Lamberg, lettre du 31 août, U. u. À.^ XIY
LES DERNIÀRES ANNEES (l684-l688) 555
Quant à Frédéric-Guillamne, s'il avait cm que le roi de France se contenterait de sa lettre, il fut bientôt détrompé. Il hésita encore plus d'une semaine. Mais il craignait toujours que Rébenac ne réussit à gagner les ducs de Brunswick. Il apprenait que la Pologne venait de demander à Louis XIY, non seulement im secours d'argent contre les Turcs, mais des officiers et des troupes*, n savait aussi, par Falaiseau, que la Cour de France n'épargnait pas l'argent à Stockholm et cherchait à corrompre le chancelier de Suède, Oxenstiema '. Ënfln les finances électorales, malgpré l'habileté de Knyphausen, souffi*aient sans doute de Finterruption des subsides. En tout cas, le 5 décembre, Frédéric- Guillaume se résigna à demi. Il ne signa pas la déclaration, mais il écrivit à Louis XIV une seconde lettre, plus précise que celle du a6 octobre, et dont les termes équivalaient presque à ceux de la déclaration elle-même *. Cette fois, le roi de France n'en demanda pas plus ; il répondit à Frédéric-Guillaume, le 35 décembre, que ses craintes étaient dissipées, et la bonne entente fut officiellement rétablie.
C'était là, en apparence, un succès pour la diplomatie française ; mais celle-ci avait humilié le Grand Électeur en l'obligeant à donner une forme presque officielle à des promesses qu'il n'avait pas la moindre intention de tenir : l'incident eut un résultat tout contraire à celui qu'avait espéré Louis XIV. D'ailleurs, pendant
après ce qu'il m'en avoit dit le jour auparavant et qui le regardoit... Je dois même croire, en effet, et le voir comme à l'œil, qu'il n'aura pas tenu audit marquis qu'on ne se soit contenté de la lettre, sans en attendre davantage ; mais qu'il n'en aura pas esté le maître, comme il ne l'est pas toujours en ces sortes de rencontres et surtout où on avoit déjà fait quelque démarche du costé du Roy, dont il ne relâche pas aisément, non plus que Louvois par ses advis... » La minute de la lettre qui fut envoyée à Rébenac le 8 novembre confirme l'opinion do Spanheim. Groissy en avait ainsi dicté le début à Bergeret, avant le conseil : « J'ay receu une lettre de TElect' de Brandebourg. . ., par laquelle vous veoirez que ce Prince me donne en substance les mesmes assurances que je luy demandois par une déclaration. J'ay bien voulu aussy m'en contenter et je luy témoigne par ma response que je ne suis pas moins persuadé de ses bonnes intentions que je l'estois auparavant .. » Mais, pendant le Conseil, Croissy a écrit au cr»yon, en marge : « changer, attendre la déclaration que M' de Rébenac luy demande » et il a ensuite corrigé la minute dans ce sens.
i. Fridag, 3 décembre 1685. U.u.A., XIV, -1222.