MUR GRAN D M E A U L NES
de chez lui et, rasant les murs, se présenta en siffant à la porte du charron. Meaulnes ouvrit le portail, le héla et, tous les trois, un instant après, nous étions installés au fond de la boutique rouge et chaude,
rusquement traversée par de glacials coups de vent: Coffin et moi, assis auprès de la forge, nos pieds Hboueux dans les copeaux blancs; Meaulnes, les mains aux poches, silencieux, adossé au battant de la porte d’entrée. De temps à autre, dans la rue, passait une dame du village, la tête baissée à cause du vent, qui revenait de chez le boucher, et nous levions le nez pour regarder qui c'était.
Personne ne disait rien. Le maréchal et son ouvrier, Pun soufflant la forge, l’autre battant le fer, jetaient sut le mur de grandes ombres brusques. Je me rappelle ce soir-là comme un des grands soirs de mon adolescence. C'était en moi un mélange de plaisir et d’anxiété: je craignais que mon compagnon ne m’enlevât cette pauvre joie d’aller à La Gare en voiture; et pourtant j'attendais de lui, sans oser me l’avouer, quelque entreprise extraordinaire qui vint tout bouleverser.
De temps à autre, le travail paisible et régulier de l boutique s ’interrompait pour un instant. Le maréchal laissait à petits coups pesants et clairs retomber son marteau sur l’enclume. Il regardait, en l’approchant de son tablier de cuir, le morceau de fer qu’il avait travaillé. Et, redressant la tête, il nous disait, histoire de souffler un peu:
— Eh bien! ça va, la j jeunesse ?
r Pt di à 74 «
otsque l’heure fut venue de partir et que je ai pour faire ee au grand Meaulnes, il ne
illard, ces gens paisibles * lee x pensai n à cette image de Robinson Crusoé, où l’on voit Scent anglais, avant son grand départ, « frét la boutique d’un vannier ».. Et j’y ai soû * depuis.
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