Lettre du 10 août
6. a Je veux bien mesme vous dire pour vostre instruction particulière qu'il
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Estais que TElecteur palatin posseddoit ne passent pas entièrement au pouvoir de ladite maison. ]» Le 5 juillet, il lui envoie les procurations nécessaires pour qu'il assiste à Touvei'tui'e du testament et pour qu'il proteste, au nom de Madame, contre tout ce qui pourrait être fait au préjudice de ses droits, et contre le testament lui-même, s'il contenait quelque clause incompatible avec ceux-ci. Enfin, le mois suivant, Morel commence à négocier à Heidelberg et y pi'end aussitôt un ton d'arrogance, qui n*aide guère à raccommodement : dès sa première conférence, le so août, il menace de rompre et de partir, si les ministres de Philippe-Guillaume ne lui remettent pas, en original, tous les actes de famille et toutes les lettres d'investiture, qui lui permettront de vérifier l'origine de toutes les possessions dont Théritage est composé \
Frédéric-Guillaume ne dissimule ni son inquiétude, ni son irritation. Il croit désormais que le roi de France ne s'en tiendra pas aux voies de droit ; il déclare à Fridag qu'il joindra ses troupes aux troupes impériales pour empêcher que l'empire ne soit de nouveau démembré '. Et sans doute ses inquiétudes ne sont-elles pas entièrement vaines, car, à ce moment même,' le aS août, Louis XIV écrit à Rébenac de mettre tous ses soins « à pénétrer quelle résolution l'électeur de Brandebourg pourroit prendre, au cas que l'afl'aire ne se pusse point terminer amiablement x> ; et il se hasarde même, un instant, à recourir une fois encore aux tentations anciennes : « Et comme on vous fait assez connoistre ajoute-t-il, que si je luy laisse la liberté entière de chercher ses avantages sur la Suède, il ne s'inquiétera point de ce qui se passera dans le Palatinat, vous pouvez laisser entendre à ses ministres que dans tous les ordres que je vous ay donnés pour conclure une alliance avec la maison de Brunswick conjointement avec mes alliés, je vous ay tousjours permis de consentir qu'ils attaqueroieat la Suède lorsque l'occasion s'en trouveroit favorable. »
11 ne semble pas, il est vrai, que les ministres brandebourgeois aient jamais fait à Rébenac les avances dont le roi parle dans sa lettre, ni que Rébenac ait jugé possible de les exciter de nouveau contre la Suède. Entre l'ambassadeur et l'électeur, les rapports avaient bien changé depuis un an. Rébenac avait trop souvent à se plaindre et le faisait avec trop de hauteur ; à ses plaintes,