‹ Le grand coutumier de FranceChapitre 4 sur 294 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

Nous ne dirons rien de cette traduction du style du Parlement, sinon que le langage en est ancien, et qu'elle pourrait bien être contemporaine du texte latin. Dans les arrêts cités, le nom des parties n'est pas toujours le même que dans le style de Du Breuil, publié par Dumoulin ; mais, il y a une telle incorrection dans les anciennes éditions, qu'il est difficile de décider quelle est la bonne leçon.

A la suite du style du Parlement, viennent des formules diverses, et qui sont plus ou moins nombreuses, suivant les éditions. Le tout est terminé par V Arbre de consanguinité et d'affinité , nouvellement rédigé en langage vulgaire^ c'est-à-dire traduit du latin de Joannes Andreae.

Maintenant que nous avons vu de quels éléments est composé ce livre de pratique, revenons à la question que nous avons posée plus haut, et demandons nous si l'on peut connaître l'auteur et la date du Grant Coustumier.

Laissons de côté les additions faites par les éditeurs duseizième siècle, netenonsaucun compte du premier livre, qui n'est aussi qu'une addition, voyons ce que nous apprennent les livres II, III et IV, qui forment le noyau de l'ouvrage.

L'auteur nous dit en son prologue : <( J'ai fait et compilé ce petit traité pour instruire et doctriner les jeunes hommes qui voudront avoir connaissance des faits et instruction de pratique.... Lequel traité, j'ai pris et assemblé de longtemps sur plusieurs autres livres et opinions des sages praticiens^ et sur plusieurs autres choses concernant et regardant le fait de ladite

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pratique, selon ma possibilité, faculté et puissance, laquelle j'ai réputée être petite et foible. »

Nous connaissons quelques-unes de ces sources. Nous avons indiqué plus haut le chapitre des Coutumes des fiefs. Kliinrath, après Choppin, a signalé l'ancien style du Châtelet, qui est conservé en manuscrit à la Bibliothèque inipériale, et dont la publication est désirable (1). On peut joindre à ces sources, le style du Parlement de Du Breuil, lesaliqua de stylo curiœ Parlementi^ les notables que les praticiens du quatorzième siècle recueillaient comme on recueille aujourd'hui les arrêts des Cours. Si l'on pouvait retrouver tous ces éléments, on verrait probablement que le travail de l'auteur n'a consisté qu'à fournir le fil pour lier ces pièces, rassemblées de toutes parts.

11 faut se dire que ces compilations anonymes étaient un bien commun dont chacun s'emparait à son gré. On en peut juger par le morceau singulier qu'a publié Pihan de la Forest, sous le titre de Très-anciennes coutumes de Sentis (2) .

Cet ancien texte, présenté, en J493, aux commissaires du roi Charles VIII, chargés de rédiger et de mettre par écrit les coutumes de Senlis, n'est autre chose que le cahier d'un praticien qui a compilé le Grant Coustumier, le style du Châtelet et celui du Parlement. Est-ce le texte même du Grant Coustumier qu'il a suivi, a-t-il eu recours à une source plus ancienne ou notre auteur a puisé ? C'est ce qu'il

(1) Klimrath, Travaux sur l'histoire du droit français, Strasbourg, 1843, t. II, p. 19.

(2) Esprit des coutumes du bailliage à e Senlis, Paris, 1771, in- 12.

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