AU « JOURNAL OFFICIEL
Or. • . de Paris, le 10 septembre 1D04.
Au T.-, C.\ F.'. Délégué mi Convenu 1904,
par la R.'. L.'.
« Mon T.-. G.-. F.-.,
« En lisant le compte rendu des travaux du « Grand Orient, nous avons constaté que, si « quelques-uns des membres du Gonseil de « rOrdre apportent un zèle tout particulier à « s'acquitter de la lâche qui leur est confiée par
(c nous, il en est d'aiilres qui semblent ne point « avoir compris que la dignité dont ils ont été « revêtus par nos Assemblées générales n'est (( pas seulement honorifique et qu'elle nécessite « l'accomplissement de certains devoirs.
« Notre At.*., constatant que ce sont toujours « les mêmes membres du Conseil de l'Ordre (( qui sont à la peine, a décidé de dresser un « tableau statistique relatant les présences aux c( séances du Conseil et les diverses missions « remplies par les membres du Pouvoir exécutif ft de notre Fédération. C'est ce tableau que « nous avons l'honneur de soumettre ci-inclus, (( à votre attention (1). Il vous servira, nous « l'espérons, à fixer davantage votre esprit sur « les qualités que nous devons rechercher « avant tout chez les FF.*, que nous plaçons à « notre tête.
« Il est, selon nous, absolument indispen- « sable que celui qui sollicite un mandat électif « le remplisse dans son intégralité. Il est inu- « tile d'insister auprès de vous sur cette néces- « site, qui est la base même de toute Société (c démocratique.
« Il nous est très doux de louer particulière-
(1) Voir ce tableau, pages 138 et 139.
« ment nos FF.*. B ouïe y Qi La (Terre qui, clans « les deux dernières années, se sont signalés ce aux premiers rangs par les services qu'ils « ont rendus à l'Ordre. Nos FF.*. Bayle, « Blatin, Bernardin, Comte, Delpech, Lecoq, « Lemaître, Level, Morin, Paillard, Félicien « Paris et SinchoIIe ont aussi, chacun dans « leur région, accompli avec dévouement et (( zèle la mission qui leur a été confiée par « leurs FF.*. Notre At.*. se fait un devoir de « les en louer hautement. Que cet encouras-e- « ment, si modeste soit-il, les engage à persé- « vérer dans la voie qu'ils ont si scrupuleuse - « ment suivie.
« Une des graves erreurs commises, selon « nous, par nos Assemblées générales, est de « nommer constamment, au Conseil de l'Ordre « des hommes poHtiques, députés ou sénateurs, <f sous le prétexte qu'ils habitent Paris. Il sem- « blerait, selon certains de nos FF.*., que « nous ne saurions nous passer de parlemen- « taires ou que ces derniers font de leur élec- « lion au Conseil la condition sine qua non de « l'accomplissement de leurs devoirs maç.*. « Nous estimons, au contraire, que la Francce Maçonnerie est, par elle-même, assez puissante « pour obtenir par son seul crédit et son auto-
« rilépcrsonnellela réalisaLiondeses desiderata, « tous les Mac.*., quels qu'ils soient, devant, « au même titre, y concourir.
« Il importe seulement que les membres du c( Conseil de l'Ordre soient actifs et dévoués à « notre cause.
« Les parlementaires ne sauraient augmenter « ni le prestige ni la force d'une Société aussi « ancienne et aussi illustre que la nôtre.
« En terminant, nous déclarons blâmer, de « la manière la plus formelle et la plus éner- (' gique, l'habitude que l'on a prise d'imposer « aux membres du Conseil des corvées indignes « d'eux et avilissantes pour la Franc-Maçonnerie « tout entière, nous voulons parler des dece mandes qui leur sont adressées en vue « d'obtenir des faveurs ou des décorations.
« Il est nécessaire de réagir contre cet abus « qui, s'il se perpétuait, serait un danger pour « notre Ordre de ce fait qu'il attirerait à lui non « des convaincus et des militants, mais seulece ment des arrivistes et des sceptiques.
« Nous vous soumettons en toute affection « frat.'. ces quelques réflexions et vous prions, « mon T.'. C.'. F/., d'agréer l'assurance de « nos sentiments les plus dévoués.
« Voté par la L.*. dans sa ten.*. sol.*, du
ft vendredi 2 septembre qui en a décidé rim- « pression.
« Par mand.*.
« Le Vén.\
« G.'. Lemarchand. »
La dernière partie de la circulaire de la Loge V Union Socialiste a trait aux innombrables requêtes adressées au Grand Orient par les Loges. En 1904 on en compta environ 1.500, soit cinq par jour. Parmi ces demandes bien peu aboutissent au résultat désiré et cela rend fort difficile la situation du Secrétaire général et du Secrétaire général adjoint, tous deux obligés de recevoir quotidiennement les doléances des solliciteurs déçus. Il est, en effet, impossible de leur dire la vérité, de leur enlever leurs illusions, et, malgré la triste réalité, il faut leur donner l'espoir dans la réussite... prochaine et la confiance en la sollicitude empressée des bons FF. • . du Conseil de l'Ordre. En un mot, il s'agit de mentir avec diplomatie penckmt deux ou trois heures chaque jour et ce sport est, je vous l'affirme, très fatigant.
Ainsi que vous avez pu le voir d'après le tableau annexé à la circulaire de V Union socia-
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