‹ Le grand et petit jury [microforme]Chapitre 10 sur 20 · VINGT MINUTES DE DÉLIBERATION · texte numérisé non relu

VINGT MINUTES DE DÉLIBERATION

Mais pour mettre une fin à ce procès colossal, le jury, avec cette connaissance intuitive des choses humaines qui le caractérise, rendit un verdict après vingt minutes de délibération !.…

C’est là, sans doute, aussi la raison pour laquelle Notre Eminent jurisconsulte, ne voulant pas sitôt alarmer la craintive et (soi-disant) saine opinion publique, se serait abstenu de s'attaquer encore au Petit-Jury, excepté dans les causes du ressort des sessions générales ou trimestrielles de la paix, car il est vrai de dire que si un juge, dans une cause civile, pouvait, après vingt minutes de délibération, juger avec compétence un procès dans lequel le dossier serait composé de cent volumes, et qui aurait nécessité une plaidoierie orale de deux mois, ce juge devrait être immortalisé, et sa mémoire conservée comme celle d’un yéant intellectuel ! ...

Admettons toutefois que l'opinion publique s'est depuis longtemps /amiliarisée avec les nombreux dénis de Justice qui se produisent tous les jours, et attribuables à cette Institution. N'est-ce pas elle, en effet, qui a donné naissance à l'odieux système du lynchlaw? et d'où provient cet abus criant, sinon du manque de confiance dans l'administration de la justice criminelle ?

Aussi, aurons-nous, et dans la République voisine surtout, de: comités de vigilance établis en permanence tant que subsistera cette vieillerie de la justice féodale. £t chose bien remarquable, c’est que le discrédit qui s’y attache s'accroît encore par le fait que les juges se voient, eux-mêmes, très souvent obligés de désavouer publiquement, (j'allais dire même, censurer) des verdicts inavouables que rapportent certains jurés devant la cour,

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