POSTES ET TELEGRAPHES
A la tête des postes finlandaises est un directeur des postes, résidant à Helsingfors, et auquel sont subordonnées toutes les personnes employées dans les différents bureaux de poste. On comptait en Finlande, au commencement de cette année, 99 bureaux de poste, outre les bureaux ambulants des chemins de fer de l'Etat Le prix d'un port simple est de 20 penni pour la Finlande et de 32 penni pour tous les pays compris dans l'Union postale de Berne. Le nombre des lettres et paquets transportés par la poste finlandaise a été:
en 1872 . . 1,371,720 dont 132,893 pour l'étranger. „ 1873 . . 1,544,109 „ 165,194 „ 1874 • • 1,746,891 „ 197,095
En 1876 les divers bureaux de poste de la Finlande ont reçu 2,523,588 lettres, envois sous bande et paquets, dont 2,007,946
*) Il s'agit ici du mille suédois, de 10,683 kilomètres.
de Finlande et de Russie et 515,642 de l'étranger. Les valeurs transportées par la poste à l'arrivée se sont élevées au chiffre de 88,826,216 marcs.
Le Télégraphe relève de l'administration russe et non de l'Etat finlandais. Il y a des bureaux de télégraphe dans toutes les villes, sauf Heinola, Kaskô, Kajana et Nadendal, ainsi que dans beaucoup de stations de chemin de fer et d'établissements industriels. Le nombre en est de 41, dont deux restent ouverts jour et nuit, mais les autres, le jour seulement. Un câble sousmarin va de Nystad à Grisslehamn en Suède et un autre unit l'île d'Alande au continent. Un télégramme de 20 mots coûte 2 m. pour la Finlande; pour la Russie et l'étranger les prix varient. La taxe la plus élevée d'un télégramme simple est, pour les lieux les plus éloignés de l'Empire russe, 8 marcs, et pour le Portugal, 14 m. 52 p. En 1875 il est arrivé en Finlande 78,501 télégrammes de l'intérieur et 20,788 de l'étranger; il en a été expédié 73,291 à l'intérieur et 21,805 à l'étranger.
L'industrie minière n'a pas atteint un grand développement en Finlande; le pays, il est vrai, est riche en minéraux, et ses montagnes renferment des métaux, mais l'exploitation en est, en général, peu rémunératrice. Le granit de Finlande est justement renommé. Les carrières de Pytterlahti ont fourni entre autres les matériaux pour la plupart des édifices, des monuments, des quais et des ponts de St. Pétersbourg. On tire un très beau granit rouge, ainsi que du marbre, du feldspath et du quartz, des contrées au nord du Ladoga, d'Impilahti, de Sordavala, de Ruskeala, etc. On trouve à Ilomants de la malachite en petite quantité. La pierre à chaux est abondante partout. Cependant il n'y a dans le pays de carrières régulièrement exploitées que
INDUSTRIE MINIERE.
celles de porphyre d'Hogland et quelques carrières de quartz et de pierre à chaux, d'où les hauts-fourneaux tirent le fondant dont ils ont besoin et les matériaux pour le revêtement des fours; encore celles-ci ne sont-elles exploitées que temporairement. Cette industrie n'est guère pratiquée que comme accessoire de l'exploitation agricole. Un propriétaire, p. ex., ne fabrique de la chaux que pour ses propres besoins, ou pour la vendre dans les villes les plus voisines. On peut de même considérer comme une industrie toute locale les exploitations de pierre meulière de Sâkylâ et d'Isojoki.
Les métaux que l'on trouve en Finlande sont:
Le fer. Le minerai que Ton tire du sein de la terre n'entre que pour une faible part dans la production du fer en Finlande. Les mines, situées presque toutes dans le sud du pays, s'épuisent vite et ne renferment pour la plupart qu'un minerai de qualité inférieure; aussi les abandonne-t-on peu à peu, si bien qu'en 1876 il n'y en avait plus qu'une en exploitation, celle de Kulonsuomâki dans la paroisse de Pyhâjârvi, gouvernement de Nylande. Les chiffres suivants montrent combien l'exploitation des mines a décliné en Finlande:
en
No en
mbre des mines exploitation, (en
Minerai extrait quintaux métriques)
INDUSTRIE MINIERE
en 1867 „ 1868 . .
Nombre des mines en exploitation, (en
Minerai extrait quintaux métriques).
Devant cette diminution constante de la production des mines, l'industrie du fer devait chercher à s'alimenter ailleurs. La plupart des hauts fourneaux, sauf ceux qui sont situés sur la côte sud et sud-ouest et pour lesquels leur proximité de la Suède facilite l'emploi du minerai suédois, se sont mis à traiter le minerai de fer hydroxydé (fer limoneux), qui abonde au fond de nos lacs et de nos marais. L'art de traiter ce minerai était déjà connu des finnois avant l'introduction du christianisme. Ils le retiraient du fond de l'eau au moyen de trubles, puis le mettaient avec du charbon de bois dans de petits fours où la flamme était entretenue par un gros soufflet de forge. Maintenant cette industrie occupe un grand nombre de hauts-fourneaux dans l'intérieur du pays et emploie des procédés moins primitifs et plus rémunérateurs. Ce minerai donne une fonte très-propre à divers usages industriels et qui devient, par l'affinage, du fer en barre d'assez bonne qualité. La quantité de minerai de fer limoneux extrait dans ces dernières années a été:
en 1861 . . . 307,502,80 quintaux métriques.
en 1870. .
• 507,745,8o quintaux métriques.
La formation des dépôts de fer, limoneux est attribuée au procédé suivant: le fer que contiennent la plupart des roches et des graviers de la Finlande est dissout par l'eau, l'acide carbonique et l'oxigène ; puis les filets d'eau souterrains, les ruisseaux, les rivières portent cette dissolution à la surface des lacs, d'où peu-à-peu elle se précipite sous forme d'ocre et se combine avec des détritus organiques pour former du carbonate de fer et enfin du fer hydroxydé. Le minerai se présente au fond des lacs sous des formes diverses, tantôt en pelotes irrégulières, tantôt en grains, tantôt en disques de la grandeur d'une pièce d'un franc, etc. Les dépôts ne sont le plus souvent pas continus; ils forment des monticules, ou de petits talus à longue pente qui ont jusqu'à un pied d'épaisseur, quelquefois même davantage, mais il arrive cependant que ces dépôts présentent une couche continue qui s'étend sur le fond des lacs.
Une question d'un haut intérêt pour l'industrie du fer en Finlande serait de savoir dans quel rapport la formation et l'accroissement des dépôts de fer limoneux sont avec la consommation annuelle qui en est faite. Les renseignements fournis à cet égard par les fonderies à la Direction des mines ne sont pas parfaitement concordants. Tandis qu'en 1872 huit fonderies se plaignaient d'une diminution sensible du minerai, onze au contraire ne remarquaient aucune diminution. Cette différence d'appréciation provient sans doute de la différence de nature et de grandeur des lacs d'où ces diverses fonderies tiraient leur minerai. En
somme il faut admettre qu'une trop forte mise à contribution finirait par épuiser les richesses minérales d'un lac, mais que, d'un autre côté, le nombre des lacs qui contiennent du fer est si grand en Finlande que l'industrie ne souffrirait pas d'un épuisement tout local et contingent, et que son avenir est assuré; le grand nombre de ces lacs permettrait du reste de régler l'extraction du minerai de manière à permettre aux dépôts de se reconstituer.
En 1876 il y avait dans le pays 21 hauts-fourneaux en activité, lesquels ont traité 548,444 quintaux m. de minerai lacustre, 5,527 qu. m. de minerai de roche finlandais et 162,842 qu. m. de minerai d'autres pays. La production de la fonte a été de 260,931 qu. m., c'est-à-dire 36, 4 pour cent du minerai traité. La consommation du combustible a été, en moyenne, de 13,52 hectolitres de charbon et de 5,52 pieds cubes de bois par quintal métrique de fer.
Les chiffres suivants, tirés des rapports de la Direction des mines, donneront une idée de l'accroissement de la production du fer en Finlande:
Nombre des
Production totale de
hauts-fourneaux.
fonte, en quintaux.
en 1714 . .
L'affinage a été pratiqué en 1876 par l3 usines, comprenant 46 fours à pudler et 27 fourneaux de finage, 2 forges alle-
mandes avec 3 marteaux, i3 forges de Franche-Comté avec 21 marteaux, 3 forges de Lancashire avec 1 1 marteaux, et 9 appareils de soufflage. De ces usines 4 employaient la vapeur, 6 la vapeur et l'eau et 3 l'eau seule; les marteaux étaient tous mus par Peau. Le nombre total des ouvriers était de 1,105 hommes, et la production a monté à 167,496 quintaux métriques de fer en barre. Les rapports de la douane donnent pour l'exportation et l'importation des objets en fer pendant les années 1873 — 1876 les chiffres suivants.
Fonte et grenaille de fer
Rails
Divers objets en fonte
Ancres et chaînes .
Fer coudé, — à boulons, — en fagots
Fer en barre . . .
Tôle et fer-blanc .
Clous et broquettes
Acier
Minerai de fer . .
Objets divers en fer
Importation.
Exportation.
Tonneaux métriques.
Cuivre. — On trouve du cuivre sur plusieurs points de la Finlande, mais le minerai est si pauvre que les mines concessionnées ont été bientôt abandonnées. Dans les dernières années on n'en exploitait plus que deux, celle de Orijàrvi, dans la paroisse de Kisko, gouvernement d'Abo et Bjôrneborg, et celle de Pitkàranta, dans le gouvernement de Wiborg, sur la côte nord-
est du Ladoga. Nous n'avons pas de renseignements sur l'exploitation de cette dernière mine depuis quelques années. Le minerai extrait de la mine d'Orijàrvi est traité dans la fonderie de Kàrkelà. La production du cuivre n'a jamais été importante et a diminué d'une manière constante. Ainsi la quantité de cuivre rosette produite a été: en 1862, de 1,747,6 quintaux métriques; en 1866, de 404,6; en 1870, de 334,ç; en 1872, de l83,6; en 1874, de 34 qu. m., à peine; en 1875, de 83 qu. m. et en 1876, de 210 qu. m.
Étain. — Il n'y a qu'une mine d'étain en exploitation, celle de Pitkàranta, située tout près de la mine de cuivre du même nom. De même que la production du cuivre, celle de l'étain va en diminuant. En 1862, on en obtint 328, 1 quintaux métriques, en 1863: 657,9, en 1870 : 168,2, en 1871 : 78,2, en 1872: 245 et en 1873 : 22, 1.
Argent. — Les veines d'argent découvertes en Finlande à diverses époques ne se sont pas trouvées assez riches pour mériter d'être exploitées. Au commencement du 17 e siècle il existait dans la paroisse de Perno une mine d'argent qui paraît avoir été abandonnée pendant les troubles politiques et dont on n'a pu ensuite retrouver la trace. On a pour preuve de son existence un calice et une patène conservés dans l'église de Perno et qui portent une inscription constatant qu'ils ont été faits avec le premier échantillon d'argent extrait de cette mine. D'autres mines exploitées pendant peu de temps (comme celle de Degerô, etc.) n'ont pas non plus laissé de traces.
Or. — En 1868, une expédition envoyée par le gouvernement découvrit de l'or dans des terrains d'alluvion formés par la rivière d'Ivalojoki près de son embouchure dans le lac d'Enare. Les lavages d'or qu'on établit là sont les seuls en Finlande, et la diminution rapide de leur production fait prévoir
ECONOMIE FORESTIÈRE
qu'ils ne tarderont pas à être abandonnés. Le produit des lavages a été:
Grammes.
en
Total 219,405,76.
Cet or, trié et fondu à la Monnaie, a donné 97 pour cent de son poids en lingots de plus de 22 carats de fin en moyenne.