PREFACE V
personnes et surtout noms de lieux), il est impossible d'être tout à fait logique. J'ai conservé Torthographe allemande chaque fois que je Tai cru possible. Je n'ai accepté les formes francisées que lorsqu'un usage trop général m'y obligeait.
Je voudrais que le récit fût d'un bout à l'autre lisible sans fatigue, et clair. Aussi ai-je rejeté dans les notes, de parti pris, tout ce qui l'eût retardé ou alourdi : non seulement les références, les courtes citations indispensables, mais aussi toutes les discussions qui exigeaient la mise en présence des textes. On peut critiquer la méthode : je tenais à dire la raison qui me Ta fait adopter.
Une dernière observation encore. Je n'ai pas ménagé l'emploi des expressions dubitatives, des peut-être et des semble-i-il; mais j'aurais dû, sans doute, les multiplier plus encore. Une étude d'histoire diplomatique, c'est un voyage au pays du mensonge. Le prince dissimule ses intentions vraies, souvent même à ses propi^s ministres. Le ministre cache ses motifs secrets, même à ses collègues ; n'est-il pas souvent poussé par un intérêt personnel, matériel ou passionnel, dont toute trace a pu disparaître ? L'ambassadeur déforme la vérité pour plaire à son maître, pour se faire valoir ou pour sauver la face, I^es documents les plus sûrs peuvent tromper. Et pour quelques cas isolés où le hasard d'une trouvaille nous permet d'apercevoir la réalité sous l'apparence, combien d'autres où notre certitude, fortifiée et légitimée par toutes les précautions de la critique, n'est cependant qu'une illusion ? C'est dire qu'il y a, dans ce livre, bien des erreurs à
corriger *.
Octobre 1904.
i. Je tiens à remercier ici M. Koser, Directeur des Arctiivcs d'État (1 Berlin, pour la très grande libéralité avec laquelle 11 m'a ouvert l'entrée des Archives qu'il dirige, et M. le D' Arnold, qui m'a aidé dans mes recherches avec une amabilité vraiment infatigable. Je dois aussi des remerciements a M. Farges, Chef du bureau des Archives au Ministère des Affaires Étrangères, ainsi qu'à MM. Espinas et Rigault, dont la complaisance et les secours m'ont été bien souvent utiles.