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après cette formalité remplie, ils continuent à lui donner de la boisson voyez un avocat et poursuivez-les. Les tribunaux peuvent les condamner à vous payer jusqu’à 8500 de dormmages.
Je connais des femmes à qui ce moyen énergique a rendu de grands services.
Evidemment, il y a certaines précautions à prendre pour que cet avis soit donné selon toutes les formes. Ainsi il doit être signé en double et signifié au vendeur de boisson par un huissier de la Cour Supérieure. Quant à la forme à donner à cet avis elle est des plus simples et n’importe lequel de vos voisins un peu dégourdi peut le rédiger facilement.
Cet avis est bon pour un an.
Un sombre tableau
Les alcoolisés remplissent les asiles d’aliénés, les hospices et les établissements de bienfaisance, les prisons et les pénitenciers ; leurs enfants peuplent les orphelinats et les maisons de correction, les hôpitaux d’enfants, les écoles de réforme et les asiles de l’enfance abandonnée. Ce sont les alcoolisés et leur descendance qui fournissent les chiffres croissants des suicides, des délits et des crimes, des cas de folie et d’épilepsie, des accidents de toute nature et des maladies les plus diverses.
| Une vieille légende
} Je résume la légende suivante de Léon Tolstot, pour le bénéfice de mes lecteurs.
Un homme vivait dans la solitude.
Poussé par une espèce de vanité, il défia un jour le roi des enfers. Il paria avec lui qu'il ! ne le laisserait pas entrer volontairement dans É sa demeure. {
Le solitaire poussa l’imprudence jusqu’à promettre à Belzébuth de lui obéir aveuglément b s’il s’introduisait dans sa solitude. |
Le diable, qui a tant de tours dans sou sac, É se transforma en un corbeau blessé. Tout ; penaud, il frappa de ses ailes ensanglantées à 4 la fenêtre de la cabane du solitaire. 4
Celui-ci reconnut l'esprit du mal, mais, pris de pitié, il ouvrit la fenêtre et laissa entrer le 4 corbeau. jt
Une fois dans la place, le diable se montra k | bon prince et donna trois jours au solitaire pour commettre un des trois péchés suivants : l’assassinat, le vol ou l'ivresse.
Le malheureux fut bien perplexe. Il en perdit le boire et le manger pendant ces trois jours.
Le délai donné par Belzébuth expiré, le solitaire fut bien obligé de faire son choix. Il opta pour l'ivresse « Si je m’enivre, se dit-il, je ne ferai au moins du mal qu’à moi-même ».
Alors le rusé lui versa un breuvage perfide.
Complètement ivre, le solitaire se rendit au village voisin. Là, il chercha chicane à une
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brave femme. Il lui enleva toute sa petite fortune. Le mari entrant, sur les entrefaites, à son logis, lui demanda raison de sa conduite. Le solitaire, au paroxisme de la colère, l’assomma à l’aide d’une pierre énorme. Il avait donc commis les trois péchés à lu fois : l’ivresse, le vol et l’assassinat.
Cette allégorie résume admirablement les méfaits de l'alcool. L'histoire du solitaire russe, n'est-il pas vrai, se reproduit tous les ;ours.
La statistique criminelle démontre que les trois quarts des crimes se commettent sous l’influence de la boisson. Il a été constaté, par contre, que dans la plupart des états de l’Union américaine, où la fabrication et la vente de l’alcool ont été prohibées, le nombre des crimes a considérablement diminué ; les vols y sont rares, les brigandages presque inconnus et les prisons à peu près vides.
Malédiction pour sa famille
Pour sa famille, l’alcoolique est une malédiction. Non seulement il fait un enfer de son intérieur, mais ses descendants dégénérés sont une menace permanente et un péril certain pour la société.
Tout a été dit sur les maux engendrés par l’alcoolisme, et, néanmoins, l’opinion publique n’en est pas encore assez pénétrée.
Lester.
Un homme désappointé
Un homme désappointé par le temps qui court c'est M. XXX qui exerce un commerce assez lucratif dans la petite ville de B.
La cigale du bon LaFontaine dansait tout l'été. M. XXX, lui, danse tout l’hiver. Quand je dis que M. XXX danse, je me sers d’une façon de parler. Comme son industrie s'exerce en été, M. XXX a tout l'hiver pour se reposer, Or savez-vous à quoi M. XXX a employé ses loisirs cet hiver? Tout simplement à asseoir les bases d’un commerce très payant. Mais comme M. XXX est le désintéressement même ce n’est pas pour lui qu’il a travaillé. C’est pour son deuxième voisin. Et quel est donc ce nouveau commerce dont M. XXX vient de doter sa ville natale? (C’est tout simplement un débit de boisson.
Or, dans la petite ville de B., il y a un noyav de tempérants actifs et dévoués à la cause.
La plupart de ces bons citoyens étaient depuis plusieurs années les clients de M. XXX. Evidemment, les agissements du prospère commerçant au cours de l’hiver neleur avaient pas plu. Ils s’entendirent pour lui donner une bonne leçon.
Le ler mai au matin, quand M. XXX, tout pimpant, regaillardi par un hiver de repos, vint offrir ses produits à ses anciens clients, ceux-ci, la bouche en cœur, répondirent :—Merci, M.
XXX, nous achetons cette année de M. ZZZ.
Repassez l’année prochaine, peut-être vous encouragerons-nous. Cela dépendra.
M. XXX jura, mais un peu tard, qu’on ne le prendrait plus.
La liberté de s’empoisonner
On dit à ceux qui font la guerre à l’alcool :
—Que faites-vous de vos principes de liberté ? Si tel individu veut s’abrutir, s’il veut oublier les chagrins qu’il peut avoir en les noyant dans l'alcool, de quel droit voulez-vous l’en empêcher ?
Minute.
Si le même individu a la fantaisie d’absorber un petit verre d'acide prussique, dont une goutte suffit pout tuer instantanément je ne sais combien de bestiaux, je respecte sa liberté, car il ne fait tort qu’à lui-même.
Il n’en est pas de même du citoyen qui se livre à l’alcool : car, tout en se détruisant luimême à petit feu, il devient un danger pour la communauté, pour ses voisins qu’il querelle sur la rue, rour sa famille dont il transforme la vie en enfer, pour le premier passant venu contre lequel—un jour qu'il sera intoxiqué—il jouera couteau ou du revolver.
La liberté de boire du poison finit pour les uns où le droit d’être en sécurité commence pour les autres.
— #5 — Quelques problèmes
Lorsque j'étais sur les bancs de la petite école ou du collège, je n’ai jamais eu de prix d’arithmétique, pas même d’accessits. Depuis que j'ai laissé le collège, n’ayant pas l’occasion de pratiquer, je suis devenu d’une faiblesse désespérante en fait d'additions, de soustractions et de multiplications. Quant aux divisions, je ne vous en parle pas: elles ont toujours fait mon désespoir, au collège comme dans le monde.
C'est vous dire que j'aime autant scier du bois franc que de faire des problèmes d’arithmétique.
Savez-vous que mon aîné m’a souverainement intéressé l’autre jour avec des problèmes donnés par son professeur d’arithmétique ?
Je ne m'était jamais figuré que de simples problèmes d’écoliers de troisième pouvaient avoir autant d'intérêt.
Voyez plutôt.
Un père de famille boit en moyenne trois .
verres de boisson par jour à dix centins le verre. Quelle somme aura-{:il dépensé inutilement au bout de l’année ?
Le bonhomme : trouvé la réponse suivante :
Ce* père qui, probablement, ne se croit pas du tout alcoolique et encore moins ivrogne, a gaspillé dans son année #109.50.
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Ce problème en appelait un autre. Je me suis demandé combien cette somme de 8109.50 déposée à la Caisse d'Economie aurait rapporté en une année, À trois pour cent. J'en suis arrivé au résultat suivant : #3.28. C’est donc #112.78 que ce père de famille a enlevé à sa femme et à ses enfants, en une seule année, pour satisfaire sa honteuse passion.
Voici un autre problème qui est tout aussi caractéristique :
Une livre de viande équivaut en qualité nutritive à cinquante gallons de bière ou de vin ; la viande vaut 80.15 la livre ; la bière 80.40 le gallon et le vin 81.20. Etant donné qu’une famille mange quatre livres et demie de viande par jour, combien faudrait-il de bière ou de vin pour égaler en nourriture ces quatres livres et demie de viande et quel en serait le coût ?
Lisez bien la réponse à ce problème.
Il faut 225 gallons de bière ou de vin pour égaler en valeur nutritive une demi-livre de bœuf !
Or quatre livres et demie de viande au prix de #0.14 coûtent 80.63, 225 gallons de bière coûtent 890 et 225 gallons de vin coûtent 8270.
N'est-ce pas qu’il y a des problèmes de règles simples intéressants même pour les non initiés ?
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Le sermon du mendiant
Un pauvre vieux mendiant, déguenillé et sale, regardait, avec deux yeux d'envie, à travers les glaces d'un restaurant à la mode d’une de nos grandes villes.
Deux jeunes gens, attablés à l’intérieur, devinèrent tout ce qui se passait dans l’âme du miséreux. Ils se dirent en riant :—Faisons entrer le bonhomme et offrons-lui un coup !
Le vieux ne se laissa pas prier. Il avait faim, mais il aimait encore mieux boire.
Tandis qu’il remplissait son verre d’une main tremblante, un des deux écervelés lui dit :— Faites-nous un sermon !
Le vieux avala son coup d’un trait et se redressant, il se tint debout devant les jeunes gens, avec une dignité et une grâce que ses haillons et sa saleté ne parvenaient pas à déguiser complètement.
—Messieurs, dit-il, en vous regardant et en me regardant moi-même, il me semble que je contemple ma virilité perdue. Ce visage décomposé était autrefois beau et jeune comme le vôtre ! Ce corps débile avait une noble attitude comme le vôtre! J'avais une maison, des amis, une belle position ; j’ai tout perdu. J'avais une femme aussi belle que le rêve d’un artiste ; j'ai laissé tomber dans mon verrela perle précieuse de son honneur et de sa dignité ! J'avais des enfants beaux comme les fleurs du printemps! Je les
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ai vus se faner et mourir sous les malédictions d'un père ivrogne !
Et la voix entrecoupée par les sanglots, il ajouta :
—Aujourd'hui je suis un mari sans femme et un père sans enfants, un malheureux sans demeure, chez qui tout bon sentiment est mort ... Tout, tout, en moi a été englouti par le gouffre de la boisson.
Le vieux cessa de parler. Le verre tomba de ses doigts sans force et se brisa en mille morceaux sur le parquet.
Lorsque les deux jeunes gens revinrent de l'ébahissement où les avait plongés le sermon du misérable, celui-ci avait disparu.
Entre médecin et malade
Le malade—Docteur, voilà deux ans que vous me traitez pour des maux d'estomac, pour la goutte et pour une maladie de foie, et je ne suis pas encore guéri. Ne pourriez-vous pas couper le mal à la racine ?
Le docteur—Vous me permettez un traitement radical ?
Le malade—En doutez-vous ?
Le docteur (brisant les bouteilles à coups de canne)—Voilà ! dans quinze jours vous seres guéri !
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L'alcool réchauffe-t-il ?
Ceux qui en usent dans la froide saison prétendent que oui. Leur opinion n'est-elle pas un peu influencée par le plaisir qu'ils éprouvent à en boire? Ceux qui suivent un peu les journaux n'ignorent pas que 95 sur 100 des personnes trouvées gelées avaient pris de l'alcool pour se réchauffer. Tout récemment encore, dans un journal de Québec, je lisais le faitdivers suivant :
« Un nommé F. s’est gelé À mort dernièrement à la gare de Stanfold.
«F., après avoir pris quelques consommations avec un ami dans un hôtel situé près de la gare de Stanfold, quitta précipitamment le bar en disait qu’il allait prendre le train.
« Son compagnon essaya de lui faire comprendre qu'il n’y avait aucun train en partance. Sans l’écouter, F. se rendit à la gare.
« Comme on ne le voyait pas revenir, on s’imagina que le disparu s'était couché dans la salle d'attente et l’on ne s’en occupa plus.
« Quelle ne fut pas la surprise de M. D. R.
employé du Grand-Tronc, quand il vit un individu appuyé sur le mur de la gare et semblant attendre. Sa surprise redoubla quand il le toucha et s’aperçut qu'il était gelé et droit comme une barre.
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« L'infortuné avait les pieds et les mains gelés ainsi qu’un côté de la figure. On s’empressa de lui donner les soins les plus urgents, puis de le transporter dans sa famille, où il mourut trois jours après ».
Si l'alcool réchauffe comment se fait-il que ceux qui en boivent se gèlent plus souvent que es abstinents ?
Le buveur qui prétend qu'il a plus chaud après avoir bu un coup qu'avant a raison. Mais voici comment cet effet se produit.
L'effet presque instantané de l'alcool est de faire battre le cœur plus rapidement, ce qui accélère la circulation et porte une plus grande quantité de sang chaud vers lu surface du corps. Pour l'instant la surface du corps est réellement plus chaude. On n’a qu’à appliquer un thermomètre à l’épiderme pour s’en convaincre.
Les sensations de chuleur qu’éprouve le buveur ne sont donc pas illusoires.
Cependant, le corps dans son entier est plus froid qu'avant pour deux raisons : 1° parce que la présence de l’alcool dans le corps retarde l’oxygénation des substances qui produisent la chaleur animale et détermine presque immédiatement une diminution de cette chaleur ; 2° parce que la poussée extraordinaire du sang vers la surface, suivie d’un plus grand rayonnement de la chaleur, en détermine la déperdition sur une plus grande échelle.
Et ceci n'est pas purement théorique. De nombreuses expériences scientifiques ont démontré que la présence de l'alcool dans le corps diminue la chaleur animale.
Le docteur Tscheschechin, savant russe, à constaté qu’un peu d'alcool délayé, injecté dans le corps d'un lapin, en abaissait la température de 39°2F.à 37° 2 F.,, tout en accélérant la respiration et la pulsation. Au bout d’une heure la température s’écait abaissée à 35° 7.
Le docteur Binn, de Bonn, nous donne le résultat de 49 expériences faites sur des hommes et des bêtes. Il affirme que dans tous les cas, la présence de l'alcool dans le corps en a fait baisser la température.
Le « Chicago Medical Journal » rapporte deux expériences faites sur un individu qui avait absorbé quatre onces de whisky. Au bout d’une demi-heure, la température de la bouche avait baissé de 98% à 97%4°°, bien que la pulsation se fût accélérée. Mais l'expérience fut gâtée par le sucre qu'on avait mis dans le whisky, le sucre étant une des meilleures substances colorifiques.
Egalement, on a démontré en maintes et maintes occasions que l'alcool loin de réchauffer était nuisible et souvent fatai dans les pays froids.
« Je suis convaincu, dit sir John Richardson, explorateur arctique, que l'usage de l'alcool diminue le pouvoir de résister au froid. Beau-
coup de nourriture et une bonne digestion sont les meilleures sources de la chaleur animale ».
Le docteur Rae, autre explorateur arctique, dit: « Aussitôt qu’un homme avait pris de l’alcool, on pouvait compter que son travail était presque fini pour la journée. Pour accomplir la tâche du jour, il nous fallait nous abstenir d’en prendre ».
Le docteur MckKinley raconte qu’un parti de vingt-six hommes voyageant l’hiver dans les immenses F'airies de l’Ouest fut surpris par la nuit. Il faisait un froid sibérien. Le médecin qui accompagnait ce parti, sachant le danger qu’il y avait à boire du whisky, conseilla à tous les hommes de s’en abstenir. Laissons lui raconter ce qui arriva.
« Je n’en pris pas une goutte, Carter et Finley, non plus. Nous ôtames nos bottes et nos pardessus, nous nous mîmes sur la paille et nous nous couvrîmes de nos couvertures et de nos pardessus. Nous sentions le froid mais nous n’en souffrions pas. Clark, Reiïlly et Tanner avaient bien froid et nous les entendîtmes se plaindre toute la nuit. Ils souffrirent beaucoup, mais ne se gelèrent pas; ils avaient bu très peu de whisky. Sept autres hoinmes, qui en avaient bu beaucoup, eurent les orteils et les doigts gelés, mais ils se guérirent au bout de quelques semaines. Six gaillards, qui en avaient trop pris, se gelèrent affreusement et portèrent toute leur vie les marques de cette
nuit; tandis que trois autres qui s'étaient saoulés, furent gelés à tel point qu’ils moururent quatre semaines après. Hutchison, McElroy et McAlpin furent trouvés raides morts le matin. Ils s'étaient enivrés ».
Rencontres trop fréquentes
Minuit !
XXX sort de la buvette où il a bu toute la soirée. Il regagne son logis en titubant et en louvoyant. Il cogne du nez contre un poteau de lumière électrique.
—Pardon, monsieur, dit-il) XXX est ivre, mais il est toujours poli.
Afin de ne pas s’exposer à d’autres rencontres inopportunes, il oblique à gauche. Quelques minutes plus tard, il se heurte à un poteau de télégraphe.
—Excusez, madame, fait-il, en essayant de porter la main à son chapeau.
Vingt pas plus loin, troisième collision. Cette fois, le facies du pochard a rudement frotté un poteau de téléphone.
—Mais, sapristil dit-il, découragé, où vont donc tous ces gens? Je vais attendre qu'ils soient tous passés.
Et XXX, philosophiquement, se laisse choir dans la rue.
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