‹ Le Grand Palais de Constantinople et Le Livre des CérémoniesChapitre 107 sur 145 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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Son successeur, fustin Il, construisit le Chrysotriclinos, vaste salle octogonale, bätie sur le modèle des églises du sixième siècle, orientée comme ces dernières, avec une abside à l’est et décorée probablement dans le même goût, Michel IE, après la tourmente iconoclaste, en refit la décoration. Il se fi représenter lui-même, ayant à ses côtés le patriarche Méthode et ses collaborateurs, suivant la majestueuse symétrie inaugurée par Justinien à la Chalcé. Mais les personnages religieux disséminés dans toute la salle, le Christ trônant dans l’abside, conservèrent au Chrysotriclinos l’aspect qu’il avait au début, celui d’une église. Le trône impérial, dans l’abside, était dressé à la place de l’autel.

Autour de la salle, se groupèrent les dépendances, vestiaire, trésor, appartements impériaux, salle à manger. Justin Il quitta peut-être alors le palais de Daphné pour habiter le Chrysotriclinos. Le nouveau palais devait être, à cette époque, relié à l’ancien par des galeries, sur lesquelles on n’a aucun renseignement et qui durent disparaître lorsque Théophile construisit Ié Triconque et ses dépendances !.

Les appartements impériaux, au sud du Chrysotriclinos, furent habités, en effet, de bonne heure. Phocas, au début du septième siècle, y résidait. A cette SpoAue les appartements de Daphné étaient délaissés.

Justinien IT compléta l'œuvre entreprise par Justin Il. La nouvelle demeure fut réunie à l'Hippodrome par deux eonstructions, le Lausiacos et le Justinianos, longs bâtiments, qui servaient de salons d'attente. Les personnages, admis auprès de l'empereur, y attendaient le moment d’être introduits dans la salle du trône. Ces salles, décorées de mosaiques et de marbres, servaient à d’autres usages. Le Justinianos, dont les auteurs ont vanté la splendeur, servit

Pre Chrysotriclinos était sans doute relié au palais de Daphné par une galerie, qui dut être construite par Justin Il. Cette galerie aurait prolongé ainsi la galerie de Daphné.

aussi de salle de réception et de salle de festin. La cuisine était située près du Lausiacos, non loin du Justinianos et de la salle à manger du Chrysotriclinos. Des jardins bordaient ces édifices.

Justinien II construisit aussi, à la fin du septième siècle, la phiale des Bleus. Les danses des factions, qui, avec les jeux de l’Hippodrome, étaient un des divertissements les plus goûtés de la cour, avaient lieu autrefois au palais de Constantin, au Tribunal, où les personnages pouvaient évoluer à leur aise. Le palais de Daphné ayant été abandonné, le Rhinotmète construisit une ‘phiale à proximité des nouvelles demeures, près du Chrysotriclinos. De la terrasse qui s’étendait à l’est de la salle du trône, il pouvait assister aux danses des Bleus évoluant en bas, autour de la phiale. La phiale des Verts, avec la terrasse qui la domivait, près du triclinos de Justinien, tut probablement aussi son œuvre. Le nouveau palais n’était pas protégé. Justinien IT entoura les nouvelles constructions d’une enceinte de murs !. |

À partir du moment où, par la construction du Chrysotriclinos, le centre du palais fut déplacé, les empereurs sentirent la nécessité d'élever des églises plus proches de leur nouvelle demeure que les sanctuaires du palais de Daphné. L’oratoire de Saint-Basile au Lausiacos avoisinait les appartements impériaux au sud du Chrysotriclinos ; mais les cérémonies religieuses exigeaient un cadre plus vaste et plus imposant. A l’est de la salle du trône, s’étendait une terrasse où les processions impériales pouvaient s'organiser, se déployer. Constantin V, au milieu du huiüème siècle, y dressa, aux portes de sa demeure, cette église de la Vierge-du-Phare, qui resta un des sanctuaires les plus vénérés du palais, avec ses reliques que la dévotion impériale y accumula.

1, Théophane, t. I, p. 367.

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Théophile, qui était un oriental, construisit à limitation des palais d’Orient!. Au palais, le Triconque avec son plan tréflé, était un type d'architecture bien connu de l’ancien Orient?. Cet édifice central qui faisait corps avec le Sigma, élait précédé d'un espace à ciel ouvert, la phiale, qui formait une espèce d’atrium. Autour, au milieu de terrasses et de jardins, étaient groupés les appartements et les dépendances. Auparavant, le palais semble avoir été composé d’édifices à un étage; Théophile innove encore ici.

Le Triconque et le Sigma ont deux étages. Au-dessous du Triconque, s'ouvrent aussi trois absides. Au-dessous du Sigma, s'étend une salle hypostyle. Plusieurs constructions adjacentes ont des rez-de-chaussée ou des entresols. Certaines sont géminées et rappellent, avec leurs portiques, les maisons syriennes'. Théophile affectionnait les salles à colonnades, carrées ou rectangulaires, dont le toit était soutenu par quatre, six ou huit colonnes. Certaines, comme le Mousicos, le bâtiment qui lui était attenant et le Margaritis, n'avaient des colonnes ou des portiques que sur deux côtés. Avec leurs murs recouverts de plaques de marbre, leurs séries de colonnades, ces salles devaient avoir un aspect très curieux.

La décoration de ces monuments était très luxueuse. Les colonnes, les lambris, qui recouvraient les murs, étaient de marbre précieux, provenant du fond de l’Anatolie ou de l'Égypte. L'iconoclaste Théophile avait banni de son palais toute iconographie religieuse. Les mosaïques représentaient des scènes de genre (récolte des fruits), des animaux, des

1. Theoph. Cont., III, 9, p. 98-99; cf. Beylié, Habilal. byz., p. 17; Strzygowski, Mschatta, p. 248.

2. Cf. Strzygowski, op. cit, p. 233, 235, 237. Le plan tréflé de Mschatta se retrouve non seulement au Triconque, mais à Hodja-Moustapha-Pacha- Djami, à Constantinople ; cf. Revue Arch., 1909, I, p.15-16..

3. À Kasr Ibn Wardan, dans la Syrie du Nord, l'édifice principal, autour duquel sont disposées les pièces d'appartement, à aussi deux étages ; cf. Publications of the Princeton Universily, loc. cil., p. 35s., pl. VI.

4. Cf. H.-C. Butler, Architecture and other Arts, New-York, Londres, 1904, p. 115 s:, 169 s.

arbres, des fleurs et des armures. Après le triomphe de l'orthodoxie, apparurent les saintes icones. Michel HT en avait décoré le Chrysotriclinos; il en orna aussi un des bâtiments construit, par son père, au Triconque. Plus tard, les empereurs habitèrent les appartements au sud du Chrysotriclinos. Au dixième siècle, Romain [* y résidait. Mais les monuments du Triconque ne furent pas abandonnés. La phiale servit aux réceptions, quand Basile [* eut détruit les phiales des Bleus et des Verts. L'ancienne chambre de l'impératrice, au sud du Triconque, fut transformée en oratoire par Léon VI. L’entresol du Camilas servit de bibliothèque à l’érudit Constantin VIT. Un autre bâtiment servit de vestiaire à l’impératrice. L'ancien appartement d'hiver, au Carianos, était habité par un fonctionnaire palatin, le pappias. Le palais, que le grand empereur iconoclaste avait si fortement marqué de son empreinte et qu'il créa pour s'envelopper, en quelque sorte, d'une majesté qui lui fût personnelle, subsista par la suite, mais ne resta pas le centre vivant du palais.

Sous le règne de son successeur, Michel ITL, apparurent de nouvelles constructions. Les bâtiments et le bain, construits par Théoctiste, se dressaient au milieu de jardins, près de l’Abside. Cette Abside était une entrée monumentale, qui donnait accès au palais de Daphné. Elle fut, sans doute, édifiée, après la construction du Chrysotriclinos, par Justin Il, pour faire communiquer le palais de Daphné avec les nouveaux édifices. Elle est déjà signalée à la fin du sixième siècle. L'empereur Maurice (582-602) fit détruire une œuvre d'art qui la décorait, une statue de la Fortune, rapportée de Rome par Constantin.

C'est entre l'Abside et le Chrysotriclinos que Théophile avait construit son palais, qui était relié à Daphné par l’Abside, à l’église du Seigneur par les passages du Seigneur et au Chrysotriclinos parles passages des Quarante-Saints etle Lausiacos. Le Chrysotriclinos, qui communiquait avec l’'Hippodrome par le Lausiacos, le Justinianos etles Skyla,

fut relié au palais de Daphné par les monuments du Triconque. Le palais, à cette époque, formait déjà un ensemble compliqué dont toutes les parties communiquaient entre NERS

Sous le règne de Basile If, il se complique davantage. Près du Chrysotriclinos, le fondateur de la dynastie macédonienue se construisit une somptueuse demeure, le Kénourgion, qui lui servit probablement d'appartement d'hiver. A l'est de la salle du trône, au milieu de jardins ombragés, -rafraîchis parleseauxcouranteset par la brise de mer, il élève des villas; les unes très élevées, comme l'Aïgle, les autres, en forme de pyramide, donnaient une impression d'Orient. Un autre édifice à cinq salles, le Pentacubiculum, devait servir aux grandes réceptions. À ces monuments étaient attenants des oratoires dédiés à la Vierge et à saint Paul. L'observation des pratiques religieuses occupait une telle place dans la vie des empereurs que, dans tous les corps de bâtiments, étaient disposées des chapelles et des églises. Sur la terrasse du Phare, près de ses appartements d'hiver, Basile I‘ érige, à côté de l’église de la Vierge-du-Phare, l'église d’Élie, avec les oratoires de Saint-Clément et du Sauveur. L’oratoire de Saint-Pierre se dresse à côlé de l'oratoire de la Vierge, à l'extrémité d’une galerie, construite le long de l’'Hippodrome, par l’empereur Marcien, au milieu du cinquième siècle, pour relier, sans doute, le palais au Boucoléon. Pour faire communiquer la terrasse du Phare avec la Nouvelle-Église, il construit une galerie, près d'un oratoire consacré à saint Jean l'Évangéliste. La Nouvelle-Église, dominée par ses cinq coupoles, avec son atrium orné des deux phiales, ses galeries latérales et ses dépendances, son trésor et son économat, devait occuper une superficie assez vaste, sur l’emplacement de l’ancien Tzycanistérion de Théodose II. Basile reporte vers l’est, du côté de la mer, le nouveau stade impérial. L'Hippodrome et les phiales.ne suffisaient pas aux

divertissements de la cour. Les empereurs voulurent avoir, à l’intérieur de leur demeure, un gymnase où ils pussent se livrer à leurs sports favoris. Sur le plan du palais dressé par l’apôtre Thomas pour le roi Gundafor, figure à côté de l’aypodromum le gimnasium\.

La disposition du palais de Basile I" échappe. Il semble avoir construit un peu au hasard, au gré de sa fantaisie et de sa magnificence. Ces constructions ne semblent pas disposées suivant une ordonnance logique, comme celles de de Constantin ét de Théophile. Comme l’empereur iconoclaste, il voulut innover et introduire au palais des formes architecturales inconnues jusqu'alors. Ses constructions pyramidales, ou à plusieurs étages, devaient présenter un aspect original. Mais il revint aussi aux types architecturaux anciens. La salle d’apparat au Kénourgion est une basilique à abside, comme celles de Constantin. L'église d'Élie est un octogone, qui semble inspiré du Chrysotriclinos voisin. Il continue aussi la tradition inaugurée par Justinien à la Chalcé : au Kénourgion, la peinture officielle raconte ses exploits, tandis que des scènes de famille composées, elles aussi, suivant une ordonnance majestueuse, décorent sa chambre réservée aux intimes. Partout il sème

l'or, l’argent et les pierres précieuses. Les marbres et les mosaïques lapissent les murs.

On retrouve la même richesse de décoration à l’église de Saint-Démétrius, consacrée par Léon VI. Cet édifice de forme carrée, surmonté d’une coupole, s'élevait près des appartements du Chrysotriclinos, sur cette terrasse du Phare où se dressaient déjà plusieurs autres sanctuaires.

Constantin VII ne fut pas un aussi grand constructeur que son aïeul. Il restaure surtout et embellit le palais. Il réfait la toiture du triclinos des Dix-neuf lits, qui tombait en ruines, décore de mosaïques le Chrysotriclinos et le ves-

1. Cf. M. Bonnet, Supplem, Codic, apocryphi, 1. Acta Thomae, p. 140.

TANT ENT NT Dee. Léon à

übule des appartements impériaux, au sud de la salle du trône. Comme Romain [*, il habitait ceux-ci. Les constructions de Basile [°, à l'est du palais, semblentun peu abandonnées. Cependant, lors de la visite de la princesse Olga, un diner de gala fut donné au Pentacubiculum de Saint- Paul. Mais la plupart des réceptions et des festins donnés en l'honneur des étrangers sous le règne de Constantin Porphyrogénèle, ont lieu à la Magnaure, au palais des Dix-neuf lits, au Justinianos, au Chrysotriclinos, et dans la salle à manger, au sud de la salle du trône. La princesse russe eut même l’insigne honneur d’être reçue par Constantin VII et lAugusta Hélène dans leurs appartements particuliers, au sud du Chrysotriclinos.

Plus tard, le Chrysotriclinos resta le centre du palais. Jean Tzimiscès, en 969, s’y fit proclamer basileus d’Orient!. En 1107, Alexis Comnène habitait une chambre située à proximité de la salle du trône, à côté de l’église de la Vierge-du-Phare. En 1171, Manuel Comnène recevait au Chrysotriclinos le roi Amaury. Au moment de la révolution de palais de 1201, Alexis III y demeurait encore. Vers cette époque, fut construit le splendide Mouchroutas, sur le modèle des monuments seldjoukides. L'art du vieil Orient, l’art persan, qui s'était infiltré à la suite des tribus turcomanes en Asie Mineure, inspirait encore les derniers architectes qui travaillèrent au palais.

A cette époque, la demeure impériale formait une véritable ville. Dans la deuxième moilié du dixième siècle, Nicéphore Phocas l'avait, en effet, entourée d’une ceinture de murs élevés ?. La vieille enceinte de Justinien IT avait

1. Leo diac., Hist., V, 9, p. 90. Nicéphore Phocas, le prédécesseur de Tzymiscès, semble cependant avoir délaissé les anciens appartements pour habiter la chambre construite par lui au palais du Boucoléon: cf. Nicet. Chon., De Man. Comn., II, 4, p. 149. C’est là qu'il fut assassiné ; cf. Leo diac., V, 7, p. 87 ; G. Schlumberger, Epopée byzantine, t. I, Paris, 1896, p. 1. À

2. Leo diac., IV, 6, p. 64; Cedrenus, t. IT, p. 369-370; Pèlerinage d'Étienne de Novgorod, dans Jtin. russes en Orient, t. V, p. 120.

été sans doute détruite, lorsque Basile Ie" éleva, à l'est du palais, ses nouvelles constructions. Vue de l’extérieur, la cour des empereurs, avec ses hauts murs, devait avoir un peu l'aspect rébarbatif d'une forteresse, d'où émergeaient une mullitude de coupoles.

A l'intérieur, tout était disposé pour la commodité. Près des grandes salles d’apparat, étaient distribuées des pièces d'appartement; et l’empereur n'avait qu'un court espace à parcourir pour aller prendre place sur son trône. Ces salles servaient, dans les grandes occasions, de salle à manger et, dans ce cas, on y disposait des tables. Mais elles étaient réservées surtout aux audiences et aux grandes réceptions. Elles recevaient alors une décoration spéciale. On y accumulait toules les richesses du palais, les objets d'art conservés dans les garde-meubles et dans les églises. On les suspendait aux voûtes et aux corniches, ou bien on les exposait dans de grandes armoires, comme le pentapyrgion. Mais, à l'ordinaire, ces salles devaient avoir un aspect plutôt sévère.

Le luxe se manifestait surtout dans la décoration fixe, les mosaïques, les appliques de marbre. Le bibelot en était banni, et, avec lui, l'intimité du home. C’étaient plutôt des salles de parade où pouvaient évoluer des théories de personnages aux costumes brillants, aux armes étincelantes, que des salons où l’on faisait cercle.

A l'ordinaire, l’empereur vivait retiré dans ses appartements, décorés dans le même goût que les grandes salles. Marbres el mosaïques recouvraient aussi les murs et les plafonds. Il ne semble pas qu’en dehors des lits et des sièges, les empereurs aient tenu à s'entourer de beaucoup de meubles. Les objets précieux étaient conservés dans les vestiaires, où étaient aussi déposés les vêtements qu'on apportait aux princes au moment voulu. Les tapis seuls devaient donner à l'habitation un peu de confortable. Ces intérieurs devaient ressembler assez aux habitations de la

plupart des Orientaux modernes, où les meubles meublants tiennent peu de place.

Plusieurs portes du palais étaient en matériaux précieux. Il y avait des portes d'argent, de bronze, d'ivoire. On ne doit pas sans doute prendre à la lettre ces expressions. La plupart étaient recouvertes de plaques de métal travaillé ou de plaques d'ivoire ciselé, comme les portes de Sainte-Sophie ou le siège de Maximien à Ravenne!. A ces portes, comme aujourd’hui encore aux portes des mosquées, étaient suspendues des portières en étoffes précieuses ou des tapisseries décorées de figures d'animaux.

Un des meublesles plus importants était le trône impérial. Avec son marchepied, son baldaquin, ses coussins, ses incrustations, il attirait les regards de ceux qui pénétraient dans la salle ?. D'autres sièges, des bancs, étaient disposés dans les salles de réception et dans les vestibules. Les tables avaient les mêmes formes que les nôtres; les tables impériales étaient lamées d’or ou d'argent ; certaines avaient des applications d’émaux ou d'ivoire. Les lits étaient recouverts d’étoffes de prix et décorés de tapisseries ?. Il existait aussi des lits de table, comme au palais des Dix-neuf lits, sur lesquels les convives se couchaient en demi-cercle avec l'empereur autour de la table, à la mode antique‘. C’est ainsi qu'on représentait le Christ couché avec les Apôtres autour de la table demi-circulaire, lorsqu'il célébrait la dernière Cène”. Les traditions chrétiennes s’infiltrent ainsi jusque dans les cérémonies d’un caractère profane.

Dans la décoration, l’art religieux occupe une large place. L'ornementation des églises palatines ressemble à celle des autres églises de la capitale et de la province.

. Cf. Beylié, Habitaï. byzant., p. 182.

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. Cf. Beylié, op. cit., p. 190, 192, 200.

. Cf. J. Marquardt, la Vie privée des Romains, Paris, 1892, t. I, p. 359.

. Cf. E. Dobbert, Das Abendmahl Christi dans Repertorium für Kunstwissenschaft, t. XIV, p. 1825. ; t. XV, p. 362, 363.

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Mais cette décoration envahit aussi les monuments civils. Théophile essaya de la remplacer par un art d'inspiration profane. Sa tentative échoua. Le Christ continua à trôner dans la conque du Chrysotriclinos, comme dans l’abside d'une église. Plusieurs de ces salles, par leur structure et leur ornementation, ne différaient pas des monuments religieux.

Mais l’art profane était aussi largement représenté à la Chalcé, au Chrysotriclinos el au Kénourgion par la peinture officielle. Constantin l'avait inaugurée au palais en se faisant représenter aux portes de sa demeure, entouré de ses enfants, dans une attitude triomphante. Justinien, Michel IIT, Basile I‘ continuent cette tradition. Ce style est caractérisé par la symétrie et La hiérarchie. Le basileus occupe la place centrale. Autour de lui, sont Îles membres de sa famille, ses généraux, ses grands dignitaires, à la même place et dans les mêmes attitudes que dans les cérémonies. Cet art officiel est né sous l'influence directe de la cour, où le cérémonial a donné aux attitudes une rigidité solennelle. Mais il ne diffère pas essentiellement de l’art religieux.

À partir du quatrième siècle, l’art, en effet, s’est transformé sous l'influence des idées de pompe et de luxe!. Le Christ, assis sur son trône comme un monarque, entouré de la cohorte des anges doryphores?, le basileus trônant au milieu de ses familiers ou de ses courtisans, sont des types iconographiques, qui ont la même source d'inspiration. Dieu a, en effet, établi le gouvernement terrestre à l’image de l’ordonnance céleste. Il a établi les autorités à Pimitation des principautés et des puissances supra-terrestres.

1. Cf. Ch. Bayet, Recherches pour servir à l'Histoire de la peinture et de la sculpture chrétiennes en Orient, Paris, 1879, p: 53 s.

2. CF. G. Stuhlfauth, Die Engel in der altchristlichen Kunst, Freiburg i. B., 1897, p. 209, 212; O. Wulff, Cherubim, Throne und Seraphim. [konographie der ersten Engelshierarchie in der christlichen Kunsi, I, Altenburg, 1894, p. 19-20.

Le basileus ne relève que de Dieu seul. Les magistratures secondaires tiennent, à leur tour, l'autorité de l’empereur !. Il en était de même dans le monde idéal. L’initiation chrétienne ne se faisait que suivant un ordre hiérarchique. Le mystère d'amour, manifesté dans la personne du Christ, ne pouvait être confié directement à l'humanité. La cohorte des anges était nécessaire pour transmettre aux hommes la connaissance des choses divines?. La hiérarchie des Chérubinset des Séraphins, créée par la fantaisie religieuse de la foi orthodoxe autour de la personne du Christ, est devenue ainsi au palais une réalité vivante.

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