‹ Le Grand Orient de FranceChapitre 8 sur 17 · MINISTÈRE REPUBLIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

MINISTÈRE REPUBLIQUE FRANÇAISE

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a consisté à substituer au mot « franc-maçon » celui de « républicain » ou celui de « librepenseur ».

Dans la séance de la Chambre du l'""" décembre 1904, Lafferre répéta trois fois que j'avais «'dérobé » au Grand-Orient des correspondances privées.

Il existe un volume intitulé Constitution et Règlement Général de la Fédération du Grand- Orient de France dans lequel je trouve, à la page 131, un article 363 ainsi conçu: « Toutes « les pièces de la correspondance, tous les « documents reçus par le secrétariat doivent « être inscrits, au fur et à mesure de leur ré- « cep lion, avec dates et numéros d'ordre sur « un registre d'entrées. » Or, toutes les lettres qui furent lues à la tribune ou publiées dans la presse étaient revêtues du cachet du Grand- Orient et portaient la date et le numéro de leur enregistrement. Gela prouve surabondamment que la correspondance publiée n'avait rien de privé, de personnel, mais était bien une correspondance maçonnique ofticielle.

Cela prouve également que les lettres dont il s'agit ne furent pas adressées à la personne qui a nom Lafferre ainsi que le prétendit, dans la même séance, le Grand iMaitre de la Franc-Maçonnerie, mais à la coUectivilé qui porte la dénomination de Grand-Orient de France.

Je dois rappeler que l'œuvre de délation entreprise par la Maçonnerie s'étendit à 25.000 officiers de notre armée. Ceux qui n'ont pas été nommés encore n'ont donc pas le droit de se désintéresser du sort de leurs camarades. Il s'est trouvé aussi, un jour, près d'eux, un espion hypocrite qui a noté leurs paroles, recueilli des renseignements sur leurs amitiés, sur leurs croyances, sur leurs opinions et qui les a secrètement dénoncés.

Je sais que nos officiers doivent s'abstenir de toute incursion dans le domaine de la politique. Ils ont une mission plus haute, celle de défendre la Patrie contre les ennemis de l'exlérieur. Néanmoins, je suis certain qu'après le scandale qui leur fut révélé, ils sauront aussi, dans l'intimité de la famille, dans le cercle de leurs amitiés, ouvrir les yeux des hésitants, des timides, des ignorants, sur les manœuvres anti-patriotiques de ces ennemis de l'intérieur

qui, assis au foyer de la grande communauté française, travaillent, — inconsciemment, je veux le croire, — à l'affaiblissement, à la diminution de la Patrie.

Le Grand Orient délateur

La Ptépublique maçonnique, la République selon la formule Gombiste, a pour caractère dominant d'évoluer, non vers l'extension de la liberté individuelle, mais vers sa restriction. M. Combes était le type de l'homme politique façonné par les Loges. Se croyant, comme tous ses Frères, détenteur de la vérité intégrale, il voulait imposer cette vérité. Il lui semblait faire œuvre pie en châtiant les hétérodoxes. Les fanatiques de toutes les religions, les vrais cléricaux de tout acabit se ressemblent en cela. Combes, après avoir institué les « délégués administratifs » chargés de surveiller les fonctionnaires, n'aurait pas tardé à étendre les pouvoirs de ces policiers et à faire espionner, sur tout le territoire fiançais, les citoyens assez

dépourvus de vénération envers la République juive pour se permellre de ne pas trouver admirables et excellentes les lois imposées par le Bloc.

Les journaux bénéficiaires des fonds secrets nous auraient ensuite affirmé que c'était là le seul moyen de consacrer à jamais la liberté de penser.

La Maçonnerie, qui est autoritaire par essence, rêve d'un régime césarien où, selon Texpression célèbre d'un Franc-Maçon connu, personne ne bougera plus en dehors des initiés. Ceux qui dirigent secrètement l'Ordre maçonnique ont si habilement pétri les cerveaux de leurs disciples devenus leurs serviteurs inconscients, qu'ils trouveront, dans la Maçonnerie, un instrument admirable pour le Coup d^Etat futur, pour le Coup d'État juif qui consacrera la dénationalisation de notre Pairie et la définitive dépossession des Français de France.

La révélation des fiches vous a édifiés déjà sur le pouvoir occulte de la Maçonnerie et sur l'étrange mentalité de ses adeptes, qui, volontiers, se livrent aux plus répugnantes besognes

— Ho —

afin de servir leur République, de hâter la réalisation de leur idéal politique. L'espionnage est une des conséquences naturelles de l'éducation maçonnique.

Ce n'est pas seulement depuis 1901 que les Maçons se livrent à des travaux de police.

Le service des renseignements fut institué au Grand-Orient vers la fm de 1891. Le 25 janvier 1892, le Conseil de l'Ordre envoyait à ses Loges une circulaire dont voici les passages saillants :

Lorsqu'un fonctionnaire est désigné, par suite de promotion, de mutation ou de toute autre cause, pour exercer ses fonctions dans un autre pays, il est d''un intérêt puissant que la Franc-Maçonnerie sache exactement ce qu'est ce fonctionnaire.

En conséquence, les vénérables des Loges situées dans la ville chef-lieu de l'arrondissement ou du département^ à défaut de Loges dans l'arrondissement, dans lequel ce fonctionnaire était fixé, devront adresser sans retard au Grand-Orient de France, 16, rue Cadet, à Paris, sous pli soigneusement fermé, une note confidentielle renfermant les renseignements aussi précis que possible sur le républicanisme de ce fonctionnaire, son dévouement à l'Ordre, s'il est franc-maçon, son attitude à l'égard de la Franc-Maçonnerie, si c'est un profane, ainsi que les faits à l'appui de ces renseignements.

Il est indispensable que la Franc-Maçonnerie connaisse ses amis et ses adversaires. L'intérêt de

l'Ordre maçonnique, l'intérêt suprême de la République l'exigent.

Nous comptons sur votre absolu dévouement pour assurer l'exécution de ces instructions.

Le 29 mars 1893, le Conseil de l'Ordre, réuni en Assemblée plénière, s'occupait des fonctionnaires qui n'obéissaient pas docilement aux injonctions des Loges.

Le F.*. Dequaire, aujourd'hui inspecteur d'académie à La Roche-sur-Yon, constatait, entre autres choses, dans la région du Pvhône, un changement complet d'attitude, de la part des fonctionnaires, à l'égard de la Franc- Maçonnerie, (c Ceux mêmes qui étaient hostiles, « disait-il, viennent aux conférences publiques « faites par les francs-maçons ou s'y font repré- « senler. C'est le moment, si l'on veut déployer « quelque vigueur, de ressaisir une forte in- « fluence sur le personnel des fonctionnaires. »

Et le F.-. Viguier, en lui répondant, disait avoir pensé depuis longtemps que c'était là le grand ressort à mettre en mouvement. Ici je cite textuellement le procès-verbal de la séance. — (( Il (le F.-. Viguier) a résolu d'agir auprès c( des ministres francs-macons, il a vu notam- « ment les FF.-. Bourgeois et Dupuy, il leur a « demandé de lui donner des indications sur

« leslonctioiinairesdes ministères francs-maçons « qui, comme francs-maçons, pouvaient être « appelés à un moment donné à rendre des « services à l'Ordre. Il les a convaincus de la « nécessité d'agir auprès des autres ministres ft et d'amener le Gouvernement à comprendre « qu'il n'a pour véritables amis et défenseurs « que les francs-maçons et pour pires ennemis « que les cléricaux et les prétendus ralliés. La « lutte est déjà difllcile quand elle se poursuit « avec le concours de fonctionnaires répu- « blicains; comment arrivera-t-on à sauvegar- « der la Piépublique avec des fonctionnaires « hostiles à l'action de la Franc-Maçonnerie ? « Un changement est à espérer, les rensei- « gnements du F.-. Dequaire confirment que « cette espérance commence à se réaliser.»

Dans la séance du lendemain, 30 mars, les excellents Frères du Conseil de TOrdre se communiquèrent des vues plus nombreuses encore sur les fonctionnaires de leurs départements respectifs.

M. Gouverneur, alors chef du secrétariat général, « qui tenait le pinceau (1) », relatait dans les termes suivants les propos ultra-

(1) Cette expression ridicule, signifie tenir la plume, écrire; en l'espèce: rédiger le procès-verbal.

secrets échangés en cette mémorable séance. « Le F.'. RoUet: On a parlé tout à l'heure du recteur de l'Académie de Toulouse, le F/. Perrot, ancien orateur de la loge de Bourg, apparenté à une famille haut cotée. Ce F.', s'est fait initier pour faciliter ses visées ambitieuses. Depuis qu'il a satisfait son ambition, il a modifié sa façon de voir, il exerce une pression considérable sur les instituteurs de sa région. Ce F.-, a quitté la F.-. Mac.*, par une fausse porte, il a omis de payer ses cotisations et a remis les actions qu'il possédait de la L.-. de Bourg entre des mains prof.". Il espère être nommé recteur de l'iVcadémie de Lyon, où il viendra faire la même besogne dissolvante qu'à Toulouse. S'il vient à Lyon, il y combattra le parti républicain radical du département dans lequel il jettera un trouble considérable. Le F.-. Rollet a mission, au nom de la L.\ de Bourg et du corps enseignant, de demander au Conseil de l'Ordre de s'opposer énergiquement à la nomination du F.'. Perrot à Lyon.

Ici j'interromps le F.\ Gouverneur pour dire que, conformément au vœu du F.-. Rollet, M. Perrot ne fut pas nommé à Lyon.

« Le F.'. Moulnier tient à signaler au F.-.

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