile à établir?
R. Mais non, car la difficulté d'établir un droit n'a jamais permis de sacrifier ce droit lui-même. D'ailleurs, il n'est pas plus difficile de retrouver le père d'un enfant que de découvrir un voleur ou un assassin.
D. L'interdiction de la recherche de la paternité est-elle juste?
R. Cette interdiction est injuste envers la mère et barbare envers l'enfant.
D. Injuste envers la mère, comment cela?
R. Parce qu'elle rejette sur la mère, sur l'être le plus
faible et souvent le moins coupable, toute la responsabilité d'un acte commis à deux.
D. Barbare envers V enfant^ pourquoi?
R. Parce que l'enfant a droit à la vie et doit pouvoir obtenir des aliments de ses père et mère. Qui fait l'enfant doit le nourrir. Celui qui oublie ce devoir, est « un malfaiteur qu'il faut classer entre les voleurs et les assassins (i). »
D. Depuis quand la recherche de la paternité estelle interdite ?
R. Depuis Napoléon, qui n'était qu'un jouisseur.
T^. Et auparavant?
R. Antérieurement à Napoléon, en Belgique comme en France, la recherche de la paternité était admise.
D. La libre recherche de la paternité n'a-t-elle pas provoqué des abus sous l'ancien régime?
R. Jamais, sous l'ancien régime, ni en France ni en Belgique, la recherche de la paternité n'a produit d'abus. Ceux qui parlent « des abus de l'ancien régime », sont des ignorants ou des gens de mauvaise foi.
D. Prouvez-le l
R. Aucun des grands jurisconsultes de l'ancien régime, ni Papon, ni Poulain-Duparc, ni Fournel, ni Bacquet, ni Pothier, ni Domat, ni Lebrun, personne n'a critiqué le système de la recherche. De même, ni Voltaire, ni Montesquieu, ni Rousseau, ni Diderot, aucun d'entre eux n'a combattu la recherche de la paternité. Si la recherche avait engendré des abus et des maux, tous ces auteurs n'auraient pas manqué de les signaler.
(x) Parole de M. Aibx. Dumas, fils, de l'Académie française.
D. iV^ a-t-il pas cependant un avocat général gui s'est élevé contre la pratique de l'ancien droit?
R. Nullement. Dans la seconde moitié du XVIII^ siècle, Servan, avocat général à Grenoble, a prononcé un plaidoyer assez célèbre, Servan n'a pas critiqué l'admission du principe de la recherche. Il s'est borné à trouver défectueux divers modes de preuve admis en cette matière par la jurisprudence de certains pays.
D. Quelle raison Bonaparte a-t-il invoquée pour interdire la 7-echerche de la paternités
R. Bonaparte a prétendu améliorer les mœurs par l'effet de cette interdiction.
D. Ce résultat a-t-il été obtenu?
R. Au contraire, l'interdiction de la recherche de la paternité a eu pour conséquence de multiplier le nombre des avortements, des infanticides et des abandons.
D. Les femmes sont-elles devenues ii plus chastes et plus réservées », ainsi que feignait de le prévoir Bonaparte ?
R. Bonaparte savait très bien qu'elles ne le deviendraient pas. Il était trop intelligent pour croire sérieusement qu'une loi immorale pourrait engendrer la vertu. L'interdiction n'a eu qu'un seul résultat, celui de rendre les hommes plus artificieux, plus entreprenants et plus lâches.
D, Veuille^ montrer que l'article 3-10 du Code Napoléon n'a pas amélioré les mœurs !
R. Prenons un seul exemple ; la ville de Paris. En onze ans, de [S8o à 1891,1! y a eu à Parts 671.480 naissances, dont 487.501 légitimes et 183.979 illégitimes. Sur i.ooonaissancesgénérales, ilya,en moyenne, 380 naissances illégitimes. Plus du quart des enfants père, sans appui, sans protection, telle est l'œuvre
scélérate d'un législateur barbare. Il n'est pas, sur la surface du globe, un seul coin du monde où le nombredes naissances illégitimes soit aussi élevé qu'à Paris. Ainsi notamment, la ville de Londres a neuf fois- (9 fois) moins de bâtards que la ville de Paris.
D. Y a-t-il des pays où la recherche de la paternité est admise?
R. Heureusement, oui. Dans la plupart des pays, la recherche de la paternité est admise.
D. M entionne^ quelques-uns de ces pays!
R. Les pays qui admettent la recherche de la paternité, sont : l'Allemagne (i), l'Angleterre, l'Australie, l'Autriclie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Danemark, l'Ecosse, l'Espagne, les quarante-quatre Etats de l'Union américaine, la Finlande, le Guatemala, le Honduras, la Hongrie, l'Irlande, le Mexique, la Norvège, le Pérou, le Portugal, les Provinces baltiques, la République argentine, la Russie (3), Sainte- Lucie, Salvador, la Suède, la Suisse (3), la Turquie.
D. Pourquoi ne change-t-on pas la loi en Belgique f
R, Les députés n'en ont pas le temps.
!■) Toub
, sauf la nsviiie chÉii»De, la Hcese r1i<.'nane, la Pms
rfnane. .<
amtooies loca
1=^ do la RQ»ie, applicables aui Dauf-<)l>lini«i de
[.pulaliot.
leot la rechertho de la palerairé. Lo Svod, applicat
iHfE priïilpjri
*«. la recherche est adml» dan< c=rUlD> ca<. D= pk
, Ycrtd d
e l'artidlo 99,
, dn a,âe p^»l n-oe, U concubinage <!M amiiAi
ommaiin