Voir plus haut, p
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AjoiiUms qii*îl avait eu, pendant toute Tannée. 1670, et qa*il avait encore, an printempH de i^yji, <l*aiitn*.H préoecupations trèft viveft cpi*on ne Haurait né|(liger »i Ton v(>utHe rendre compte de ce qu'il pensait. (Tétaient neH éti*rnelleH préoccupations polonaiscB, une foi» ile pluH réveillées. 11 n'avait pu .s'entendre avec le roi Michel, qui n'avait point d'inimitié personnelle contre lui, mai» qui n'était qu'un jeune homme sans énergie (;t sans talents, que dominait un entourage pres<pie uniquement composé d'ennemis de Frédéric-Guillaume, dont le plus puissant et le plus dangereux était le vice-chancelier Olszowski. L<; roi de Pologne avait d'alH>rd U;nté de ne point reconnaître à l'éh'cteur son double titre de Mi;igneur de I^iuenburg et de Bfitow. Il avait accueilli à sa (jtmr les |nres adversaires <le Frédéric-Guillaume, conmie ce Kalrkst4;in, condamné à Kœnigsberg, puis gracié, et qui s'était fiait À Varsovie le porte-parole de tous les mécontents prussiens. Knfin, il retardait de mois en mois la confirmation des traités de Wehiau et de Bromberg et semblait ainsi reme.ttre indirectement en question l'abandon de la souveraine te'; polonaise sur le duché de Prusse. Peu à peu, l'irritation réiriproque, attisée |)ar Kalckstein, en vint au point que Frédéric-Guillaume n'hésita pas à approuver la violation la plus flagrante du droit des gens : son résident en Pologne, Kus4''l>e de Brandt, lit enlever Kalckstein et le fit conduire jusqu'en Prusse par des dragons brandebourgeois. Au début de l'année ifî^i, les rapports entre le roi de Pologne et l'électeur étaient plus tendus ({ue jamais ^
Il faut remarquer aussi que Frédéric-Guillaume n'avait point intérêt à mécontenter li<mis XIV. Il n'y avait guère plus <ruii an qu'ils avaient signé tous deux le traité s<>crct du ')i dé<rembre tfii'Hj. (!e IraiU'*, non seulement liait Frédéric-Guillaume au cas 011 s'ouvrirait la sucTcssion espagnole, mais encore il lui assurait des avantages appréciables et qu'il avait longuement débattus. Après tout, la niortdu roi <TKspagne pouvait survenir et forcer Louis XIV A changer ses plans. N'était-il pas déraisonnable (|ue PVédéric- Guillaume, sans nécessité absolue, se brouillAt avec h* roi de France et renon(;i\l lui-même aux profits que son alliance secrète lui promettait? D'ailleurs, l'amitié de Louis XIV lui pouvait être utile dans un autre cas, celui où Michel Wiesnowiecki pousserait h bout son hostilité. Frédéric-Guillaume était convaincu qu'il avait ^1 combattre en Pologne, outre TinlluiMice d'Olszowski et de quel-
I. Kur loH rnliitlonH dn l'iMoctour uv<ïc 1h hilogno uprùH l'av^tncmcnl du roi Micliol, voir U. ti. A., XII, 43!2 miq.
l'alliance hollandaise a65
rieures '. Il était naturel que celui-ci mit a proût son inAuencc pour ramener le roi à sa politique personnelle, d'autant plus que la politique contraire se heurtait à des obstacles imprévus ; il conseilla donc d'économiser sur les subsides pour augmenter les dépenses militaires. Il n'attendit même pas, semble-t-il, les nouvelles précises de la négociation de Verjus, dont l'opinion ne se fit qu'au milieu du mois ; car les instructions de Courtin, qui devait aller remplacer Pomponne à Stockholm, furent signées le 17 septembre et elles n'étaient guère qu'une addition aux instructions primitives de Pomponne, que Courtin emportait d'ailleurs avec les siennes ".
Ce bnisque retour au système des neutralités, que Ffii'stenberg croyait abandonné pour toujours, jeta le désarroi en Allemagne, de même que les instructions du 10 août avaient déconcerté Pomponne à Stockholm '. Fûrstenberg regrettait Lionne, qui avait été son plus ferme appui à la cour ; il n'aimait pas Louvois. dont il sentait la défiance ; et surtout, il ne voulait pas, nous l'avons dit, de ces alliances passives dont le gain était presque nul. Son irritation apparaît très vive dans une lettre qu'il écrivit le 34 se[)tembre à Grote, le conseiller de Jean-Frédéric, et qu'il est diilicile de ne pas croire sincère. Il y déclarait que la neutralité lui semblait une vraie peste pour l'Allemagne ; que si la Suède s'alliait à la France les princes allemands perdraient du coup tous les avantages que celle-ci leur réservait parce qu'elle avait besoin
1. Sans vouloir diminuer en rien les talents de Lionne, il esidiflicilc de ne point remarquer en passant que cette préparation de la f^uerre de Hollande, tHudiée de près, n'est pas son titre de gloire le plus indiscutable ; il s'en fautque I'omi* yre fût presque actievée a sa mort, comme l'admettent Mijurnet et Legrelle. dont ropinion est devenue classique. Le 1" septembre 1671, l'alliance an^^laise, seule, était assurée; la négociation de Pomponne, à peine commencée, vtnait d'être toutà-coop détournée de ses voies et arrêtée ; l'empereur ne promettra sa neutralité qae le \*' novembre: en Allemagne, on n'avail môme pas fait un choix déûnitif entre le système des alliances offensives el le système drs neutralités. L'avenir restaiC très incertain.
2. La minute de l'instruction du 8 juin, écrite par un commis et corrigée par Pomponne, porte à la fin une mention écrite par le premier commis Pacbau : « Versailles, le 47' jour de septembre 1671 — p' M' Courtin. ^ À. E., Suède, 38.
3. Le tiouble qu'apporta dans la négociation de Pomponne la longue instruction du 10 août, que Mignet ne mentionne pas, apparaît dans une lettre que Pomponne adressait le 5 septembre à Lionne, dont il ne savait point la mort : u Ce que je trouve de fascheux est seulement que l'on ait fait quelque démarcbe avec ce pays, et pour le service du Hoy aut<int que pour le bien de vos affaires et pour mon repos, ]e voudrais pour beaucoup n'estre pas venu à Stockolm.» Et il priait Uonoe de le faire rappeler le plus tôt possible. Ibid.
diplomatie française ne parvenait pas à empêcher le traité de défense mutuelle que signèrent à La Haye, le 17 décembre, les Hollandais et les Espagnols. Or, Louis XIV ne voulait pas entreprendre à la fois la guerre contre la Hollande et contre TEspagne, et, pour éviter aussi longtemps que possible l'intervention armée des Espagnols, il était plus indispensable que jamais de ne point violer leur territoire. Dans ces conditions, la coopération active de l'électeur de Cologne devenait précieuse : de là le voyage que fît Louvois lui-môme, à Brûhl et à Cologne, où il retrouva Guillaume de Ffirstenberg et Verjus. Il en rapporta Talliance offensive de janvier iG^a, par laquelle Télecteur promit d'ouvrir son territoire, de fournir les quartiers et les approvisionnements nécessaires et de mettre sur [»ieds 18.000 hommes contre subsides, à charge de s'entendre, s'il le pouvait, avec d'autres princes, qui partageraient avec lui les dépenses et les bénéfices; dès le 2:2 janvier, l'évoque de Munster y adhérait et s'assurait la i)lus grosse part du subside en promettant de fournir plus de la moitié du contingent *.
Mais, à ce moment même. Pomponne arrivait à Paris ; il y apportait de Stockholm un projet d'alliance, dont les articles avaient été dressés à la hâte le a décembre, la veille de son départ, et qui ne contenait plus qu'un point discuté : le chilïre du subside. Pomponne n'avait conduit sa négociation presque au terme qu'à force de patience et d'adresse et ne se résignait pas, devenu ministre, à- rendre son onivre inutile : il obtint que Louis XIV élargit quelque peu les instructions de Courtin et ne uianciuàt pas, pour quelques milliers d'écus, l'occasion inespérée de lier la Suède ' .
Cette fois, la diplomatie française semblait au bout de ses efforts, qui n'avaient pas tous réussi. A l'alliance ollensive du roi d'Angleterre, qui neutralisait la flotte hollandaise, elle venait de joindre l'alliance ollensive de l'électeur de Cologne et de Tévéque de Munster, qui menaçait les Provinces-Lnies sur le Rhin et sur rissel et qui permettait aux troupes royales de contourner, on les évitant, les territoires espagnols. L'empereur avait signé la promesse de rester neutre. Quant aux princes allemands hostiles à la France, ils hésitaient et l'on pouvait espérer que leurs hésitations se prolongeraient longtemps, faute d'un parti formé qui pût les entraîner et les encadrer. D'ailleurs, si Courtin achevait à Stockholm l'œuvre si bien commencée par Pomponne, la menace d'une