‹ Le grand Meaulnes (volume 2)Chapitre 91 sur 106 · PR CCC RIAUN D (M E A U/L N ES · texte numérisé non relu

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nouvelle aux autres à travers la campagne. Quant à moi, je prends mon chapeau noir, une jaquette bordée que j'ai, et je m’en vais misérablement vers les Sablonnières…

… Me voici devant la maison que nous avions tant cherchée il y a trois ans! C’est dans cette maison qu’Yvonne de Galais, la femme d’Augustin Meaulnes, est motte hier soir. Un étranger la prendrait pour une chapelle, tant il s’est fait de silence depuis hier dans ce lieu désolé.

Voilà donc ce que nous réservait ce beau matin de rentrée, ce perfide soleil d’automne qui glisse sous les branches. Comment lutterais-je contre cette affreuse révolte, cette suffocante montée de larmes! Nous avions retrouvé la belle jeune fille. Nous lavions conquise. Elle était la femme de mon compagnon et ‘moi je l’aimais de cette amitié profonde et secrète qui ne se dit jamais. Je la regardais et j'étais content, comme un petit enfant. J'aurais un jour peut-être épousé une autre jeune fille, et c’est à elle la première que j'aurais confié la grande nouvelle secrète.

Près de la sonnette, au coin de la porte on a laissé l’écriteau d’hier. On a déjà apporté le cercueil dans le vestibule, en bas. Dans la chambre du premier, c’est la nourrice de l’enfant qui m’accueille, qui me raconte la fin et qui entr'ouvre doucement la porte. La voici. Plus de fièvre ni de combats. Plus de rougeur, ni d'attente. Rien que le silence, et, entouré d’ouate, un dur visage insensible et blanc, un front mort d'où sortent les cheveux drus et durs.

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