‹ Le grand Meaulnes (volume 2)Chapitre 74 sur 106 · LE (GR AN D M EM D · texte numérisé non relu

LE (GR AN D M EM D

robes, arrangeait des chapeaux et nettoyait la maison avec rage. C’est elle qui a recollé toute la tapisserie que tu vois là. Et depuis son passage les hirondelles nichent dehors. Mais le soir, à la tombée de la nuit,

son ouvrage fini, elle trouvait toujours un prétexte pour aller dans la cour, dans le jardin, ou sur le devant de la porte, même quand il gelait à pierre fendre. Et on la découvrait là, debout, pleurant de tout son cœur.

»— Eh bien! qu’avez-vous encore? Voyons!

»— Rien, madame Moinel !

» Et elle rentrait.

» Les voisins disaient:

»— Vous avez trouvé une bien jolie petite bonne, madame Moinel. -

» Malgré nos supplications, elle a voulu continuer son chemin sur Paris, au mois de mars; je lui ai donné des robes qu’elle à retaillées. Moinel lui a pris son billet à la gare et donné un peu d’argent.

» Elle ne nous a pas oubliés; elle est couturière à Paris auprès de Notre-Dame; elle nous écrit encore pour nous demander si nous ne savons rien des Sablonnières. Une bonne fois, pour la délivrer de cette idée, je lui at répondu que le domaine était vendu, abattu, le; jeune homme disparu pour toujours et la jeune fille mariée. Tout cela doit être vrai, je pense. Depuis ce temps ma Valentine écrit bien moins souvent...»

Ce n’était pas une histoire de revenants que racontait la tante Moinel de sa petite voix stridente si bien

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