‹ Le Grand Électeur et Louis XIV [i.e. quatorze]Chapitre 59 sur 79 · Rébenac, 7, 10, 14 juillet · texte numérisé non relu

Rébenac, 7, 10, 14 juillet

3. Rébenac, 21 et 28 juillet. Comparer avec les lettres de Lamberg, 18 et 21 juillet, U, u. A., XIV, 1073 sqq.

4. Lettre de DerHIinger à Anhalt, du 3 août, citée dans U. u. A., III, 741, note. — L'attitude de Fuchs n'est pas très netle ; il semble cependant peu favorable au secours. Lamberg, 18 juillet, U. u. A., XIV, 1073.

5 ff Und Icben wir nocli immerbin der Hofinung, man werde in considération der grossen Kosten und extraordinarien ausgaben, wozu wir durch das concert veraniasset worden, uns auch mit einem sub.sidio extraordinario unter die arme grelfen, welcbes ihr dan mit allem fleiss und vermittelst bchœriger remonstrationen aafs beste zu urgiren. »

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ducs de Brunswick dès que ceux-ci enverraient des troupes, soit en Flandre, pour y soutenir les Espagnols, soit vers le Rl\in, contre le roi. Quant aux avantages que proposait Louis XIV, c'était surtout celui de forts subsides : à dater de Tentrée en action, les Soo.ooo écus offerts en avril et la gratification secrète, qui les eût portés jusqu'à 40^*000 ; avant même, et tant que la paix durerait, Soo.ooo livres ou même jusqu'à aoo.ooo écus par an. Mais le roi cherchait aussi à réveiller une fois de plus les espérances et les convoitises de ses alliés: « Comme Sa Majesté, disait Tinstruction, sçait de quelle importance il est à ses intérests de mettre ses alliez en estât de ne point craindre les entreprises de leurs ennemys, et que l'affection véritable qu'EUe a pour la Maison de Brandebourg luy fait rechercher les moyens de l'establir dans une seureté entière. Elle veut bien contribuer par la continuation des subsides d'action aux entreprises que M. l'Électeur jugeroit à propos de faire contre la Suède, après avoir mis la maison de Brunswick hors d'estat de pouvoir nuire * . »

Malheureuseiîient, si la décision de Louis XIV était cette fois sincère — ce que nous ne pouvons savoir — elle avait trop tardé de six mois : les sentiments de Frédéric-Guillaume n'étaient plus les mômes en novembre qu'en juin. L'offensive contre la maison de Brunswick était devenue, dans l'intervalle, beaucoup plus dangereuse, puisque les troupes allemandes envoyées au secours de Vienne se retrouvaient disponibles en partie; puis l'électeur savait désormais que les Français ne franchiraient pas le Rhin et leur marche vers la Weser lui semblait toujours indispensable au prompt succès de la campagne ; il ne pouvait enfin songer à provoquer, au lendemain de la libération de Vienne, une guerre allemande, qui eût été presque une diversion en faveur des infidèles. Sa volonté de maintenir la paix apparaît nettement dans la lettre qu'il écrivit à Spanheim le i3 octobre, après que Rébenac lui eût fait part des propositions royales. Il y exprime le regret très vif que le roi de France semble sur le point de renoncer à sa modération première ; il y dit les raisons qui lui font considérer l'entreprise comme infinim(»nt plus périlleuse qu'on ne semble le croire à la Cour de France. Il repousse enfin toute idée de guerre en Allemagne : « Il y a bien assez, ajoute-t-il, de guerres et de troubles dans la chrétienté ! »

Rébenac, en exécution de ses ordres, proposa d'abord un nou-

1. Celte phrase est citée par Philippson, op. cit., 111, 341, note 1.

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la trêve et il écrit aussi à ses collègues, les électeurs *. Quelques jours avant, il a re<;u, des mains mêmes de Rébenac et à Tinsu de ses ministres, un présent secret de cent mille livres *. 11 en attend un autre, destiné à Télectrice. £nûn, peu à peu, il en vient à accepter à peu près, pour les articles 4 et 5, la rédaction proposée par Louis XIV. L'alliance est enfin signée le i8 janvier i684 et ratifiée un mois après ^.

A ce moment, la politique du Grand Électeur est d'une netteté parfaite ; elle n'est ni favorable, ni contraire à celle de la France ; elle travaille, avec des intentions différentes et par des moyens différents, à la même œuvre que la diplomatie française : la signature de la trêve. Si Frédéric-Guillaume se défie de Louis XIV et ne Taime certes pas, il existe alors, entre lui-même et les ennemis du roi de France — le prince d'Orange par exemple — une opposition complète de sentiments et de desseins qui exclut toute possibilité d'une entente. Depuis que la guerre a commencé entre la France et l'Espagne, Guillaume d'Orange cherche à obtenir des Provinces-Unies qu'elles envoient des troupes en Flandre et plus que jamais il veut lier l'une à l'autre les deux négociations que le roi de France a tout intérêt à ne point confondre, celle de la paix avec l'Espagne et celle de la paix avec l'empire. C'est dans ce but qu'il obtient la réunion, au mois de janvier i684, d'un congrès à La Haye et qu'il essaie, d'accord avec l'empereur, d'y transporter les négociations commencées à Ratisbonne *. Or, Frédéric-Guillaume ne veut pas que l'empire intervienne dans la guerre espagnole ; il ne veut pas que les négociations de la France avec l'Espagne viennent compliquer les négociations de la France avec l'empire ; ils ne veut pas que celles-ci se poursuivent ailleurs qu'à Ratisbonne, dans la diète, ni surtout à l'étranger et de telle façon

i . Voir un passage de Rébenac, cité par Prutz, op. cit„ 370, et par Philippson, op, cit., III, 3i9.

2. (( J'ay présenté à M' l'El' de Brandebourg les cent milles livres... J'avois eu soin de faire faire une cassette brodée, d'avoir des bources et d'assembler les plus belles espèces que j'avois pu avoir. Je puis asseurer que ce présent luy a esté plus agréable qu'une somme bien plus forte qui luy seroit venue par les voyes ordinaires. » Rébenac, 23 novembre.— L'électeur charge Spanheim, le 21 novembre, de remercier le roi en son nom.

3. Voir Rébenac, 4, 15 et 19 janvier; lettre de l'électeur à Spanheim, 18 janvier 1C84. — La promesse de ne pas attaquer l'empire pendant une année entière, à dater de la ratification du traité, n'a pas été maintenue dans l'article 5.

4. Consulter, sur la politique de Guillaume d'Orange à cette époque, MûUer^ op. cit., 2* partie. Introduction. '

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assez pour lui aliéner le Brandeboui^ *. Frédéric-Guillaume n'ose pas dénier à Louis XIV le droit de se prémunir contre Terapire, si Tempire ne se résigne point à accepter ses offres ; mais le roi lui a promis de l'avertir d'abord et de s'entendre avec lui : aussi recommande-t-il à Spanheini de surveiller de très près les projets de la Cour et de n'approuver que les mesures les plus modérées et les plus indispensables ^ Enfin, il y a l'affaire de Brunswick, au sujet de laquelle les deux alliés ne s'accordent point.

En mars, Louis XIV veut surtout empêcher Guillaume d'Orange de provoquer une guerre générale. Son plan est d'intimider les Hollandais en obtenant de l'électeur de Cologne qu'il se déclare aussitôt contre eux ; puis de pousser vivement son offensive aux Pays-Bas, où il prépare le bombardement d'Oudenarde ; enfin de décider le Danemark et le Brandebourg à attaquer au même moment les ducs de Brunswick, qui sans doute n'essaieront même pas de se défendre '. Dès le 2 mars, il écrit à Rébenac que le duc de Hanovre a promis d'envoyer des troupes en Flandre et que l'article 2 de l'alliance du 20 octobre oblige en ce cas l'électeur à intervenir. Or Frédéric-Guillaume ne s'y résignera que s'il a perdu tout espoir de gagner les ducs et si Louis XIV permet à l'électeur de Cologne d'envoyer un corps de troupes vers la Weser, ce qui empêcherait celui-ci d'agir en même temps contre les Hollandais. De plus, il faut noter — et Rébenac s'en rend très bien compte — que le prince électoral sacrifie tout à son désir d'épouser la fille du duc de Hanovre, Sophie-Charlotte ; qu'il n'épargne rien pour éviter une rupture et qu^l a d'autant plus d'influence sur les

i. Rébenac. 4 et 25 avril.

t. Lettre du 18 mars.

3. Lettres du roi à Rébenac des ^ et 30 mars. Louis XIV voulait alors une guerre immédiate, qu'il espérait courte et décisive, pour obliger les Provinces- Unies à accepter la trêve, et il comptait y mettre à profit le traité secret du 24 décembre ir»83, qu'il avait imposé à l'électeur de Cologne. — En mars, sans consulter ni l'électeur de Cologne, ni l'évoque de Strasbourg, il décida de faire entrer 4 A 5.000 hommes dans l'archevêché pour soutenir les troupes électorales. L'evéque de Strasbourg, que l'électeur crut complice de la décision, ne l'apprit en réalité qu'à la fin du mois. Il écrivit aussitôt à Louis XIV, le :!9 mars, pour lui exposer tous les dangers de l'entreprise ; puis il insista, le 4 avril, en joignant à sa lettre un mémoire, dans lequel il développait se•^ raisons : l'une d'elles était la certitude que le roi s'aliénerait ainsi l'électeur de Brandebourg. Louis XIV consentit seulement à charger Tambonncau de communiquer son projet à l'électeur de Cologne, avant d'envoyer aux troupes l'ordre de passer la frontière. Mais laflaire traîna et la prise de Luxembourg en rendit un peu plus lard l'exécution Inutile. A. E., Cologne. 28.

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Mais, en avril, Fuchs revient à Berlin, tandis que le duc de Hanovre y renvoie Grote. Celui-ci déclare que son maître n'interviendra pas en Flandre et approuvera la conclusion d'une trêve de vingt ans avec la France *. De nouveau, on négocie, et de nouveau Frédéric-Guillaume incline à la paix qu'il n'a pas cessé de préférer. Le 2,5 avril, il charge Spanheim d'empêcher que Louis XIV n'en pi*enne ombrage et, le 28, il lui annonce la signature d'une alliance, qui le confirme dans ses intentions pacifiques, celle des électeurs de Trêves et' de Cologne : l'électeur de Trêves s'est engagé à rester neutre, à accepter l'armistice et à permettre que ses deux collègues de Cologne et de Brandebourg tiennent garnison dans ses places fortes *.

Cependant, à Berlin, la négociation de Grote se prolonge sans que Frédéric-Guillaume puisse obtenir un engagement plus précis. Vers le milieu de mai, il s'impatiente. Dans sa lettre du i3 à Spanheim, il reparle du concert ; le iG, il se déclare convaincu que Grote ne cherche qu'à l'amuser et qu'à le rendre suspect ; il se prépare à agir, mais prie Louis XIV de lui avancer un quartier des subsides pour lui permettre d'achever sans retard ses armements. Tandis qu'il négocie et conclut un nouveau concert avec le Danemark et l'électeur de Cologne ', il écrit lui-même au roi de France, le 29 mai, à la fois pour lui en soumettre les termes et pour obtenir l'argent dont il a besoin. Dans sa lettre, il avoue et regrette ses illusions : « Il faut, dit-il, que je sorte de l'erreur où j'ay esté depuis quelque temps, m'estant laissé flatter jusques icy que ces Princes, en conformité des asseurances positives que leurs ministres ont si souvant données de leurs bonnes intentions, s'accomoderoient enfin aux glorieux sentiments de V. M... De sorte que je m'apperçois présentement qu'il ne reste plus de moyens pour parvenir à la paix que de convenir des mesures plus fortes et plus efficaces *. » A la fin de mai, il

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