Dans la lettre du 7 août, citéo plus haut
2. Voir une lettre de Louvois à Verjus, du 17 septembre 1671. À. E., Munster. 2.
3. Dans une lettre du 3 novembre. Blaspeil conseille de se défier de l'évéque de Stra8k>ourg, a da man vor augen siehet. dass zu bruil fast immerhin mit dem herrn Verjus berathschlaget wlrdt, die Courirer zwischen gemclten Bruil und Paris immerhin laufl n, fùrst VVilheims Régiment bcreits in der Stadl iNouss liegt. anch melir andre Frantzœsiscbe trouppcs nach und iiach eingefûhret werden .. u À. H. P., Rep. 3i, Conv. 244, 11.
4. Blaspeil raconte l'entrevue dans sa lettre du 3 novembre. La même jour, l'évéque de Strasbourg écrit à Scbwerin et en joint le protocoli^ a sa lettre. À. R. F., Rep. 63, Conv. 25-i6.
l'alliance hollandaise •j'tS
Mais l'autre parti se groupait autour de rélectrice, Dorothée, qui redoutait la séparation d'une guerre, ainsi qu'autour de Scliwerin, auquel une intimité de vingt ans liait Frédéric-Guillaume, qui ne pouvait mettre en doute ni sa prudence, ni son dévouement; avec Schwerin, le parti comptait Meinders, Somnitz, Canstein, Blumenthal, presque tous les conseillers secrets *. Schwerin, dans ses lettres au duc de Croy, nous laisse deviner sans peine les ai^nments dont il se servait. Il faisait remarquer qu'après tout les États-Généraux n*étaient point sans torts à l'égard du roi de France, leur bieniaiteur; que celui-ci ne faisait pas la guerre pour conquérir, mais pour se venger ; et il ajoutait que cette guerre ne pourrait qu'allaiblir la France, qui y dépenserait son argent et ses forces. L'Angleterre n'avait promis son alliance que pour une campagne et son intérêt môme Tempccherait de permetti'e que Louis XIV conquit et gardât la Hollande. Etait-il nécessaire que le Brandebourg risquât son existence en vue d'un résultat que les événements prépareraient d'eux-mêmes =*?
Ije comte de Saint-Géran, dont Crockow annonçait dès le ao novembre le procliain départ pour Berlin et dont l'instruction fut signée le 3o, était un soldat, comme Millet, et un grand seigneur, comme Vaubrun ; lieutenant-colonel au régiment d'Anjou, il n'avait point d'expérience diplomatique et il était surtout connu à la Cour par un procès scandaleux et extraordinaire dont sa naissance avait été l'origine '. Son instruction, très brève, se complétait d'un mémoire rédigé par Verjus sur ce qu'avaient fait à Berlin Verjus lui-même et avant lui Fûrstenberg *. Saint-Géran devait
1. A vrai dire ce second parti n'était point un parti français: il ne parut l'être qu'à l'époque où Frédcric-Guiilauine pencha vers l'alliance hollandaise ; Jusque-là le parti se composait de tous ceux qui craignaient la guerre et qui eussent désiré que l'éhicleur n'y fût pas mt^lé.
2. Voir la lettre du 24 décembre 1G71, citée parOrlich, II, 45.
3. Voir Boislisle, Mémoires de Si Simon, III, 389. — Courtin, alors à Stockholm, déplorait que l'on eût envoyé à Borlia,dans des circonstances aussi graves, un ambassadeur sans expérience : « 11 a fort bon esprit, écrlvalt-il à Pomponne, le 10 février 1672, mais vous devez songer à l'advenir à envoler des gens en Allemagne qui en connolssent les inlérests ; c'est un pays plein de docteurs ({ui jettent de grands scrupules dans l'esprit des Princes dout ils sout les conseillers. 11 est nécessaire que ceux qui vont chez ces Princes soient assez instruits pour respondre à leurs objections. »
4. instrucliims aux ambassadeurs, Prusse, ili, et, pour le mémoire additionnel, À. E., Brand., 8, f" 10-13.
L ALLIANCE IIOLLANDAISK ÎX^Q
informer Saint-Géran *. Mais IVlecteur n'avait point assez de ressources pour soutenir longtemps les frais d'une neutralité armée et celle-ci devait promptement le conduire à rechercher un subside, qu'il ne pouvait attendre que de la Hollande ou de la France. Le tiers parti nVtait donc qu'une solution toute provisoire. Aussi Frédénc-Guillaume mit-il à profit les quelques semaines qu'il y S^S^'^ pour s'informer des intentions de l'Angleterre et de la Suède^ quïl avait besoin de connaître avant de prendre une résolution. Dès le milieu de janvier, Blaspeil projetait d'aller trouver Do^vning, l'ambassadeur du roi d'Angleterre à La Haye, pour renouveler connaissance et conférer ensemble sur U»s intérêts communs de leurs maîtres * ; le iG, puis le 20 janvier, Télecteur faisait écrire à Brandt, son ambassadeur à Stockholm, qu*Amerongen et Saint-Géran cherchaient l'un et l'autre à le gagn(»r et qu'il voulait avant tout savoir ce que ferait la (]our de Suède \
Au début de février, semble-t-il, quelques partisans de la Hollande, des olliciers, comme Spaen. Klh^r, et surtout Poîllnitz, faillirent brusquer le dénouement en passant [)ar dessus la tète des ministres et en obtcmant de Frédéric-Guillaume (ju'il s'entendît personmdlement avec Amerongen. Mais, au moment où celui-ci se croyait tout près de conclure, Saint-Géran év(»nta le complot vt fît agir Meinders, qui réveilla les scrujiides de son maître et l'empêcha d'aller jusqu'au bout*. Alors, l(»s hésitations recommencèrent, comme en témoigne le procès-verbal d'un nouveau cons<»il secret, tenu le 9 février. Cette ibis, l'électeur posait à ses ministres une question précise : faut-il prendre parti pour la Hollande? Mais tous se dérobaient. Le j)rince d'Anhalt, par excès de prudenc(» sans doute, avait rédigé sa réponse : il jugeait que l'électeur ne pouvait pas s'engager ouvertement en faveur des Ktats-Généraux
1. LiCttre (Jo. Saint-Géran du 19 janvier. Un peu plus tard, dans le conseil tenu le 9 février, C^nslein rappelle que l'électeur avait résolu d'abord d'attirer ci lui le duc de Celle et le landgrave de Hesse-Cassel cl do garder une neutralité armée; il croit encore qu'il faudrait s'en tenir là. Protocoles inédits.
2. Lettre de Croissy au roi, Londres, 4 février ^072 ( l. /:., .Vnglelerre. ICI) : « Milord Ai'lington me communiqua hier une lettre^ que M. de HIanspiel, un des ministres de M. l'Électeur de Hrandeliourg, a escriCà M. Doiining à La Haye, qui poi'toit qu'il avoit fait dessein d(^ se rendre auprè** de luy tant pour renouveller leur ancienne cognoissance qtic pour conférer ensemble sur ce cpi'il seroit à propos de faire dan<i la conjoncture présente pour li> bir>n commun de leurs maistres. » Kt Croissy pense 0 qu<* l.idite loUrc de Blanspiel ne tend à autre lin que de scavoir si elîeclivement l'.\ngieterre est joinlc à V. M''*. »