L'E GRAN D M FE AD PNREE
d’elle-même ni de sa peine cachée. Mais elle ne se …
lassait pas de me faire conter par le détail notre exis-= tence d’écoliers de Sainte-Agathe.
Elle écoutait gravement, tendrement, avec un intérêt quasi maternel, le récit de nos misères de grands enfants. Elle ne paraissait jamais surprise, pas même de nos enfantillages les plus audacieux, les plus dangereux. Cette tendresse attentive qu’elle tenait de M: de Galais, les aventures déplorables de son frère ne l’avaient point lassée. Le seul regret que lui inspirât le passé, c'était, je pense, de n’avoir point encore été pour son frère une confidente assez intime, puisque, au moment de sa grande débâcle, il n’avait rien osé lui dire non plus qu’à personne et s’était jugé perdu sans recours. Et c'était là, quand jy songe, une lourde tâche qu'avait assumée la jeune femme — tâche périlleuse, de seconder un esprit follement chimérique, comme son frère — tâche écrasante, quand il s’agissait de lier partie avec ce cœur aventureux qu'était mon ami le grand Meaulnes.
De cette foi qu’elle gardait dans les rêves enfantins
de son frère, de ce soin qu’elle apportait à lui con-
server au moins des bribes de ce rêve dans lequel il avait vécu jusqu’à vingt ans, elle me donna un jour la preuve la plus touchante et je dirai presque la plus mystérieuse.
Ce fut par une soirée d’avril désolée comme une fin d’automne. Depuis près d’un mois nous vivions dans un doux printemps prématuré, et la jeune femme