‹ Le grand Meaulnes (volume 2)Chapitre 100 sur 106 · SN · texte numérisé non relu

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Mais en atrivant ce soir, à quatre heures, au coin du théâtre : la voici. Fine et grave, vêtue de noir, mais. avec de la poudre au visage et une collerette qui lui … donne l'air d’un pierrot coupable. Un air à la fois douloureux et malicieux.

C’est pour me dire qu’elle veut me are tout de suite, qu’elle ne viendra plus.

Et pourtant, à la tombée de la nuit, nous voici encore tous les deux, marchant lentement, l’un près de lautre, sur le gravier des Tuileries. Elle me raconte son histoire mais d’une façon si enveloppée que je comprends mal. Elle dit: « mon amant » en parlant de ce fiancé qu’elle n’a pas épousé. Elle le fait exprès, je pense, pour me choquer et pour que je ne m’attache point à elle.

Il y a des phrases d’elle que je transcris de mauvaise grâce :

— N'ayez aucune confiance en moi, dit-elle, je n’ai jamais fait que des folies.

» J’ai couru les chemins, toute seule.

» J'ai désespéré mon fiancé. Je l’ai abandonné parce qu’il m’admirait trop; il ne me voyait qu’en imagination et non point telle que j'étais. Or, je suis pleine de défauts. Nous aurions été très malheureux. »

À chaque instant, je la surprends en train de se faire plus mauvaise qu’elle n’est. Je pense qu’elle veut se prouver à elle-même qu’elle a eu raison jadis de faire

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