C.ONVIKNI VKOIU AUCUNES DOUliTES
Tout ainsi comme dos urljros portans l'ruict l'en entend quatre choses : c'est assavoir, l'arbre, les rameaulx (1), le friiict et les feuilles ; tout ainsi en cest arbre dont l'en traictc, quatre choses sont à considérer:
Premièrement le tronc, lequel nous pouvons dire Joacliin, lequel redresse son ascendant en montant en contremont, il estend ses rameaulx et collatéraulx de chascunc part, il accroist et multiplie ses rames par-dessoubs luy qui refont et pevent faire nouvelle génération. Ainsi peult estre d'icclluy tronc, rameaulx et fruict, et les feuilles, dont pevent estre entendues d'aucunes questions qui pevent cheoir et naistre de i'auctorité de l'arbre selon ceste lecture ; dont il convient faire cinq rciglcs.
Premièrement, toute personne assemblée à autre par charnelle couple faict degré, et est ce lieu (2) en ligne ascendant ou descendant.
La seconde est telle : quantes personnes sont celles de quoy l'en quiert tout compte osté, l'une à tout de degrés s'attiennent elles vel contra. Se ils sont quatre personnes, les dernières et les plus loingtaines s'entretiennent au tiers degré; se ils sont cinq, au quart degré. Et ceste reigîe a lieu es personnes desquelles l'une descend de l'autre, tant en ligne ascendant comme descendant.
La tierce est telle : se les personnes desquelles l'en quiert ne descendent l'une de l'autre, mais collatérallement procèdent tous deux a commimi stipite^ et soyent esgaulx en ligne, par autant de degrés comme chascune de cestes personnes se eslongnent de la commune souche, par au-; tant de degrés se dillerent et eslongnent.
La quarte reigle est telle : se les personnes desquelles l'en quiert ne descendent mye l'une de l'autre, mais pro-
(1) B. : les rainseaulx.
(2j B. : ad ce lieu.
cèdent collatérallement de la commune souche et soyent en ligne inesgaile, par autant de degrés comme les personnes plus loingtaines sont loing de la souche, par autant de degrés sont icelles personnes eslongnées l'une de l'autre. Et en cest (1) cas doit l'en tousjours faire son compte et avoir regard à la personne qui est plus loingtaine d'icelluy, et à icelluy tronc, et ces deux dernières reigles ont lieu es collatéraulx.
La cinquiesme reigle est telle : par autant de degrés comme les personnes dont l'en quiert se eslongnent de la commune souche, par autant de degrés se eslongnentelles de tous les descendans d'icclle souche. Et ceste reigle a lieu jusques à la ligne d'esgalité ; et de ce faict mention loi c, fi. tit, de consang. et affin.
L'on demande pourquoy cellula en laquelle est Joachin est dicte cellula vacua. Responce : l'en dit que c'est pour ce qu'elle est mise illec pour tronc ; et duquel tronc tous les aultres rameaulx procèdent, et en icelle celle ou tronc sont imposées deux personnes ainsi comme es autres, parce que au regard de diverses personnes, degrés ou choses, divers noms sont dénommés à la celle, et icelle divisément prinse, et par noms divers dénoncée. Car aucunes fois elle est prinse pour le père, et aucunes foys pour le filz, et aussi aucunes fois pour le nepveu, aucunes fois pour l'ayeul, et nom certain et congneu ne luy peult estre mis, mais cellula vacua^ et dicitur truncus, ut xxxv q, V. c. Senes. Aussi est-elle dicte protheus pour la diversité des noms et des propriétés qui luy sont attribuées.
Je demande comme il soit ainsi que proavus^ proavun^ culus et patruus soyent en une mesme ligne et ung mcsme
(1) B. : en ce cas.
CONVIEM VEOIR AUCUNES DOUBIES. 825
degré, coimnciitpcult ce cstro que Joachin soit plus loing de patruo et de proavunciilo que de proam. Rcsponce : l'en dit voirement qu'ils sont en ung mesmc degré, mais c'est au regard du souverain, et non pas au regard de ceulx qui sont pins bas.
Item l'en demande combien se estend consanguinité en ligne ascendant. Response : Vsque in infinitum. Ut. ff, de ritu. miptia. l. et nuptie, etc. LKxxvq. ij. c. Progeniejn, Toutesfois de présent, indifférentement, tant en ligne ascendant comme descendant ou collatéral, la différence ne passe point le quatriesme degré : ut in eodem capitu. Progeniem^ eadein q. Et ces notables sont à noter notablement, car Joachin ne peult contraher avecques quelconque personne mis en l'arbre.
Item ceulx qui sont mis en l'une partie de l'arbre ne pevent aucunement contraher l' ung avec l'autre tant près s'entretiennent. Toutesfois jusques à la dernière ligne d'esgalité, laquelle est conjointe à Joachin par le fils. Car les six dernières lignes de la celle de l'une partie de l'arbre ne attiennent en riens à ceulx qui sont par-dessus, sicomme par clère démonstration peult estre veu.
Item ceulx qui sont mis en l'une partie de l'arbre pevent contraher avecques ceulx qui sont de l'autre. Excepté es trois dernières lignes descendans d'icelle celle en laquelle est contenu pater^ mater ^ car iceulx ne pevent en riens contraher avec ceulx qui sont en la ligne sororis et fratris de Joachin.
Item est à noter que es trois degrés légaulx, id est es degrés selon les loix, tant aux ascendans comme es descendans, les deux premières lignes mises cy-dcssus, c'est assavoir ceulx qui ont heu, et es collatéraulx est telle reigle : Que quantes personnes sont collatérallement descendues de la commune souche, mise hors iccllc
souche, par autant de degrés sont eslongnés Fung de l'autre et les derniers de laquelle attinence l'en quiert.
DE COGNATION LÉGAI.LE.
Autre cognation ou consanguinité est qui est dicte cognatio legalis. Et vient par adoption. Adoptio est légitimas actusper quem quifilius ?ion estprofilio habetur. Deux espèces sont de adoption, Tune que on adopte ou désire celluy qui est en autruy puissance , comme ung jeune enfant. Et ce est dit adoptio» L'autre quant l'en arrogue celluy qui est sui juris. Et est ce dit arrogatio. Unde versus :
Arrogo qui suus est. Sed habet meus esse necesse. Patris adopto suum, nec patris desinit esse.
Adoption est Aq adopto, adoptas: qui est à dire désirer. Arrogation est dicte de arrogo, arrogas^ car arrogans sive adoptans rogat^ et super hoc interrogat an videlicet nec, etc.
Et toutesfois, soit pour luy ou pour autre, il convient l'auctorité du prince, pour ce que à luy touche pour la succession de l'arrogant, à laquelle l'arrogué est habihté par ce faict, et laquelle appartiendroit autrement à iceliuy seigneur ou prince par deffault de autre hoir, s'il n'y avoit mis son décret. Ce bénéfice n'empesche pas seullement à contraher mariage, mais il despièce (1) quant il est assemblé, ut xxx. q, j. c. Ita diligere débet homo. Geste adoption ou arrogation est perpétuelle entre l'adopté ou l'arrogué, et la femme de l'adoptant ou arrogant, car il est au lieu du fils comme dit est dessus, et a ce lieu en ligne directe, mais en ligne collatéral, non.
(1) B. : il le despecc.
DK COGNATION SPIRITUELLE, 827
DE COGNAITON SPIRITUELLE.
Autre cognation est qui est dicte spirituelle. Cognation spirituelle est prochaineté ou proximité ou attineiico qui vient ex sacramenti datione .
Neuf prochainetés, ou proximités, ou attinences sont nées de cognation spirituelle acquise par baptesme.
La première entre le fils baptisé, et le prebstre qui baptise, qui est àicie filiatio.
La seconde entre le prebstre et le père du baptisé, qui est dicte compaternitas .
La tierce entre le prebstre et la mère de l'enfant baptisé, qui est dicte commaternitas .
La quatriesme entre les enfans du prebstre et l'enfant baptisé, qui est dicte fraternitas^ ut xxx. q. j. c. Omnis et q. iij. c. Ita diligere débet homo.
La quinte, entre le baptisé et celluy qui le liève des fons, qui est dicte fdiatio,
La sixiesme qui est entre le baptisé et la femme d'icelluy qui le lève, et ce est dit, comme dessus, fdiatio,
La septiesme est entre le baptisé et les enfans d'icelluy qui le liève, et ce est dit fraternitas.
La buitiesme est entre le levant et le père du levé, et est ce dit compaternitas.
La neuviesme est entre le levant et la mère du levé, et ce est dit commaternitas. Si comme toutes ces choses sont prouvées xxxj. q. iij. per totum et q.. iiij. ca. Si guis uîius, et c. Qui spiritualem et c, post Extra, eo. et c. j. et c. Martinus et c. Veniemus et c. Tua. de cogna, spiri. Et ces cognations einpeschent et despiècent mariage.
Le baptisant.
Les levans ou levantes, dicitur compaternitas.
Et le père ou mère du levé,
Leurs maris et femmes par avant cogneuos, commaternitas.
Les le vans ou levantes, Le baptisant et leur levé, dicitur filiatio. Les femmes des levans par devant congneues, Les femmes des levans, Les enfans du baptisant, Et le levé, dicitur fraternitas.
DE AFFINrrÉ.
Affinité est une attinence qui vient de unes personnes à aultres moyennant aucune charnelle couple ; et qui defPault de toute parenté, sicomme dit le chapitre : Tiercement, en la fm de ceste rubrique : quant l'homme est charnellement conjoinct à femme, tous les parens de l'homme sont faicts affms à sa femme, en iceulx mesnies degrés d'affinité, èsquels parenté, lignaige ou consanguinité charnelle ils attiennent à icelluy marié ou à icelle mariée ; mais entre les parens de l'homme et les parens de la femme n'est aucune attinence de mariage, ut in c. et super hiis : Extra. De consanguin, et affoi, et sont dits affins quasi ad alterius fines accedentes.
Quatre reigles sont mises en l'arbre ; desquelles la première est telle : Quant le mariage est consumé et contrahé de la personne dont l'en quiert, de ce naist le premier degré d'affinité, et aussi le degré lequel est près selon et jouxte le degré de consanguinité entre les parens de la femme, et le mary d'icelle, et les parens de l'homme et icelle mariée. Hœc régula comprobatur in c. q. super /lis. De consan. et affi. Extra.
La ij'' est telle : par autant de degrés que la parenté ou