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côté, il reviendra bien vite à de meilleurs sentiments.
Mesdames, ne l’oubliez pas, les buvettes sont les ennemis de votre bonheur. Ceux donc qui propagent les buvettes travaillent contre vous. À vous d’agir en conséquence.
Présent de l'enfer
« Vous êtes un maître bien cruel», vous qui donnez à votre ouvrier un verre de liqueur alcoolique. Cette liqueur ne nourrit point, elle ne fortifie point, elle ne profite jamais, elle nuit toujours: « C’est un présent de l'enfer».
{Vous êtes un ami bien cruel», vous qui régalez votre ami d’un verre de liqueur alcoolique. Cette liqueur ne nourrit point, elle ne fortifie point, elle ne profite jamais, elle nuit toujours : 4 C’est un présent de l’enfer. »
«Vous êtes un père bien cruel», vous qui permettez à votre fils de porter À ses lèvres un verre de liqueur alcoolique. Cette liqueur ne profite jamais à personne ; elle nuit à quiconque commet l’imprudence de la boire : mais elle est surtout fatale à la jeunesse : € C’est un présent de l’enfer. »
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…— 108 — Aveugle et imbécile
Dernièrement, un buvetier rapace attirait chez lui un pauvre garçon de dix-sept ans, apprenti dans une bonne boutique, et le faisait boire à tel point qu’on fut obligé de ramener l'enfant chez son père dans une voiture de place.
Afin de débarrasser la paroisse de ce débit de boisson, on pria le père de déposer une plainte contre le buvetier canaille.
Or, ce père refusa obstinément d'agir. Et savez-vous quelle raison il donna? Il ne voulait pas faire tort au buvetier.
Aveugle et imbécile.
N'allez pas croire qu’il ne s’en trouve pas de ces aveugles au milieu de notre population.
Je sais ici un citoyen prétendu très respectable, assez intelligent, dont les vieux jours sont assombris par l'ivrognerie scandaleuse d’un fils marié et père de famille, Ce pauvre garçon a contracté son vice dans une buvette que j'ai là sous les yeux et que je voudrais maudire devant tous mes lecteurs afin de les en éloigner. Ce fils ivrogne et perdu est encore, chaque jour, l'hôte de cet antre infâme.
Tous les ans, au mois de décembre, le buvetier a besoin de vingt-cinq signatures pour renouveler son certificat de licence. Savez-vous qui signe le premier, ce document diabolique ?
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Le père du jeune homme entretenu dans son vice par le buvetier peu scrupuleux.
Je puis vous affirmer sous serment ce que je vous dis là.
Triste, profondément triste, n'est-ce pas ?
Une enseigne oubliée
On cite des mots célèbres de Mgr Antoine Racine, premier évêque de Sherbrooke. Avant de devenir évêque de Sherbrooke, il avait été vingt-un ans desservant de l’église Saint-Jean- Baptiste de Québec.
Certaines rues de Québec étaient alors infestées de buvettes où on vendait de l’alcool jour et nuit. On peut croire si les désordres étaient nombreux.
Une nuit, M. Racine fut appelé auprès d’un malade dans la partie ouest du faubourg Saint- Jean. En revenant à son presbytère, il voit, couché sur le perron d’une buvette, un malheureux complètement ivre. Il sonne et le buvetier descend ouvrir la porte.
—Monsieur, lui dit M. Racine, en montrant l'ivrogne, j'ai cru bien faire en vous avertissant que vous aviez oublié de rentrer votre enseigne.
Et le futur évêque continua son chemin sans ajouter un mot.
Le sacrifice du dernier verre
Le docteur Legrain, directeur du célèbre asile de Ville-Evrard, de Neuilly-sur-Marne, est un des esprits les plus éclairés de la France qui compte pourtant un si grand nombre de savants et d'hommes de science.
Dernièrement, on demandait au docteur Legrain ce qu’il pense de l’alcoolisme.
« Mais c’est poignant ce que vous me demandez-là, dit le savant. Il est des maux dont l'ampleur est telle qu’on en est comme envoûté et qu’à peine on oserait y penser de peur d’en être malade. C'est plutôt les non-alcooliques qu’il conviendrait d’apprécier, en leur indifférence, en leur impardonnable lâcheté, en leur aveuglement.
« Car ils sont légion les hommes qui, par leur insouciance coupable, autorisent l’extension progressive du fléau. Car ils sont lâches ces gens, sains d'esprit et bien portants, qui n’ont aucune palpitation au spectacle de leurs frères, qui sont tombés si bas et auxquels ils n’offrent pas même le secours de leur exemple, continuant égoïstement à entretenir commerce avec la boisson qui tue.
«€ Car, enfin, ils sont aveugles volontairement, ces gens qui se voilent la face pour ne point voir les misères de l’intempérance et qui, telle l’autruche, la tête cachée sous son aile, ne croient plus au danger parce qu'ils ont réussi à se le
masquer.
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« En vérité, ces gens sont à plaindre plus que les insouciantes victimes de l’alcool.
« Et j'estime que le sacrifice du dernier verre fait plus de joie au cœur, que les stériles jouissances que notre époque un peu décadente nous réserve. Je n'ai pas enccre ré:'ssi à comprendre que l’on pôt, sérieusement, rêver au bonheur de l’humanité, le verre en main ».
Favorise-t-il la longévité ?
L'opinion populaire veut que l’usage modéré des liqueurs faiblement alcooliques, tels que le vin, la bière, etc , favorise la longévité.
On nous signale tels vieillards de 80 et 90 ans qi ont fait usage de boissons toute leur vie, même au point de s’enivrer parfois, et on nous demande avec un air de triomphe si de pareilles épreuves n'établissent pas au moins que les boissons ne nuisent pas à la longévité.
Non, répond M. S.-A. Abbott, ce ne sont là que des exceptions qui confirment la règle. On parait oublier que pour chacun de ces hommes— qui sont doués d’une constitution robuste—on peut en montrer cinquante qui ont indubitablement abrégé leur vie par l’usage des boissons.
Ce qu'elles coûtent
Les partisans des « licences » chantent toujours bien haut qu’elles rapportent de forts revenus aux municipalités.
C'est possible en certaines localités.
Mais ces messieurs oublient toujours de nous dire les dépenses qu’elles occasionnent.
Les journaux de Montréal nous apprennent que le nombre des aliénés dans cette ville augmente dans des proportions alarmantes. Tous les jours le maire est appelé à se prononcer sur le cas de deux ou trois sujets qu’il est nécessaire d’interner aux asiles de la Longue-Pointe ou de Verdun. Chaque patient coûte à la ville, par année, 856 ou $58, selon qu'il est interné à la Longue-Pointe ou à Verdun. Le gouvernement provincial paye une somme égale.
En 1907, Montréal payait pour l’internement de 874 aliénés. En 1908, le nombre d’aliénés saute à 896. Montréal paye donc, chaque année, plus de 850,000 pour l’internement de ses aliénés,
Or, savez-vous quelle est la principale cause de la croissance anormale des cas de folie à Montréal? L'ALCOOL. Les enquêtes approfondies faites par les employés municipaux établissent ce fait amplement.
Comme on le voit, si les « licences » rapportent des revenus aux villes elles sont aussi une forte source de dépenses.
Mangeur d'homme et de force
La lecture de l’attachant ouvrage de M. E.
Z. Massicotte, Athlètes Canadiens-français, m'amène à faire une constatation qui a dû être faite déjà dans bien des pays. C'est que l’ath!étisme et l'alcool ne vont pas du tout ensemble
M. Massicotte fait défiler devant nos yeux une galerie d’une cinquantaine d’athlètes c::nadiens-français, tous d’une force et d’une endurance prodigieuses. Tous ces hommes, évidemmcat, étaient doués d’une force musculaire très grande. Mais ils ne parvinrent à accomplir leurs exploits ou leurs tours qu'après un entraînement méthodique, long et suivi.
M. Massicotte qui a connu personnellement la plupart des athlètes dont il raconte les exploits, prend la peine de déclarer, pour chaque homme qu'il portraiture : « M. X. ne faisait pas usage de boissuns fortes ».
Il va même plus loin. Il signale un athlète qui fit accourir la foule bien des fois pour assister à ses tours vraiment étonnants. Cet homme, gonflé par ses succès, se mit à boire. En quelques années, il perdit sa force et s’en alla mourir alcoolique sur un lit d'hôpital à Vancouver.
Non. Que tous ceux qui ont un effort physique un peu considérable à accomplir occasionnellement ou tous les jours se mettent bien dans la tête qu'ils sont voués à l'impuissance s'ils font usage d'alcool.
Eat AE
L'alcool, au témoignage de tous les médecins d'expérience, n'est pas un producteur de force. L'un d'eux le définit même comme un «€ man- + ur d'homme et de force ».
Une femme énergique
Je lis dans un journal des Etats-Unis l’énergique apostrophe suivante :
€ J'avertis charitablement M. X., hôtelier de la rue B., et M. XX, hôtelier de la rue BB., que s'ils donnent encore de la boisson à mon ivrogne de mari, je leur donnerai chacun une dégelée la prochaine fois que je les rencontrerai.
J'avertis, par la même occasion, tous les hôteliers de la ville qu'ils auront la même chose s'ils donnent ou vendent de la boisson À mon mari.
€ Ainsi que pas un seul de ces messieurs que j'ai déjà averti de vive voix ne soit surpris si quelque bon jour ils dansent au bout de mon fouet.
Signé: MARY DONOVAN.
«P.=—Je pèse 325 livres et j'ai été écuyère pendant douse ans dans le cirque Barnum.
J'ignore si Mme Donovan a eu l’occasion de faire claquer son fouet sur le dos des mastroquets qui saoulaient son mari, mais je ne puis m'empêcher d’applaudir À l'énergie de cette femme de poids.
ER. + ire pete AE en ES
en RE A RM | un 1e diam ed cas car
Youloir c’est pouvoir
Personne ne conteste l’excellence et la nécessité de la réforme de nos habitudes de boisson. Mais chacun fait valoir ses prétextes et ses excuses, car on trouve toujours dans sa position, si mauvaise qu’on la reconnaisse, des motifs pour y persister.
L’excellent « Progrès du Golfe », qui fait si vaillamment à Rimouski le bon combat, donne deux des raisons qu’on donne là-bas pour ne pas changer ses habitudes d’intempérance. A soixante lieues de uistance, j’ai pourtant entendu bien des pauvres victimes de la boisson donner ces mauvaises raisons.
« —C'est trop tard, dira l’un ; je suis trop vieux pour me changer ».
« Trop tard? Parce que votre vie est déjà avancée? Vous tenez donc à mourir dans le vice et dans la honte? Vous avez perdu la meilleure moitié de votre vie, et vous croyez qu’il est de toute néressité de perdre aussi le reste ? Hâtez-vous donc! Plus vous avez perdu d’années, plus il est nécessaire de bien employer celles qui vous restent.
« —C'est plus fort que moi, dit un autre, je n’y puis rien ».
« Voilà la grande excuse! Vous avez donc une bien pauvre idée de vous-même et de la force de votre volonté! Vous êtes à ce point
bn aelsane inrnesres
— In —
faible et esclave d’un penchant dont vous connaissez tous les côtés honteux ! En ce cas, vous avez raison, vous, n'êtes bon à rien !... Vous vous récriez? Alors dites simplement que vous ne voulez pas. Votre volonté est paralysée par un cortège de faux raisonnements.
Ne signez pas
La responsabilité de ceux qui signent des requêtes, ou qui par d'autre moyens favorisent les « licences », est loin d'être enviable. Leur coopération devient si directe et si immédiate, qu’ils sont sur le même pied que les conseillers ei les voteurs.
Ecrire son nom sur une feuille de papier paraît en effet peu de choses à plusieurs. C’est peu de choses que d'écrire son nom sur le dos d’un billet de 81000, mais l’endosseur est vraiment responsable de toute la somme auprès du banquier si le prometteur fait défaut.
Ainsi vous signez une « licence » à un homme que vous connaissez indigne de l'avoir : vous endossez devant Dieu la responsabilité des péchés que vous savez être commis dans cette auberge. Cette coopération au mal est si directe et si grave que le Concile de Montréal enjoint aux confesseurs de refuser l’absolution aux fidèles qui, par écrit ou autrement, persistent à favoriser des aubergistes qu’ils savent être indignes d’avoir une licence.
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#1 — Un mot à Baptiste
—On dirait, dit Baptiste, que pour vous il n’y a à l’hôtel de ville que la question de tempérance, Toutes les autres questions vous semblent secondaires.
—Mon cher Baptiste, la tempérance est une question morale en même temps qu’une question municipale. Sur les questions municipales, les contribuables ont le droit de se diviser. Ainsi personne ne peut vous empêcher d’être en faveur de l’administration actuelle pas plus qu’on ne peut blâmer votre voisin de lui être opposé.
Maïs sur les questions de morale les bons citoyens ne peuvent se diviser. Ils doivent être tous du même côté, et du bon côté.
Voilà pourquoi nous demandons à chaque candidat son programme sur la question des licences. Si le programme de chacun est acceptable, qu’il soit pour ou contre l’administration actuelle, la chose nous importe peu.
On ne devrait pas méler la tempérance aux questions municipales, disent souvent les partisans des licences.
Fort bien. Que tous les candidats, qu'ils soient du parti au pouvoir ou du parti oppositionniste, aient un programme commun et acceptable sur la question de tempérance, et nous serons fier de la maintenir bien audessus des mesquins intérêts de partis ou de clans.
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Les fruits de la buvette
Les gouvernements de tous les pays, pour encourager l’agriculture, l’industrie ou les arts, subventionnent largement les expositions. On voit dans ces espèces de foires les produits agricoles, industriels, etc., ete., de chaque nation.
M. l’abbé Muliais a eu une idée assez originale. 1l suggère une exposition universelle des produits... de la buvette.
M. l’abbé Mullais expose comme suit son idée :
«On y verrait de lamentables choses. Au premier rang devrait figurer une collection de pauvres femmes au visage triste et décharné, aux yeux creusés par la douleur. A côté, une multitude de petits enfants couverts de haiïllons, criant : « Du pain, mère! j’ai faim!... Oh mère ! que j'ai froid !
« Et chaque malheureuse mère répondrait :
« Mes pauvres petits chéris, je n’ai pas de pain à vous donner !... Je n’ai pas de bois non plus pour vous faire du feu ».
« Ce serait affreux, et c’est, hélas la triste réalité.
« En face, ce serait une collection d'hommes ayant, jeunes et vieux, une figure hébétée, les yeux ternes et égarés, et enfin une haleine puant l’alcool. Dans leurs traits, il n’y a presque rien de l’homme ; dans leur esprit, il n’y « qu’une seule pensée, retourner à la buvette, À cette buvette qui ruine la famille et qui abrutit l’ivrogne.
« Aux deux extrémités de l'exposition, il y aurait : d’un côté, un hôpital et une prison ; de l’autre une maison d’idiots ou d’aliénés, et un cimetière avec des fosses ouvertes prêtes à recevoir leurs proie.
« Dans un coin se trouverait un groupe de buvetiers proférant ces séduisantes paroles: Il faut bien que tout le monde vive !...
« Oui, il faut que tout le monde vive ! et c’est ce qui vous condamne malheureux ! Il faut que les femmes et les malheureuses mères de familles vivent. Il faut que les vieillards aient du pain, ainsi que les petits enfants. Vous prenez le pain de la mère, de l’enfant et du vieillard ; vous détruisez la santé et vous dégradez l’âme de l’ouvrier ; d’un homme laborieux vous faites un être avili, car ce n’est plus un homme que l’ivrogne. Un homme parle, raisonne, marche droit, la tête haute, les yeux tournés vers le ciel ; mais un ivrogne, ça boite, ça déraisonne, ça trébuche et tombe ; ce n’est plus un homme hélas ! ce n’est plus qu’une brute.
Enterrements de vie de garçon
Enterrements de vie de garçon! On pourrait dire souvent enterrements de l'honneur, de la sobriété, du bonheur des familles. Les parents devraient mener une campagne active contre ces enterrements de vie de garçon qui tournent presque toujours en orgies.
Histadess à
S'il vous plaît, mesdames
L'élection municipale du ler février se fera sur une question de tempérance puisque la moitié au moins des candidats s'engagent à diminuer encore les « licences » et à maintenir tous les règlements de tempérance adoptés depuis quatre ans. :
Les dames doivent-elles aller déposer leur bulletin en faveur des candidats de leur choix ?
Pourquoi pas ?
Beaucoup de dames refusent d'aller voter parce qu’elles craignent d’être insultées ou « assermentées ».
insultées ' Certainement, non. On a trop ici dans le peuple le respect de la femme pour l'insulter quand elle accomplit un devoir aussi sacré que celui du choix des mandataires publics. Assermentées ! Les représentants des candidats dont la cause n’est pas bonne et dont l’élection est incertaine abusent quelquefois du droit d’assermenter les voteurs précisément pour empêcher les femmes d’aller aux polls. Pourquoi une femme qui n’a rien à se reprocher ne prêteraitelle pas serment comme son mari, son fils, comme tout honnête homme? La cause qu’elle soutient ne vaut-elle pas la peine qu’elle ignore l’injure du malappris qui lui demande à prêter serment ?
La Constitution de 1791 ne défendait pas aux femmes de prendre part aux élections politiques. Le vote était alors € ouvert », c’est-à-dire qu’on nommait le candidat pour lequel on votait. Le
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poll était souvent le théâtre de prises de becs désagréables, de chicanes dangereuses. Nos grand'mères n'en exerçaient pas moins leur devoir d’électeur. Elles se rendaient au poll sans forfanterie mais avec conviction. M. David cite quelque part le cas de la mère du premier Papineau qui, à un âge relativement avancé, ne craignit pas de passer à travers une bagarre pour aller voter en faveur du fils qui faisait son orgueil.
Les bagarres électorales, grâce à Dieu, sont disparues de nos mœurs. Les salles de polls sont aujourd’hui comme des salles de prétoires : calmes, tranquilles, silencieuses, L’électeur, homme ou femme, peut y aller sans crainte.
Les élections municipales ont, cette année, un caractère qui devrait engager toutes les femmes à y prendre part. Dans quelques quartiers on fait la lutte à certains candidats à cause de la part importante qu’ils ont prise à la réglementation du commerce des boissons.
La femme et ses enfants sont les victimes accoutumées de ce commerce maudit. Les trois quarts des suppôts de buvettes sont des êtres qui font mourir leurs femmes et souffrir leurs enfants.
Mesdames, s’il vous plait, quand vous irez déposer votre bulletin, si votre mari n’est pas un pilier de buvette, si vos fils sont sobres, soyez généreuses : pensez à vos sœurs que les débits de boisson font pleurer et souffrir.
Pendant l'hiver
Travailleurs ! s’écrie l’excellente petite revue «La Tempérance », quand vous grelottes au froid, seriez-vous satisfaits qu’on logeât un charbon rouge dans votre main? Assurément, vous auriez une sensation de brûlure ; mais la température de votre organisme n’en serait pas plus élevée. Il en va de même quand vous ingurgitez un petit verre, le matin.
L'alcool vous ronge à l’intérieur, comme de l’acide et brûle l’estomac, c'est vrai; mais il n’augmente pas la chaleur générale du corps.
Vous répliquez : —Après boire, nous avons chaud à la figure.
—Qu'est-ce que cela prouve? Si une chaudière lâchait toute sa vapeur à travers des tuyaux brusquement dilatés par accident, ces conduites seraient soumises à une température excessive, mais la chaudière elle-même, en se vidant, se refroidirait.
Le corps humain présente un phénomène analogue, après l'absorption des spiritueux.
L'alcool paralyse certains nerfs qui devraient resserrer les vaisseaux sanguins de la peau.
Alors le sang afflue dans ces canaux élargis. Aussitôt on éprouve une sensation de chaleur au visage, par exemple ; mais le corps lui-même, la chaudière vitale, se refroidit, car l’air abaisse la température du sang, qui monte en trop grande abondance à la surface de l’organisme ; et le thermomètre en fait foi.
Intéressante comparaison
Il y a soixante-dix ans, un jeune Anglais, désirant prendre une police d'assurance sur la vie, s’adressa à une grande compagnie de Londres. Quand on apprit qu'il ne faisait aucun usage de boisson on lui dit qu'il devait payer une prime supplémentaire, car on croyait alors qu’un peu de whisky ou de vin était bon pour la santé, et qu’un abstinent ne vivait pas aussi longtemps que celui qui buvait raisonnablement.
Le jeune homme avait des capitaux, de l’intelligence et de l’activité. Ses études et ses observations l’avaient convaincu que l'alcool, loin de prolonger la vie, conduisait rapidement à la tombe ceux qui en usaient. Il se décida à fonder une compagnie d’assurance qui ne prendrait des risques que sur les personnes qui ne buvaient pas. Cette compagnie prit le nom de United Kingdom Temperance and General Provident Institution.
Pendant les dix premières années de son existence, la nouvelle Cie d’assurance n’assura que les abstinents. Puis, comme elle voulait développer ses affaires, et qu’en Angleterre alors... comme aujourd'hui, les abstinents sont plutôt l'exception, elle ouvrit un nouveau département qui assura les buveurs modérés.
La United Kingdom Temperance and General Provident Institution a pu, pendant soixante
ans, constater qui de ses détenteurs de polices mouraient le plus tôt — ceux qui ne buvaient pas du tout ou les buveurs modérés. Elle a trouvé que, en proportion, il y avait beaucoup plus de décès chez ceux qui buvaient que chez les abstèmes. Parmi les détenteurs de polices âgés de quarante à cinc 1ante ans, le nombre proportionné des décès était même plus grand que parmi ceux de tous les autres âges.
Pour donner des chiffres exacts, voici correctement la proportion établie par la United Kingdom Temperance and General Provident Institution. Elle a trouvé que sur cent décès calculés de buveurs, il y a quatre-vingt-treize décès, tandis que chez ceux qui s’abstiennent d'alcool, il n’y a que soixante-dix décès sur cent calculés.
La Sceptre Life Insurance Co., une autre compagnie anglaise, a fait une expérience tout aussi concluante pour démontrer que les abstinents vivent plus vieux que les buveurs même modérés. Pendant plusieurs années, cette Cie s'est fait une spécialité d'assurer les membres du clergé des différentes dénominations religieuses. On sait que les membres du clergé en général sont abstinents. Elle constata tout de suite une différence considérable dans la mortalité de ses assurés.
Que ceux donc qui veulent mourir vieux se hâtent de prendre la tempérance absolue. Ils auront là un certificat de vieillesse.
Mentalité peu relevée
S'il faut en croire un journal que j'ai sous les yeux, M. X. conseiller municipal à F., aurait donné les raisons suivantes pour accorder une nouvelle licence de buvette :
« S'il fallait ôter les licences à tous ceux qui vendent de la boisson à des mineurs ou le dimanche, il ne resterait plus de licence à F.»
Si M. X a réellement prononcé ces paroles, il a manqué une magnifique occasion de se taire.
Un conseiller de ville qui sait qu’un porteur de licence vend à des mineurs ou le dimanche a sa ligne de conduite toute tracée : il doit enlever la licence à cet hôtelier ou à cet épicier. S'il agit autrement, il manque gravement à son devoir.
Le fait que tous les hôteliers de la ville vendraient le dimanche ou aux mineurs ne l’excuserait pas de fermer les yeux ; au contraire, son devoir serait encore plus impérieux puisque le mal serait plus grand !
Mais, malheureusement, un grand nombre d’échevins et de conseillers municipaux n'’envisagent les « licences » qu’au point de vue des revenus qu'elles donnent au trésor municipal. Ceux-là, ne nous gênons pas de le dire, ont une bien triste conception des devoirs de leur charge.
Aux dépens de tout le monde
Il existe, dit le « Bien Public », certains foyers qui n’exhalent que le relent du vice, la misère paresseuse et lâche, et ces foyers de larmes et de tristesse sont le plus souvent ceux de l’ivrogne, qui nourrit sa hideuse passion aux dépens du bien-être de sa famille, qui vit dass les dettes, et boit aux dépens de tout le monde.
« Aux dépens de tout le monde! Et combien cela est terriblement vrai. Le malheureux qui fait la ronde des buvettes, les vendredis et samedis soirs, y distribue largement et sans compter, le prix de ses heures de travail ‘: la semaine. Il paie comptant, car le bustier ne tient pas de livre et ignore les désenchantements et les surprises du crédit. Le buveur qui fait la noce se donne des faux airs de libéralité qui font les délices des amis d'occasion. Dans l’exaltation d’un commencement d'ivresse, il entend le murmure assourdi da sa louange : quel bon garçon, vrai, le cœur sur la main.
«Oh! oui, parlons-en de ce cœur. Sur la main de l’ivrogne, le cœur n’est pas à la bonne place. Il est souillé trop librement de promiscuités infâmes et avilissantes, et lorsqu'il laisse cette pauvre loque de cœur sur un comptoir avec son dernier dix sous, il se traînera vers son logis, la main libre alors, libre pour toutes les brutalités qu’il réserve à la pauvre femme en pleurs et aux petits sans pain ».
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