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Pas autre chose que les revenus !
Le grand argument de ceux qui sont favorables aux «licences » c’est qu’elles rapportent de bons revenus au gouvernement et aux administrations municipales.
Disons à l’honneur de notre gouvernement provincial que cette considération ne l’empêchera pas de diminuer les débits de boisson partout où il pourra le faire. Du moins, c’est ce que Sir Lomer Gouin déclarait fièrement aux délégués des ligues de tempérance il n’y a guère plus d’un an. Mais que d’échevins, que de conseillers municipaux, qui ne voient dans la question des « licences » pas autre chose que les reveaus qu’elles rapportent !
Le marchand le moins entendu en affaires ne termine jamais une année sans établir les recettes et les dépenses de son magasin. Ÿ a-t-il moyen sans cela de savoir s’il a réalisé ou non des bénéfices ?
N'’en devrait-il pas être ainsi pour les gouvernements et les administrations municipales P
Si une «licence » donne à une ville une recette de $200 et qu’elle lui occasionne une dépense de $300 ou $400, peut-on dire que cette ville fait acte d'administration intelligente en persistant à maintenir cette licence? C’est cependant ce qui arrive dans les trois quarts des cas.
Le professeur Foerster, de Zurich, en Suisse, illustre de façon saisissante ce que l'alcoolisme coûte à l'Etat.
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Une femme, née en 1740, Ada Jurke, alcoolique invétérée, mourut au début du siècle dernier, laissant sprès elle une nombreuse famille. Le professeur a eu la patience de reconstituer l’histoire de cette descendance. Il résulte de son étude très consciencieuse que 142 descendants de cette alcoolique ont été vagabonds, vivant de rapine et de mendicité ; 64 ont été soutenus par le bureau de bienfaisance ; 184 femmes ont mené une vie publiquement infâme; 76 ont été condamnés pour différents délits et 7 pour assassinats.
Cette territle engeance, soutenr< par la charité publique, hospitalisée dans les prisons ou dans les établissements de fous, aurait coûté en soixante-quinze ans, au gouvernement suisse, la somme de plus de 81,200,000. Quelle perte !
Chacune de nos villes de la province de Québec ne compte-t-elle pas quelques familles alcooliques que l'Etat est forcé d’hospitaliser dans ses asiles d’aliénés ou ses prisons ?
Je connais, dans une petite ville qui n’est pas à cent lieues de la capitale provinciale, une famille composée du père, de la mère, et de sept enfants. Le père et la mère, enfants et petitsenfants d’alcooliques, sont des dégénérés. N l'un ni l’autre n’ont jamais gagné assez pour payer leur nourriture. Leurs sept enfants sont des infirmes et des idiots. Depuis bientôt vingt ans la Conférence Saint-Vincent de Pau de cette petite ville a cette famille à ses charges.
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