‹ Le Grand Orient de FranceChapitre 5 sur 17 · REPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE FRANÇAISE

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Cette lettre, émaimnl du ministère de la Guerre était adressée au Grand-Orient do France. Il n'y a pas d'équivoque possible. Des correspondances personnelles n'auraient pas été écrites sur du papier de l'Etat ni enregistrées rue Cadet. Au reçu de cette missive, M. Vadecard établit, de sa propre main, la fiche qui fut envoyée à M. Schwérer, de Grenoble, avec prière de la remplir (1) ; M. Schwérer jugeant que cette feuille n'était pas de grandeur suffisante écrivit, sur la note reproduite ensuite (2), les... renseignements qu'il possédait sur le lieutenant-colonel Jaricot et retourna au Grand- Orient cette note avec la fiche de Vadecard. Celle-ci porte le timbre d'enregistrement sur le livre d'entrée de la correspondance officielle du Grand-Orient. Les renseignements demandés le 29 juillet à Grenoble parvinrent rue Cadet le 2 août. Le zèle de M. Schwérer était indiscutable.

Tel était le mécanisme habituel de la délation maçonnico-combiste»

M. Vadecard s'étant absenté pendant le mois d'août 1901 , ce fut moi qui reçus en son absence, en ma qualité de secrétaire général adjoint, la

(1) Voir cliché page 85.

(2) Voir cliché page 87.

correspondance du ministère de la Guerre. Les deux enveloppes reproduites (1) vous le prouveront et vous prouveront aussi que les lettres de MoUin n'étaient pas seulement adressées, ainsi qu'il le prétend dans son livre, « à un correspondant qui, peu à peu, était devenu un ami », mais au Grand- Orient de France dont le secrétaire général était M. Vadecard et, — en l'absence de celui-ci, — M. Bidegain.

En août et septembre 1904 je reçus du ministère de la Guerre, près de cinq cents demandes de renseignements sur des officiers de toutes armes et de tous grades.

Le front bas, les yeux fuyants, de haute taille, avec cette épaisseur de l'ossature, cette lourdeur du corps qu'ont souvent les paysans de rile-de-P"rance, M. Pasquier rappelle l'adjudant stigmatisé par Gourteline sous le nom de Flick. Dénué d'éducation et d'une intelligence plus que médiocre, Pasquier conquit cependant les faveurs de la plèbe maçonnique parce qu'il fut le premier, — avec M. Bergère, ancien secré-

(1) Voir cliclié page SU.

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laire général, — à revêtir son uniforme pour assister, comme délégué, aux Gonvents du Grand-Orient. Les Francs-Maçons, plus que tous autres, ont chez eux le respect des uniformes et des castes.

Pasquier, affamé de popularité, fonda une association d'officiers Francs-Maçons qu'il nomma « Solidarité des armées de terre et de mer » plus connue aujourd'hui sous son nom abréviatif de « Solmer ». Ge groupement était une véritable agence d^espionnage qui existe et fonctionne encore à l'heure actuelle. G'est avec son concours que le célèbre mouchard fournit au ministère de la Guerre, par l'intermédiaire du Grand-Orient, des rapports de police, non pas sur 2^8 officiers mais sur 3,000 environ. Pasquier prétendit, il y a deux mois, qu'il n'accomplit cette besogne que par ordre. En cela il mentit. Jamais l'ancien gardien de prison de la rue du Gherche-Midi n'eut, ainsi qu'il l'affirma, ses libres entrées chez le ministre de la Guerre ou chez le ministre de l'Intérieur et toutes les fiches, qu'il établit lui furent demandées, par le Grand-Orient ou émanèrent de son irVitiative personnelle. D'ailleurs, il serait impossible à cet homme d'appuyer par des preuves ses racontars.

M. Guyot de Villeneuve, lors de son inlerpellalion du 28 octobre, parlant de cet officier indigne, disait: « J'ai là, de lui, sur le général « de Négrier, une note révoltante que je ne « puis lire. » Le Grand-Orient de France eut la sottise de faire authentifier, par Y Humanité, cette fiche que j'avais reçue, de Pasquier, en l'absence de Vadecard. Or, ni M. Yadecard ni moi ne sollicitâmes de renseignements, sur M. de Négrier, du président de l'agence Solmer, et si la fiche en queslion lui avait été demandée par Combes ou par André ce n'est pas à moi qu'il l'aurait remise. C'est donc sans en avoir été prié que Pasquier diffama le général de Négrier. C'est aussi par simple amour de l'art que cet individu, depuis quelques années, espionnait ou faisait espionner ses camarades le plus souvent sans en avoir reçu mandat.

Je tiens à ne pas insister sur cette question répugnante. Je m'étonne seulement que le Franc-Maçon zélé qui détient le portefeuille de la Guerre et le Grand-Orient de France couvrent, avec tant de sollicitude, de leur fraternelle protection, le commandant Pasquier, dont le passé maçonnique lui-même ne fut pas exempt de toute tache.

En tout cas, je suis certain que le Conseil

de l'Ordre ne répondra pas aux deux questions suivantes :

P Pourquoi M. Pasquier, lors de l'Assemblée générale de septembre 1895 fut-il obligé de donner sa démission de membre du Conseil à la suite d'une interpellation de M. Michel, d'Avignon, aujourd'hui député des Bouchesdu-Rhône ?

2° Quels motifs déterminèrent le Conseil de l'Ordre à envoyer aux Loges de la Fédération du Grand-Orient la circulaire suivante?

Circulaire n° 9. — Objet : Au sujet d'une circuhùre envoyée aux Loges par un F.' . pour les intéresser à une affaire de mines d'or.

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