‹ Le grand Meaulnes (volume 2)Chapitre 20 sur 106 · D'E (GR AN D ME A CII · texte numérisé non relu

D'E (GR AN D ME A CII

chaque fois, au bord de ce pays mystérieux, où une … fois déjà il s'était évadé, il s’arrêtait, hésitait. Au moment de lever le loquet de la porte de l’escalier et de filer par la porte de la cuisine qu’il eût facilement ouverte sans que personne l’entendit, il reculait une fois encore. Puis, durant les longues heures du milieu

de la nuit, févreusement, il atpentait, en réfléchissant,

les greniers abandonnés.

Enfin une nuit, vers le 15 février, ce fut lui-même qui m'éveilla en me posant doucement la main sur l’épaule:

La journée avait été fort agitée. Meaulnes qui délaissait complètement tous les jeux de ses anciens camarades, était resté, durant la dernière récréation du soir, assis sur son banc, tout occupé à établir un mystérieux petit plan, en suivant du doigt, et en cal- = culant longuement sur l’atlas du Cher. Un va-et-vient. incessant se produisait entre la cour et la salle de classe. Les sabots claquaient. On se pourchassait de table en table, franchissant les bancs ét l’estrade d’un saut... On savait qu’il ne faisait pas bon s’approcher de Meaulnes lorsqu'il travaillait ainsi; cependant, comme la récréation se prolongeait, deux ou trois gamins du bourg, par manière de jeu, s’approchèrent à pas de loup et regardèrent par-dessus son épaule. L’un d’eux s’enhardit jusqu’à pousser les autres sur Meaulnes.. Il ferma brusquement son atlas, cacha sa feuille et empoigna le dernier des trois gars, tandis que les deux autres avaient pu s’échapper.

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