FAIRE ENTENDRE — TROP FORT
La maison Dumoulin-Picard s'était signalée.
Le repas que Cœurderoy lui avait commandé — & recommandé — la veille, par lettre, était un véritable repas de noce. Non-seulement rien n'y manquait, mais tout y abondait, 4es mets & les vins, les pièces de résiftance & les morceaux délicats, la chère masculine & la chère féminine. Peut-être Cœurderoy avait-il songé à faire plaisir à ses hôtes ; en tout cas, il avait songé à faire plaisir à sa fille.
La table avait été dressée au premier étage, dans le salon de « 1 20 couverts, » dont les fenêtres^ toutes grandes ouvertes ^ donnaient sur
les bâtiments de la mairie de Meudon. Chacun s'était placé où il avait voulu, celui-ci à côté de celle-là, Henry de La Barthelasse à Tune des extrémités de la table, entre Héloïse & Chiffonnette, Duperron de Sablonville à Tautre extrémité, ayant à côté de lui- Rosalba, Cœurderoy au milieu, ayant Marie à sa droite & la Borgnotte à sa gauche, & Sigismond du Rouvre en face de lui, seul — pour Tinftant, du moins.
Ce n'était ni un déjeuner, ni un dîner : il était trop tard pour Tun & trop tôt pour Tautre.
C'était un repas, &, comme chacun paraissait armé d'un formidable appétit, on se* jeta avec cmpressiement sur les premiers plats. Les fourchettes sonnèrent l'hallali & la curée commença...
Spedacle digne d'intérêt & d'admiration ! Le ventre triomphait du cœur! La faim tombait l'amour! La femme était supplantée par une dinde truffée !
— Tu nous gâtes, Cœurderoy! s'écria Du Rouvre entre deux bouchées. Jamais nous ne voudrons plus, maintenant, goûter à la cuisine de la mère Gédéon ! Et, si nous ne voulons plus goûter à la cuisine de Ja mère Gédéon, nous perdrons forcément le goût du pain, puisque c'efl notre Providence, Joséphine!... Donne-moi quelques rondelles de ce mérinos du Périgord égaré dans les flancs de cette volaille du Maine...
Très-bien! assez!... trop!... trop, te dis-je! tu ne remarques donc pas que je fais cavalier seul dans ton bal?...
— La truffe n'eft pas ce qu'un vain peuple pense, ami Du Rouvre ! répondit Cœurderoy en riant.
— Un pied de plus & cela ferait un alexandrin ! reprit le journalifte, qui ajouta aussitôt, en disparaissant sous la table : A propos de pied, j'oublie la jambe de Trépignette, moi !
Au bout d'un inftant il reparut, tenant à la main un long ruban bleu qu'il agitait triomphalement.
— La jarretière de la mariée, messieurs ! la jarretière de la mariée!... Nous allons nous décorer de l'ordre de la Jarretière... Honni soit qui mal y pense !
La Borgnotte rougit des 'pieds à la tête, — comme jamais peut-être elle n'avait eu occasion de rougir. Elle savait confusément, par tradition populaire, — r comme pour les cérémonies légale & religieuse du mariage, — que la jarretière de la mariée jouait un grand rôle en ce jour solennel, &, depuis qu'elle était assise, elle s'attendait à quelque chose. A cause des inquiétudes vagues que cette attente lui causait , elle aurait voulu que cette habitude nuptiale n'existât pas. D'un autre côté, puisqu'elle exiftait, elle
2i8 Le grand et le petit trottoir
n'était pas fâchée de la subir, elle eût même été fêchée de ne pas en être la viftime : cela lui prouvait mieux ainsi qu'elle était mariée & bien mariée.
On s^était précipité sur le ruban que Du Rouvre avait si adroitement enlevé, on Tavait partagé en plusieurs morceaux, que les femmes avaient attachés à leur corsage & les hommes à leur boutonnière, — ceux-ci en regrettant qu'au lieu d'être bleu il ne fut pas rouge. C'efl si agréable pour la vanité humaine d'avoir l'air d'être décoré , — même seulement pendant une journée, & avec des fragments de jarretière !
En revenant à sa place, Henry de La Barthelasse se pencha vers ChifFonnette de façon à lui effleurer le cou de ses lèvres & lui dit à voix basse, mais pleine d'une tendre sonorité :
— Je t'aime , ChifFonnette ! Cela n'efl peutêtre pas vrai, mais cela m'amuse de me le faire croire...
— Henry, vous êtes un vilain moqueur ! répondit vivement ChifFonnette.
Et, se levant pour échapper à son ânotion , elle vint vers la pauvre Borgnotte ahurie de bonheur, lui fit une humble révérence, & lui chanta la chanson suivante, qu'elle avait entendue dans son village natal & qu'elle avait retenue d'un bout à l'autre :
Rossignolet des bois, I^ossigQolct sauvage, Rossignolet d'amour Qjui chante nuit & jour.
Il dit en son jargon, Dans son joli langage :
Filles, mariez-vous.
Le mariage est doux !
— Bravo ! ChifFonnette ! cria Du Rouvre, qui ne mangeait plus parce qu'il n'avait plus faim, mais qui buvait toujours, quoiqu'il n'eût plus soif. Bravo, ma fille! Tu ne chantes pas encore comme madame Ugalde, ni comme madame Lauters, ni comme madame Miolan... mais cela viendra... si tu suis les leçons d'un autre professeur que La Barthelasse... A votre santé, mes enfants !
ChifiFonnette , un inûant interrompue, reprit en faisant une nouvelle révérence à la Bor* gnotte :
Nous sommes v'nus ce soir Du fond de nos bocages Vous faire compliment De votre mariage, A monsieur votre époux Aussi bien comme à vous U.*
Vous voilà donc liée,
Madam' la mariée^
Avec un lien d'or
Qui ne rompt qu*à la mort.*
— J'aime le « fil d'or! » reprit Du Rouvre.
Le « fil d'or » me plaît. On se sert souvent de ce trope dans les poésies ruftiques... Il paraît que la vie ne tient qu'à ce fil-là... La mienne ne s'en eft pas encore aperçu...
— Eft-il loquace, ce folliculaire, eft-il loquace!, dit Héloïse en allumant une cigarette au cigare que* venait d'allumer Duperron de Sablonville.
Chiffonnette reprit :
Avez -vous bien compris
G' que vous a dit le prêtre i
A dit la vérité
Sur c* qu'il vous fallait être :
Fidèle à votre époux
Et l'aimer comme vous...
— Ah! voilà le chiendent! murmura Du Rouvre en dodelinant de la tête. Fidèle à son époux, l'épouse? jamais!
— A la porte, le commentateur! s'écria Duperron.
— Oh! à la porte! à la porte! A la demiporte, mes agneaux! murmura Du Rouvre, qui se grisait de minute en minute.
Reprends, Chiffonne, reprends : n'écoute
pas cet échotier de bas étage !
Chiffonnette, à qui ces interruptions succès-
sives permettaient de reprendre haleine, chanta le sixième couplet de sa chanson ruftique :
Quand on dit son époux.
Souvent on dit son maître ; Ils n'sont pas toujours doux Comme ils ont promis d'être, Car doux Ds ont promis D*être toute leur vie!...
Vous n'irez plus au bal, Madam' la mariée ; Vous n'irez plus au bal, A nos jeux d'assemblée :
Vous gardVez la maison Tandis que nous irons !
Quand vous aurez chez vous Des boeufs, aussi des vaques, Des bre^s, des moutons^ Du lait & du fromage.
Faudra, soir & matin.
Veiller à tout ce train...
— Ta chanson, interrompit Rosalba qui éprouvait le besoin de placer son mot ; ta chanson, ChifFonnette, ne me paraît pas parfaitement appropriée à la personne devant qui tu la chantes... Madame G^eurderoy n'eft pas fermière, elle eft Parisienne...
— Elle n'eft pas encore fermière, mais elle le sera bientôt, répondit Jean en adressant à la Borgnotte un amical sourire.
— Madame va se retirer dans ses terres? demanda Héloïse.
— Dans sa ou dans ses? demanda Rosalba.
— Dans saj dans ses^ ou dans la ! murmura Du Rouvre.
— Il nous donne envie de danser, ce chroniqueur de troisième catégorie ! reprit Héloïse. Où sont les crincrins?... Moi, je pincerais bien ici un léger rigodon!... En place! messieurs! en place!...
— Tout à rheure, Héloïse! dit la Borgnotte, suppliante, car elle voulait la chanson traditionnelle comme elle avait voulu la jarretière traditionnelle. Tout à rheure ! laisse Chiffonnette finir sa romance. . .
— Oh! romance ! tu vas me le payer, Trépignette! Romance! elle appelle ça une romance! Pourquoi pas une guitare?...
— Que jamais— on habitée -^ de la Chine — oise— eau de Paradis- Poissonnière — ou aujourd'hui — pour tout le monde...
— Oh ! assez ! assez ! Du Rouvre, assez ! criat-on de tous les côtés. Assez ! assez ! On a chassé pour moins les Bourbons de France & les Stuarts d'Angleterre... Un mot de plus & nous te faisons reconduire de brigade en brigade à la frontière!
— Chiffonnette, achève ta chanson, je t'en prie, dit Cœurderoy. Je te le demande au nom de Trépignette & de Marie...
— Trépignette ! Il m'appelle Trépignette ou la
Borgnotte ; mais il ne m'a pas encore appelée sa femme ! murmura la pauvre « chère bête » avec un soupir.
— Il n'y a plus que deux couplets, répondit Chiffonnette.
— Voyons les couplets!
— Il me faut, pour les chanter, un bouquet & un gâteau... Donne-moi ton bouquet, Héloïse.
— Voilà, ma belle ! dit Héloïse en lui tendant le bouquet qu'elle avait cueilli le long du chemin, depuis les Moulineaux jusqu'à la rue des Princes.
— Et voilà le gâteau ! ajouta Cœurderoy en lui tendant un saint-honoré que la servante du reftaurateur venait d'apporter.
Chiffonnette offrit d'abord le saint-honcH^ à la Borgnotte, en lui chantant :
Recevez ce gâteau
Que ma main vous présente ;
Il eft fiait de façon
A vous faire comprendre
Quil faut, pour ge nourrir,
Travaillera souffrir...
— Une singulière morale! murmura Du Rouvre. Heureusement, ça se mange !
— Le couplet du bouquet, maintenant! reprit Chiffonnette.
Recevez ce bouquet
Que ma main vous présente;
Il eft fait de façon
A vous faire comprendre...
— Tu Tas déjà dit! interrompit le chroniqueur en bégayant un peu sous Pinfluence de rivresse.
— Ah ! c'eft intolérable ! s'écria Duperron de SablonvîUe. Garçon! appela-t-il, garçon! mettez un peu de cendre sur monsieur, emportez-le sur une pelle & déposez-le violemment au coin de la borne.
— Oh ! de la borne ! de la borne ! de la demiborne!...
— Reprends ton couplet, ma belle.
ChifFonnette , que les interruptions n'intimidaient pas , acheva ainsi sa chanson ruftique :
11 eft fait de façon A vous faire comprendre Que tous les vains honneurs Passent comme les fleurs !
— N, î, ni, c'eft fini! ajouta-t-elle en embrassant la Borgnotte, qui lui rendit son embrassade à pleines joues, de franc cœur.
— A qui le tour, maintenant? demanda Héloïse.
— Parbleu! à la mariée! dit Duperron.
— Oui ! oui ! à la mariée ! la chanson de la mariée! cria-t-on de toutes parts.
La Borgnotte rougit de nouveau, & plus fort que jamais. L'honneur qu'on lui faisait l'embarrassait comme une injure. Elle balbutia quelques mots, se leva, voulant obéir, & se rassit , ne sachant comment s'y prendre pour satisfaire ses invités.
— Avoue que tu ne sais rien chanter, chère bête? lui dit affeftueusement Cœurderoy, qui la voyait désolée de son impuissance. Il n'y a pas de mal à cela, la Borgnotte ! Tu ne sais rien, ne chante rien!... Oui, je comprends... tes devoirs de mariée, n'eft-ce pas? Sans doute, sans doute; mais les mariées ont d'autres devoirs, ma mie, &, en faveur de ceux-là, on eft disposé à ne pas exiger les autres... Voyons ! je vais chanter pour toi, moi, me le permets-tu?
— Ah ! Jean ! que tu es bon ! murmura la Borgnotte, qui était sur le point de pleurer, & dont ces bonnes paroles de son ami arrêtèrent aussitôt les larmes.
— La parole eft à M. Jean G^eurderoy!
dit Sigismond du Rouvre, en se rapprochant sous prétexte d'entendre mieux le chanteur, mais en réalité pour être plus près d'Héloise qui, depuis quelques inftants, le regardait avec des yeux radoucis.
Cœurderoy ne chantait jamais, mais il aurait
pu chanter quelquefois, car sa voix avait le charme si elle n'avait pas la méthode & la justesse des voix disciplinées par l'étude. Comme tous les gens qui n'ont pas de vanité puérile, il ne songea ni à se faire prier, ni à faire « des manières. * Il savait une vieille complainte de l'Ilede-France, la Complainte de Jean Renaud : il Tentonna d'une voix claire, sans être interrompu comme l'avait été ChifFonnette.
— Voici ce que c'eft, dit-il.
Et il chanta :
Quand Jean Renaud d'ia guerr' revînt, il s'en revint trille & chagrin.
— Bonjour, ma mèr\ — Bonjour, mon fils ; Ta femme eft accouchée d'un p*tit...
— Allez, ma mère, allez devant, Fait's-mol dresser un bon lit blanc ; Mais faites-le dresser si bas
Qjue ma femme ne l'dntend'pas !
Un bon lit blanc fut préparé 'Pour y coucher ce fatigué.
Et quand ce fut vers le minuit, Jean Renaud a rendu l'esprit.
— Ah ! dites-moi, mère, m'amie, Ce que j'entends sonner ici ?
— Ma fille, c'sont des processions Qui sortent pour les Rogations.
— Ah ! dites moi, mère, m*amie.
Ce que j'entends cogner ici ?
— Ma fille, c'eft le charpentier Qui raccommode le plancher.
— Ahl ditet-moi, mère, m'amiei Ce que j*entends chanter ici i
^- Ma fille, c'eft la procession Qui foit le tour de la maison.
— Ah ! dites-moi, mère, m*amie, Queir robe prendrai-je aujourd'hui?
— Quittez le rose, quittea le gris \ Prenez le noir, pour mieux choisir.
— Mais dites- moi, mère, m'amie.
Qu'avez- vous à pleurer ainsi?
— Ma fiir, je ne puis le cacher, C'efl Jean Renaud qu'eft décédé !
^ Mère, dites au fossoyeux Q^'il fasse la fosse pour deux, Et que l'espace y soit si grand Qu'on y renferme aussi Tenfant!,..
Des applaudissements venus du dehors éclatèrent en même temps que les sanglots de la Borgnotte, qui s'était intéressée à Thiftoire de Jean Renaud.
— Voilà Trépignette qui croit que c'eft arrivé ! dit en riant Rosalba, tout en rendant à Duperron le baiser que celui-ci avait voulu la forcer d'accepter.
— Cœurderoy, tu as des admirateurs dans ce village ! dit La Barthelasse, en imitant Duperron sur les lèvres de Chiffonnette.
— Le fait eft qu'on m'applaudit beaucoup plus dehors que dedans! répondit Cœurderoy en riant. Ce village, ajouta-t-il, a sans doute été bâti par les Romains...
— Sous le règne de M. Augufte...
— Parfait, La Barthelasse, parfait!
— Faisons des largesses aux battoirs! Jetons notre vaisselle sur leur tête!... Gare dessous!
C'était Du Rouvre qui venait d'ouvrir le feu en jetant dans la rue, au hasard, les reliefs du feftin de noces. Des hurrahs prolongés , moitié joyeux & moitié grognons, prouvèrent que les projeftiles étaient arrivés plus ou moins adroitement à leur adresse.
— Si j'avais une poêle & des louis, ajouta le chroniqueur de la Casquette de Loutre, je servirais volontiers à ces manants des beignets de ma façon ! Je réaliserais à la lettre la vieille métaphore de Tor qui brûle les doigts de ceux qui le ramassent sans l'avoir gagné... La poêle, je la trouverais bien à la cuisine de M. Dumoulin- Picard... Ce sont les beignets qui seraient plus difficiles à trouver ici... n'eft-ce pas, Cœurderoy?...
Cœurderoy, depuis un inftant, était préoccupé des progrès de l'ébriété chez ses convives, & il commençait à comprendre que la place de la petite . Marie n'était pas là. Non pas que la chère enfant comprît la moindre chose à ce qu'on disait & faisait devant elle (l'innocence a ses privilèges) ; mais cela choquait son père de la voir , neige immaculée, au milieu de toutes ces flammes : cela le choquait & le courrouçait — contre lui-même.
— La Borgnotte, dit-il vivement à « sa femme, » prends Marie avec toi, & allez faire un tour à l'entrée de la forêt... Je vous donne une heure... Quand vous serez revenues, mes agnelles, nous repartirons pour Paris...
Aux premiers mots de Cœurderoy, la Borgnotte s'était levée & avait compris.
— Viens, mignonne, dit-elle doucement à Marie en la prenant par la main ; petit père veut que nous allions courir un peu dans les bois...
— Sans lui ? demanda l'enfant.
— Il nous rejoindra; n'eft-ce pas, Jean?
— Oui... va... cher ange! va !... répondit ^Cœurderoy en. enlevant de terre sa fille & en
amenant son jeune front à la hauteur de ses lèvres.
— Si tu ne viens pas, méchant petit père, tu verras! dit l'enfant d'un petit air grondeur en le menaçant de sa petite main.
— Je vais avec toi, Trépignette; j'ai besoin de prendre l'air ! s'écria Chiffonnette en s'échappant des bras trop audacieux d'Henry de La Barthelasse, & en courant vers la porte, que venait d'ouvrir la Borgnotte.
— Eh bien ! eh bien ! Tu t'en vas & tu nous quittes ! tu nous quittes & tu t'en vas \ dit Du Rouvre, en se précipitant à sa poursuite & en venant se cogner le nez contre la porte, refermée malicieusement par elle. Tu me payeras cela,
23o Le grand et le petit trottoir
Galathée! ajouta-t-il en regagnant sa place, en face de Cœurderoy, qu'il vit pensif 8ç à qui il demanda, éprouvant le besoin de demander quelque chose :
— Voyons, bonhomme, es-tu heureux ?
— ^Heureux? répondit Jean en souriant mélancoliquement. Heureux? je n'en sais rienu»
Demande cela aux autres... S'ils envient mon sort, c'eft qu'il eft enviable, & alors je n'aurai pas le droit de me plaindre... S'ils ne m'envient rien, c'eft que mon sort n'eft pas digne d'envie...
— Je t'envie quelque chose, moi, philosophe : c'eft ta sobriété! Je voudrais n'avoir pas plus bu que toi — afin de pouvoir boire encore , présentement!... Je n'ai plus soif! c'eft ce qui me chiffonne... ette! Pourtant, il faut boire ! nous sommes ici pour cela ! . . . H^loïse ! verse-moi un verre de cette liqueur si capiteuse que diflillent tes yeux, tes coquins d'yeux, tes bijoux d'yeux... un verre de Parfait Amour, qualité surfine , mon Hébé!...
— Du Rouvre! Du Rouvre! dit Héloïse, il fait gras dans ta conversation : la langue y glisse!...