Lettre du 4 mars ir
i/ ALLIANCE Hollandaise 291
Ni Louis XIV, ni Frédéric-Guillaume ne se hâtaient de ronipi*e ofliciellement la paix, Louis XIV parce qu'il avait assez à faire de conquérir la Hollande, Frédéric-Guillaume parce que ses troupes n étaient pas prêtes et qu'il n'avait pas encore d'alliés *. Même en juillet, à l'époque 011 les termes précis du traité l'eussent obligé à commencer la campagne, l'électeur, qui s'en excusait auprès de Guillaume d'Orange, ne cherchait encore qu'à gagner du temps pour ne faire marcher ses troupes que de concert avec les troupes impériales.
D'ailleurs, pendant ces quelques mois, il mit tout en œuvre pour groux>er et pour enhardir les ennemis de la France et le péril croissant n'ébranla pas sa résolution. Il avait conclu le traité du 6 mai sans attendre l'arrivée imminente de Lockardt; celui-ci, qui venait de Londres par la France, où il avait pris en passant les instructions de Ix>uis XIV, ne put que répéter, au nom de Charles Il.-les offres et les menaces de Saint-Géran ; il ne resta que quelques jours à Berlin et s'en retourna sans avoir rien fait *. Ce fut pendant son séjour que Frédéric-Guillaume apprit le départ du roi de Fiance iK)ur Charleroi, où l'armée de Turenne l'attendait ' ; cpi'il donna l'ordre à Brandt de quitter Stockholm et à Crockow de quitter Paris* ; et qu'il envoya le prince; d'Anhalt à Vienne, pour tenter d'y obtenir rintervention armée de l'empereur, qui pouvait seule rendre possible l'offensive brandebourgeoise *. Bien que Frédéric-Guillaume crftt inévitable et prochaine l'entrée des Français à Cologne et qu'il regrettât l(»s troupes qu'il y avait mises *; bien qu'il fût encore isolé, car les plus hardis d'entre ses voisins,
1. Môme après, il n'y eut jamais guerre déclarée. Ollidellcment, l'étal de paix subsista toujours entre le Brandebourg et la France.
t. (( M. Lockart est parti aiijourd'huy pour se rendre auprès de V. M^^ et en recevoir ses principales instructions pour la négotiation qu'il doit faire en Allemagne. » Croissy au roi, 24 mars 1672. A. E., Angleterre, 103. Crockow annonce d'ailleurs a l'électeur, le 8 avril, le passage de Lockardt à Paris: « Dcr Chevalier Lockart... ist anhero kommen, um albier ailes, was seine negotiation betrilTt, zu concertiren. » l'.n. À., XI II, 71. La lettre de recréance de Lockardt est datée du 12 mai. A. H, P, Rep. (k). n. 9 a.