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LA FRANCE ET LES POSSESSIONS FRANÇAISES

PARIS, l0 10 Février 1902.

T/. C.-. Vén.*.,

bien vouloir faire parvenir, dans le plus -Président du CONSEIL DE L'ORDRE, Sénateur , à PAPvIS I 13® arrondissement I , les noms et 3sion de restaurateurs, aubersistes, liTnoui pourrait être fait, pend&nt la période ux. Il serait indispensable d'' indiquer, en conviennent â chacun d'yeux, car il sera pos— icains, depuis LS SIÈCLE, jusqu'à LA LANTER- ÉPUBLIQUE.

vpont être faits que là où ce mode de propaer uniquement sur les circonscriptions ou il

lu P.*. DELPECH les faits précis que vous con- |ir l'attitude des Préfets ©t Sous-Préfets

■oir tous ces renseignements a.u plus tôt, .3S remercieroents, l'assurance de nos senti-

'ésident du CONSEIL dg l' ORDRE, F. DESMONS.

lusieurs Loges, il serait bon que les Véru\ • doubles emplois dans les divers renseigna—

« Arbola les assiduités de certains personnages « suspects auprès de M. Jaurès, député de Gar- « maux, qu'il faudrait mettre en garde contre « de telles fréquentations. D'autant plus que « M. Jaurès est sur le point de se faire rece- « voir F. -.-M.*. .

« Le F.-. Delpech signale ce propos tenu par « le recteur Perrot à un citoyen qu'il soupçonce naitF.-.-M.". et qui lui affirmait qu'il ne l'était « pas :

« Je vous félicite de ne pas faire partie de « cette bande de fumistes. » Il ajoute qu'il y a « à Cherbourg un professeur de philosophie, « Fonsegrive, protégé de l'inspecteur général « Lachelier, un clérical, qui a eu l'audace de « combattre, dans la Gazette de France, l'ensei- « gnement laïque. Menacé par le F.'. Bourgeois, « ministre, il fut défendu par les inspecteurs « généraux.

« LeF.'.Diimeste: Dans les Hautes-Pyrénées « qui dépendent aussi de Facadémie de Tou- « louse, il existe un profond découragement. « Le préfet n'est pas hostile à la F. -.-Mac.'. , « mais il est allié à une famille réactionnaire et « il manque absolument de caractère. Les cléri- « eaux ont une grande influence sur lui; on a « déplacé le sous-préfet d'Argelès, fonction-

« iiaire républicciin et énergique qui gênait la « réaction, de même le secrétaire général de la « préfecture. Tout ce qui gêne les cléricaux est « écarté. A Bagnères, le F.*. Francière, sous- « préfet, avait fait d'excellente besogne ; il est « remplacé par le F.-. Talou, mais dans l'inter- « valle est arrivée l'élection Baudens, F. '.-M.'. « renégat, qui a chez lui une chapelle et un « chapelain. L'inspecteur d'académie Bourdel, « clérical, un professeur Gapin, clérical et « ivrogne combattent les F. -.-M.'. . La direc- « trice du collège de jeunes lUles marche sur « leurs traces, quand elle n'est pas ivre elle est ft à l'église; le collège se dépeuple, sur 52 cours « qu'elle a à faire, elle en a fait 3.

ce A Lourdes, il y a la question du fort qui « n'est pas encore tranchée, malgré les efforts « du président du Conseil de l'Ordre et les pro- « messes du ministre. Les cléricaux arrêtent « l'exécution de toutes les décisions.

« Le F.*. Virjuier fait remarquer que la dé- « cision est rendue, et qu'elle sera forcément « exécutée; s'il est nécessaire il ira de nouveau « au ministère pour vaincre l'inertie des bu- « reaux.

« Le F.'. Diimcste signale encore rhostihté « d'un chef de division, qui est le véritable

« préfet des Hautes-Pyrénées, dont on ne peut « se débarrasser et qui arrête tout ce qui est « favorable aux républicains. De là un grand « découragement.

« Il y avait aussi un sous-intendant, inca- « pable, mais très clérical, dont on a dû brûler « le travail de mobilisation pour le refondre « tant il était mal fait, mais qui suit régulière- « ment les processions. Souffleté par une dame (( qu'il avait offensée en chemin de fer, il fut « déplacé par mesure télégraphique. Cet indice vidu revient aujourd'hui à Tarbes grâce aux « influences cléricales. Chargé du service des (( fourrages, il a une action considérable sur c( un pays qui alimente trois ou quatre corps « d'armée. »

J'ai fait imprimer ce fatras pour vous faire pénétrer dans l'intimité du Conseil de l'Ordre et vous montrer de quoi s'occupent, en leurs conciliabules secrets, les hiérophantes chargés de diriger la Franc-Maçonnerie, institution éminemment « philosophique », dit l'article premier de la Constitution du Grand-Orient de France.

Tout cela se terminait par des dénonciations que les parlementaires du Conseil de l'Ordre se chargeaient de transmettre aux ministres compétents.

Un grand nombre de travaux de délation occupèrent, depuis cette époque, l'administration centrale de la maçonnerie. De 1901 jusqu'à 1904 des fiches furent établies sur vingtcinq mille officiers.

Le 10 février 1902, le Conseil de l'Ordre adressait aux Vén.'. la circulaire que vous pouvez lire pages 120 et 121.

Il y a lieu de remarquer que cette « planche » ne contient pas seulement un appel très net à la délation, mais constitue aussi, dans sa première partie, une preuve nouvelle des étroites relations qui existaient entre le Conseil de l'Ordre et le Ministère de l'Inlérieur, dispensateur des fonds secrets. En effet, les journaux dont il s'agit ne furent pas achetés jtar le Grand- Orient mais les demandes de ces feuilles formulées par les Loges furent communiquées par Delpech au dit Ministère qui les transmit à son tour aux journaux intéressés.

Après les élections de 1902, une majorité plus torte encore étant assurée à la Franc-Maçonnerie et à son parti, on résolut de se livrer avec une nouvelle ardeur à l'espionnage politique. Du secrétariat général du Grand-Orient partit, à l'adresse des vénérables de la Fédération, le questionnaire dont voici l'en- tête :

oO*

i>S^ QUESTIONNAIRE

à retourner (rempli ou non), sans l«Ur« d'envoi, avant le 1" juillet 1902 i M. Delp«ch. s«iateir d« Ykùigt, U, boil. de PtrtRoyal, à Paris (1?).

Département d . .

Arrondissement d.

Ce questionnaire était composé de six feuillets. En tête de chacun d'eux était imprimée l'une des questions suivantes :

1° Quel a été, au cours de la dernière période électorale, le rôle du préfet, du sous-préfet, du commissaire de police et autres fonctionnaires ?

{Donner des faits précis.)

2° Quel a été le rôle des membres du clergé (évêques, curés et moines?)

(Envoyer les mandements intéressants, circulaires et libelles.)

3° Avez-vous à signaler des ecclésiastiques qui auraient tenu, en chaire, un langage contraire aux lois? Pouvez-vous envoyer des déclarations si2:nées?

. 4° Pouvez-vous nous envoyer des numéros de Ln Croix ou autres journaux réactionnaires et cléricaux, des brochures, des manifestes, etc., provoquant à la haine les citoyens les uns contre les autres, en excitant le fanatisme religieux?

5" Signaler les fonctionnaires de tous ordres qui ont des enfants dans des établissements congréganistes ?

6*" Avez-vous des renseignements à fournir au sujet d'établissements congréganistes de lllles ou de garçons où on aurait fait de la propagande en faveur des candidats réactionnaires?

Cette circulaire ne contenait aucune indication de sa véritable origine. En effet, on pensait qu'en étendant ce système de police on accroîtrait les risques d'indiscrétion et l'on voulait éviter que la Maçonnerie fut atteinte. C'est pour cela que, dans un envoi aux Loges, de plusieurs autres documents, enjoignait la note ciaprès, ne portant ni date, ni signature :

Communication confidentielle.

« Au moment où le gouvernement de la République engage contre le cléricalisme et la congrégation un suprême combat, et à la veille d^événements décisifs peut-être, il est nécessaire que tous les républicains s'unissent contre les ennemis de l'intérieur et en première ligne contre les fonclionnaires qui trahissent nos institutions. Le moyen le plus efficace de combattre leur néfaste influence est de signaler leurs actes; aussi, nous vous prions de bien vouloir nous faire parvenir des renseignements très précis sur les fonctionnaires de tous ordres de votre département, qui ont manifesté leur hostilité contre la République et les républicains. Il est indispensable, toutefois, que ces renseignements comportent des faits très précis et très certains. Vous comprendrez combien il serait regrettable de commettre des erreurs en pareille circonstance. D'autre part, on ne peut intervenir utilement si l'on ne possède que des indications imprécises.

Nous faisons donc appel à votre zèle républicain et à votre dévouement pour nous aider dans

une tache qui intéresse à un si haut point l'avenir de la République. »

Cet aperçu rapide et incomplet des travaux « philosophiques et philanthropiques » du Grand- Orient ne vous fera pas souhaiter, je l'espère, l'avènement de M. Combes ou de ses disciples au pouvoir suprême.

Ces affreux bonshommes ont tous, au fond du cœur, le désir inavoué d'être proclamés empereurs, afm de pouvoir nous mener, par la force, dans les voies de la vérité maçonnique.

S'ils étaient un jour nos maîtres, ils rendraient la République haïssable et ne tarderaient pas à rétablir, à l'usage des récalcitrants, le supplice de la question. Croyez-moi, je les ai vus de près ; j'ai sondé leur cœur.

Conseil de l'Ordre et

Grand Collège des Rites

Je vous ai dit que si les circonslances m'avaient obligé à rester au Grand-Orient j'aurais tenté d'exercer mon influence dans le sens du retour de la Franc-Maçonnerie à ses principes véritables. Je dois vous fournir, à ce sujet, des explications et, pour cela, vous donner quelques ' détails sur le fonctionnement intérieur de la Maçonnerie.

Le Conseil de l'Ordre a cela de particulier qu'il ne compte aucune personnalité remarquable, aucun homme de talent. Cela s'explique par le mode de son recrutement. Les membres du Conseil sont préalablement choisis par la région à laquelle ils appartiennent et chaque région se préoccupe surtout d'avoir le plus

grand nombre possible de représentants, sans se soucier de leur valeur intellectuelle ou morale.

Le Conseil de l'ordre, élu pour adminislrer les affaires de la Fédération n'administre rien ; il laisse ce soin au Secrétariat général. Les membres de cette Assemblée, renouvelés par tiers chaque année sont, d'ailleurs, pour la plupart, totalement ignorants des affaires de la Maçonnerie et fort peu désireux de consacrer, aux devoirs de leur charge, un temps qu'ils estiment mieux utilisé à s'occuper de leurs intérêts personnels. Il en résulte que le secrétaire général et son adjoint sont les véritables administrateurs de la Maçonnerie française. En 1904, M. Vadecard s'étant absenté pendant un mois et demi, je ne reçus pendant ce temps que trois visites de M. Lafferre, visites qui durèrent 5 ou 10 minutes, et je ne vis aucun de ses collègues. Lorsque j'eus besoin d'un avis je fus obligé de m'adresser à M. Bouley qui ne faisait pas alors partie du Conseil. Il en était dé même chaque année. Je recevais et ouvrais, sans aucun contrôle, tout le courrier du Grand- Orient de France et y faisais répondre dans les mêmes conditions.

C'est vous dire combien les élus de la Maçon-

nerio ont le souci des inlérêLs qui leup sont conliés. La curieuse circulaire ci-après vous renseignera exactement sur ce point :

GRAND ORIENT DE FRANCE 16, rue Cadet, 16

Liberté - Égalité - Fraternité - Solidarité - Justice

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