Instruction du 14 mai. Ibid., 191K
6. Parole rapportée par Goess le 9 mai : u Wegen der Sladt Cœlln apprehendiron l. Cb. D. die Gefabr dermassen. dass sie mir gestcrn sagten : sic bielten's fasl vor verloren ; sio wûnschlcn, dass sie ibro Vœlckor daraus bselten. » U. u. 4., XIV, 529.
l'alliance hollandaise 293
dans la discussion des motifs ou des excuses que lui présenteraient peut-être les ministres de l'électeur pour tenter d'expliquer ou de justiQer leur conduite, de les avertir seulement que le roi de France n'admettrait pas qu'un prince allemand, en violation des traités de Westphalie *, soutînt contre lui les Hollandais, et de prendre congé, dès qu'il aurait reçu réponse, pour en venir rendre compte au roi. La Vauguyon arriva à Berlin le i5 juin, en l'absence de Frédéric-Guillaume, qui se fit attendre jusqu'au 19, sans doute avec l'espérance de recevoir dans l'intervalle la résolution de l'empereur : le 18, en effet, il apprit que le prince d'Anhalt était enfin convenu d'un traité, qui promettait au Brandebourg le secours de la.ooo impériaux *.
Ce fut le lendemain seulement que La Vauguyon obtint sa première audience, et trois jours après, le ai juin, qu'il eut conférence avec Schwerin et Somnitz. Il leur exposa brièvement sa commission. Mais Schwerin n'y répondit que j)ar des plaintes, prétendit que le roi de France avait le premier violé la paix en prenant de vive force les places du duché de Clève, en particulier. Emmerich, où ne se trouvait pas de garnison hollandaise, et parla môme d'indemnité. La Vauguyon, selon ses ordres, ne discuta pas ; il se contenta de réclamer une réponse nette et prompte. Le 22, celle-ci fut préparée en conseil secret, et le a3 Schwerin la remit à l'ambassadeur. L'électeur, cela va sans dire, n'avouait pas l'alliance hollandaise ; il afiirmait que ses négociotions à Vienne n'avaient d'autre Imt que la i)aix ; qu'il était neutre et n'avait rien fait qiii fût contraire à la neutralité ; il exprimait enfin l'espoir que le roi de France ne prolongerait pas la guerre et signerait bientôt une i)aix plus glorieuse que toutes les conquêtes. La déclaration ne contenait pas de promesse ; et La Vauguyon, sans plus insister, quitta Berlin le ^4 juin.
Le 23, Frédéric-Guillaume avait signé l'alliance que venait de négocier à Vienne le prince d'Anhalt et qui j)révoyait, dans un délai de deux mois, la formation d'une armée de 2^.000 hommes, mi-impériale, mi-brandebourgeoise ' ; mais il lui fallait encore dissimuler pendant ces deux mois. A vrai dire, les succès inouïs
1. Allusion au fameux ^etut eo sincerior^ dont le sens élail pcrpc^'liiclleinent discuté entre Français et Aliemands.
2. C'est Goess qui explique ainsi Tabsoncc do FrôdiVriç-GiiilIaume : « d;imit sie, ehe sie diesen Envoyé hœren, mit der morgi^cn Posl vernohmen mœgon, wossen sich endlich E. K. M. geg«^n den Fftrsten von Anhalt erlihert. » !'. u. À,, XIV, 540«