‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 60 sur 79 · Rébenac, 11 avril · texte numérisé non relu

Rébenac, 11 avril

2. Louis XIV avait essayé inutilement d'obtenir de l'électeur de Trêves qu'il acceptât les conditions imposées à l'élecleui* de Cologne par le traité secret du 2i décembre 1683. L'alliance des deux électeurs ne lui donnait pas, k beaucoup près, les mêmes avantages.

3. Le 30 mai. Analyse et texte complet dans M<prner, 459 et 740.

4. Correspondance de Spanheim, Conv. 23. — La lettre n'est pas placée à sa date, mais parmi les premières pièces de la liasse. — Un fait qui montre bien que Frédéric-Guillaume est alors résolu à agir, c est qu'il ordonne à Spanheim, le 10/20 mai, do ne plus protesler contre l'envoi de troupes françaises dans l'électorat de Cologne : a Solthen [hre Kœn. May. annoch einige trouppen etwa zue vier Oder 5000 Mann 1ns Chur-Cœlnische schicken wollen, habet ihr eucb demselbeo ferner nicht zu opponiren... »

l'alliance française et la trêve de vingt AXS (1679-1684) 5a7

apparaissait sous une forme nouvelle. Brédéric-Guillaume espérait y faire coopérer la maison de Brunswick, désormais « bien intentionnée », et dont Tappui le dispenserait d'avoir recours soit à la France, dont il n'attendait plus rien, soit même k Télecteur de Cologne. Le Brandebourg et le Danemark, unis aux ducs, réuniraient sans peine des forces .plus que suflisantes pour chasser en peu de temps les Suédois de toutes leurs possessions allemandes, que les alliés se partageraient*. La guerre serait trop promptement terminée pour mettre en péril la paix allemande, désormais prochaine, et l'électeur croyait probablement que le roi de France laisserait faire, à la fois pour contraindre la Suède, qui se refusait encore à approuver l'armistice, et pour satisfaire à ses engagements. Il fut bientôt détrompé. Le 3o juin, il chargea Spanheim de faire à Croissy les premières ouvertures, et Spanheim ne lui donna que peu d'espoir. « Toutes les pensées présentes du Hoi de France et de ses ministres des deux partis, écrivit-il le 21 juillet, concourent également à la paix générale. » C'était l)ien la note juste. Le roi, d'ailleurs, écrivait de même à Rébenac que son but unique était désormais « de rétal>lir une parfaite tranquilité dans toute l'Europe *. » Pourtant la conclusion de la trêve tardait encore et Louis XIV avait cru nécessaire de rassembler en Alsace vingt mille chevaux sous le maréchal de Schomberg. Il permit donc à Rébenac de prendre part à la préparation du concert, « soit pour retarder, disait-il, et mesme empescher cette entreprise, soit pour l'avancer et la conclure '. » Quelques jours plus tard, inquiet des prétentions de l'empereur \ il ordonnait même à l'ambassadeur de travailler à hâter l'accord '\ Mais, aussitôt après, les espérances de paix se confirmèrent et le ton changea. Le 17 août, le roi écrivit à Rébenac que la trêve était k peu près certaine ; le 24» î^ ^^^ annonça que tous les articles en avaient été arrêtés par Verjus. Le 3i, il lui en confirma la signature et le prévint que toute agression contre la Suède devenait désormais injustifiable *.

i. Un projet d'accord, en vue du partage, fut dressé on juillet, mais 1! semble qu'il n'ait pas été ratiûé par les ducs de Brunswick. Mœrner, 4(i2.

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