‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 43 sur 79 · I. — Pendant la Guerke · texte numérisé non relu

I. — Pendant la Guerke

La guerre dura près de cinq ans entre le Brandebourg et la France et nous n'avons pas à la raconter. Mais pour comprend] e la paix de Saint-Germain, qui la termina en juin i(>79< et surtout le traité secret du 25 octobre, qui fit du Grand Électeur Tallié de Louis XIV, il est indispensable d'en rappeler brièvement les péripéties et les résultats. Dans la vie morale de Frédéric-Guillaume, aussi bien que dans l'histoire de son règne, ces cinq années furent des années pleines entre toutes ; elles apportèrent avec elles, après beaucoup de périls et beaucoup de gloire, des épreuves et des déceptions qui peuvent seules expliquer pourquoi le Grand Électeur abandonna tout-à-coup les voies qu'il avait jusqu'alors suivies. Pendant la guerre, sans que Frédéric-Guillaume lui-môme pût le prévoir encore, s'est préparée peu à peu la politique des années de paix.

La première campagne fut la célèbre campagne d'Alsace. Frédéric-Guillaume la commença avec la confiance et Tenthousiaàme belliqueux que Verjus raillait au moment de quitter Berlin. Les Brandebourgeois, unis aux Impériaux, avaient sur la petite armée de Turenne l'avantage du nombre ; Strasbourg leur était favorable et leur livrait le pont du Rhin : l'électeur ne doutait pas que les Français ne fussent promptement chassés au-delà des Vosges. Mais aussitôt les désillusions commencèrent. Bournonville n'avait point reçu, comme Montecuccoli en 1672, Tordre d'éviter la bataille, puisqu'il en avait déjà livré deux, toutes deux malheureuses il est vrai, celle de Sinzheim et celle d'Enzheim.

LES DBUX TRAITES DE SAtNT-GERMAIN (1679) 369

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